Comment enseigner à la « génération Z » née après 1995 ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°289, lundi 26 février 2018

Durant quelle durée, correspondant à des années successives de naissance, des individus – qui ne se connaissent pas – partagent-ils une même approche du monde quotidien ? Celle-ci s’appréciant en termes de références identitaires communes (sociétales, culturelles, techniques…), manifestées en employant les mêmes déclinaisons langagières, vestimentaires, alimentaires, musicales… ?  Quels sont les seuils historiques qui séparent une génération d’une autre ? C’est à cette question difficile que doivent notamment répondre ceux qui défendent le concept de génération Z pour les enfants nés après 1995.

« La rentrée en classe : étudiez et soyez sages ». Texte d’après Livre Coeur (1886) de Edmondo de Amicis (1846-1908). Illustration extraite de La Vie littéraire à l’École, Lecture. Récitation. Rédaction, Cours élémentaire, de E. Huleux, Librairie d’Éducation nationale – Publications Alcide Picard, 1914, p. 7.  Collection CAD.

Qu’est-ce qu’une génération? C’est un concept issu de la sociologie. Il sert à désigner une sous-population, au sein d’un ensemble plus vaste, qui a vécu durant une même époque historique et qui a en commun des caractéristiques du simple fait de l’âge de ses membres (pratiques, représentations…). Au début du XXe siècle, Wilhelm DILTHEY a défini la génération de la manière suivante : « Un cercle assez étroit d’individus qui, malgré la diversité des autres facteurs entrant en ligne de compte, sont reliés en un tout homogène par le fait qu’ils dépendent des mêmes grands événements et changements survenus durant leur période de réceptivité. »

Cette question concerne les modalités – qu’elles soient explicites ou implicites – par lesquelles une société se perpétue, notamment par l’enseignement scolaire. Des générations transmettent à d’autres générations ce que l’on considère aujourd’hui comme des « données ». Celles-ci mêlent l’identique et le différent, l’ancien et le nouveau. Dans le domaine de l’enseignement, il est toujours complexe de faire la part des glissements successifs qui se produisent, entre la théorie des programmes et la pratique pédagogiques, entre les connaissances transmises par l’école et celles qui sont transmises par la société civile dans laquelle baignent les élèves.

Est-ce que ce sont les passages des générations qui modifient la forme et les contenus de l’enseignement, ou bien est-ce que c’est l’enseignement lui-même qui modifie les générations ? Quelle action est déterminante sur quoi ?

Le modèle de l’école primaire française de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle s’est reconnu dans les écrits de l’écrivain italien Edmondo DE AMICIS (1846-1908). Il est cité dans de nombreux manuels scolaires, comme La Vie littéraire à l’École, Lecture. Récitation. Rédaction, Cours élémentaire, d’Edouard HULEUX (1914) (1).  On y trouve le texte suivant :

« Écoutez, mes enfants, nous avons un an à passer ensemble. Faisons de notre mieux pour le bien passer : étudiez et soyez sages. Je vous aimerai. Il faut que vous m’aimiez à votre tour. Je ne veux avoir à punir personne. Montrez-moi que vous êtes des garçons de coeur. Notre école sera une famille et vous serez ma consolation et ma fierté.» (2)

Pendant combien de générations ce modèle magistral a-t il perduré ? Quelles ont été les scansions historiques qui ont imposé ses évolutions ?

Pour répondre, il est nécessaire de caractériser ce qui constitue une génération. La question est celle de ses marqueurs. Ceux-ci sont à la fois simultanés et décalés. Ils se superposent dans le temps. Quels domaines privilégier ? Dans le domaine culturel, depuis les années 1950, il y a eu des générations Tintin, des générations Spirou, des génération Pilote, des générations Asterix avant que n’arrivent les générations Harry Potter, les générations Guerre des étoiles, Superman, Batman… Celles des bandes dessinées et celle des films.

Élèves de l’ « Académie numérique » réalisant un reportage sur le stand de Acer au salon de l’Éducation, Porte de Versailles, novembre 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot, 2017.

Et puis, viennent les marqueurs techniques. Pauline LALLEMENT propose un tableau de la génération Z née après 1995 (3). Pour les enfants de la première année de cette génération, leur échelle temporelle peut se résumer ainsi :

  • 1996. Naissance
  • 2004. 8 Ans. Apparition de FaceBook
  • 2005. 9 ans. Apparition de YouTube
  • 2006. 10 ans. Apparition de Twitter
  • 2007. 11 ans. Apparition de l’iPhone
  • 2016. 20 ans
  • 2026. 30 ans
  • 2036. 40 ans
  • 2046. 50 ans
  • 2056. 60 ans
  • 2067. 70 ans. Retraite ?

Combien de générations distinctes entre 1895 et 1995 ? La question ne relève pas seulement de la curiosité, mais de la pratique sociétale dans la mesure où le passage d’une génération à une autre conditionne les nécessaires adaptations de l’organisation des institutions.

La génération Z née après 1995, appelée également par certains auteurs Digital Natives, a pour trait distinctif de ne jamais avoir connu le monde sans Internet, sans portables, et sans réseaux sociaux : elle est née avec.

« Génération Z, née après 1995 », par Paulin LALLEMENT, Swiss Education Group, mars 2017, extrait de « Éducation. L’enjeu majeur. Demain se prépare aujourd’hui. Pour ses 20 ans, Acadomia publie sa feuille de route pour la génération Z », Entretien avec Philippe COLÉON, Paris Match, n° 3566, 21 septembre 2007.

RÉFÉRENCES

1. HULEUX E., La Vie littéraire à l’École, Lecture. Récitation. Rédaction, Cours élémentaire, Paris, Librairie d’Éducation nationale / Publications Alcide Picard, s.d., (1914), 246 p. Collection Édouard Petit. « Ouvrage illustré de 40 gravures artistiques »
2. DE AMICIS Edmondo
(1846-1908), Livre Coeur, 1886. Traduction de A. Piazzi, Delagrave éditeur, in La Vie littéraire à l’École, Lecture. Récitation. Rédaction, Cours élémentaire, de E. Huleux, Librairie d’Éducation nationale – Publications Alcide Picard, 1914.
3. LALLEMENT Pauline,
« Génération Z, née après 1995 », Swiss Education Group, mars 2017.
4. COLÉON Philippe,
« Éducation. L’enjeu majeur. Demain se prépare aujourd’hui. Pour ses 20 ans, Acadomia publie sa feuille de route pour la génération Z », Paris Match, n° 3566, 21 septembre 2007. Entretien avec Romain CLERGEAT.
« Chaque année, 800 000 années d’expérience s’envolent avec les 20 000 professeurs qui partent à la retraite. Comment retenir ces savoirs ? »

ILLUSTRATIONS
« La rentrée en classe : étudiez et soyez sages »
. Texte d’après Livre Coeur (1886) de Edmondo de Amicis (1846-1908). Illustration extraite de La Vie littéraire à l’École, Lecture. Récitation. Rédaction, Cours élémentaire, de E. Huleux, Librairie d’Éducation nationale – Publications Alcide Picard, 1914, p. 7.  Collection CAD.

