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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE
Christophe de SAVIGNY (Christofle de SAVIGNY)  1530-1587

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social et politique. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’ εγκυκλο παίδεια  (« enkuklios paideia ») l’éducation circulaire, qui embrasse un cercle entier. http://www.savigny-avenir.fr/2012/10/13/l-enkuklios-paideia-leducation-qui-fait-le-tour/

Le contexte de globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances. Comment une anthropologie de la citoyenneté, par ses initiatives (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…), peut-elle s’opposer à cette imposition ?
http://www.savigny-avenir.fr/offre/programmes-en-cours/a-la-recherche-de-la-democratie-locale/

http://www.savigny-avenir.fr/2012/12/10/developper-le-controle-citoyen-sur-les-collectivites-territoriales-pascal-cadieu/

Bernard MÉRIGOT contact@mieuxaborderlavenir.fr
NOS DOMAINES •  Gouvernances locales  •  Démocratie expérimentale   •  Démocratie participative   •  Expertise citoyenne  •  Intelligence territoriale  •  Éditorialisation numérique des territoires    •    Identités locales   •  Récits de politique publique locale (Local policy narrative).
NOTRE OBJET. •  Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques •  Soutenir les questionnements citoyens •  Favoriser les réponses collectives •  Contribuer à faire progresser les consensus.
NOS ACTIVITÉS. Recherche, intervention, conseil, formation, enseignement, publication… Notre groupe développe une démarche qui interroge sans relâche trois concepts : le territoire, le politique, le numérique. Pour cela, nous mobilisons  – de façon critique – différentes sciences sociales : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, ethnologie, sciences du politique, études du numérique, économie… – en les mettant au service de la democratia localis, la démocratie locale.
•  Quels sont les fondements qui établissent la légitimité de la démocratie locale ?
•  Quels sont les obstacles qui s’opposent  à la reconnaissance de la démocratie locale ?
•  Quels sont les moyens qui permettent l’accomplissement de la démocratie locale ?
NOTRE THÉMATIQUE. CINQ  QUESTIONS
•    Les pratiques des pouvoirs en place répondent-elles à l’idéal démocratique des territoires et de ses populations ?
•    Les évolutions territoriales peuvent-elles  être laissées dans les seules mains des responsables politiques ?
•   De quelles compétences expertes la société civile (entreprises, associations, citoyens…) dispose-t-elle pour repenser les modes de fonctionnement publics des territoires ?
•    Comment l’expertise collective (citoyenne, associative, participative, collaborative…) émerge-t-elle ? Comment est elle reconnue ?
•    Comment le numérique modifie t-il les relations entre les pouvoirs et les citoyens ?
NOS ACTIONSUn site Internethttp://www.savigny-avenir.info qui est un média numérique (ISSN : 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF). Sa ligne éditoriale consiste à analyser les  rapports entre les pratiques des pouvoirs en place et l’idéal démocratique des territoires. Il comprend plus de 1 000 articles et 1 000 scans de documents et de photos.    •  Une publication numérique hebdomadaire : La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir.  Le premier numéro a été publié le lundi 20 août 2012, le n° 176 le lundi 28 décembre 2015, le n° 228 est prévu pour le 26 décembre 2016.  •  Une recherche-action : Territoires et démocratie numérique locale lancée en 2009.  •  Un séminaire de recherche autour de thèmes annuels.  •  Des stages de formation.   Une association : Mieux Aborder l’Avenir (MALA) qui est à l’origine de la démarche du programme de recherche, d’expertise et  d’intervention.
« A my lecteur, fuyant la bonne volonté et affection singulière que nous avons toujours porté et portons de plus en plus au public. (…)  Nous te prions, bénévole lecteur, de prendre en gré notre labeur, et nous donner par ce moyen occasion de mieux faire pour l’advenir ».
Christophe de SAVIGNY,
Partition générale de tous les arts libéraux, 1587.
1. Voir sur le présent site l’article : http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/lencyclopedisme-cache-t-il-un-contrat-derreur-christophe-de-savigny-et-francis-bacon/
Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2015

 

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Les maires de France refusent que l’avenir n’appartienne qu’aux métropoles (François Baroin)

« Je m’interroge sur la possibilité pour les communes de maintenir leurs services de proximité », a déclaré François BAROIN, président de l’Association des maires de France (AMF) avant d’entrer dans la salle du 100e congrès qui se tient les 21, 22 et 23 novembre 2017 à la Porte de Versailles.

François BAROIN, président de l’Association des maires de France (AMF) avant la première séance du 100 e congrès, Porte de Versailles, Paris, mardi 21 novembre 2017. © Photographie CAD/Bernard MÉRIGOT

Il rappelle que

  • 50% de la population vit dans des communes de moins de 10 000 habitants,
  • 30% de la population vit dans des communes de moins de 2 500 habitants.

« Il est insupportable pour tous ces Français d’entendre sans cesse que l’avenir n’appartient qu’à six métropoles, dont Paris, qu’il faut qu’elles soient grandes et puissantes, et que rien ne peut se passer en dehors d’elles. Les maires de France n’en peuvent plus ».

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

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Le forum international sur la liberté de recherche (Freedom of Research) à Paris

La liberté ne va jamais de soi. Dans aucun pays et à aucune époque. Son exercice vit en permanence dans un rapport d’opposition, de conflit et de dissensus qui autorise tout homme et toute femme à contester la légitimité des structures de pouvoir.

La liberté de recherche n’est fondée sur aucun a priori. Elle engage la démocratie et la capacité des institutions et des espaces publics à accueillir le conflit politique, à favoriser et faire circuler les questionnements et les positionnements critiques, et donc à protéger les citoyens.

Tel est le sujet qui est abordé par l’important colloque international intitulé « Freedom of Research » (La liberté de recherche aujourd’hui : conflits, pratiques, perspectives) qui se tient à Paris les 16, 17 et 18 novembre 2017. (1)

Les aigles veillent. Art Street, 20 août 2017. © Photographie CAD/Bernard Mérigot 2017.

LES ATTEINTES CONTRE LA LIBERTÉ DE RECHERCHE

Une série d’événements politiques récents souligne en cette année 2017 l’urgence d’interroger, l’état présent de la liberté de la recherche. Citons de façon non limitative :

  • Répression d’universitaires en Turquie,
  • Violences contre des chercheurs américains travaillant sur le printemps arabe,
  • Menaces de mort contre des universitaires travaillant sur le processus de paix en Colombie,
  • Saisie de documents d’universitaires français travaillant sur le terrorisme,
  • Condamnation de chercheurs italiens ayant participé à des manifestations contre la ligne à grande vitesse dans le Val de Susa,
  • Licenciements de chercheurs ayant participé à Occupy Wall Street

La liberté de la « recherche » doit être entendue de la façon la plus large comme étant celle :

  • d’avoir accès à toutes les informations publiques,
  • d’étudier,
  • d’enquêter,
  • de produire du savoir,
  • de s’exprimer publiquement
  • de publier.

Elle concerne les universitaires, les étudiants, les journalistes, les syndicalistes, les artistes, les militants et les citoyens.

Les participants à ce colloque se proposent de réfléchir à la nature politique, conflictuelle et critique des voix que les répressions des pouvoirs en place étouffent.

Freedom of Research, International Forum, 16-17-18 novembre 2017, Paris, Université Paris Diderot-Paris 7, 9 Esplanade Pierre Vidal-Naquet, 75013, Paris.

RÉFÉRENCES

1. « La liberté de recherche aujourd’hui : conflits, pratiques, perspectives /  Freedom of Research », International Forum, 16-18 november 2017, Université Paris Diderot-Paris 7, http://freedom-of-research.org/index.html

Institutional partners

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ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

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La représentation de l’imaginaire par le récit de science-fiction : « La Guerre des mondes » de H.G. Wells

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°270, lundi 16 octobre 2017

Toute société, toute culture, toute langue comprend une part variable d’imaginaire. La nouvelle édition de La Guerre des mondes de H.G. WELLS que publie Philippe MELLOT permet de s’interroger sur l’évolution dans le temps de l’imaginaire au travers de ses illustrations (1).
Certains imaginaires créés par une même oeuvre de l’esprit sont-ils plus fort que d’autres ? Est-ce celui de son texte, des illustrations qui en ont été faites, d’une émission de radio, ou des films qui ont été réalisés  ?

La Guerre des mondes, de H.G. WELLS, Omnibus Éditeur, 2017.

L’imaginaire est le fruit de l’imagination des individus, des groupes, et des sociétés qui produisent des images, des représentations, des récits, et des mythes qui sont à la fois détachés et soumis à la réalité. L’imaginaire est toujours paradoxal. Il est immatériel tout en s’appuyant sur des traces matérielles. Les dessins d’Alvim CORRÊA occupent une place stratégique dans la représentation de The War of the World (La Guerre des mondes) de H.G. WELLS. C’est une occasion de relire le texte, depuis son premier mot, qui débute le texte, jusqu’à son dernier mot, qui le termine, sans que ces deux jalons achèvent ses représentations.

LA CATÉGORIE DE L’INCROYABLE

« No one would believed ». Personne n’aurait cru : c’est par cette phrase qui appartient à la catégorie de l’incroyable que Herbert Georges WELLS débute le premier chapitre de The War of the World (La Guerre des mondes), roman publié en 1898. L’effet de sens produit par le titre à la fois singulier (la guerre), et pluriel (les mondes) et par le texte, traite tout simplement de « la » guerre. Banalité de l’annonce, évidence douloureuse de tenir un discours sur elle, d’en faire l’histoire. Ce dont il est question ici, c’est de quelque chose de radical, d’un conflit monstrueux, d’un combat final où tout est en jeu. Cette totalité embrasse non seulement toute la vie, la vie quotidienne comme la civilisation sous toutes ses formes connues. Une guerre qui ne se déroule pas dans les limites des conventions habituelles : elle concerne tout le monde, tout un monde qui est menacé par un autre monde.

Pour incroyable que cela soit, il y a au niveau du réel, un autre monde qui se distingue par une différence : celle qui permet que l’on y croit. Parce que ce qui est en jeu dans le texte de H.G. WELLS, annoncé par son titre, ne relève pas de la simple imagination, d’un possible qui vient se produire lors d’un temps d’arrêt de la raison, mais de quelque chose qui se situe en dehors de tout repérage préétabli. Un monde situé dans un ailleurs qui est introduit par la question de KEPLER placée en exergue :

« But who shall well in these Worlds if they be inhabited ? ».

« Mais qui pourra bien aller dans ces mondes s’ils sont inhabités ? ». (2) On peut remarquer que pour citer KEPLER, H.G. WELLS s’est servi d’un intermédiaire, Robert BURTON, et de The Anatomy of Melancholy (1621), indiquant qu’il n’avait pas eu un accès direct au théoricien de la planète Mars. S’agit-il ici d’une caution scientifique permettant d’excuser par avance quelque spéculation, quelque élucubration, quelque délire ? Il y a une rencontre entre le discours de la science et le discours de la fiction. L’œuvre de KEPLER comporte, en dehors des lois célèbres qu’il a énoncées, de nombreuses spéculations astrologiques. C’est une façon pour H.G. WELLS de signifier que la démarche de la Science ne peut se passer de la Fiction, cet axe majeur développé par la science-fiction.

