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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE
Christophe de SAVIGNY (Christofle de SAVIGNY)  1530-1587

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social et politique. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’enseignement qui fait le tour, l’«ekuklios paideia» (εγκυκλιος παιδεια).

Le contexte de globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances. Comment une anthropologie de la citoyenneté, par ses initiatives (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…), peut-elle s’opposer à cette imposition ?
Bernard MÉRIGOT contact@mieuxaborderlavenir.fr
Articles en ligne :
http://www.savigny-avenir.fr/offre/programmes-en-cours/a-la-recherche-de-la-democratie-locale/

http://www.savigny-avenir.fr/2012/12/10/developper-le-controle-citoyen-sur-les-collectivites-territoriales-pascal-cadieu/

NOS DOMAINES •  Gouvernances locales  •  Démocratie expérimentale   •  Démocratie participative   •  Expertise citoyenne  •  Intelligence territoriale  •  Éditorialisation numérique des territoires    •    Identités locales   •  Récits de politique publique locale (Local policy narrative).
NOTRE OBJET. •  Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques •  Soutenir les questionnements citoyens •  Favoriser les réponses collectives •  Contribuer à faire progresser les consensus.
NOS ACTIVITÉS. Recherche, intervention, conseil, formation, enseignement, publication… Notre groupe développe une démarche qui interroge sans relâche trois concepts : le territoire, le politique, le numérique. Pour cela, nous mobilisons  – de façon critique – différentes sciences sociales : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, ethnologie, sciences du politique, études du numérique, économie… – en les mettant au service de la democratia localis, la démocratie locale.
•  Quels sont les fondements qui établissent la légitimité de la démocratie locale ?
•  Quels sont les obstacles qui s’opposent  à la reconnaissance de la démocratie locale ?
•  Quels sont les moyens qui permettent l’accomplissement de la démocratie locale ?
NOTRE THÉMATIQUE. CINQ  QUESTIONS
•    Les pratiques des pouvoirs en place répondent-elles à l’idéal démocratique des territoires et de ses populations ?
•    Les évolutions territoriales peuvent-elles  être laissées dans les seules mains des responsables politiques ?
•   De quelles compétences expertes la société civile (entreprises, associations, citoyens…) dispose-t-elle pour repenser les modes de fonctionnement publics des territoires ?
•    Comment l’expertise collective (citoyenne, associative, participative, collaborative…) émerge-t-elle ? Comment est elle reconnue ?
•    Comment le numérique modifie t-il les relations entre les pouvoirs et les citoyens ?
NOS ACTIONSUn site Internethttp://www.savigny-avenir.info qui est un média numérique (ISSN : 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF). Sa ligne éditoriale consiste à analyser les  rapports entre les pratiques des pouvoirs en place et l’idéal démocratique des territoires. Il comprend plus de 1 000 articles et 1 000 scans de documents et de photos.    •  Une publication numérique hebdomadaire : La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir.  Le premier numéro a été publié le lundi 20 août 2012, le n° 176 le lundi 28 décembre 2015, le n° 228 est prévu pour le 26 décembre 2016.  •  Une recherche-action : Territoires et démocratie numérique locale lancée en 2009.  •  Un séminaire de recherche autour de thèmes annuels.  •  Des stages de formation.   Une association : Mieux Aborder l’Avenir (MALA) qui est à l’origine de la démarche du programme de recherche, d’expertise et  d’intervention.
« A my lecteur, fuyant la bonne volonté et affection singulière que nous avons toujours porté et portons de plus en plus au public. (…)  Nous te prions, bénévole lecteur, de prendre en gré notre labeur, et nous donner par ce moyen occasion de mieux faire pour l’advenir ».
Christophe de SAVIGNY,
Partition générale de tous les arts libéraux, 1587.
1. Voir sur le présent site l’article : http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/lencyclopedisme-cache-t-il-un-contrat-derreur-christophe-de-savigny-et-francis-bacon/
Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2015

 

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Quelle est la politique de sécurité du département de l’Essonne ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°215, lundi 26 septembre 2016

« Les menaces d’attentats, comme celui du 13 novembre 2015 à Paris, ou plus récemment du 14 juillet 2016 à Nice, les inondations telles que les Essonniens les ont subies en mai de la même année, les risques technologiques, le développement du principe de précaution et l’évolution de la réglementation en matière de sécurité appellent une mobilisation sans faille du Conseil départemental et d’un revirement total de culture ». (1)