COMMENTAIRE du 15 mars 2018

LA GÉNÉRATION INTERNET
EST DE PLUS EN PLUS INTOLÉRANTE

Dans un livre consacré à la Génération Internet (I-Gen), c’est-à-dire à la génération qui est née entre 1995 et 2012 (donc âgée de 23 ans à 6 ans en 2018), Jean A. TWENGE constate que pour elle, l’université n’est aujourd’hui ni un lieu pour apprendre, ni un lieu pour explorer des connaissances : elle est avant tout un moyen d’obtenir un emploi dans un environnement protégé par un diplôme. (1)

Sur la base de données représentant 11 millions de participants, il révèle un comportement « consumériste », déjà présent au sein de la Génération X, et qui s’est accentué depuis. « S’exposer à des idées différentes est non seulement troublant et dangereux pour eux, mais cela n’a aucun intérêt de les étudier puisque leur objectif est d’obtenir un bon emploi. »

Pour Cécile PHILIPPE, « le point de vue de la Génération Internet entre en conflit avec la vision des professeurs qui adhérent en grande majorité a l’idée que l’éducation est pour chacun un moyen d’augmenter son « capital humain ». Cette théorie du signalement permet d’expliquer le comportement des élèves, leur bachotage, leur recherche du professeur le moins exigeant, ainsi que la joie sincère qu’ils expriment quand un professeur est absent ! » (2)

Le marché du travail récompense l’implication de celui ou de celle qui a réussi à étudier pendant un certain nombre d’années en obtenant des diplômes, et non pas l’acquisition de contenus. Ce qui se trouve confirmé lorsque l’on considère les données comme l’utilité réelle des matières enseignées, le taux de rétention des apprenants, ou la mesure de la capacité à transférer des connaissances d’un domaine à un autre.

Les enquêtes attestent de la perte de l’esprit critique des élèves, des déperditions massives en matière de construction des connaissances, et en fin de compte, de la très faible productivité des systèmes éducatifs puisqu’ils ne produisent pas ce que ceux qui en assurent le fonctionnement quotidien en attendent.

La vulnérabilité de la génération actuelle est conjuguée avec la montée de l’intolérance que produit l’enseignement qui en découle.

Un diplôme ne vaut que par son caractère discriminant qui permet de classer les élèves. On le voit lorsque l’on considère l’inflation naturelle et problématique des diplômes.  Si tout le monde a le même diplôme, il en faut toujours un supplémentaire pour se distinguer.

D’où un surinvestissement collectif dans le système éducatif, sans cesse plus prégnant dans les pays développés. Tous ses acteurs, avec l’aide des médias, « sur-jouent » au quotidien l’angoisse des notes et des moyennes. Il s’achève avec la complexité et l’obscurité des processus d’orientation et d’inscription post-bac. Les systèmes informatiques d’inscription en ligne, avec ses mystérieux algorythmes, que ce soit « Admission Post Bac » / APB (2012-2017) ou « Parcours Sup » (depuis 2018) génère un stress permanent pour les élèves, les parents et les enseignants.

RÉFÉRENCES
1. TWENGE Jean A,
« I-Gen: Why Today’s Super-Connected Kids Are Growing Up Less Rebellious, More Tolerant, Less Happy–and Completely Unprepared for Adulthood–and What That Means for the Rest of Us”, https://www.amazon.fr/dp/B01N6ACK3B/ref=dp-kindle-redirect?_encoding=UTF8&btkr=1
2. PHILIPPE Cécile, « 
Génération internet : les jeunes sont-ils devenus intolérants ? », Contrepoint, 15 mars 2017.  https://www.contrepoints.org/2018/03/15/311770-generation-internet-les-jeunes-sont-ils-devenus-intolerants?


La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°289, lundi 26 février 2018

Territoires et Démocratie numérique locale (TDNL) est un media numérique mis en ligne sur le site http://savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 BNF. Dépôt légal du numérique, 2018
Tous ses articles sont librement consultables dans leur totalité. Leur publication est supportée par une structure associative et collaborative, le Groupe Mieux Aborder L’Avenir (MALA).
Référence du présent article :
MÉRIGOT Bernard,
« Comment enseigner à la « génération Z » née après 1995 ? », La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir, n°289, lundi 26 février 2018, http://www.savigny-avenir.fr/2018/02/26/comment-enseigner-a-la-generation-z-nee-apres-1995/

 

Posted in Enseignement, Génération Z (née après 1995) | Commentaires fermés

Peut-on sortir la politique de son ignorance de l’inconscient ? (Serge Leclaire)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°288, lundi 19 février 2018

« Je ne dis même pas que la politique, c’est l’inconscient, mais tout simplement que l’inconscient, c’est la politique. » (1) Une de ses commentatrices estimait que Jacques LACAN « nous avait fait faire un grand pas » lorsqu’il avait prononcé en 1967 cette phrase lors de l’un de ses séminaires. Elle ajoutait qu’il s’agissait d’« une de ses formules ramassées dont il a le secret, secret que nous avons parfois un peu de mal à percer » avouait-elle. (2)

Associer « la politique » et « l’inconscient » n’est pas banal dans la mesure ou le discours politique, en imposant lui-même sa propre légitimité, s’affirme comme l’unique détenteur de la vérité. : vérité des évènements historiques, vérité du bien public appliqué à la « chose » publique, vérité de l’action, contrairement aux adversaires, toujours dans le mensonge et dans l’erreur.

Invoquer l’inconscient freudien à propos de la parole et des actes politiques est une façon de signifier trois choses à l’égard de ceux qui pratiquent « la chose publique » (les élus, les militants, les engagés…), ou pire, à l’égard de ceux qui s’en recommandent (les fonctionnaires, les pouvoirs locaux, les administrations, les services…).

  • il y a ceux qui ne disent rien, souvent parce qu’ils ne savent comment dire, ou bien parce qu’ils ont fait le choix de se taire, en obéissant à la peur de se voir reprocher d’avoir dit quelque chose qui pourrait leur être reproché,
  • ceux qui disent, soit des choses qu’ils savent fausses, soit des choses qui ne correspondent qu’a une partie de ce qu’il savent (ils ne disent «pas tout»),
  • et ceux qui font croire qu’ils ne savent rien pour être tranquilles (« Je ne veux pas d’histoire avec quiconque).

MODÈLE, OBJET, ADVERSAIRE

Sigmund FREUD, dans « Psychologie collective et analyse du moi »,écrit : « La psychologie individuelle devient spontanément psychologie sociale, du fait que d’emblée l’Autre entre dans nos vies comme modèle, objet et adversaire. »(3)

Voilà bien le problème : l’arrivée dans nos vies, de l’Autre : modèle, objet, adversaire. Dans nos vies individuelles, mais aussi dans nos vies collectives.

« Discours de l’inconscient et discours du pouvoir », de Serge LECLAIRE, in Psychanalyse et politique. Folie et société ségrégative, Colloque organisé par le groupe de recherche « Sémiotica et Psicanalisi » dirigé par Armando VERDIGLIONE, Milan (Italie) 13-16 décembre 1973.