UN CERTAIN REGARD D’EN HAUT

Dans le premier chapitre de La Guerre des mondes, intitulé « The eve of the war » : ce qui est à proprement incroyable, c’est que dans les dernières années du XIXe siècle, « les choses humaines » terrestres aient été observées. L’un des deux mondes, c’est le notre. Quant-à l’autre, un certain regard venu d’en haut le situe comme un ailleurs de l’espace où l’homme est examiné et étudié comme « a man with a microscope might scrutinize the transcient creatures that swarn and multiply in a drop of water ». L’un des mondes est en position de regard, et donc de pouvoir, sur l’autre. Cette clause pourrait être considérée d’un point de vue religieux comme une représentation de la puissance divine, constituée ici comme une révélation scientifique d’un fait incroyable. A cela ne répond que l’ignorance, voire l’insouciance, de l’homme observé, rappelant ici celle du lecteur.

On voit que dès le premier chapitre premier de La Guerre des mondes, le discours scientifico-fictif qui s’engage, cerne déjà en le situant en une structure précise, un évènement singulier, incroyable : en l’occurrence, la venue de Martiens, comme si des achoppements précis lui étaient indispensables dans les deux dimensions du temps et de l’espace pour se construire, comme dans tout discours historique. Pour l’espace, c’est la science qui lui fournit sa représentation, pour le temps, c’est la fiction qui lui assure sa représentation.

« WRECKAGE » (DEBRIS)

La répétition finale du texte, soulignant l’inaccessible du quotidien vécu par le « je » du narrateur doit être relevé. Au chapitre 9 intitulé « Wreckage » (Débris), « je » revient sur l’un les lieux où il a vécu cette guerre, c’est-à-dire chez lui.

« The door has been forced ; it was unfastened, and was opening slowly as I approched (…). The smashed bushes were just I had left them nearly four weeks ago. I stumble into the hall, and the house feld empty ». (p. 187)

« Felt empty » : le « senti vide ». C’est comme si cela sonnait le creux. La scène est irrémédiablement vide. Mais dans cette solitude, aucun objet, de par la fonction particulière qu’il pouvait remplir précedemment, ne vient témoigner l’absence de l’être cher. C’est plutôt au niveau d’une singulière totalité, à laquelle chaque chose venait alors participer, que l’autre est  déduit de façon négative. Ce qui n’est pas là devient présent.

« My home was desolate. I perceived the folly of the faint hope I had cherished so long » (p. 187)

La scène vide va être le théâtre d’une autre scène, à ce point imaginaire que « je » ne se résout plus, même en rêve, à espérer la vivre. Une voix, celle de l’autre, va venir comme en écho doubler la sienne.

« It is no use, said a voice, the house is deserted. No one has been these ten days. Do not stay here to torment yourself ? No one escaped but you ». (p. 187)

La voix, celle d’une la conscience raisonnable qui s’adresse à sa femme, présente en même temps que lui. Encore quelques pas, une porte à franchir et deux êtres perdus vont se retrouver.

« She puts her hand to her throat – swayed I made a step forward and caught her in my arms ». (p. 188)

Le dernier chapitre s’achève. Pourtant un épilogue termine le livre pour donner, en dehors du temps du récit, un certain nombre de précisions scientifiques. La « conclusion de la conclusion » en quelque sorte. Elle ne saurait surprendre outre mesure. Les tentacules, les machines à bras et les articulations mécaniques des martiens et de leurs machines sont laissées de côté pour permettre à des bras humains de se tendre vers une main et de la serrer.

« A strangest of all is it to hold my wife’s hand again, and to think that I have counted her, and that she has counted me, among the dead ». (p.192)

Faut-il chaque fois une guerre pour que l’être aimé soit atteint? Gardons la réponse : les mondes qui s’affrontent sont peut-être plus proches qu’on ne le pense. Un homme et une femme se retrouvent après qu’ils aient cru, l’un et l’autre, que la mort avait frappé l’autre.

« The dead ». Ce dernier mot vient clore autre chose que le texte de La Guerre des mondes. Un récit matériel, s’achève. D’autres, imaginaires s’ouvrent. Tel est le terme à partir duquel un trait est provisoirement tiré. La critique, à propos de la science-fiction comme genre, ne prétend qu’a la liberté qu’elle prend pour s’établir.

La Guerre des mondes est une longue métaphore d’une continuité rompue, d’une série d’évènements terribles, et de retrouvailles finales. Le roman laisse de nombreux messages. Pour n’en garder qu’un, nous retiendrons que l’autre monde, celui de la destruction et de la mort, est à la fin vaincu naturellement par notre monde : des armes de résistance invisibles sont en nous.

Les productions situées comme fantastiques, scientifico-fictives, romano-polières, futurologistes… dérangent l’ordre des récits établis. Elles offrent matière au rêve par un effet de la subversion que Jacques LACAN place précisément du côté du sujet.

H.G. WELLS (1866-1946)

RÉFÉRENCES

1. WELLS H.G., La Guerre des mondes, Omnibus Éditeur, 2017, 256 p. Traduction de Henry D. Davray. Illustrations de Alvim Corrêa, Préface de Philippe Druillet. Postfaces de Philippe Mellot et de Jean-Marie Embs. ISBN 978-2-258-14625-9 http://www.omnibus.tm.fr/

« Alvim Corrêa a fait plus pour mon travail avec son pinceau que moi avec ma plume. » a écrit H.G. Wells. Fasciné par La Guerre des mondes, l’artiste d’origine brésilienne Henrique Alvim Corrêa (1876-1910) entreprend d’illustrer le chef-d’oeuvre visionnaire de H.G. Wells, pierre fondatrice de la science-fiction moderne.
En 1903, il présente son travail à H.G. Wells qui applaudit avec enthousiasme. Il avait enfin trouvé l’illustrateur à la démesure de son roman : fidèle, spectaculaire, violent, angoissant. Il faudra deux ans à Alvim Corrêa pour créer les 137 illustrations de cet album, publié à 500 exemplaires en 1906, et devenu mythique.

DRUILLET Philippe, « Les Martiens, c’est nous ! », p. 5. In WELLS H.G., La Guerre des mondes, Omnibus Éditeur, 2017, 256 p. Traduction de Henry D. Davray. Illustrations de Alvim Corrêa, Préface de Philippe Druillet. Postfaces de Philippe Mellot et de Jean-Marie Embs. ISBN 978-2-258-14625-9

MELLOT Philippe, « Les illustrateurs de La Guerre des mondes en France et en Belgique », p. 211-233. In WELLS H.G., La Guerre des mondes, Omnibus Éditeur, 2017, 256 p. Traduction de Henry D. Davray. Illustrations de Alvim Corrêa, Préface de Philippe Druillet. Postfaces de Philippe Mellot et de Jean-Marie Embs. ISBN 978-2-258-14625-9

EMBS Jean-Marie, « Réflexions sur La Guerre des mondes », p. 235-256. In WELLS H.G., La Guerre des mondes, Omnibus Éditeur, 2017, 256 p. Traduction de Henry D. Davray. Illustrations de Alvim Corrêa, Préface de Philippe Druillet. Postfaces de Philippe Mellot et de Jean-Marie Embs. ISBN 978-2-258-14625-9

2. WELLS H.G., La Guerre des mondes, Mercure de France/Le Livre de poche (n°871),  1969, 252 p. Traduction de Henry D. Davray. p. 7.
La citation ne figure pas dans la réédition de 2017

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°270,  lundi 16 octobre 2017

Commentaire du 16 octobre 2017
Le livre La Guerre des mondes est disponible auprès de l’éditeur Omnibus dans dix jours, à partir du 26 octobre 2017. Merci à Philippe Mellot de nous avoir remis ce vendredi 13 octobre un exemplaire de l’édition qu’il a dirigée.
http://www.omnibus.tm.fr/

Commentaire du 21 octobre 2017, 09 : 00
Merci pour votre très bel article sur La Guerre des mondes. Cela résonne si bien avec l’atmosphére ambiante.
Bien amicalement,
Philippe TANCELIN

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

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Le site http://www.savigny-avenir.info vient d’enregistrer le 6 octobre 2017 son trois millionnième lecteur : une fréquentation en hausse

TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE

Le 6 octobre 2017 2017, le site http://www.savigny-avenir.info vient d’atteindre le total de 3 000 000 (trois millions) de visites depuis sa création en 2010. On se souvient que :

  • le 19 avril 2015, il atteint le total de 1 000 000 de visites,
  • le 14 février 2017, il atteint le total de 2 000 000 de visites,
  • le 6 octobre 2017 , il atteint le total de 3 000 000 de visites.
Vitrine de magasin rue de la Verrerie à Paris, 4eme arrondissement, 14 septembre 2017. © Photographie CAD/Bernard Mérigot 2017

UN MÉDIA NUMÉRIQUE RECONNU

Le site http://savigny-avenir.info comprend à ce jour près de 2 600 articles et prés de 3 000 photos et de documents (jpeg et pdf). C’est un média numérique reconnu qui s’est vu attribuer un ISSN (International Standard Serial Number) comme de nombreux organes de presse dans le monde. Il fait l’objet d’un dépôt légal du numérique à la Bibliothèque nationale de France (BNF).

UNE LIGNE ÉDITORIALE CLAIRE

•  Informations publiques,
•  Questionnements citoyens,
•  Réponses collectives,
•  Consensus territoriaux.

Sa ligne éditoriale n’a pas changé depuis sa création en 2010 : « ouvrir le débat public à toutes les informations publiques, soutenir les questionnements citoyens, favoriser les réponses collectives, faire progresser les consensus territoriaux ».

Elle est placée sous l’égide de l’érudit de la Renaissance Christophe de SAVIGNY (1530-1597) dont elle a repris la devise :  « Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing » inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587. Nous en retenons trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général (le «besoing»).

Elle constitue une injonction introduisant un programme à la fois moral, social et politique, qui est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’enseignement qui fait le tour («enkuklios paideia»). Elle éclaire aujourd’hui l’anthropologie de la globalisation/mondialisation qui impose aux territoires risques et interdépendances.

Au nom de notre conseil d’orientation, je remercie nos lecteurs du monde entier qui consultent notre site. Merci à tous ceux et à toutes celles qui nous communiquent questions, réactions et contributions. Merci de l’intérêt qu’ils portent et qu’elles portent à nos travaux et à la publication hebdomadaire de « La Lettre du lundi de Savigny-Avenir ».

Merci aux associations et à leurs membres qui nous soutiennent.

Bernard MÉRIGOT
Rédacteur en chef de « Territoires et démocratie numérique locale »
Président de Mieux Aborder L’Avenir

Le programme «A la recherche de la démocratie locale (democratia localis)» participe à la démarche des carnets de recherche («blogging scientifique») soutenue par la plateforme http.hypotheses.org du Centre pour l’édition électronique ouverte (CLEO) / Open édition, conduite en partenariat  par le CNRS, l’EHESS, la Bibliothèque scientifique numérique, l’université d’Aix-Marseille, l’université d’Avignon.