François DUROVRAY
interviewé par la chaine parlementaire Public Sénat le 22 avril 2015
après son élection de président du conseil départemental de l’Essonne
©  Photo CAD / BM 2015

Cette introduction volontariste figure dans le rapport de présentation de la délibération du président François DUROVRAY qui sera présenté lors de la séance publique du lundi 26 septembre 2016, annonçant pas moins de vingt-cinq actions pour un coût total de 380 000 €. Elles concernent cinq axes :

  • Axe 1. Prévenir, secourir et assurer la sécurité incendie
  • Axe 2. Concourir à la protection des collégiens
  • Axe 3. Assurer la protection et la sûreté des agents, des biens et des données
  • Axe 4. Préparer et gérer la crise
  • Axe 5. Prévenir la délinquance
« Politique de prévention et de sécurité »,
Rapport n°2016-01-0054 présenté à la séance publique du Conseil départemental de l’Essonne
lundi 26 septembre 2016, 27 pages.
Texte complet en pdf
Conseil departemental Essonne Politique Securite 26 09 2016

Chaque action fait l’objet d’une fiche descriptive (1. Constats, 2. Objectifs, 3. Interlocuteurs identifiés, 4. Modalités de mise en œuvre, 5. Indicateurs de réalisation et de résultat, 6. Échéances/calendrier).

De quoi s’occupent les conseils départementaux en 2016 ? La question n’est pas nouvelle. Elle se pose depuis la création des conseils généraux. Elle se pose aujourd’hui dans le contexte – complexe – de l’évolution générale des collectivités territoriales, et de celui des structures nouvelles mises en place, notamment depuis le 1er janvier 2016, dans la région parisienne (Métropole du Grand Paris, établissements publics territoriaux…). Le fait que les conseils généraux aient pris le nom de conseils départementaux n’a rien changé, sinon ajouter un changement pour le changement, avec l’effet de flou qui est lui est attaché.

PRÉVENTION ET SÉCURITÉ
La torsion affectivité / effectivité

A cela, s’ajoute la torsion permanente entre l’effectivité de chacun des niveaux d’exercice du pouvoir et l’affectivité des désirs citoyens portés à leur égard. Le rapport que l’État entretient avec les citoyens est marqué par une perpétuelle proximité et une permanente distance entre les demandes sociales, qu’elles soient latentes, qu’elles soient exprimées ou bien encore qu’elles soient produites par les médias, avec la réalité accomplie. Il n’existe pas une politique publique unitaire en matière de prévention et de sécurité, mais une pluralité d’actions publiques menées par une multitude d’instances qui la constituent comme résultante : politique communale, politique communautaire, politique départementale, politique territoriale, politique préfectorale, politique régionale, politique métropolitaine, politique nationale, politique européenne, politique internationale.

Le problème du regard citoyen – un regard proche et un regard éloigné – est celui de l’existence même d’une politique publique départementale.

 Conseil départemental de l’Essonne à Évry
©  Photo CAD / BM 2016

RÉFÉRENCE

1. CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE L’ESSONNE, « Politique de prévention et de sécurité », Rapport n°2016-01-0054 présenté à la séance publique du lundi 26 septembre 2016. Texte complet en pdf avec le lien suivant : Conseil departemental Essonne Politique Securite 26 09 2016

  • Rapport, 27 p.
  • Projet de délibération, 2 pages.
  • Annexe financière (380 000 €), 1 p.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°215, lundi 26 septembre 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016

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De l’injustifiable à l’ignorance. De quoi l’établissement public territorial (EPT 12) « Grand Orly Seine Bièvre » est-il le nom ?

« Choix du nom de l’Établissement public territorial », telle est la première question qui figure à l’ordre du jour de la séance publique du conseil de l’établissement public territorial (EPT 12) qui se réunit le lundi 26 septembre 2016 dans les locaux imposants et spacieux de l’Hôtel de ville de Vitry-sur-Seine. (1)  Ce territoire s’appelle aujourd’hui « Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont ». Il va changer de nom. Son président, Michel LEPRETRE (PC), adjoint au maire de Vitry-sur-Seine, conseiller départemental du Val-de-Marne, proposera celui de « Grand Orly Seine Bièvre ». Qu’est-ce que cela change ?