Dans une communication intitulée « Discours de l’inconscient et discours du pouvoir », faite lors d’un colloque, Serge LECLAIRE a déclaré : « Mon intérêt présent, et très limité, est de savoir, pour ceux qui se réclament d’une pratique politique – c’est-à-dire qui sont intéressés par le discours du pouvoir – comment ils réussissent, ou ne réussissent pas, dans leur action, comment ils reconnaissent, ou ne reconnaissent pas ce qui fait partie de la situation qu’ils ont à analyser et qui dicte leur conduite à tenir ». (4)

La pratique politique est une condition sine qua non pour s’intéresser au discours du pouvoir. Mais alors, qu’est-ce que réussir ou ne pas réussir ? Et se reconnaitre ou ne pas reconnaitre ? C’est à partir de là que les problèmes commencent à se poser : questions que l’on se pose et celles que l’on ne se pose pas, comme si la chose publique allait de soi, étant naturellement admise par tous. Or, elle ne va jamais de soi, contrairement à ce que répètent de façon constante les tenants des pouvoirs en place. « Dans le discours politique, ce n’est pas la jouissance qui commande, mais le plaisir comme exclu ». (5)

DOCUMENT

LES MYSTÈRES DU GOÛT DU POUVOIR

D’où vient ce mystérieux « goût du pouvoir » qui entraine des individus à s’engager toute une vie dans les arènes électorales et à guerroyer avec tant de ferveur et d’énergie pour « représenter » leurs concitoyens?
La réponse à la question est plutôt consensuelle dans la littérature scientifique : les élus courent après la puissance, le prestige, les privilèges, l’autorité et les jeux d’influence.
Et dans l’imaginaire collectif, les ascensions politiques sont d’abord affaire de violence, d’argent et de domination, selon un scénario prévisible où la jouissance en politique (la conquête puis la préservation du pouvoir) se nourrit de cris et de sang.
Mais dans sa formule restée célèbre, Winston Churchill évoquait aussi les larmes du pouvoir. Cette autre forme d’ivresse politique, qui est moins discutée dans les sciences sociales (hormis chez les historiens, nous y reviendrons) sera au cœur du présent article. Nous souhaitons en effet défendre l’hypothèse que le pouvoir local se nourrit d’abord de blessures, de doutes et d’espoirs, et que c’est dans l’intensité de ces fragilités que l’attrait pour la politique locale se dessine et s’affermit.
FAURE Alain, « Les ivresses inattendues du pouvoir. Voyage en ego-politique », http://enigmes.hypotheses.org/

RÉFÉRENCES

1. LACAN Jacques, Séminaire XIV, La logique du fantasme, Leçon du 10 mai 1967.
2. TRICOT
Monique, « Malaise dans la civilisation. L’œuvre au noir de la pulsion de mort », Che vuoi ?, 1/2008 (N° 29), p. 31-40. URL : http://www.cairn.info/revue-che-vuoi-2008-1-page-31.htm
3. FREUD Sigmund,
« Psychologie collective et analyse du moi », Essais de psychanalyse, Paris, PBP, 1986, p. 160.
4. LECLAIRE Serge, « Discours de l’inconscient et discours du pouvoir », p. 22, in Psychanalyse et politique. Folie et société ségrégative, Colloque organisé par le groupe de recherche « Sémiotica et Psicanalisi » dirigé par Armando VERDIGLIONE, Milan (Italie) 13-16 décembre 1973. Avec les interventions de Serge LECLAIRE, Danièle LEVY, Philippe SOLLERS, Félix GUATTARI, Julia KRISTEVA, Jean OURY, Daniel SIBONY, Ferrucio ROSSI-LANDI, Marie-Claire BOONS, Gian-Franco MINGUZZI, Jean-Joseph GOUX, Sergio FINZI, O. MANNONI, Maud MANNONI.
5. LECLAIRE Serge, « Discours de l’inconscient et discours du pouvoir », p. 23.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°288, lundi 19 février 2018

Mention du présent article : http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2018

Posted in LACAN Jacques, LECLAIRE Serge, Politique et citoyenneté, Psychanalyse, Psychanalyse et politique : regard sur les terrains | Commentaires fermés

L’inconscient et le désir de mort en politique (François Fillon, Sigmund Freud, Jacques-Alain Miller)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°287, lundi 12 février 2018

« Qui a voulu tuer François FILLON ? » : tel est le titre du documentaire de 53 minutes que la chaîne de télévision BFM TV a diffusé le 3 février 2018. « Vouloir tuer » : ainsi, la démocratie ne serait pas l’effet de libres élections, mais celui des plus sombres desseins.  L’apparition de la question du désir de mort en est la preuve. Preuve de quoi ? Preuve que contrairement à ce qu’il prétend,  le métier politique se pratique sur un territoire où la règle morale qui y est pratiquée est de n’en respecter aucune.

Ce qui est conforme à ce que nous enseigne la psychanalyse.

« François Fillon. Le courage de la vérité ». Affiche de la campagne de l’élection présidentielle de 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot, 2017.

Les auteurs Pauline Revenaz, Camille Langlade, Quentin Baulier et Alexandre Funel présentent ainsi leur reportage : « Pendant trois mois, les équipes de Grand Angle ont enquêté sur la chute de François Fillon, candidat à l’élection présidentielle en 2017. Le candidat de la droite, favori de l’élection présidentielle, a-t-il été victime d’un complot ? Ou bien des agissements d’un « cabinet noir » ? Ou d’un règlement de compte de la part de certains de ses amis ? Les principaux protagonistes de cet incroyable feuilleton ont accepté de revenir sur les coulisses de cette descente aux enfers. Des têtes d’affiche de la droite, des membres de l’équipe de campagne, des amis, des ennemis témoignent ». (1)

Ainsi la question du « vouloir tuer », c’est-à-dire du désir de mort est posé comme moteur de la vie politique. Doit-on s’en étonner ?

Non dans la mesure ou une part obscure habite tout être humain. Sigmund Freud a été le premier à découvrir dans son propre inconscient les signes du réel du meurtre. Vouloir tuer son père, ou vouloir tuer son frère, par exemple, est fondé sur l’obscur sentiment d’une dualité entre l’amour et la haine. Tous les sujets gardent des traces du vœu inconscient de tuer le père pour prendre sa place, comme du vœu inconscient de supprimer son frère pour assouvir une rivalité de nature haineuse.

La chose paraît énorme.

« L’inconscient est criminel », comme le dit Jacques-Alain Miller. (2) Cette parole s’écrit ici sur une autre scène, celle « où cela n’arrive jamais », et où les pensées ne se transforment pas en actes. Enfin, la plupart du temps… Parce qu’il existe des passages, entre la mort imaginaire, la mort symbolique, et la mort réelle, celle qui est relatée dans les actualités journalistiques, des faits divers aux procès judiciaires, en passant par celles des enquêtes policières. Tuer pour que quelqu’un n’occupe pas une place sociale ou une fonction politique. Tuer pour qu’un autre l’occupe, tuer pour l’occuper soi-même, telle est l’inquiétante étrangeté des voies et des moyens.