Articles en ligne sur la fréquentation du site http://savigny-avenir.info

http://www.savigny-avenir.fr/essai/site-internet-www-savigny-avenir-info/

« A nous la démocratie ! », slogan peint au pochoir sur le trottoir de la rue de Vaugirard, entre la rue de Tournon et la rue de Condé, face au Sénat, Paris 6e arrondissement, 5 juillet 2017. © Photographie CAD / Bernard Mérigot, 2017

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Dépôt légal du numérique, BNF 2017

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Histoire et mémoire. Jubilé 2017 Napoléon à Rueil-Malmaison : une tradition réinventée

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°266, lundi 18 septembre 2017

Que sont les évènements historiques ? Des faits qui sont attestés par des témoignages et par des documents et dont une trace demeure, qu’elle soit matérielle ou immatérielle. Ils marquent à la fois le temps – que ce soit celui qui est vécu ou bien celui qui est reconstitué – ainsi que les lieux où ils se sont produits. Dans le cas de Napoléon Bonaparte (1769-1821), l’homme d’État et chef de guerre a produit une double inscription – majeure – à la fois temporelle et territoriale.
• 
inscription temporelle, principalement de 1799 à 1815.
inscription territoriale, en Europe, de la France à la Russie. Sans oublier l’Égypte, dès 1798.
Tous ces lieux, constituent les étapes d’un itinéraire. Ils sont, en retour, marqués par une identité napoléonienne plurielle.

Napoléon et Joséphine, Jubilé impérial, 23-24 septembre 2017, Rueil-Malmaison.

Que ce soit le Château de Malmaison où Napoléon Bonaparte et Joséphine de Beauharnais ont demeuré, le château de la petite Malmaison, l’église Saint-Pierre, dernière résidence de l’Impératrice et de sa fille Hortense… la ville de Rueil-Malmaison, située à huit kilomètres à l’ouest de Paris, garde à la fois des monuments, des sites et  des souvenirs du 1er Empire.

LES RUPTURES DE L’OUBLI

Ce que l’on nomme l’identité historique d’un lieu à l’égard des événements qui s’y sont produits, c’est-à-dire cette forme particulière d’attachement à l’égard de fragments de mémoire collective concernant un territoire donné, ne saurait être une vertu automatique et obligatoire. Combien de lieux ont manifesté – et continuent de manifester – une indifférence soutenue, un silence tenace ou une extrême pudeur à l’égard de leur passé ? Pourquoi de tels refoulements ?  Parce que la mémoire des lieux est d’abord une pratique sociale. C’est une raison d’être attentif non seulement à l’oubli, mais plus particulièrement aux ruptures de l’oubli et aux formes qu’elles prennent. Ce n’est pas au bruit que l’on doit porter attention, mais au silence qui cesse.

« En 2012 a débuté la grande aventure culturelle et populaire du Jubilé Impérial de Napoléon et Joséphine qui a permis à Rueil-Malmaison de renouer avec son passé impérial. » rappelle Patrick OLLIER, maire de Rueil-Malmaison (1). Ce qu’il qualifie lui même de « manifestation touristique » – mais le tourisme est une «mémoire en acte» concernant un paysage, un site, un monument, une empreinte – fut une grande réussite populaire, puisque selon les organisateurs plus de 60 000 visiteurs y furent accueillis. Elle fut suivie en 2014 d’une seconde édition lors des Journées Européennes du Patrimoine.

L’année 2017 propose 150 animations en centre-ville relatant la vie quotidienne sous l’Empire, la vie à la cour impériale au Château de Vertmont, avec la présentation de nombreux tableaux vivants et un bivouac d’Empire au Parc de Bois-Préau, rassemblant plus de 700 soldats. Bref, des reconstitutions historiques, des animations, des défilés, des fanfares… Interrogeons nous sur qui déplace et qui rassemble.

La Malmaison. Illustration extraite du Cours d’histoire Histoire contemporaine (1789-1848), classe de première de H. GAILLARD et ROMAN D’AMAT, Librairie Hatier, 1928, p. 279. Coll. CAD/SM.

« La vie privée de Bonaparte était simple. Il avait, avant de partir pour la campagne d’Italie, épousé une jeune veuve créole célèbre par sa beauté, Joséphine de Beauharnais. Aux Tuileries où à la Malmaison, maison de campagne située à trois lieues de Paris, que Joséphine avait achetée en 1798, il menait auprès de sa femme, de la famille de celle-ci, et de quelques commensaux de choix, une existence toute bourgeoise.» (p. 269) (2)

INVENTION ET RÉINVENTION
DES TRADITIONS

Une « tradition inventée » (Invented tradition, en anglais), est un concept proposé par Eric HOBSBAWM (1917-2012), professeur d’histoire à la British Academy de Londres, pour désigner notamment des traditions culturelles locales qui ont été forgées à une époque récente alors qu’elles semblent ou se prétendent comme étant anciennes.

Quelles sont les caractéristiques des « traditions inventées » ?

  • elles possèdent un bagage symbolique.
  • elles ne sont jamais d’une façon complètes, ni de pures répétitions, ni des inventions totales.
  • elles ont une fonction de légitimation en renvoyant au passé.
  • elles se développent habituellement dans des lieux de mémoire, réel ou imaginaire.

Ces « Invented traditions » apparaissent souvent dans des périodes de doute des collectivités et des sociétés. C’est ce que l’on qualifie souvent, d’une façon confuse, une « recherche d’identité ». Elles se développent dans des lieux de mémoire, qu’ils soient réels ou imaginaires. Elles sont précieuses pour analyser les utilisations politiques (polis signifie cité en grec) de la mémoire et des commémorations.

« [Les traditions inventées] appartiennent à trois catégories :

  • celles qui établissent ou symbolisent la cohésion sociale ou l’appartenance à des groupes, des communautés réelles ou artificielles,
  • celles qui établissent ou légitiment des institutions, des statuts ou des relations d’autorité,
  • celles dont le but principal [est] la socialisation, l’inculcation des croyances, des systèmes de valeur et des codes de conduite. » (3)

L’ « ARS MEMORIAE » EST UN ITINÉRAIRE

Il existe un « ars memoriae », un art de la mémoire. Pour CICERON il repose sur la fabrication d’un système de lieux et d’images qui sont mis en relations par un « itinerarium », c’est-à-dire un itinéraire, une carte de voyage.

Chaque lieu se trouve associé à une image-souvenir qui fonctionne comme une sorte de « madeleine de Proust » qui enclenche la réminiscence, la reviviscence du souvenir. Leur succession, ainsi que la distance qui existe entre chacun d’eux, créent un système des lieux et permet une mémorisation. « Cette mémoire, composée à l’égale d’une carte, forme un savoir qui unit intimement espace et temps », note Nicolas VERDIER. (4)

IMAGINAIRE DES LIEUX
OU IMAGINAIRE DES FAITS ?

Cette association de l’espace et du temps s’étend aux savoirs collectifs, au-delà de la mémoire personnelle, pour s’épanouir à la fois sous le regard de l’histoire et sous celui de la géographie. Face à l’accumulation des données, la géographie est « l’œil et la lumière » de l’histoire et en permet la compréhension.

VALLEMONT écrit en 1696 dans ses Éléments de l’Histoire  :

« Il y a bien de la différence entre un homme, qui a lu simplement l’histoire d’Alexandre, et un autre qui l’a étudiée avec une carte de géographie devant ses yeux. Le premier ne saurait avoir qu’une idée très imparfaite de ce grand conquérant ; au lieu que l’autre, en suivant sur la carte ce Prince dans ses conquêtes, devient comme le témoin de toute cette expédition la plus glorieuse qui ait été marquée dans l’histoire ». (5)

L’Europe de Napoléon. Carte extraite du site de la Fédération européenne des cités napoléoniennes. http://www.napoleoncities.eu/index.php?article_id=163&clang=1

Le sujet est éminemment sérieux et important. C’est à une anthropologie des commémorations historiques  populaires qu’il convient de rattacher ce Jubilé impérial de 2017, qui par essence appartient aux évènements qui continuent les évènements passés.

RÉFÉRENCES

1. COMMUNE DE RUEIL-MALMAISON, « Napoléon et Joséphine, Jubilé impérial, 23-24 septembre 2017 », Rueil-Malmaison. http://www.jubileimperial.fr/

2. GAILLARD H. et ROMAN D’AMAT,
Cours d’histoire Histoire contemporaine (1789-1848), classe de première, Librairie Hatier, 1928, p. 279.

3. HOBSBAWM Eric, « Inventer des traditions », Enquête 2, 1995, p. 171-189. Traduction d’André MARY, Karim FGOUL et Jean BOUTIER. https://enquete.revues.org/319

4. VERDIER Nicolas, « La mémoire des lieux. Entre espaces de l’histoire et territoires de la géographie », in TAKACS Adam, Mémoire. Contre mémoire. Pratique historique, Equiter, 2009, p.103-122. https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-00418709/document

5. VALLEMONT, Eléments de l’histoire, ou ce qu’il faut savoir de chronologie, de géographie, de blason, etc., avant que de lire l’histoire particulière, Paris, 1696, livre 1 chap. 2.

Frise du temps de Napoléon. Extrait de Histoire de France, cours moyen 1ère et 2e année d’Ernest LAVISSE, Armand Colin, 1856, p. 166.

DOCUMENT

Articles concernant l’histoire napoléonienne en ligne sur http://www.savignyavenir.fr

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°266, lundi 18 septembre 2017

DOCUMENT

Le compte rendu publié par Béatrice de ROCHEBOUËT est intéressant parce qu’il rend compte du Jubilé napoléonien dans son développement simultané sur plusieurs plans. A partir de personnages historiques qui ont un lien avec le lieu de Rueil-Malmaison, plusieurs investissements se mêlent, portant sur leurs représentations réelles et imaginaires. Ils existent de deux façons, par ce qu’ils ont été et ce qui sont aujourd’hui.
Histoire-spectacle, histoire-jeu, histoire associative et bénévole, histoire professionnelle, histoire-interprétation. Et histoire, objet d’appropriations des uns et des autres, des uns contre les autres. Où passent les lignes de partage ? Qu’est-ce qui sépare les uns des autres ?