Michel LEPRETRE, président de l’établissement public territorial 12
Séance du conseil territorial du 12 avril 2016.
Hôtel de Ville de Vitry-sur-Seine.
©  Photo CAD / BM 2016

LE NOM DE l’INJUSTIFIABLE

Le président de l’EPT 12 répond que le choix du nom «ne changera rien». On doit s’interroger sur le non-effet de cette décision. C’est, par anticipation, un déni de décision. « Nous décidons, mais c’est comme si nous ne décidions rien » : c’est la démocratie à rebours. Parce que si une assemblée délibérante vote quelque chose, et que cela ne change rien, la question que posait Paul VALÉRY s’impose : « A quoi bon ? »

Dans un communiqué, Michel LEPRÊTRE se livre au difficile exercice de justifier l’injustifiable. « Il est difficile de s’accorder sur le nom de ce territoire. Est-ce étonnant ? » Il rappelle que la majorité des communes membres de l’EPT 12 a été «politiquement en opposition» à la loi NOTRe. « Nous ne portons pas toutes et tous forcément les mêmes conceptions de construction du territoire et notre vision de la métropole est évidemment l’objet de débats très profonds ». Il s’agit donc d’un accord… sur un désaccord.

Il poursuit : « Il me paraît important de souligner que ce nom, quel qu’il soit, sera surtout utile pour les acteurs économiques, les partenaires institutionnels avec lesquels nous avons beaucoup de choses à construire ». Michel LEPRÊTRE se livre à un aveu terrible : « Ce nom, quel qu’il soit… ».  (2) Autrement dit, peu importe. C’est du pareil au même.

LEPRÊTRE Michel, «Communiqué», 1 p.
Séance du 26 septembre 2016
  • EPT Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont

devient :

  • EPT Grand Orly Seine Bièvre

Qu’est-ce qui a changé entre les deux ? Dans le premier nom : Orly, Bièvre, Seine. Dans le second : Orly, Bièvre, Seine. Où est la différence ? Il est à craindre que cette nouvelle dénomination indiffère tout le monde. Pourquoi le président de l’EPT 12 met-il en avant l’économie et non pas l’identité du territoire ? Les 679 463 habitants des 24 communes peuvent-ils se reconnaître dans un amalgame de circonstances auquel personne visiblement ne croit ?

UN NOM QUI N’EXISTE PAS
POUR UN TERRITOIRE QUI N’EXISTE PAS…

En créant en janvier 2016 la Métropole du Grand Paris (MGP) et les douze établissements publics territoriaux qui la composent, l’État a constitué des structures artificielles sans aucune identité. Se trouvant dans l’incapacité de leur trouver un nom, faisant preuve d’une imagination que l’on hésite à qualifier,  il leur a affecté un simple numéro, de 1 à 12. C’est ainsi qu’est né  l’EPT 12. « – Moi, j’habite dans l’EPT 12. – Et moi dans l’EPT 5 ». C’est poétique et évocateur : on se croirait dans un film de science-fiction. Les 677 462 habitants des 24 communes ont été ainsi rassemblés sans avoir été consultés.

La guerre des territoires commence toujours par la guerre des noms.

L’ÉLIMINATION DU TERRITOIRE DES PORTES DE L’ESSONNE

L’EPT 12 est constitué de quatre anciennes communautés d’agglomérations. Dans un premier temps, il s’est donné un nom provisoire qui associe trois d’entre elles « Grand-Orly, Val-de-Bièvre, Seine-Amont ». Significativement la mention de la quatrième intercommunalité qui le compose, et qui est « Les Portes de l’Essonne », a été omise. Cela s’est passé dans la plus grande indifférence et avec l’assentiment tacite des élus des six communes concernées (Athis-Mons, Juvisy-sur-Orge, Morangis, Savigny-sur-Orge, Paray-Vieille-Poste, Viry-Châtillon). Les communes des Portes de l’Essonne sont au nombre de 6 sur un total de 24, ce qui représente 25 % de l’EPT 12 : elles sont noyées dans la masse.