« Ce qui rend la chose si inquiétante, ce sont les vœux de mort qui constituent le drame de l’être parlant : les désirs de mort sont le plus souvent refoulés. Lorsqu’ils nous interpellent, ils nous font rire nerveusement ou nous surprennent la nuit dans nos rêves d’angoisse. » écrit Hélène BONNAUD (3)

Ce qui nous confirme que dès lors que la politique se laisse commander par l’instinct de mort, elle n’a plus pour objet de permettre, mais d’empêcher. Empêcher un candidat – quel qu’il soit – c’est empêcher le citoyen d’exercer son libre choix dans une libre démocratie. Un agissement lourd de conséquences.

RÉFÉRENCES
1. « Qui a tué François Fillon? L’enquête ». Documentaire de Pauline Revenaz, Camille Langlade, Quentin Baulier et Alexandre Funel diffusé par BFM TV le 3 février 2018.
2. BONNAUD Hélène, « Familles : questions cruciales », Lacan quotidien, n°767, mercredi 21 février 2018. https://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2018/02/LQ-767.pdf
3. MILLER Jacques-Alain,
cité par Jonathan LEROY, 12 septembre 2015, http://jonathanleroy.be/2015/09/10-textes-de-jacques-alain-miller-crime/

LÉGENDE DES ILLUSTRATIONS
« François Fillon. Le courage de la vérité ». Affiche de la campagne de l’élection présidentielle de 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot 2017.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°287, lundi 12 février 2018

Mention du présent article : http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2018

Posted in Désir de mort, Pouvoir politique, Psychanalyse et politique : regard sur les terrains | Commentaires fermés

Démocratie locale. Toutes les collectivités publiques doivent jouer le jeu de l’Open Data en 2018 (Renaissance numérique)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°283, lundi 15 janvier 2018

La loi du 17 juillet 1978, dite « Loi CADA » – du nom de la Commission d’accès aux documents administratifs – fête cette année ses quarante ans (1978-2018). Elle aura marqué un tournant dans la libération des informations produites par les administrations publiques en France et à leur accès par tous les citoyens.

Façade la mairie d’Eaunes (Haute-Garonne). © Photographie CAD/BM 2015

Depuis la généralisation des usages numériques, de nouvelles lois sont venues renforcer et élargir les principes du libre accès à toutes les données publiques. Elles concernent bien évidemment les collectivités locales : communes, intercommunalités, départements, régions, métropoles…

En 2018, celles-ci auront à franchir un nouveau cap en satisfaisant aux obligations nouvelles imposées par la loi « Pour une République numérique » de 2016 :

  • 4 768 collectivités,
  • 1 500 établissements communaux

devront ainsi avoir ouvert toutes leurs données publiques.

Avis affiché dans une mairie concernant la consultation des délibérations du conseil municipal, 10 septembre 2016. © Photographie CAD/Bernard Mérigot, 2017.

Or à moins d’un an du délai instauré par la loi (en octobre 2018), l’objectif est loin d’être atteint. En témoigne la disparité profonde des territoires dans les pratiques quotidiennes. Certains maintiennent avec obstination une culture du secret, alors que d’autres, en raison de leur maturité numérique et de leur culture démocratique locale, ont su répondre aux nouvelles obligations, voire pour un certain nombre, d’anticiper et de prendre de l’avance.

L’année 2018 marquera la mise en œuvre généralisée de cette nouvelle politique ainsi que de la nouvelle gouvernance des données qui doit l’accompagner au niveau territorial : elle constituera la base renouvelée de la démocratie locale à l’ère numérique.

« Open Data local. Vers une nouvelle médiation démocratique » de Henri ISAAC et Jennifer CHRÉTIEN, Renaissance numérique, 9 janvier 2018, p. 1.

« Open Data local. Vers une nouvelle médiation démocratique » de Henri ISAAC et Jennifer CHRÉTIEN, Renaissance numérique, 9 janvier 2018, p. 1.

RÉFÉRENCES

ISAAC Henri et CHRETIEN Jennifer,« Open Data local. Vers une nouvelle médiation démocratique », Renaissance numérique, 9 janvier 2018, 11 p.
Texte complet en pdf : Renaissance numerique Open Data local janvier 2018

« Données ouvertes & collectivités territoriales : quels enjeux démocratiques ? », Renaissance Numérique, janvier 2018.

« Démocratie : 25 propositions pour un réenchantement numérique », Rapport, Renaissance Numérique en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès,  mars 2017.

MABI Clément, « Démocratie mise-à-jour », Rapport, Renaissance Numérique, avril 2016.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°283, lundi 15 janvier 2018

Mention du présent article : http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2018

Posted in Accès aux informations publiques, Accès citoyen aux documents publics locaux, Démocratie locale, Démocratie numérique, Numérique, Open data | Commentaires fermés

Contre la fin du monde. Voeux 2018 de Bernard Mérigot.

TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°281, lundi 1er janvier 2018

Le média numérique Territoires et Démocratie numérique locale (TDNL) est mis en ligne sur le site http://savigny-avenir.info. Tous ses articles sont librement consultables.
Sa publication est supportée par une structure associative et collaborative, le Groupe Mieux Aborder L’Avenir (MALA). A l’occasion de la nouvelle année, son Conseil d’orientation adresse ses remerciements à l’intention de tous ses lecteurs et de toutes ses lectrices qui suivent ses publications depuis sa création en 2010.

« Il n’y a pas de hasard. Il y a des surprises espérées, des circonstances fortuites et des aléas propices » , Art Street, 29 rue de Bièvres, Paris 5e arrondissement. 12 décembre 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot 2017.

« Le temps du monde fini commence » écrivait Paul VALERY en 1931.

Pour l’historien Jean-Claude SCHMITT, l’auteur de Regards sur le monde actuel, constatant qu’il ne restait plus aucune terre nouvelle à découvrir, évoquait la faillite de l’idée de progrès et le déséquilibre croissant entre la croissance de la population et la diminution des ressources naturelles. (1)

Depuis, des économistes, historiens, démographes et auteurs de fictions littéraires ou cinématographiques ont posé le même diagnostic, et les apocalypses n’en ont pas finis pas de changer de visage et de nom :

  • génocides : Auschwitz, Srebrenica, Rwanda…
  • guerres et des cataclysmes nucléaires : Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima…
  • et enfin, réchauffement climatique, qui est de la responsabilité des hommes, et dont les conséquences pour les générations futures s’annoncent catastrophiques.

« Longue litanie qui paraît augurer, sinon de la fin du monde, du moins de celle de notre monde. »

« Non seulement nos modèles de croissance sont remis en cause, mais les égoïsmes nationaux relèvent la tête et de nouveaux murs menacent les échanges mondialisés des hommes, des biens et des connaissances. La construction européenne est ébranlée, les valeurs de la démocratie sont une fois de plus en danger.