À RUEIL-MALMAISON,
UN TROISIÈME JUBILÉ TOUJOURS AUSSI IMPÉRIAL

Donné au château de Ver-Mont, le dîner du «Bal de l’impératrice» a ouvert l’événement qui se déroule jusqu’à dimanche soir, 23 septembre, partout dans la ville, avec des reconstitutions, des fanfares et multiples animations. Ce 3e Jubilé impérial est comme de vieilles retrouvailles. Avec Napoléon et Joséphine. L’empereur et l’impératrice. C’est comme si le temps était resté figé dans un Empire qui étonne toujours par le faste de sa cour, la droiture de ses soldats, la magnificence de ses costumes. On y revient avec bonheur. On se laisse prendre au jeu. Et ça marche…
Pour ouvrir les festivités, les 22 et 23 septembre 2017, l’ancien ministre Patrick Ollier, maire de Rueil Malmaison, a ouvert le «bal de l’impératrice», la veille, sous la verrière campée en contrebas du Château de Vert-Mont, dans le Parc du Bois-Préau. A 20h, quelque 250 VIP arrivés en calèche – robe à taille haute et au décolleté carré pour les dames, gilet court et culotte s’arrêtant sous le genou pour les messieurs – attendait sur le tapis rouge Napoléon et sa belle pour clamer «Vive l’empereur». La tradition est toujours là. Bien ancrée dans les cœurs des inconditionnels de l’empire !
Bonaparte-Schneider et Joséphine-Barreto
Pour ce dîner de gala donné au château de Vert-Mont (propriété de la fondation Tuck en charge de la recherche dans les domaines des hydrocarbures et de la pétrochimie), le couple vedette n’avait pas pris une ride. Sous son bicorne, l’Américain Mark Schneider – silhouette ramassée de 1m 68, la même taille que Napoléon au centimètre près ! – a fait son entrée en fanfare. Il parle dans un français parfait. Depuis que Frank Samson a «abdiqué» après avoir fait toutes les reconstitutions du bicentenaire de la bataille de Waterloo en juin 2015, ce dernier a la voie royale pour être dans les bottes du Grand Napoléon. Jusque-là, Mark Schneider, deuxième sosie officiel, était surtout cantonné à représenter le jeune Napoléon Bonaparte.
Le regard fier, ce dernier entra au bras de l’Italienne Cristina Barreto, – même rondeur de visage et sourire énigmatique que Joséphine! –  dans sa robe de satin blanc crème avec sa longue traîne brodée de centaines de papillons aux fils d’or. Cet autre sosie de l’impératrice, connue pour avoir une des plus belles garde-robe empire, succède à Catherine Delbarre qui jouait le rôle dans le dernier Jubilé en 2014. Toute la soirée, elle n’a pas quitté la main de son empereur, sous le regard vigilent de son mari, en tenue de 9ème régiment d’infanterie légère…
Protocole oblige ! Célébrée en musique dans un parterre d’invités sommés de se lever, l’arrivée du couple mythique fut précédée par celle des différentes maisons impériales : le tsar Alexandre et sa sœur, la grande duchesse de Russie, sa Majesté le roi et la reine de Prusse, le roi de Saxe, la directrice de la maison d’éducation de la légion d’honneur, la reine Hortense…. Ce fut un ballet de velours bleu et rouge, de soies pâles, de fines dentelles. «À cette époque, la France était riche», s’exclama Pierre-Jean Chalençon, l’humeur toujours aussi festive et le verbe plein d’humour. Ce collectionneur tout feu tout flamme qui a réalisé son rêve d’empire en achetant le Palais Vivienne près de la Bourse, pour y faire des fêtes à la gloire de son empereur, a vendu l’an dernier une partie de ses trésors chez Me Jean-Pierre Osenat. Mais le virus de la collectionnite l’a repris. Son dernier achat? Une tasse au décor fleuri du service de l’Élysée commandée par Joséphine, dans laquelle il va désormais boire son thé chaque matin. «C’est la seule connue à ce jour sur le marché, explique Chalençon, fier d’annoncer qu’il vient de signer une nouvelle série d’expositions, avec les pièces de sa collection, dans plusieurs villes de Chine…
80.000 visiteurs attendus cette année
Avant de déguster la terrine de foie gras aux pommes façon Cambacérès et la volaille de l’ancenis aux écrevisses sauvages, Patrick Ollier a remercié -, dans un discours, selon lui, «très républicain, n’en déplaise à l’empereur!»-, les reconstitueurs venus d’Europe qui se mettent en scène avec une générosité et une fidélité historique irréprochable. Mais aussi les maires des quinze villes jumelles de Rueil-Malmaison portant le titre de ville impériale avec leur délégation – notamment ceux en costume traditionnel du Japon – ainsi que les mécènes sans lesquels ce 3ème Jubilé ne pourrait avoir lieu.
«Si nous sommes là ce soir, c’est grâce aux 50 entreprises qui apportent 1,2 million d’euros à la ville qui elle n’apporte rien, a précisé Patrick Ollier. Je redis devant les membres du Conseil municipal que si ce Jubilé avait coûté plus de 10% à la ville de Rueil, je l’aurais annulé. Or, cette année, il y a eu 100% de financement extérieur. Et la région île de France, grâce à Nathalie Pécresse, a apporté 200.000 euros», a-t-il ajouté.
La crédibilité de cette manifestation qui a attiré plus de 75.000 visiteurs l’an dernier ( cette année, elle devrait franchir la barre des 80.000, voire plus!) tient à un comité scientifique d’une grande rigueur présidé par Bernard Chevallier, conservateur honoraire des châteaux de Malmaison et Bois-Préau et l’ensemble de ses membres dont l’écrivain Dimitri Casali connu pour son opéra rock sur Napoléon et le jeune David Chanteranne, historien et secrétaire de rédaction de Napoléon Ier, le magazine du Consulat et de l’Empire. Ce dernier a écrit le très beau texte de la reconstitution du Traité de Tilsit (mise en scène Jean-Paul Burron) dont le 210e anniversaire de sa signature est célébré sur l’étang de Saint-Cucufa (2ème représentation ce dimanche à 15 heures). Le Général Marbot et le vélite Barrès (grand-père de Maurice Barrès) commentent ce traité historique qui a été rédigé en secret, le 7 juillet 1807, par le tsar Alexandre 1er et Napoléon, lors d’une rencontre sur un radeau au milieu du Niémen.
Dans cette soirée au casting impérial, il y avait plusieurs absents. Pas un membre de la fondation Napoléon ni du musée de la Malmaison, dont son nouveau directeur, Amory Lefébure habite pourtant à deux pas, n’était là. Il est regrettable qu’aucun d’eux n’ait, par leur présence, accordé leur soutien à cet événement qui, outre faire la renommée d’une ville et marcher son économie, grandit l’histoire. Mais, comme par magie, ces petites querelles d’empire ont eu vite fait d’être oubliées quand le feu d’artifice illumina le parc où l’ombre de la belle créole aux amours déçus rôde encore…
RÉFÉRENCE
« À Rueil-Malmaison, un troisième Jubilé toujours aussi impérial », Le Figaro, 24 septembre 2017, Article de Béatrice de Rochebouët. http://www.lefigaro.fr/culture/2017/09/24/03004-20170924ARTFIG00058–rueil-malmaison-un-troisieme-jubile-toujours-aussi-imperial.php

COMMENTAIRE du 22 septembre 2017

  • « Napoléon et Joséphine. 3e Jubilé impérial, 23 et 24 septembre 2017 », Supplément au journal Le Parisien, 22 septembre 2017, 4 p.
  • « Jubilez avec Napoléon. Près de 100 000 visiteurs sont attendus dans les Hauts-de-Seine ce week-end pour la 3e édition du jubilé impérial », Le Parisien, 22 septembre 2017, p. VIII. Article d’Émeline COLLET.

COMMENTAIRE du 24 septembre 2017

  • « Grognard un jour, grognard toujours. Patrimoine. Près de 1 200 soldats, cavaliers ou musiciens de l’Empire se sont retrouvés ce Week-end pour le Jubilé impérial de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) », Le Parisien, dimanche 24 septembre 2017, p. 29. Article de Christophe LEVENT.
  • « Je suis Napoléon, Mark Scheider, historien-acteur », Le Parisien, dimanche 24 septembre 2017, p. 29. Article de Christophe LEVENT.

COMMENTAIRE du 25 septembre 2017

De Napoléon Ier à Napoléon III.  Sur l’histoire et les variations du monogramme « N », on admirera le travail de Maximilien-Ferdinand MÉRIGOT (1822-1892), artiste de la Manufacture de Sèvres, auteur du modèle célèbre d’ « Assiette au monogramme Napoléon III ».

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Assiette au monogramme Napoléon III » de Maximilien-Ferdinand MÉRIGOT (1822-1892), peintre sur porcelaine de la manufacture de Sèvres. Photographie de la Réunion des musées nationaux.

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

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Centenaire de la mort de Marcel Mérigot (1896-1917)

Le 22 août 1917, Marcel Arthur MÉRIGOT, soldat au 303e Régiment d’Infanterie, décédait des suites de blessures de guerre dans l’ambulance qui l’emmenait à l’hôpital. Il était né le 19 août 1896 à Paris, 17e arrondissement, et était âgé de 21 ans. (1)

Marcel MÉRIGOT (1896-1917)
22 août 1817
© Fonds BM
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Il était employé de la Compagnie parisienne de distribution d’Électricité (CPDE) (2). Cette société privée, créée en 1907, lors de la nationalisation de l’électricité, sera au coeur de la création d’Électricité de France (EDF) en 1946, établissement public à caractère industriel et commercial (EPNIC) qui sera transformé en 2004 en société anonyme à caractère public.

Le nom de Marcel MÉRIGOT a été gravé sur les plaques en marbre des «Morts pour la Patrie 1914-1918» scellées aux murs du hall au siège de l’EDF, 23 rue de Vienne, dans le 8e arrondissement de Paris. Il est à noter que les locaux ont subi de très importantes modifications à partir des années 1990, lorsque la société Nexity a succédé à l’EDF en s’installant dans une partie des bâtiments.

« Morts pour la Patrie 1914-1918 ».
Plaque commémorative des personnels de la Compagnie parisienne de distribution d’Électricité (CPDE),
hall d’Électricité de France, 23 rue de Vienne, Paris 8e. © Photographie CAD / BM
http://ccsc.genealogie.free.fr/TH/fiches/Ind_02193.htm

RÉFÉRENCE

1. MINISTÈRE DE LA DÉFENSE, Mémoire des hommes, http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

2. « Morts pour la Patrie 1914-1918 ». Plaque commémorative des personnels de la Compagnie parisienne de distribution d’Électricité (CPDE) apposée dans le hall d’Électricité de France, 23 rue de Vienne, Paris 8e.

Caisse Mutuelle Complémentaire et Caisse d’Action Sociale des industries électriques et gazières (CMCAS) et Club de la CMCAS des Services Centraux (CCSC), «Tableau d’Honneur des Électriciens et Gaziers – 1914-1918», http://ccsc.genealogie.free.fr/TH/fiches/Ind_02193.htm

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2017

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Radio Elvis, un groupe de rock sur scène. La musique s’incruste dans nos vies

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°262, lundi 21 août 2017

Qu’est-ce qu’un groupe de rock ? Radio Elvis est composé de trois personnes, musiciens et chanteurs, qui enregistrent des chansons et qui se produisent sur scène. Ce sont à la fois des personnes physiques et des être immatériels dont les productions habitent les téléphones portables, les tablettes numériques, les ordinateurs portables, les radios, les télévisions, les espaces publics sonorisés. La musique est un discours, et les mélodies en sont les paroles.

Concert du groupe Radio Elvis, le 19 août 2017. Pierre GUÉNARD à la guitare. © Photographie CAD/Bernard Mérigot 2017.

« Je ne t’oublierai jamais », criais-je sur le départ,
Mais la nuit s’est levée en nous blessant au hasard,
Pour me perdre un peu plus, pour nous perdre un peu plus.

Un à un, les mirages étaient nés ne laissant sur la terre que la soif.
Et à mesure que la vie s’éloignait, ma voix perdait de sa force.

Les dunes se déplaçait, balayaient mes repères,
Laissant à découvert la route parsemée d’ossements.

J’essayais doucement de contenir les vents.

La route et l’orage s’avançaient nous faisant chevaliers de ses légions fantômes.