  • Le faux prétexte avancé a été celui du caractère provisoire du nom choisi en janvier 2016. Chaque fois qu’une administration, ou des élus, avancent le caractère prétendument  « provisoire » d’une décision, cela doit être traduit immédiatement par « définitif ». Tout provisoire est porteur du germe du définitif. Lorsque des élus ou une administration dit c’est provisoire, cela veut dire : « Je n’ose pas le dire, mais c’est décidé et  on n’a pas l’intention de revenir dessus ». Le vrai nom de l’EPT 12 était « Grand Orly Val de Bièvre Seine Amont ». Le nom définitif est « Grand Orly Seine Bièvre ». A deux mots près, vous percevez une différence ?
  • La fausse consultation. L’EPT 12, qui se nomme « provisoirement » établissement public territorial Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont, a eu une idée faussement géniale : organiser une consultation auprès des habitants pour leur demander quel nom ils souhaitent donner au territoire qui décide de l’avenir de leur territoire.

    « Choisissez le nom de votre territoire. Depuis six mois, vos villes ont intégré le plus grand territoire de la métropole parisienne. L’ensemble des élus se sont mis d’accord sur un principe : la coopérative de villes. Ce sont les villes qui font le territoire. Les ambitions et les projets sont les décisions de vos communes, portées par le territoire construisant du commun. Ce territoire est le vôtre, portant les réponses nécessaires à la construction d’un avenir partagé. Quel nom lui donneriez-vous ? Votre avis compte ! (un seul vote sera pris en compte par participant).
  • Grand Orly Seine Bièvre (Grand OSB)
  • Paris Orly Seine Bièvre (Paris OSB)
  • Bièvre Orly Seine Sud (Boss)
  • Orly Rungis Seine-Amont (ORSA)
  • Paris Grand Orly (PGO)
  • Paris Sud Orly (PSO)
  • Grand Paris Orly (GPO)
  • Paris Plein Sud (PPS)
  • Paris Orly Métropole (POM)
  • Paris Orly Avenir (POA)
  • Orly Sud Communes (Orly Sudco)
  • Convergence Sud (Cosud)
  •  Autre proposition » (3)

On remarquera que les différentes propositions ne sont aucunement le fruit d’une concertation citoyenne. Elles émanent toute de l’institution (élus et/ou administration). Quant à la catégorie « autre proposition », elle constitue un  faux choix qui n’a aucune chance d’aboutir face aux propositions prédéterminées. Nous sommes dans le cas typique d’une fausse démocratie participative. (4)

  • Et les résultats de cette fausse consultation citoyenne ? Pourquoi n’ont-ils pas tous été publiés ? Nous naviguons le déni de la démocratie. Le communiqué de presse non signé par Michel LEPRETRE, mais de son directeur de Cabinet, indique que trois noms sont arrivés en tête et ont été soumis au choix des maires les 6 septembre 2016. La transparence aurait voulu que tout citoyen ait communication du nombre de votants, du nombre de votes obtenus pour chaque nom proposé, des noms donnés par les votants dans la catégorie « Autre proposition », du nombre de maires votants le 6 septembre 2016, du nombre de votes des maires obtenus pour les trois propositions arrivées en tête de la consultation citoyenne qui a donc abouti au choix majoritaire de Grand Orly Seine Bièvre.

« UN TERRITOIRE PERDU CHERCHE UN NOM PERDU »

On peut citer Shakespeare (« A lost thing looks for a lost name » : une chose perdue cherche un nom perdu). La démarche du président de l’exécutif communautaire est pathétique. Comment nommer un territoire artificiel et inutile ? Personne ne l’a souhaité. Il a été imposé et nul ne croit qu’il ait un quelconque avenir collectif. Pour le vendre auprès de l’opinion, il faut faire croire qu’il a une existence. C’est pourquoi on crée une « marque commerciale » pour l’imprimer sur son emballage. Un emballage qui sera sans rapport avec le produit contenu à l’intérieur. Le pire, est de faire croire que la décision est prise dans le cadre d’une concertation auprès de ses habitants. Ce qui n’est pas le cas. A ce jour, aucun résultat n’a été publié dans les règles d’une consultation citoyenne véritable.