« Le regard des sciences humaines et sociales n’est pas de trop pour éclairer ces évolutions et ausculter les fantasmes de fin du monde, mais aussi pour dessiner d’autres voies de développement possibles, qui concilient la protection de l’environnement, les grands équilibres du monde et la voix des citoyens ».

RÉFÉRENCES

1. VALÉRY Paul, Regards sur le monde actuel (1931). L’inscription figure au fronton du Palais de Chaillot inauguré en 1937.

SCHMITT Jean-Claude, « Environnement, croissances et croyances. Un monde fini ? »,  Les conférences du Campus Condorcet Paris Aubervilliers 2017-2018,20 p. http://www.aubervilliers.fr/IMG/pdf/conferences_condorcet.pdf
Jean-Claude SCHMITT est historien, directeur d’études à l’EHES, président du conseil scientifique du Campus Condorcet

Illustration. « Il n’y a pas de hasard. Il y a des surprises espérées, des circonstances fortuites et des aléas propices » , Art Street, 29 rue de Bièvres, Paris 5e arrondissement. 12 décembre 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot 2017.

 Thèmes des vœux de nouvelle année

Thèmes des vœux de nouvelle année présentés par Bernard MÉRIGOT, rédacteur en chef de de Territoires et démocratie numérique locale (TDNL) de 2010 à 2018.

  • 2018.  « Contre la fin du monde »  (Paul Valéry et Jean-Claude Schmitt).
  • 2017. « Qui s’y frotte, s’y pique » (Ne toquès mi, je poins)
  • 2016. « L ‘événement n’est pas ce qu’on peut voir, mais ce qu’il devient ».
  • 2015. « Paix, solidarités et espérances durables ».
  • 2014. « Les nouvelles exigences du bonheur citoyen »(John Dewey)
  • 2013. « La démocratie, c’est partout, et tout le temps » (Pierre Mendès-France)
  • 2012. « Que nos pratiques correspondent à nos idéaux »
  • 2011. « En finir avec l’exploitation des peurs et des humiliations »
  • 2010. « Regarder l’année passée aussi bien que celle à venir »

Vœux de nouvelle année. Articles en ligne sur http://savigny-avenir.info

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°281, lundi 1er janvier 2018

Mention du présent article : http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2018

Posted in Fin du monde, Voeux, Voeux de nouvel an | Commentaires fermés

Introduction aux anthropologies pluralistes. La fragilité comme mode d’existence (Centre de Sociologie de l’Innovation).

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°279, lundi 18 décembre 2017

« Des êtres ou des états en voie de disparition » : telle pourrait être la définition provisoire de la fragilité et de la précarité. Il ne s’agit pas là d’une définition par défaut, mais d’une forme d’attention portée « à ce qui rend sensible un trait propre, un appel, une façon partagée de saisir des états ouverts, souvent durs mais riches de possibles », comme le formulent Jérôme DENIS, Antoine HENNION et David PONTILLE (1).

Leur réflexion part du constat qu’il existe une prolifération de recherches qui traitent du soin, du care, de l’attention. Celles-ci portent aussi bien :

  • sur le climat ou sur la planète,
  • sur « les bonnes façons » de considérer les personnes vulnérables ou les exclus,
  • sur l’art de réparer les objets patrimoniaux ou de conserver des œuvres matérielles ou immatérielles pour empêcher leur disparition,
  • sur la maintenance technique de tous les dangers potentiels, ceux qui sont susceptibles de porter atteinte à la santé (qu’il s’agisse de la qualité bactériologique du lait maternel que l’on achète pour nourrir les bébés, ou la composition d’un médicament qu’un laboratoire modifie sans prévenir les patients) ou encore du bon fonctionnement des passages à niveaux qui se trouvent à l’intersection des routes et des voies ferrées.

Quelle est la visibilité des fragilités humaines ? La fragilité urbaine du petit lapin est-elle réelle ou symbolique ? La sérigraphie en noir et blanc est entourée de tags aux couleurs agressives. Art street, rue Olympe de Gouges, Paris 13e, 10 novembre 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot.

Doit-on observer la réalité ou bien l’accompagner ?

Répondre par un engagement mobilise des ressources qui dépassent l’exigence de la simple participation personnelle.

Au-delà de leur variété – et du caractère souvent impérieux de l’engagement que ceux-ci exigent – on est en présence de nombreuses travaux, réflexions ou publications « tous « porteurs d’accents et de visées inédits ». Ceux-ci :

  • sont des témoignages vis-à-vis de la fragilité du monde, des êtres et des choses,
  • sont autant de manifestations d’une inquiétude diffuse et omniprésente concernant les vulnérabilités inconnues.

Comment trouver des passages « féconds et étroits » pour frayer entre les recherches empiriques et les approches spéculatives – qui se situent sur un plan philosophique, critique, ou politique – afin de soutenir toutes les entités fragiles, et de participer ainsi « à la curieuse augmentation croisée de l’existence de chacun avec les relations qu’il porte » ?

Comment se préoccuper de l’état du monde sans se fonder sur des enquêtes empiriques, fondées sur l’expérience – ἐμπειρία (empeiría, en grec) – qui produit des données, des connaissances, une expérience des sens, issue de l’observation et de l’expérimentation.

Voila de quoi interroger et remettre en cause :

  • la nature même recherches et de ses modes d’enquête,
  • la relation établie avec les acteurs, les objets et les milieux,
  • le statut des textes et des actes produits,
  • la frontière avec des réflexions et des gestes provenant d’autres disciplines (philosophes, écrivains, artistes, militants…).

C’est en reliant – de façon paradoxale – les formes d’enquête, d’écriture et d’action, dans le fil du pragmatisme, des philosophies de la différence et des anthropologies pluralistes (2), que l’on peut approcher des recherches d’un nouveau genre, celles qui ont pour objet la fragilité comme mode d’existence quotidien, la façon dont quelque chose qui peut a tout moment se briser, existe chaque jour. Une fragilité qui est plus forte que ce qui est solide.

RÉFÉRENCES

1. DENIS Jérôme, HENNION Antoine et PONTILLE David, « Maintenir/soutenir : de la fragilité comme mode d’existence », Séminaire de recherche du Centre de Sociologie de l’Innovation (CSI), Mines-Paris Tech, Paris. Année universitaire 2017-2018.

2. On retrouve ici la notion d’ontologies plurielles développée par Philippe Descola qui se situe par rapport au « tournant ontologique en anthropologie », dans la généalogie de idées et des influences du structuralisme de Lévi-Strauss et du perspectivisme de Viveiros de Castro, fondant une vision de l’homme, de l’anthropologie et des structures explicatives et prédictives, différente de l’anthropologie cognitive (Par-delà Nature et culture). Demeure une question : Qu’est-ce que le pluralisme en anthropologie ?