J’ai longtemps trop marché dans les bras d’un cyclone.

Radio Elvis, La Route, 2016 (1)

AU-DELÀ DU VOYAGE

Le groupe de rock français Radio Elvis s’est formé en 2013. Il est composé de Pierre GUÉNARD (chant et guitare), Manu RALAMBO (guitare électrique et basse) et Colin RUSSEIL (batterie-claviers). Leur album Les Conquêtes est sorti le 1er avril 2016. Ils ont remporté les Victoires de la musique 2017 dans la catégorie « Album révélation ».
Parmi leurs titres de chanson, on peut citer : Au large du Brésil, Le continent, Au loin les pyramides, Bleu nuit, Synesthésie, Caravansérail, Demande à la poussière, Goliath, Juste avant la ruée, La force, La route, La traversée, Les moissons, Par les ruines, Passé le fleuve, Solarium. (2)

Ils sont remarqués au concours Sosh-Les Inrocks Lab grâce à leurs « ballades oniriques portées par les textes poétiques ». Les critiques relèvent dans les textes de Pierre GUÉNARD l’inspiration littéraire d’écrivains comme Antoine de SAINT-EXUPÉRY, de Jack LONDON, de John FANTE. (3)

Sur la page de Radio Elvis du  site https://soundcloud.com/radioelvis, on peut lire cette phrase de Jacques LONDON : « La journée avançait et, en proie à cette terreur solennelle qu’inspire le silence blanc, les voyageurs s’appliquaient à leur tâche sans paroles. »

Dans un entretien, Pierre GUÉNARD indique ses sources d’inspiration pour écrire les paroles : Martin Eden de Jack LONDON, des œuvres de Pierre LOTI pour Caravansérail, le désert de Libye et les voyages d’Antoine de SAINT-EXUPÉRY dans la chanson Sur La Route, l’Algérie et Les Noces d’Albert CAMUS pour Les ruines. « C’était le genre de paysages que j’avais en tête. Mais ce que je retiens surtout c’est ce que les auteurs en tirent philosophiquement, ce qu’ils cherchent à travers le voyage. Le voyage en lui même on s’en moque. L’important c’est ce qu’il y a derrière. Je trouve qu’il y a une quête spirituelle. Au-delà du degré premier du voyage ».

Concert du groupe Radio Elvis, le 19 août 2017. Manu Ralambo (guitare électrique et basse),  Pierre Guénard (chant et guitare) et Colin Russeil (batterie-claviers). © Photographie CAD/Bernard Mérigot 2017.

Des lectures et des références peu fréquentes dans le monde de l’écriture musicale qui doivent être relevées. Un transfert de la littérature vers la chanson : nous sommes en présence d’un transfert culturel. Comme l’indique Michel ESPAGNE : « Tout passage d’un objet culturel d’un contexte dans un autre a pour conséquence une transformation de son sens, une dynamique de re-sémantisation. (4)

TRANSFERTS D’IMAGINAIRES

Il n’y a pas que le transfert des sources d’inspiration. Il existe aussi un transfert d’interprétation, un transfert d’imaginaire entre le public d’un concert et les artistes sur scène. Que penser lorsque l’on voit des spectateurs et des spectatrices qui chantent en même temps que les artistes ? (5)
Cela veut dire qu’une partie du public a assimilé les paroles au point de les connaître par cœur.
Cela veut dire aussi, qu’en dehors du concert, chaque instant est marqué par des « airs » discrets qui s’incrustent dans nos mémoires, des musiques, des chansons, des chants, des paroles, des jingles.
Chaque son, chaque accord, chaque chant est un instant à la fois continu, reproductible et unique, et en même temps, à jamais perdu. Il marque le temps. Parce que nous vivons, que le voulions ou non, dans un univers sonore et musical. Le cas du groupe Radio Elvis est d’être habité par une culture littéraire, dont les paroles viennent elles-mêmes habiter la culture quotidienne.

La Déferlante/La vague de l’art 2017, Festival, Musique, Arts de la rue, Juillet-août 2017, 24e édition. (Saint Brévin-les-Pins, Pornic, Noirmoutier-en-l’Île, Barbâtre, Notre-Dame-de-Monts, Saint-Jean-de-Monts, Saint-Hilaire-de-Riez, Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Les Sables d’Olonne, La Tranche-sur-Mer. Guide format 10 x 15 cm, 52 p.

RÉFÉRENCES

1. La transcription écrite de paroles que l’on entend est toujours problématique. Le texte n’est pas celui qui a été écrit, celui qui est déposé à la SACEM, qui fait foi, mais celui qui est perçu, ressenti, compris. Voilà celui que nous proposons.

2. https://www.paroles.net/radio-elvis – pTviwHFVMgGZbrPU.99

3. John FANTE (1909-1983), romancier, essayiste et scénariste américain. On voit en lui une figure de l’excès et de la provocation. Il est considéré comme un écrivain précurseur de la Beat Generation. Il est l’auteur notamment de La Route de Los Angeles (The Road to Los Angeles, 1933), et Demande à la poussière (Ask the Dust, 1939).

4. ESPAGNE Michel, « La notion de transfert culturel », Revue Sciences Lettres , 2013, http://rsl.revues.org/219

5. Radio Elvis, Concert public, « La Déferlante », Festival de musique, juillet-août 2017. 19 août 2017 à Saint-Jean de Monts, 24 août 2017 aux Sables d’Olonne.

http://www.ladeferlante.com

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°262, lundi 21 août 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

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La main invisible de Jupiter (Adam Smith et Emmanuel Macron)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°259, lundi 31 juillet 2017

 « Les feux brûlent, les corps lourds descendent et les substances les plus légères volent par la nécessité de leur propre nature ; on n’envisage jamais de recourir à la « main invisible de Jupiter » dans ces circonstances. Mais le tonnerre et les éclairs, la tempête et le soleil, ces événements plus irréguliers sont attribués à sa colère. » écrit Adam SMITH. (1)

Les yeux de Jupiter. Affiche d’Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai 2017. Une affiche électorale s’affiche, c’est-à-dire, se colle. Et aussi, hélas, se décolle et se déchire. Elle n’est jamais plane. Pas d’affiche sans plis, sans boursoufflure, sans ride.  Affiche collée sur un panneau officiel, 7 mai 2017 © Photographie CAD/BM 2017.

Le nombre de références à Jupiter, dieu des Romains un peu oublié au quotidien aujourd’hui, il faut le reconnaître, a soudainement augmenté dans les conversations et dans les médias au lendemain de l’élection d’Emmanuel MACRON à la présidence de République française en juin 2017. Y aurait-il une filiation entre Adam SMITH, philosophe et économiste écossais (1723-1790), et Emmanuel MACRON, ministre de l’Économie, de l’industrie et du Numérique de 2014 à 2016, et président de la République depuis 2017 ?

A LA RECHERCHE DU « JUPITÉRIEN PERDU »

Adam SMITH fait allusion dans ce passage aux « événements irréguliers de la nature qui sont attribués au pouvoir de leurs dieux ». Il emploie l’expression de « main invisible » à plusieurs reprises dans ses oeuvres. Cette expression est entendue par la théorie socioéconomique comme désignant une idée qui est double :

  • les actions individuelles des acteurs économiques sont guidées par l’intérêt personnel de chacun,
  • elles contribuent à la richesse et au bien commun.

Autrement dit, des motivations purement individuelles, fondées sur des intérêts personnels, aboutissent à un résultat collectif. La nature de l’effet produit in fine est différent de celle de ses composantes originelles. Le fait d’assembler un tout modifie les parties.

Ce sujet est toujours d’actualité plus de deux siècles après Adam SMITH. Mais il n’est pas aussi simple qu’il paraît. Alors, pourquoi la théorie de la main invisible ? Pourquoi cette référence au caché, au secret, voire – pourquoi pas – au complot ? Ne veut-elle pas dire autre chose que ce qu’elle énonce ? Il s’agirait en quelque sorte d’un mécanisme automatique. Alors, pourquoi cette référence à la mythologie ? Que vient faire ici Jupiter ? Deus ex machina ?

Ministère de l’Économie et des Finances, rue de Bercy, à Paris 13e arrondissement. Emmanuel MACRON y a été ministre. © Photographie CAD/BM 2017

LA RHÉTORIQUE JUPITÉRIENNE EN MARCHE

Il faut rappeler qu’Emmanuel MACRON, dans un interview au magazine Challenges en octobre 2016, alors qu’il était candidat à la présidence de la République, déclarait vouloir incarner un président « jupitérien ». Que voulait dire l’ancien ministre de l’Économie et de l’Industrie ?

La métaphore mythologique est porteuse de symboles. Après « l’hyperprésident » de Nicolas SARKOZY et la présidence « normale » de François HOLLANDE, un président « jupitérien » désignerait un chef d’État « qui tient de Jupiter », le dieu romain qui gouverne la terre, le ciel ainsi que tous les autres dieux. Il en possèderait donc « le caractère impérieux et dominateur ». Marie TREPS, sémiologue, rappelle que, dans la mythologie, « Jupiter n’est pas un simple dieu, c’est le roi des dieux, protecteur de la cité, c’est-à-dire de l’ensemble des citoyens, et donc en l’occurrence, de la République ». (2) Une théorie « en marche », mêlant l’antiquité et le monde moderne, qui est à analyser.

« LA MAIN INVISIBLE DE JUPITER »

L’économiste anglais William GRAMPP a recensé neuf façons d’interpréter le concept de la « main invisible » d’Adam SMITH (3).

  1. L’intérêt des uns devient l’intérêt des autres. C’est l’« harmonisation naturelle des intérêts », une sorte de propagation par contamination.
  2. Le mécanisme des prix. Toujours complexe, parce que multi-factoriel. Sa fixation obéit à des raisons mêlées, à la fois rationnelles et irrationnelles. Changeant, il laisse toujours la place à l’inattendu. De ce fait, il est entouré  de mystères.
  3. Une métaphore désignant des « conséquences inattendues ». « La main invisible est une métaphore utilisée par Smith pour désigner le principe par lequel un ordre social bénéfique émerge des conséquences inattendues des actions individuelles des êtres humains ». (VAUGHN, 1987)
  4. La concurrence. (ROSENBERG)
  5. L’échange et ses avantages mutuels (KNIGHT), voire les bénéfices de la division du travail ou du bien-être matériel.
  6. Une plaisanterie. C’est l’interprétation d’Emma ROTSCHILD (2001). C’est ainsi que toute une génération pourrait plaisanter – pourquoi pas ?-  non pas sur « la main de Jupiter », mais sur « la main de ma sœur ». (4)
  7. Un processus évolutionniste. La « main invisible» est le processus par lequel les êtres humains acquièrent les connaissances, les savoir-faire et les habitudes qui les conduisent quand ils achètent et vendent quelque chose, à maximiser leur intérêt et celui de leur pays. (COSMIDES et TOOBY)
  8. Une force providentielle. (VINNER, SPIEGEL 1979, EVENSKY 1993)
  9. La force qui restreint les exportations de capital, et qui contribue à la sécurité d’un pays/ (PERSKY, 1989)
Jupiter. Extrait de Petit cours de mythologie contenant la mythologie des Grecs et des Romains de E. GERUZEZ, Paris, Hachette, 1886, p.31.
« Le culte de Jupiter surpassait en magnificence celui des autres dieux. Il y avait partout des temples et des autels sur lesquels on sacrifiait des chèvres, des brebis et de blanches génisses.». (…) Jupiter était dans la religion des Grecs et des Romains le dieu suprême. Sa puissance était supérieure à celle des autres dieux. Le mouvement de sa tête faisait trembler l’Olympe et la terre entière ». p. 32.