Conseil territorial de l’établissement public territorial 12
Ordre du jour, p. 1
Séance publique du lundi 26 septembre 2016
Hôtel de Ville de Vitry-sur-Seine

L’URBANISME A L’ORDRE DU JOUR

Après cette entrée en matière, l’ordre du jour comprend toute une série de délibérations concernant l’urbanisme des communes. On sait que, depuis le 1er janvier 2016, ce pouvoir a été retiré aux communes pour être transféré aux intercommunalités. Désormais, ce ne sont plus les conseils municipaux des communes qui votent, c’est le conseil territorial de l’EPT 12 qui le fait à leur place.

  • 27. Approbation du plan local d’urbanisme de Juvisy-sur-Orge
  • 30. Approbation du PLU révisé. Commune de L’Haÿ-les-Roses
  • 31. Débat sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durable (PADD) de Fresnes
  • 32. Approbation de la révision allégée n°1 du PLU. Commune d’Athis-Mons
  • 34. Mise en compatibilité du PLU. Commune de Gentilly
  • 35. Mise en compatibilité du PLU. Commune de Morangis
  • 36. Arrêt du projet de PLU et bilan de la concertation. Commune de Villeneuve-le-Roi

Conseil territorial de l’établissement public territorial 12
Ordre du jour, p. 2
Séance publique du lundi 26 septembre 2016
Hôtel de Ville de Vitry-sur-Seine

LA GOUVERNANCE DE L’IGNORANCE

Qu’est-ce que Juvisy-sur-Orge connaît sur l’urbanisme du Kremlin-Bicêtre ? Rien. Qu’est-ce que L’Haÿ-les-Roses connaît de Juvisy-sur-Orge ? Rien. Qu’est-ce que Choisy-le-Roi connaît à Athis-Mons ? Rien. C’est comme dans la publicité du Printemps, le grand magasin parisien «Les yeux fermés, j’achète tout au Printemps».  A l’EPT 12, c’est « Je vote les yeux fermés». (5)

Les élus peuvent-ils affirmer – en conscience – qu’ils connaissent les territoires sur lesquels ils se prononcent ? Et fait, ils statuent en fonction de la confiance réciproque qu’ils s’accordent les uns les autres. Nous tombons sous la double contrainte du « Si je fais une remarque, ou bien si je vote contre cette délibération, que se passera-t il lorsque viendra le tour de ma commune». Cette globalisation des décisions de collectivités territoriales (l’EPT) à l’égard d’autres collectivité territoriales (les communes) crée les conditions qui permettent demain tous les mauvais coups contre les habitants et les citoyens en matière d’urbanisme et d’aménagement : nous tournons le dos à la démocratie citoyenne.

On notera au menu de cette séance du 26 septembre 2016 une série de décisions importantes sur l’urbanisme des communes de l’ancienne communauté d’agglomération Les Portes de l’Essonne : Juvisy-sur-Orge, d’Athis-Mons, Morangis. L’approbation de la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de Savigny-sur-Orge aurait dû figurer au menu de la séance. Tout le monde s’interroge : pourquoi ne la retrouve t-on pas sur l’ordre du jour de ce 26 septembre 2016 ? Mystère.

Hôtel de Ville de Vitry-sur-Seine
©  Photo CAD / BM 2016

RÉFÉRENCES

1. L’EPT 12, créé le 1er janvier 2016, est composé de 24 communes et totalise 679 463 habitants : Ablon, Arcueil, Athis-Mons, Cachan, Chevilly-Larue, Choisy-le-Roi, Fresnes, Gentilly, Ivry, Juvisy-sur-Orge, Le Kremlin-Bicêtre, L’Haÿ-les-Roses, Morangis, Orly, Paray-Vieille-Poste, Rungis, Savigny-sur-Orge, Thiais, Valenton, Villejuif, Villeneuve-le-Roi, Villeneuve-Saint-Georges, Viry-Châtillon, Vitry-sur-Seine.

2. LEPRÊTRE Michel, «Établissement public territorial Grand Orly Val-de-Bièvre Seine Amont, Communiqué», (sans titre, sans date), 1 p. Il est à noter que ce document n’est pas signé par le président de l’EPT 12, mais par son directeur de Cabinet, Christophe MENUEL.

3. ÉTABLISSEMENT PUBLIC TERRITORIAL GRAND-ORLY VAL-DE-BIÈVRE SEINE-AMONT,  «Un clic, 1 nom pour notre territoire. Cliquez ici pour participer», 2016 : http://connexitepremium.berger-levrault.fr/auditoire/itw/answer/WIcJxcOvqqzbvdBALQc-4A. Le vote en ligne s’est achevé le 31 août 2016.