BIBLIOGRAPHIE
proposée par Jérôme DENIS, Antoine HENNION Antoine et David PONTILLE

  • Citton, Y. (2014). Pour une écologie de l’attention. Paris: Le Seuil.
  • Coccia, E. (2010). La Vie sensible. Paris: Payot/Rivages.
  • Debaise, D. (2015). L’appât des possibles. Paris: Presses du réel.
  • Denis, J. & D. Pontille (2015). Material ordering and the care of things. Science, Technology, & Human Values, 40(3), 338-367.
  • Denis, J. & D. Pontille (2017). Beyond Breakdown: Exploring Regimes of Maintenance. Continent, 6(1), 13-17.
  • Domínguez Rubio, F. (2016). On the discrepancy between objects and things. Journal of Material Culture, 21(1), 59-86.
  • Domínguez Rubio, F. (2014). Preserving the Unpreservable: Docile and Unruly Objects at MoMA. Theory and Society, 43(6), 617-645.
  • Edensor, T. (2011). Entangled agencies, material networks and repair in a building assemblage: The mutable stone of St Ann’s church, Manchester. Transactions of the Institute of British Geographers, 36(2), 238-252.
  • Graham, S. & N. Thrift (2007). Out of order: Understanding repair and maintenance. Theory, Culture & Society, 24(3), 1-25.
  • Haraway, D. (2018). Habiter le trouble. Parentés expérimentales dans le Chthulucene (trad. Thierry Drumm). Vaulx-en-Velin: Éditions des mondes à faire (à paraître en avril).
  • Hennion, A. & P.A. Vidal-Naquet (2017). Might Constraint be Compatible with Care? Sociology of Health and Illness, 39(5), 741-758.
  • Hennion, A. (2016). The Work to be Made. An Art of Touching. In B. Latour & C. Leclerc (eds), Reset Modernity! Cambridge: MIT Press, 208-214.
  • Hennion, A. & C. Sintive (2016). Un cahier qui pourrait s’intituler “Ce qui se passe” à Calais. PUCA/Pérou: http://www.urbanisme-puca.gouv.fr/IMG/pdf/un_cahier_qui_pourrait.pdf
  • Jackson, S. J. (2014). Rethinking repair. In T. Gillespie, P. J. Boczkowski & K. A. Foot (eds), Media technologies – essays on communication, materiality, and society. Cambridge: MIT Press, 221-240.
  • Latour, B. (2015). Face à Gaïa. Paris: La Découverte.
Macé, M. (2017). Sidérer, considérer. Migrants en France 2017. Paris: Verdier.
  • Mol, A., I. Moser & A. J. Pols (eds) (2010). Care in Practice: On Tinkering in Clinics, Homes and Farms. Bielefeld: Transcript Verlag
  • Puig de la Bellacasa, M. (2011). Matters of care in technoscience: Assembling neglected things. Social Studies of Science, 41(1), 85-106.
  • Puig de la Bellacasa, M. (2012). ‘Nothing comes without its world’: thinking with care. Sociological Review, 60(2), 197-216.
  • Tsing, A.L. (2017). Le champignon de la fin du monde. Paris: La Découverte.
  • Yurchak, A. (2015). Bodies of Lenin: The hidden science of communist sovereignty. Representations, 129(1), 116-157.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°279 lundi 18 décembre, 2017

Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

Posted in Anthropologie, Fragilité, Innovation | Commentaires fermés

Bernard Decaux, ancien maire de Bretigny-sur-Orge, est décédé

 J’apprends avec émotion la disparition de mon ami Bernard DECAUX, ancien maire de Brétigny-sur-Orge de 2001 à 2014.  Nous avions siégé tous les deux comme vice-présidents du Syndicat de la Vallée de l’Orge de 2001 à 2008.  Lorsqu’il est devenu président en 2008, je suis demeuré vice-président.
Tout le monde se souvient de sa présence et de son dévouement lors du terrible accident ferroviaire en gare de Brétigny-sur-Orge le 12 juillet 2013 qui fit 7 morts et 70 blessés. Nous nous étions retrouvés en 2015 au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris où nous avions participé ensemble à la séance présidée par Jean-Paul DELEVOYE sur le thème de « Vie de Maire », organisée par la chaîne de télévision Public Sénat.

Ceux qui ont travaillé avec lui conserveront le souvenir de son extrême bienveillance ainsi que de sa très grande exigence portée aux dossiers qu’il traitait. J’adresse mes condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches.

Bernard MÉRIGOT

Maire-adjoint honoraire de Savigny-sur-Orge (1983-2009)
Ancien 1er adjoint
Ancien vice-président du SIVOA (1995-2009)
Ancien vice-président du SIAHVY (2001-2009)
Ancien vice-président du SIREDOM (1995-2009)
Bernard DECAUX sur les bancs Conseil économique, social et environnemental à Paris lors de la rencontre « Vie de maire » présidée par Jean-Paul DELEVOYE, organisée par Public Sénat le 12 mars 2015. © Photographie CAD / BM.

Bernard DECAUX sur les bancs Conseil économique, social et environnemental à Paris lors de la rencontre « Vie de maire » présidée par Jean-Paul DELEVOYE, organisée par Public Sénat le 12 mars 2015. © Photographie CAD / Bernard Mérigot.

DOCUMENT

BERNARD DECAUX, ANCIEN MAIRE (PS)
DE BRÉTIGNY-SUR-ORGE, EST DÉCÉDÉ

Celui qui avait dirigé la ville de 2001 à 2014 s’est éteint ce lundi à l’âge de 66 ans. Il avait dirigé la ville pendant 13 années. Bernard Decaux, maire (PS) de Brétigny-sur-Orge entre 2001 et 2014, est décédé ce lundi des suites d’une longue maladie à l’âge de 66 ans.
« Au-delà de nos différences et de nos divergences, nous partageons l’honneur d’avoir été maire de Brétigny-sur-Orge, écrit sur les réseaux sociaux Nicolas Méary (UDI), le premier édile actuel, qui l’a battu lors du dernier scrutin municipal. Je sais ce que cela exige d’engagement et d’abnégation, je sais ce qu’il y a mis de don de soi. Je sais que treize années durant, il a vécu cette fonction comme un sacerdoce. Je m’incline ce soir devant l’élu et devant l’homme. »
Steevy Gustave, conseiller municipal d’opposition (DVG) qui a été l’adjoint de Bernard Decaux, se dit « bouleversé ». « Brétigny perd un grand maire, je perds un grand frère et un ami sans faille », se désole l’élu.
RÉFÉRENCES
« Bernard Decaux, ancien maire de Brétigny-sur-Orge, est décédé. Celui qui avait dirigé la ville de 2001 à 2014 s’est éteint ce lundi à l’âge de 66 ans », Le Parisien Essonne, 12 décembre 2017. http://www.leparisien.fr/essonne-91/bernard-decaux-ancien-maire-ps-de-bretigny-sur-orge-est-decede-11-12-2017-7447038.php

Bernard DECAUX, Maire de Brétigny-sur-Orge (2001-2014), Président du SIVOA (2018-2014). Rencontre « Vie de maire » au Conseil économique, social et environnemental (CESE) à Paris, présidée par Jean-Paul DELEVOYE, organisée par Public Sénat le 12 mars 2015. © Photographie CAD / Bernard Mérigot.