JUPITÉRIEN PAR EXCÈS

La rhétorique du macronisme repose sur un système argumentaire à deux niveaux mêlés : un premier qui est visible, et, un second qui est invisible. Une idée cache l’autre. Il y a un message subliminal. Par exemple : en passant de l’individuel au collectif. Laurent JOFFRIN écrit :

« Très logiquement, au cœur du macronisme est l’individu. L’individu dont il faut libérer les énergies et promouvoir les talents pour le rendre maître de son destin. Mobilité, créativité, promotion sociale, Macron rejette les «corporatismes», les «blocages», les «rigidités» qui brident les initiatives et renforcent «les conservatismes», il exalte toujours et partout la réussite, l’entreprise, la création, «l’agilité», il recycle dans la vie politique l’idéologie implicite de la mondialisation à l’anglo-saxonne, fondée sur la concurrence, le mélange, l’ouverture, qui voit la «globalisation» non comme une menace mais comme une nouvelle frontière. » (5)

Le jupitérisme cherche s‘imposer a nous comme un éblouissement. La question est : peut-on y échapper ?

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TRANSGRESSISME ET CONFORMISME

«  La clé pour comprendre Emmanuel Macron, c’est la transgression », écrit Cécile AMAR. Elle rapporte qu’en 2017, alors qu’il est sur le point d’annoncer qu’il ne se présente pas, François HOLLANDE confie à des proches cette réflexion sur Emmanuel MACRON :  : «  Il n’a pas de limite, tout en étant dans les codes  ; c’est là son ambivalence. Il est transgressif et conformiste. Il est à la fois anti-système et système. C’est ça, ce qui le caractérise ».
RÉFÉRENCE
AMAR Cécile, La fabrique du Président, Fayard, 2017.

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MACRONISME ET BONAPARTISME

« Macronisme et bonapartisme : le parallèle vient naturellement à l’esprit. Bonaparte et Macron, deux hommes jeunes qui ne sont pas des politiciens professionnels et qui, au moyen d’une campagne brillante, l’une militaire et l’autre électorale, ont réussi à incarner la figure de l’homme providentiel, à opérer la rencontre de l’offre et de la demande d’un « sauveur » pour s’emparer du pouvoir en un temps record. Deux hommes particulièrement intelligents et volontaires, qui se lancent seuls dans une aventure improbable. Deux hommes qui, fustigeant les factions et les partis au nom du nécessaire rassemblement des Français autour de leur personne, portent l’espoir d’un renouveau dans une France qui doute d’elle-même, une France lasse d’un pouvoir faible et inefficace, en quête d’un leader capable de la remettre « en marche » et de lui redonner son rang et son prestige. Deux hommes séduisants, habités par la certitude d’avoir un destin, qui appellent les Français à les suivre. Deux hommes, enfin, convaincus que la France qui a fait la Révolution n’en est pas moins demeurée profondément marquée par son passé monarchique.
Pourtant, ce parallèle, pour juste qu’il soit sous maints aspects, doit être interrogé à la lumière d’une histoire longue qui a produit trois autres « hommes providentiels » qui ont, comme eux, exercé le pouvoir : Louis-Napoléon Bonaparte, Philippe Pétain et Charles de Gaulle. À travers la succession de ces cinq personnages se déroule une histoire marquée par la relation conflictuelle entre l’enracinement difficile de la République parlementaire et les résurgences accidentelles d’un modèle politique qui se veut alternatif, donnant la primauté au détenteur du pouvoir exécutif. Apparaissent alors les traits communs à ces cinq personnages qui ont incarné tour à tour le modèle de l’homme providentiel. »
RÉFÉRENCES
GRUNBERG Gérard,
« Macronisme et bonapartisme », Telos, 30 juin 2017. https://www.telos-eu.com/fr/politique-francaise-et-internationale/macronisme-et-bonapartisme.html

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LE MACRONISME, UN RENOUVEAU PAS SI NOUVEAU

Si la dynamique impulsée par le Président est indéniable, son caractère novateur est à relativiser : de la Grèce à Hongkong, on retrouve ce même désir de renouvellement des élites à distance des partis. Et l’affirmation des «marcheurs» de faire «autrement» de la politique est une ambition souvent affichée en début de carrière.
L’ampleur du succès des candidats d’En marche au premier tour des législatives génère des diagnostics tranchés : des partis «dévastés», une abstention «record», des électeurs «déboussolés», un dégagisme «inquiétant», des candidats «météores», voire un Parlement «en danger». Mais on peut aussi lire ce big-bang apparent comme le résultat d’évolutions connues dont la combinatoire à forte intensité émotionnelle provoque ce moment politique singulier. L’analyse du rôle des affects dans les comportements sociaux fait désormais l’objet de controverses scientifiques, surtout dans les pays anglo-saxons. Dans une perspective transversale que la science politique cherche dorénavant à explorer (1), la socialisation politique est étudiée dans ses dimensions sensibles avec une focale sur les ressorts intimes et pulsionnels à l’œuvre. A notre avis, les candidatures et les votes de La République en marche participent de trois évolutions assez classiques où les émotions jouent un rôle important. La singularité de la situation vient du fait que lorsqu’elles sont mises bout à bout dans une même séquence électorale, ces évolutions donnent soudainement cette impression de chaos.
1. La première évolution concerne le puissant rejet des logiques partisanes. Lors de deux missions récentes de recherche à l’étranger sur l’engagement politique (au Japon et au Canada), j’ai retrouvé presque mot pour mot dans les témoignages de mes interlocuteurs (électeurs et candidats) les discours indignés dénonçant avec vigueur l’impuissance des partis traditionnels à «changer le monde». Pour faire bouger les lignes, là aussi, il fallait nécessairement transgresser les clivages anciens. Il s’agit ici d’une promesse première de la démocratie, celle qui est au déclenchement de tous les combats militants : la politique est une source d’émancipation. Si l’on relit les résultats du premier tour des législatives à l’aune de cette indignation et de cet espoir, le même phénomène caractérise toutes les démocraties occidentales, de la Grèce à Hongkong en passant par les Etats-Unis. A l’évidence, l’abstentionisme, le dégagisme et le macronisme sont trois symptômes convergents du désir de renouvellement des élites à distance des partis.
2. La deuxième évolution, qui est une non-surprise, concerne «l’ivresse» de l’engagement militant observée chez les Marcheurs comme chez les Insoumis (et dans une moindre mesure chez les Frontistes). Tous ces nouveaux candidats ont pour point commun de déclarer leur capacité à représenter différemment leurs concitoyens devant les urnes. Ils illustrent une forme classique d’éligibilité par autodésignation et autolégitimation. Cependant, trois différences singularisent en apparence la trajectoire des marcheurs. La première concerne le procédé de sélection sur un échantillon de 19 000 candidatures spontanées. Cela a entrainé un profilage où le milieu, la filiation, la formation et l’identité sociale et culturelle ont privilégié de facto des personnalités déjà bien insérées dans la vie sociale. La seconde différence concerne ces éligibles qui font l’apprentissage de l’entrée en politique en mode accéléré, de façon fulgurante, sans passer par la case «collectivités locales» ni par le cursus des «corps intermédiaires». Cependant, quand on y regarde de plus près, beaucoup d’entre eux ont des expériences collectives locales. Une troisième différence concerne le double argument des candidats de LREM selon lequel ils n’avaient pas prévu de faire de la politique et que leur démarche sort donc de l’ordinaire : «Je suis arrivé par hasard en politique», «Je n’étais pas du tout programmé pour cela». Là aussi, c’est une demi-innovation car chez 90 % des élus en fonction (2), on retrouve depuis longtemps cette affirmation sur le hasard et l’atypisme pour expliquer le point de départ de leur ascension politique. Il s’agit même d’un invariant concernant l’exposition de soi aux électeurs : la première campagne électorale est toujours racontée avec émotion et fierté comme une épreuve initiatique inattendue, enivrante et fondatrice.
3. La troisième évolution, classique, concerne la relation qui s’établit entre le local et le national, en termes d’enjeux et de mode de gouverner. Le premier tour de la présidentielle montrait une France étonnamment différenciée et contrastée (territoire par territoire et même, en milieu urbanisé, bureau de vote par bureau de vote) alors que le scrutin législatif va entraîner une représentation quasiment monocolore à l’Assemblée nationale. La première séquence électorale nous montrait ainsi la magie de l’esprit des lieux avec mille et une façons sensibles de concevoir la politique selon chaque histoire locale (la résistance, la transgression, l’adhésion, l’ordre… ). Mais au niveau national, l’Assemblée sera amenée à opérer une hiérarchisation implacable des priorités sur quelques grandes réformes génériques. Ainsi, la différenciation et l’uniformisation, malgré les apparences, vont demeurer inextricablement imbriquées : il y a fort à parier que les futures élections locales transformeront le «tsunami marchiste» en une multitude d’ajustements territorialisés et que dans le même temps les âpres négociations entre les députés du centre-gauche, du centre-droit et du Modem créeront de nouveaux clivages structurants. Tant aux niveaux local que national, le «principe de réalité» (doxa macroniste s’il en est) redonnera aux conflits cette charge explosive qui fait le sel des passions politiques.
RÉFÉRENCE
FAURE Alain, « Le macronisme, un renouveau pas si nouveau », Libération, 15 juin 2017. http://www.liberation.fr/debats/2017/06/15/le-macronisme-un-renouveau-pas-si-nouveau_1577079
Alain Faure, Directeur de recherches en science politique à Pacte (CNRS), université Grenoble-Alpes.

RÉFÉRENCES
1. SMITH Adam,
« History of Astronomy », 1755, in W.P.D Wightman and J.C Bryce (eds), Adam Smith Essays on Philosophical Subjets, Clarendon Press, 1981, p. 49.
2. http://www.bfmtv.com/politique/ce-que-signifie-le-president-jupiterien-que-souhaite-incarner-macron-1166014.html
3. GRAMPP William D., « What Did Smith Mean by the Invisible Hand ? », Journal of Political Economy, 2000, Vol.108, N°3, June
4.
Le registre relève à l’évidence du fantasme sexuel. En langage « soutenu » cela deviendrait : « Et ma soeur, c’est la reine d’Angleterre ? »
5. JOFFRIN Laurent,
« Qu’est-ce que le macronisme ? », Libération, 12 mai 2017. http://www.liberation.fr/politiques/2017/05/12/qu-est-ce-que-le-macronisme_1569242

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°259, 31 juillet 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

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A-t-on raison de se méfier des experts officiels de l’action publique ? (France Stratégie)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°258, lundi 24 juillet 2017

La défiance manifestée par l’opinion publique à l’égard des experts et du rôle qu’ils remplissent dans les débats publics et les décisions publiques est générale. Quelle en est la raison ? Tel est le point de départ que le Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) – désigné par le nom de « France-Stratégie » – institution publique rattachée aux services du Premier ministre a donné à son séminaire de recherche intitulé « Comment l’action publique mobilise-t-elle l’expertise ? » et dont la première séance s’est tenue le 3  juillet 2017.