Pour en savoir plus sur le choix des noms proposés : http://www.seine-amont.fr/actualite/102-un-clic-un-nom-pour-notre-territoire.html.

4. A l’occasion de cette consultation citoyenne, nous avons publié un article sur le média numérique www.portes-essonne-environnement.fr. Nous le reprenons ici en partie, révisé. http://portes-essonne-environnement.fr/ept-12-le-nom-de-letablissement-public-territorial-n-12-est-il-un-nom-publicitaire/. Le contenu du présent article y sera d’ailleurs également publié.

5. Slogan publicitaire du Printemps, grand magasin parisien : « Les yeux fermés, j’achète tout au Printemps ». Film de Raoul FRANCO, 1957.

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Les Journées européennes du Patrimoine 2016 sont une « fabrique de territoire »

Les 17 et 18 septembre 2016 se tiennent dans toute la France d’innombrables manifestations culturelles qui se recommandent des « Journées européennes du patrimoine ». Quel en est le sens général ? Comment analyser le fait que le ministère de la Culture ait proposé cette année le thème de « Patrimoine et citoyenneté » ? Nous avons interrogé à ce sujet Bernard MÉRIGOT.

Journées européennes du patrimoine,
Patrimoine et citoyenneté,
17-18 septembre 2016

Question. Que doit-on penser de l’engouement des Français pour « le patrimoine » ?
Bernard MÉRIGOT.
Il y a eu un effet de mode évident, et il y a un engouement médiatique qui perdure depuis vingt-cinq ans en France. Il répond à une « demande sociale », ce qui est une explication rapide et une justification facile. L’analyse est complexe et ne saurait se limiter aux simples commentaires de sondages d’opinion. La question est « De quoi le patrimoine est-il le nom ? ». Pourquoi cette attirance, ce tropisme, cet ancrage pour des lieux ? On s’aperçoit qu’aucun lieu n’est jamais anodin, jamais muet. Chacun est identifié symboliquement comme porteur d’une histoire, c’est-à-dire d’un récit. « Il s’est passé quelque chose ici, et il s’y passe encore quelque chose. Je veux y être. ». Cette position symbolique comporte une dimension mystique : c’est ce que l’on appelle la « composition du lieu ». Relisez saint Ignace de Loyola.

Journées européennes du Patrimoine au Lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge :
les portes sont ouvertes
©Photo CAD / BM 2016

A LA RECHERCHE DE L’IDENTITÉ PERDUE

Question. Comment analyser cette « demande sociale » ?
Bernard MÉRIGOT.
La sociologue et anthropologue Catherine NEVEU faisait la remarque suivante en 2004 : « Qu’il s’agisse de nombreuses politiques publiques contemporaines ou d’initiatives visant une redynamisation des pratiques citoyennes  « le territoire » et « le local » sont devenus des figures récurrentes des discours tant politiques que scientifiques. Parée de toutes les vertus (proximité, pragmatisme, efficacité, échelle idéale d’un rapport concret au politique, ressources de solidarité et d’identité retrouvées), l’inscription dans l’échelle locale, notamment dans sa figure urbaine du quartier, est fréquemment présentée comme le remède à nombre de maux de nos sociétés modernes . » (1)

Les emblèmes sont connus : monuments, châteaux, églises… Leur vision s’appuie généralement sur une appréciation positive des vertus « naturelles » de la petite échelle. Le quartier est associé à une vision parfois irénique du « village dans la ville », incluant toutes les étapes du cycle de vie : une société locale de petite taille alimente l’imaginaire européen d’un état « naturel » des choses ». Le « quartier » est alors vu comme un espace de solidarité, d’identité et de convivialité, naturellement doté de vertus de réconciliation et d’efficacité : « Le territoire est énoncé comme un lieu de la non-contradiction, d’une «euphémisation» des conflits, de l’établissement tous les consensus. Il devient un “mot-étendard”.