DOCUMENT

BERNARD DECAUX « ETAIT UN HOMME AUDACIEUX ET AMBITIEUX POUR BRETIGNY-SUR-ORGE »

Ce lundi, l’ex-maire PS (de 2001 à 2014) de la ville est décédé des suites d’une longue maladie. Un hommage lui sera rendu ce mercredi lors du conseil municipal de la commune.
Il aura marqué la ville de son empreinte. Ce mardi, c’est une grande partie des habitants de Brétigny-sur-Orge qui pleure leur ancien maire. Bernard Decaux (PS) est décédé lundi des suites d’une longue maladie, à l’âge de 66 ans.
Très bouleversé par cette disparition, Steevy Gustave (DVG), qui siégeait à ses côtés sur les rangs de l’opposition depuis 2014, a du mal à contenir sa peine. « Je perds un ami, un confident, presque un père, mais aussi un maire qui s’est battu jusqu’au bout », confie son ex-adjoint qui prendra la parole ce mercredi lors du conseil municipal pour lui rendre hommage. « Il aimait profondément Brétigny, poursuit-il. Tous les matins, il faisait le tour de la ville pour s’assurer que tout allait bien. Il était le premier au bureau, et l’un des derniers à partir. Il était toujours présent pour ses agents et les habitants. »
Profondément marqué par l’accident ferroviaire de 2013
Pendant ses treize années de mandat, Bernard Decaux a porté de nombreux projets sur la ville. Comme la réalisation de l’écoquartier Clause Bois-Badeau : « Il voulait trouver des solutions en matière de logement, explique Olivier Léonhardt, ancien président de Cœur d’Essonne agglomération. C’était un homme audacieux et ambitieux pour sa ville. »
Il s’est aussi engagé pour la reconversion de l’ex-base aérienne 217. « A partir de 2008 (NDLR : date de l’annonce de la fermeture de la base), nous avons travaillé ensemble pour établir les définitions stratégiques de cette reconversion », rappelle Sylvain Tanguy, maire (PS) de la commune voisine du Plessis-Pâté. « Bernard était un sage, qui ne parlait pas à tort et à travers, continue l’élu. Dès 2001, il a introduit une nouvelle façon de s’occuper de la ville. »
Michel Pouzol, ancien député (PS) de la 3e circonscription, a longtemps travaillé à ses côtés. C’est ensemble qu’ils ont traversé le drame de 2013 : l’accident ferroviaire qui a coûté la vie à sept personnes. « Nous sommes les deux premiers élus à s’être rendu sur place, se souvient-il parfaitement. Il a profondément été marqué par cette catastrophe. Lorsqu’on en reparlait, il ne pouvait pas retenir ses larmes, lui qui était si réservé et pudique. » Bernard Decaux lui avait confié à plusieurs reprises être déterminé à reconquérir la ville. « Il aurait pu être conseiller départemental ou député, affirme Steevy Gustave, mais seule Brétigny comptait. »
RÉFÉRENCES
COSSON Nolwenn,
Bernard Decaux « était un homme audacieux et ambitieux pour Brétigny-sur-Orge », Le Parisien Essonne, 12 décembre 2017.

ARTICLE EN LIGNE sur http://savigny-avenir.fr

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

Posted in Brétigny-sur-Orge, DECAUX Bernard | Commentaires fermés

La Métropole du Grand Paris : Smart City et subsidiarité (Jacques Paquier)

« Une Smart City, c’est avant tout des milliards de données » rappelle Jacques PAQUIER, au lendemain du Smart City World Expo Congress qui s’est tenu à Barcelone les 14-16 novembre 2017. (1). On estime en effet que d’ici à 2020, le monde des écrans, des capteurs, et des fichiers devrait amener la création de 32 milliards de nouveaux outils générant plus de 40 000 milliards de gigaoctets de données.
La concentration de la population dans les villes est sans cesse plus importante. En 2017, 50% de la population mondiale vit dans les villes. En 2050, on estime que ce pourcentage sera de 70%. Ce qui les oblige à optimiser leur organisation et à préserver leurs ressources.

Patrick OLLIER, président de la Métropole du Grand Paris et Jacques PAQUIER, rédacteur en chef du Journal du Grand Paris, 100e Congrès de l’Association des maires de France, Porte de Versailles, Paris, jeudi 23 novembre 2017. © Photographie CAD/Bernard Mérigot.

LES SIX CRITÈRES DE LA « SMART CITY »
VILLE INTELLIGENTE

Selon Rudolf GIFFINGER, les villes intelligentes peuvent être identifiées par six critères principaux.

  • une « économie intelligente »,
  • une « mobilité intelligente »,
  • un « environnement intelligent »,
  • des « habitants intelligents »,
  • un « mode de vie intelligent »,
  • une « administration intelligente » (2)

Ces six critères touchent de nombreux domaines :

  • la compétitivité territoriale
  • l’économie des transports,
  • les technologies de l’information et de la communication,
  • les ressources naturelles,
  • le capital humain et le capital social,
  • la qualité de vie,
  • la participation des citoyens à la vie démocratique de la ville.

LE CÔTÉ SOMBRE DE LA SMART CITY

Le concept « smart city » (ville intelligente) est d’origine anglo-saxonne. Les pionnières dans le domaine sont les mégalopoles d’Asie, comme Hong-Kong ou Singapour.

Il existe un côté sombre qui n’échappe pas à Jacques PAQUIER. Il écrit « La smart city est aussi la perspective d’un monde devenu trop transparent, où les acteurs géants du marché gouvernent en connaissant les moindres détails de nos vies privées ». Il ne faut pas se cacher qu’il demeure une tentation : celle d’une ville dans laquelle tous les faits et gestes de ses habitants (modes de vie, consommation, accès aux réseaux, déplacements, reconnaissances visuelles et vocales, achats…) sont minutieusement collectées, enregistrées et traitées. Cette intrusion existe – les exploitations commerciales sont connues -  et se développe dans une relative indifférence citoyenne.

Alors que le monde s’accorde sur le principe d’une co-construction des projets et de leurs mises en oeuvre, basée sur une ouverture des données publiques et la participation des administrations, des entreprises, des associations. « La ville intelligente doit se concevoir comme une plate-forme collaborative dont la finalité est le bien-être des habitants (efficience énergétique, habitat intelligent, réseaux intelligents, mobilité douce…)».

Une ville intelligente ne peut être admise sans un traitement intelligent. Il doit reposer sur sur des principes participatifs de transparence, s’interdisant d’être intrusifs et d’être un  moyen de contrôle de la vie privée.

RÉFÉRENCES

1. PAQUIER Jacques, « La Smart City exige la subsidiarité », Le Journal du Grand Paris, n°1461, 20 novembre 2017. https://www.lejournaldugrandparis.fr/

Smart City World Expo Congress, Barcelone, 14-16 novembre 2017.