Commissariat général à la Stratégie et à la prospective (SDSP) / France Stratégie, Services du Premier ministre. Siège du 18 rue de Martignac, Paris 7e. © Photographie CAD / BM 2017.

France Stratégie, en lançant le cycle de séminaires « Paroles d’experts : pour quoi faire ? »  (1) qui porte sur l’examen de la fragilité du « discours des experts », se penche en fait sur une forme de pratique sociale à la croisée de la science, du politique et de la société.

  • Comment mesurer la réalité de ce phénomène complexe ?
  • Comment comprendre la défiance de l’opinion à l’égard des avis des experts ?
  • Quelles sont les interactions entre les producteurs, les relais d’intermédiation et les destinataires des expertises ?
  • Le débat public et la décision publique peuvent-ils être nourris et éclairés par un savoir réellement partagé ?
  • Quelle place doit occuper l’expertise citoyenne dans une démocratie ?
Commissariat général à la Stratégie et à la prospective (SDSP) / France Stratégie, Services du Premier ministre. Siège du 18 rue de Martignac, Paris 7e. © Photographie CAD / BM 2017.

LE MALAISE DE L’EXPERTISE PUBLIQUE

La première séance du séminaire « Comment l’action publique mobilise-t-elle l’expertise ? » s’est déroulée le lundi 3 juillet 2017. « Il existe un malaise dans l’expertise publique » constatent Bégil NABLI et Daniel AGACINSKY dans leur introduction intitulée « L’expert, ce mal aimé » (2).

Cette séance a rassemblé administrations, chercheurs, acteurs médiatiques et politiques, citoyens qui souhaitent réfléchir sur la notion. Son objectif était d’établir un état des lieux de l’expertise et des diverses formes de sa mobilisation dans le cadre de l’action publique en France. Sont intervenus successivement Dominique Bureau, délégué général du Conseil économique du développement durable (CEDD) ; Géraud Guibert, président de « La Fabrique écologique », conseiller maître à la Cour des comptes ; Yannick Moreau, présidente du Comité de suivi des retraites ; Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public (CNDP).

Nous sommes à l’époque où Michael Gove, le chef de file de la campagne des brexiters, déclare que « les citoyens de ce pays en ont marre des experts ». Les acteurs de l’expertise font-ils l’objet d’une défiance nouvelle, spécifique à leur rôle ou à leur personne, ou bien sont-ils victimes d’un discrédit qui touche plus généralement toute parole institutionnelle ? Ou bien aiment-ils être un objet de détestation ?

DES SAVOIRS MANIPULÉS
DES POUVOIRS MANIPULATEURS

Omniprésents sur la scène médiatique comme dans les allées du pouvoir, tout en voyant leur légitimité de leurs interventions remise en cause, les experts se situent dans un entre-deux. Ne disposant ni d’une légitimité politique directe, ni de l’autorité et de la liberté de parole du « pur » savant, l’expert fait figure d’intermédiaire entre les savoirs et les pouvoirs. Il use du savoir pour exercer un pouvoir. De ce fait, l’un et l’autre sont devenus des objets réciproques des critiques et des instrumentalisations.

LA COMPLEXIFICATION
 DE LA DESCRIPTION DES FAITS

Jacques ELLUL affirmait que la « société technicienne » du XXe siècle est centrée sur la production économique (3), et en conséquence, est obnubilée sur les moyens qui la rendent possible (4) et que tout le monde est obligé d’accepter, et que l’on ne saurait remettre en cause. Il écrivait « nous vivons dans la religion du fait » : le sacré a été transféré à la technique (5), c’est-à-dire au savoir technique, à la compétence technique et au pouvoir de la technique.

Pour lui, l’expertise est devenue un dogme, et l’expert un « prêtre communiant ». Cette contestation de la légitimité de l’expertise scientifique et technique abouti chez Michel FOUCAULT à une contestation de la légitimité politique. « la critique des formes d’accumulation du savoir est au moins aussi importante que la critique de l’accumulation du capital » écrit-il. (6)

Les pouvoirs publics ne peuvent plus annoncer une décision politique sans la légitimer par une expertise dont le choix constitue en elle-même une décision de nature politique. Dans le domaine environnemental, caractérisé par une incertitude générale, disséminée et constante, toute prise de risque soulève des enjeux sociétaux évidents (antennes relais de téléphonie mobile, dissémination des organismes génétiquement modifiés dans la nature, nanoparticules dans l’alimentation, effets du rejet des gaz à effet de serre, démantèlement de centrales nucléaires…). Ce sont autant d’illustrations de la complexification de la description des faits, conséquence elle-même de l’apparition de nouveaux risques et des nouveaux dommages qui en découlent.

« L’INCERTAIN FONDAMENTAL EST TAPI »

Dès lors, le recours aux experts relève d’un paradoxe : la haute teneur scientifique des décisions impose systématiquement un recours à l’expert. Dans le même temps, l’incertitude scientifique, couplée au fort enjeu politique entourant la décision, complexifie l’utilisation de l’expertise. Pour Alain COMTE-SPONVILLE « la remise en cause de l’autorité des experts s’impose » (7).

Alors que partout, comme l’écrit Edgar MORIN, « l’incertain fondamental est tapi ». (8)

« Dans cette maison Jean Monnet, premier commissaire au Plan (1946-1952) prépara le redressement de la France et la construction de l’Europe ». Plaque apposée sur l’immeuble du 18 rue de Martignac, Paris 7e, siège du Commissariat général à la Stratégie et à la prospective (SDSP) / France Stratégie, Services du Premier ministre. © Photographie CAD / BM 2017.
Le Commissariat général du Plan (CGP) est une service official français qui a existé de 1946 à 2006. Il a été chargé d’élaborer la planification économique de la France au travers notamment de plans quinquennaux. Il s’est transformé en 2006 en Centre d’analyse stratégique (CAS) puis en 2013 en Commissariat général à la Stratégie et la Prospective sous le nom de France Stratégie. Il est rattaché aux services du Premier ministre.

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Il n’est d’expertise que pluraliste

« On ne marquera correctement la place de l’expertise dans le débat public, et dans la promotion de la qualité de celui-ci, que si, sans faire à l’expert une défiance excessive, on ne lui fait pas non plus une confiance que n’autorisent pas les fatalités qui gouvernent, sauf miracle, le fonctionnement de l’esprit humain : éblouissement devant l’instrument qu’on maîtrise, ou croit maîtriser ; solidarité avec l’appareil auquel on appartient, ou, à l’inverse, compulsion à régler avec lui différentes sortes de comptes.
Parce qu’il n’existe pas, ou si rarement, d’expertise indépendante, il n’est d’abord d’expertise féconde que pluraliste. Un minimum de règles évitant les pires asservissements (des experts aux décideurs, ou l’inverse, ou les deux ensemble), doit à l’évidence être promulgué.
On ne saurait par conséquent, sauf volonté de manipulation, accréditer l’idée que le rattachement de l’expertise à certaines institutions est, à lui seul, de nature à en assurer l’indépendance. »
BELORGEY Jean-Michel, « Élus, citoyens et experts. Distribution des rôles », Projet, 2006. http://www.revue-projet.com/articles/2006-6-elus-citoyens-et-experts-distribution-des-roles/

NOTE

FRANCE STRATÉGIE

France Stratégie - dont la dénomination administrative est Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP) – est une institution publique rattachée au Premier ministre. Elle a pour objectif de concourir à la détermination des grandes orientations pour l’avenir de la nation, des objectifs à moyen et à long terme de son développement économique, social, culturel et environnemental, et à la préparation des réformes à envisage.
France Stratégie a été créé par un décret du 23 avril 2013. Il remplace le Centre d’analyse stratégique (CAS), successeur du Commissariat du plan ainsi que du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC). Sa création fait suite au rapport de Yannick MOREAU, remis le 4 décembre 2012 au Premier ministre Jean-Marc AYRAULT.
Qu’est-ce que France Stratégie ? France Stratégie se définit comme « un laboratoire public d’idées, un organisme de concertation et de réflexion ». Son rôle est de proposer une vision stratégique pour la France, en expertisant les grands choix qui s’offrent au pays. Son action repose sur quatre missions:
  • Évaluer les politiques publiques, de façon indépendante et exemplaire.
  • Anticiper les évolutions de la société française, qu’elles relèvent de l’économie, du social, du développement durable ou des technologies et analyser les questions qu’elles posent à moyen terme, afin de préparer les conditions de la décision politique.
  • Débattre. France Stratégie a vocation à être une maison ouverte, dialoguant avec les partenaires sociaux, la société civile, les entreprises, la communauté des spécialistes et le monde universitaire.
  • Proposer des politiques/réformes/orientations au gouvernement, en mettant en lumière les arbitrages possibles, les expériences étrangères et les positions des acteurs.
France Stratégie anime un réseau de sept organismes aux compétences spécialisées : le Conseil d’analyse économique (CAE), le Conseil d’orientation des retraites (COR), le Conseil d’orientation pour l’emploi (COE), le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFi-PS), et le Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII).

RÉFÉRENCES

1. SERVICES DU PREMIER MINISTRE, COMMISSARIAT GÉNÉRAL À LA STRATÉGIE ET À LA PROSPECTIVE (CGSP) FRANCE STRATÉGIE, « Comment l’action publique mobilise-t-elle l’expertise ? », Séminaire sur la fonction d’expert dans le débat public et la décision publique, Séance du 3 juillet 2017, 18 rue de Martignac, Paris 7. Interventions de Dominique Bureau, délégué général du Conseil économique du développement durable (CEDD), Géraud Guibert, président de « La Fabrique écologique », conseiller maître à la Cour des comptes, Yannick Moreau, présidente du Comité de suivi des retraites, Christian Leyrit, président de la Commission nationale du débat public (CNDP).
2. NABLI Béligh et AGACINSKY Daniel,
« L’expert ce mal aimé », France Stratégie, 2017. http://www.strategie.gouv.fr/point-de-vue/lexpert-mal-aime
3. ELLUL Jacques,
Le système technicien, Le Cherche-Midi, 1977.
4. ELLUL Jacques, Présence au monde moderne. Problèmes de la civilisation post-chrétienne, Genève, Roulet, 1948.
5. ELLUL Jacques, Les Nouveaux possédés, 1973, Les Mille et une Nuits, p. 316.
6. FOUCAULT Michel, « Entretien avec Michel Foucault », Dits et écrits, volume 4, Paris, Gallimard, 1994, p.87-89.
7. COMTE-SPONVILLE Alain, « Justice et vérité », in Expert du juge, expert de partie, vérité scientifique et vérité judiciaire, XVIIe Congrès national des experts judiciaires, p. 90.
8. MORIN Edgar, La Méthode 3. La connaissance de la connaissance. Anthropologie de la connaissance, Éd. du Seuil, Paris, 1986, p. 15.