« Plan des château et parc de Savigny-sur-Orge
appartenant à Monsieur Ramiro de la Puente, Marquis de Alta-Villa (…)
dressé par C. Noël, géomètre à Juvisy, MDCCCLXXXII » (1882)
Lycée Jean-Baptiste Corot, Salle des Actes (2e étage du château)
©   Photo CAD / BM 2016

PATRIMOINE ET CITOYENNETÉ

Question. Vous ne croyez pas en l’existence spontanée de liens naturels entre un territoire et son patrimoine ?
Bernard MÉRIGOT.
Il n’existe pas de lien « allant de soi » entre patrimoine, identité, territoire et engagement citoyen. Ce lien ne peut en aucun cas être validé d’emblée. En revanche, il doit être – comme on dit – « problématisé ». Quels sont les processus de construction politique des territoires ? Comment saisir la jonction entre les pratiques collectives et les politiques publiques ? Comment s’articulent les identités locales, les engagements collectifs, les objets publics et les constructions territoriales ? Autrement dit, quelles sont « les échelles de citoyenneté » ? Y a-t-il continuités ou rupture dans les chaînes de transmission. Autant de questions d’actualité qui éclaire le choix du thème « Patrimoine et citoyenneté » en 2016.

Toute visite guidée d’un site patrimonial – et tout lieu possède potentiellement ce caractère  -  est une déambulation, un parcours fait d’avancées et de poses, d’escaliers montés et descendus, d’arrêts, de paroles et de silences. C’est un moment particulier, pour le lieu (un moment d’ouverture), pour les visiteurs (en tant que personne, à titre individuel, et en tant que groupe éphémère), pour l’organisateur. Elle se prépare. Elle suscite des attentes, des récits, des questions. Est-elle un moment fugace ? Il faut espérer que les ancrages qu’elle produit ait des suites.

Journées européennes du Patrimoine
Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny-sur-Orge
17 septembre 2016
DOCUMENT

PATRIMOINE ET CITOYENNETÉ

« Le thème de cette année « Patrimoine et citoyenneté » nous renvoie aux sources même de cette manifestation créée en 1984 : celle d’une appropriation par tous d’un bien commun, d’une histoire commune. Le patrimoine et la citoyenneté sont deux notions dont la jonction raconte notre histoire, notre passé, mais dessine aussi notre présent et notre avenir.
Aussi je me réjouis de ce grand moment de célébration collective que sont les Journées européennes du patrimoine qui se tiendront les 17 et 18 septembre prochains avec plus de 17 000 monuments ouverts au public et plus de 26 000 animations en métropole et dans les outre-mer.
Lieux symboliques de la naissance de la citoyenneté, lieux historiques de sa constitution, lieux actuels de pratique et d’exercice quotidiens : nombreux sont les monuments à visiter ou à revisiter à l’aune de cette notion fondatrice de la République, qu’ils soient habituellement ouverts au public ou qu’ils ne se visitent qu’exceptionnellement lors de ces Journées.
En cette période où l’esprit civique est plus que jamais appelé à se manifester, il importe de rappeler que le patrimoine est à la fois un symbole de la citoyenneté française, et un lieu où elle peut trouver à s’exercer et à se renforcer. La pleine appropriation du patrimoine renforce le lien social. C’est une fierté qui peut aussi servir de ferment au développement économique. Nous pourrons tous dessiner, lors de ces visites, un parcours du patrimoine de la citoyenneté à travers la France et saisir la force de ce lien social qui nous unit tous.
Je remercie les propriétaires publics et privés, les associations et nos partenaires privés, media et institutionnels, qui font le succès de cet événement et vous souhaite de très belles Journées européennes du patrimoine.
Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication »
RÉFÉRENCE
AZOULAY Audrey,
Patrimoine et société, éditorial aux Journées européennes du Patrimoine 2016, 20 juin 2016. http://journeesdupatrimoine.culturecommunication.gouv.fr/Edition-2016/Editorial-de-la-Ministre

RÉFÉRENCES

1. NEVEU Catherine, « Une « petite fabrique de territoire » : quartiers et citoyenneté à Roubaix », Ethnologie française 1/2004 (Vol. 34), p. 59-66.

2. En 1992, Jack LANG, ministre de la Culture, change de nom des Journées portes ouvertes dans les monuments historiques qui deviennent les Journées nationales du patrimoine. En 2000, la manifestation prend le nom de Journées européennes du patrimoine. Depuis 1995, un thème général est proposé.