2. GIFFINGER Rudolf, Smart cities. Ranking of European medium-sized cities, Centre of Regional Science, 2007.

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

Posted in Métropole du Grand Paris (MGP), OLLIER Patrick, PAQUIER Jacques, Smart City, Ville intelligente | Commentaires fermés

Les nouvelles images partagées de la République. Faire un selfie avec Emmanuel Macron au 100e Congrès de l’association des maires de France

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°276, lundi 27 novembre 2017

« J’ai besoin de vous. Nous avons la République en partage », a déclaré Emmanuel Macron en clôture du 100e congrès de l’association des Maires de France réuni le jeudi 23 novembre 2017 à la Porte de Versailles, à Paris. Dans un discours – qui a duré une heure et demie, et que la presse a qualifié de « discours-fleuve »  – il a fait assaut de pédagogie. Son allocution, ponctuée par quelques sifflets discrets au début, s’est imposée, désarmant (le terme est militaire) « la fronde des maires », annoncée.

Après la fin de son discours, Emmanuel MACRON est descendu de la scène. Une importante partie des congressistes se trouvant dans la salle, l’a entourée, en formant une foule compacte. Très détendu, il s’est alors prêté à une longue séance de selfies. Plus il avançait vers la sortie, plus les candidats aux selfies augmentaient. Je me trouvais sur le podium avec le presse. Un photographe professionnel m’a fait cette confidence : « Je n’ai jamais vu ça depuis qu’il est président ».

 Faire un « selfie » avec Emmanuel Macron, président de la République, 100e congrès de l’association des maires de France (AMF), Porte de Versailles, Paris, 23 novembre 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot.

On remarquera sur la photographie ci-dessus deux choses :

  • la joie de la personne qui réalise un selfie avec le président de la République. Elle doit penser : « J’ai réussi à approcher le président et il a accepté. Pourvu que la photo soit réussie. Quand je vais la mettre en ligne et que tout le monde va voir que j’ai rencontré le président… »
  • le fait qu’Emmanuel Macron se prête au jeu. Se faire prendre en selfie est devenu un acte politique naturel.

LE PARADOXE POLITIQUE
DE L’INTIMITÉ PUBLIQUE

Le selfie concerne un monde paradoxal, celui du paraître, « un monde du partage où l’on ne partage rien » (1), sinon précisément « un manque à partager » qu’on rend public. C’est peut-être cela que le selfie vient combler, un manque à voir, c’est-à-dire la réalisation de cette idée fantasmée « de ce que l’on voudrait que les autres voient de nous ». Et ce, en dehors de notre part d’ombre, comme la partie visible d’un iceberg qui gommerait les fissures et les étrangetés intérieures : être avec.

Le politicien de l’ère numérique veut apporter aux électeurs la preuve qu’il ne craint pas d’entrer dans leur réalité. En partageant un selfie avec un inconnu ou une inconnue, le leader politique se frotte à sa réalité : il se colle à un parfait étranger, littéralement et physiquement, épaule contre épaule. Il ne manifeste aucune gêne à partager ce moment contradictoire d intimité publique. « Par ce geste qu’il veut parfaitement naturel, avec le sourire qui l’accompagne, il tente de prouver à tous qu’il se sent parfaitement à l’aise », écrit Jacques TIBERI (2).

Le selfie serait-il entre le sujet politique et les électeurs ce que le stade du miroir décrit par Jacques LACAN a été, et demeure encore en partie aujourd’hui, au développement de l’inconscient chez enfant ? Parce qu’aujourd’hui, on en est au stade du téléphone portable. Il n’y a plus de miroir. Lorsqu’une femme veut se remaquiller dans un train par exemple, elle prend son téléphone, met en marche l’application miroir. Elle est filmée et se voit sur l’écran de son téléphone « comme dans un miroir». Aboutissement coûteux de techniques complexes pour parvenir à exécuter une tâche.

Le selfie est-il une expérience initiatique, une « prise de conscience » – selon la formule consacrée – que tout ce que l’on voit ne possède pas la même réalité ? La réalité avec l’autre n’est pas la même réalité que la réalité tout seul. Ce n’est pas sûr, parce si le miroir est un objet réel, ce que l’on y voit n’est pas exactement réalité. Ni la photographie. C’est « une forme » de réalité. Qu’est-ce qui a le plus d’effet : l’autre qui est photographié (voire filmé), ou bien les autres, à qui on montre le selfie ? L’objet ou le réseau ?

Les selfies sont apparus trop récemment pour que l’on puisse avoir un regard anthropologique qui soit suffisamment construit sur leurs pratiques complexes, prenant en compte tant la psychologie individuelle que la sociologie collective des réseaux .

Ce qui est certain, c’est que le selfie se trouve aujourd’hui investi d’une fonction politique. Le prochain président de la République sera celui avec qui les électeurs et les électrices auront réalisé le plus grand nombre de selfies aussitôt mis en réseau : moi avec le président.

RÉFÉRENCES

1. DIDIER Vincent, « Anthropologie du selfie », 10 décembre 2014, http://www.vincentdidier.net/2014/12/anthropologie-du-selfie.html

2. TIBERI Jacques, « Le selfie, un péril pour la démocratie ? », 21 décembre 2017,  http://jai-un-pote-dans-la.com/le-selfie-un-peril-pour-la-democratie/

RÉFÉRENCES

« 100e congrès des maires au service des libertés locales », Maires de France, Le magazine des maires et des présidents d’intercommunalités, numéro hors-série, novembre 2017, 66 p. Avant-propos de François BAROIN, président de l’Association des maires de France, p. 3

« 100e Congrès des maires : un patrimoine immatériel pour construire la France de demain », Maires de France, Le magazine des maires et des présidents d’intercommunalités, numéro hors-série, novembre 2017, p. 3.

« 100e Congrès des maires. Mon maire, ce héros », La Gazette des communes, des départements, des régions, Dossier, n°44/2391, 20 novembre 2007, p. 7- 53.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°276 lundi 27 novembre, 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

Posted in Association des maires de France (AMF), MACRON Emmanuel, Politique et réseaux sociaux, République partagée, Selfie | Commentaires fermés

Les maires de France refusent que l’avenir n’appartienne qu’aux métropoles (François Baroin)

« Je m’interroge sur la possibilité pour les communes de maintenir leurs services de proximité », a déclaré François BAROIN, président de l’Association des maires de France (AMF) avant d’entrer dans la salle du 100e congrès qui se tient les 21, 22 et 23 novembre 2017 à la Porte de Versailles.

François BAROIN, président de l’Association des maires de France (AMF) avant la première séance du 100 e congrès, Porte de Versailles, Paris, mardi 21 novembre 2017. © Photographie CAD/Bernard MÉRIGOT

Il rappelle que

  • 50% de la population vit dans des communes de moins de 10 000 habitants,
  • 30% de la population vit dans des communes de moins de 2 500 habitants.

« Il est insupportable pour tous ces Français d’entendre sans cesse que l’avenir n’appartient qu’à six métropoles, dont Paris, qu’il faut qu’elles soient grandes et puissantes, et que rien ne peut se passer en dehors d’elles. Les maires de France n’en peuvent plus ».

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

Posted in Communes, Métropoles, Métropolisation, Services publics locaux | Commentaires fermés