On pourra consulter quelques travaux « classiques » sur l’expertise :

BOY, D. « L’expert citoyen, le citoyen expert », Cahiers français, Dossier « Les nouvelles dimensions de la citoyenneté », n°316, septembre-octobre 2003, pp.20-24
DECROP G. ET J.-P. GALLAND J.-P. (dir.), Prévenir les risques : de quoi les experts sont-ils responsables ?, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, 1998, 201 p.
LASCOUMES P. (dir.), Expertise et action publique, Problèmes politiques et sociaux, La Documentation française, n°912, mai 2005.
ROQUEPLO P., Entre savoir et décision, l’expertise scientifique, Paris, INRA Editions, 1997, 111 p.
TRÉPO J.-Y, La Sociologie de l’expertise, PUF, Que sais-je ?, n°3119, 1996, 127 p.
WEBER Max, Le savant et le politique, Paris, Plon, 1959, 230 p.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°258, lundi 24 juillet 2017

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ISSN 2261-1819
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Colloque « Polices et populations » (INHESJ). Confiance ou méfiance ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°257, lundi 17 juillet 2017

Les relations sociales qui existent entre ce que les médias désignent d’une façon courante sous le nom de « forces de l’ordre » (la police, qu’elle soit nationale ou municipale, la gendarmerie, les services préfectoraux, la justice…) et les citoyens ne sont jamais des données « en soi », dotées d’une légitimité naturelle devant s’imposer selon un régime d’évidence.
Elles sont toujours le produit de constructions sociales traversées par deux modalités : le long terme (les politiques publiques de sécurité) et l’immédiateté (les situations d’urgence, les accidents, les incidents, les tensions,  les polémiques…) relayées aujourd’hui en temps réel les réseaux sociaux.
Alors, entre les polices et les citoyens,  confiance ou méfiance ?

Le professeur Westley SKOGAN (Northwestern University, Evanston/Chicago, Illinois), à la tribune – à gauche sur la photo – après sa communication sur « L’usage des contrôles policiers aux États-Unis » au colloque international Polices et populations. Perspectives internationales organisé par l’Institut National des Hautes Études sur la Sécurité et la Justice (INHESJ) le 4 juillet 2017 à l’École militaire à Paris. ©  Photographie CAD/BM 2017.

Face à une « crise grave de confiance » entre la population et les forces de sécurité dans leur ensemble, les acteurs de la sécurité se sont réunis à Paris le 4 juillet 2017 lors d’un colloque organisé par l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice. (1) Ils appellent à « mobiliser tous les partenariats locaux ». « Nous constatons aujourd’hui une réelle crispation entre polices et population », affirme Elizabeth JOHNSTON, déléguée générale du Forum français pour la sécurité urbaine. Le constat n’est pas nouveau car « police, gendarmerie, police municipale, services de sécurité privée, tous doivent être intégrés au débat ». (2)

Hélène CAZAUX-CHARLES, directrice de lInstitut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ) ouvre le colloque  « Polices et populations. Perspectives internationales », École militaire, Amphithéâtre Desvallières, 4 juillet 2017. © Photographie CAD/BM 2017.

Ce colloque répond à une question d’actualité : Comment penser la prévention de proximité et l’évolution de la délinquance ? Le Centre des Hautes Études du Ministère de l’Intérieur (CHEMI) a lancé en 2017 un « Appel à projets d’études stratégiques et prospectives ». Il porte sur sept thèmes : 1. La gouvernance des territoires, 2. La sécurité publique et la sécurité des flux (Approche économique de la sécurité, Liens entre prévention de proximité et évolution de la délinquance, Relation police/population), 3. Les enjeux de la sécurité civile, 4. La coopération internationale et européenne de sécurité, 5. La modernisation et la transformation numérique des organisations, 6. Les libertés publiques et la cyber-sécurité, 7. Transversalité des ressources humaines. (3)

Cet appel à projet constate un paradoxe – évident – dont la prise en compte s’avère complexe :

  • la délinquance déclarée par les victimes, ou constatée par les forces de l’ordre, est mesurée par l’enregistrement des faits,
  • la délinquance évitée par des actions de prévention n’est pas enregistrée et ne peut pas être mesurée.

Dans le premier cas, des crimes, des délits, des infractions identifiables. Dans le second cas, des actes inexistants, puisque des actions de prévention ont empêché qu’ils surviennent. Ce qui a été évité ne s’est pas produit et demeure inexistant. Il en résulte une difficulté pour apprécier la répartition des forces de sécurité entre leurs actions préventives et leurs actions répressives. Quelles sont les causes ? Quels sont les effets ? Comment connaître ce que l’on ignore ?

C’est à ce type de question que le ministère de l’Intérieur souhaite répondre en se demandant comment mesurer l’impact des actions de prévention sur le niveau de délinquance. Le ministère de l’Intérieur souhaite disposer d’une approche réaliste « permettant de mesurer l’impact sur le niveau de délinquance des actions sur le terrain, des contrôles et des actions de prévention ciblées comme celles menées par les référents sûreté ou les brigades de prévention de la délinquance juvénile, seules ou en partenariat. »

Il est indispensable de se livrer à des comparaisons internationales afin d’aboutir  à une « méthodologie et à des outils réalistes », permettant de rationaliser une approche globale de la lutte contre la délinquance et l’insécurité.

Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ), « Polices et populations. Perspectives internationales », Colloque, École militaire, Amphithéâtre Desvallières, 4 juillet 2017. © Photographie CAD/BM 2017.

DOCUMENT

POLICES ET POPULATIONS. PERSPECTIVES INTERNATIONALES

Colloque organisé par
l’Institut National des Hautes Études de la Sécurité et de la Justice (INHESJ), 4 juillet 2017,
École militaire, Amphithéâtre Desvallières.
Ouverture du colloque par Hélène CAZAUX-CHARLES, directrice de l’INHESJ
Présentation du colloque
par Jacques de MAILLARD, professeur à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), CESDIP
I. Contrôles, interventions policières et confiance
Président : René LEVY, Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (CESDIP)
  • Expliquer les différentiels de confiance par Sebastian ROCHÉ, CNRS, Politiques publiques, action publique, territoires (Pacte)-Sciences Po Grenoble
  • L’usage des contrôles aux États-Unis par Wesley SKOGAN, Université de Northwestern, U.S.A
  • Les contrôles en France et en Allemagne par Jérémie GAUTHIER, Institut de recherches Interdisciplinaires sur les enjeux sociaux (IRIS), Centre Marc Bloch
  • Les styles de contrôle des services de police en France par Mathieu ZAGRODZKI, CESDIP
II. Partenariat, enseignement, échange
Présidente : Sophie BODY-GENDROT, CESDIP
  • L’expérience des délégués cohésion police-population. Une ouverture des polices ? par Carole GAYET-VIAUD, CNRS-CESDIP
  • Outils policiers d’intelligence et rapports police-population par Thierry DELPEUCH, chercheur à PACTE, Sciences Po Grenoble
  • La déontologie dans les organisations policières par Christian MOUHANNA, CNRS-CESDIP
III. Technologies et organisations policières
Président : Cédric MOREAU DE BELLAING, École normale supérieure (ENS), Laboratoire interdisciplinaire d’études sur les réflexivités (LIER)
  • La question de la transparence par Xavier LATOUR, Université de Nice
  • Les pratiques de catégorisation policières de la population par Élodie LEMAIRE, Université de Picardie Jules Vernes (UPJV), Centre universitaire de recherches administratives et politiques de Picardie (CURAPP)
  • L’usage des caméras portées de James WILLIS, Université George Mason, U.S.A
  • Les indicateurs de performance et prise en compte du public par Betsy STANKO, Royal Holloway, Royaume-Uni
IV. Table ronde : « Police et population. Quels enjeux ? »
Président : Jacques de MAILLARD, professeur à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), CESDIP
  • Éric CORBAUX, procureur de la République, Pontoise
  • Claudine ANGÉLI-TROCCAZ, adjointe au Défenseur des droits en charge de la déontologie de la sécurité
  • Lieutenant Colonel Jean-Marc JAFFRÉ, Centre de recherche de l’école des officiers de la Gendarmerie nationale
  • Jacques RIGON, commissaire divisionnaire, commissaire central du 20e arrondissement de Paris, Préfecture de police
  • Henri DUMINY, commissaire divisionnaire, adjoint du sous-directeur des missions de sécurité de la DCSP
  • Clément STENGEL, adjoint au maire d’Amiens, vice-président du Forum français pour la sécurité urbaine

RÉFÉRENCES

1. INSTITUT NATIONAL DES HAUTES ÉTUDES DE LA SÉCURITÉ ET DE LA JUSTICE (INHESJ), « Polices et populations. Perspectives internationales », Colloque, 4 juillet 2017, École militaire, Amphithéâtre Desvallières. https://inhesj.fr/node/564

Interventions d’Hélène CAZAUX-CHARLES, directrice de l’INHESJ ; Jacques de MAILLARD, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines/CESDIP ; René LÉVY, CNRS/CESDIP ; Sébasttien ROCHÉ, CNRS/PACTE Grenoble ; Wesley SKOGAN, Northwestern University (USA), Mathieu ZAGRODSKI, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines/CESDIP ; Jérémie GAUTHIER, IRIS, Sophie BODY-GENDROT, CESDIP ; Carole GAYET-VIAUD, CNRS/CESDIP ; Thierry DELPEUCH, PACTE Grenoble ; Christian MOUHANNA, CNRS/CESDIP ; Cédric MOREAU DE BELLAING, ENS/LIER ; Xavier LATOUR, Université de Nice ; Élodie LEMAIRE, Université de Picardie Jules Verne/CURAPP ; James WILLIS, Univesité George Masson (Etats-Unis), Betsy STANKO, Royal Holloway (Grande Bretagne) ; Éric CORBEAUX, procureur de la République ; Claudine ANGÉLI-TROCCAZ, Services du Défenseur des droits ; Jean-Marc JAFFRÉ, École des officiers de la Gendarmerie nationale ; Jacques RIGON, Commissaire divisionnaire, Commissaire central du 20earrondissement de Paris ; Henri DUMINY, commissaire divisionnaire, DSCP, Ministère de l’Intérieur ; Clément STENGEL, adjoint au maire d’Amiens, Vice-président du Forum français pour la sécurité urbaine.

2. ROBELET Julie-Claire, « Relation polices-population : le rôle clé des collectivités », La Gazette des communes, 5 juillet 2017, http://www.lagazettedescommunes.com/514367/relation-polices-population-le-role-cle-des-collectivites

3. MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR (Centre des Hautes Études du Ministère de l’Intérieur, CHEMI), « Appel à projets d’études stratégiques et prospectives », 6 mars 2017, 6 p. Calendrier de l’appel d’offres : 8 mars 2017. Ouverture de l’appel d’offres ; 12 avril 2017. Clôture de l’appel d’offres ; 15 mai 2017. Sélection des projets retenus ; Novembre 2017. Livraison des études.

Bernard MÉRIGOT a participé au colloque « Polices et populations. Perspectives internationales », le 4 juillet 2017 à l’École militaire à Paris, en sa qualité d’ancien auditeur de l’Institut des Hautes Études de la Sécurité Intérieure (IHESI), promotion 1993. Il est membre de l’association des auditeurs de INHESJ.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°257, lundi 17 juillet 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

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