1995. 100e anniversaire du cinéma. 10e anniversaire des CoRePHAE (Commissions régionales du patrimoine historique, archéologique et ethnologique). Les parcs et jardins
1996. Patrimoine et littérature. Patrimoine et lumière
1997. Patrimoine, fêtes et jeux. Patrimoine industriel. Patrimoine et lumière
1998. Métiers et savoir-faire
1999. Patrimoine et citoyenneté. L’Europe, un patrimoine commun
2000. Patrimoine du XXe siècle
2001. Patrimoine et associations. Commémoration du centenaire de la loi du 3 juillet 1901
2002. Patrimoine et territoires
2003. Patrimoine spirituel. Le bicentenaire de la naissance de Mérimée. La restauration du Château de Lunéville
2004. Patrimoine, sciences et techniques
2005. J’aime mon patrimoine. Deux jours pour manifester son attachement au patrimoine
2006. Faisons vivre notre patrimoine
2007. Les métiers du patrimoine : des hommes et des femmes au service des biens culturels
2008. Patrimoine et création
2009. Un patrimoine accessible à tous
2010. Les grands Hommes. Quand femmes et hommes construisent l’Histoire
2011. Le voyage du patrimoine
2012. Les patrimoines cachés
2013. Cent ans de protection
2014. Patrimoine culturel. Patrimoine naturel.
2015. Le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d’avenir
2016. Patrimoine et citoyenneté

ARTICLES EN LIGNE

Château de Savigny-sur-Orge
Lycée Jean-Baptiste Corot
Louis-Nicolas DAVOUT

ARTICLES EN LIGNE sur http://blog.ac-versailles (Lycée Jean-Baptiste Corot, Savigny-sur-Orge)

ARTICLES EN LIGNE SUR http://www.portes-essonne-environnement.fr

  • MONNIOTTE-MÉRIGOT, Sylvie, « Journées européennes du patrimoine 2016. Entrez dans l’histoire du lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge », 16 septembre 2016. http://portes-essonne-environnement.fr/journees-europeennes-du-patrimoine-2016-entrez-dans-lhistoire-du-lycee-jean-baptiste-corot-de-savigny-sur-orge/
    « Le thème retenu pour les Journées européennes du patrimoine 2016 par le ministère de la Culture et de la communication est celui du patrimoine et de la citoyenneté. Pour la première fois de son histoire, le lycée Jean-Baptiste Corot de Savigny-sur-Orge ouvre ses portes aux parents d’élèves de seconde et de première conviés à des réunions parents/professeurs/direction et à une visite patrimoniale ce samedi 17 septembre 2016 » …

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ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Savigny-sur-Orge. 18 août 1802 (30 thermidor an X) : Louis-Nicolas Davout achète le château. Le texte complet de l’inventaire

L’acquisition du château de Savigny-sur-Orge par Louis-Nicolas Davout a fait l’objet d’un jugement du tribunal de première instance du département de la Seine à Paris du 30 thermidor an X (18 août 1802). Un exploit de signification, daté du 19 vendémiaire an XI, a été établi. Il a été imprimé. Il s’agit d’un document de 18 pages. (1) Il est particulièrement intéressant car il comporte la description de l’ensemble des bien acquis, immobiliers et mobiliers.


Jugement d’adjudication du château de Savigny-sur-Orge
au profit de Louis-Nicolas Davout, du 30 thermidor an X (18 août 1802), page 1
Le pdf du texte complet (18 pages) est accessible sous le lien suivant :
Davout Adjudication Chateau SSO 1802

Le château de Savigny-sur-Orge
acquis par Louis-Nicolas Davout (1770-1823)
le 30 thermidor an X (18 août 1802).
Extrait de Savigny-sur-Orge, Mémoire en images, 2005 (2)

 

Le maréchal Davout à Savigny-sur-Orge.
Exposition. Inauguration de la place Davout.

Spectacle. Samedi 23 mai 1987. Composition Adecom.
Tract édité par la mairie de Savigny-sur-Orge, format 21 cm x 29,7.
Fonds privé CAD / BM
Davout, maréchal de Napoléon. Maire de Savigny-sur-Orge.
Conférence de Jean TULARD,
Samedi 25 mai 1991.

Tract 21 cm x 29,7 édité par la mairie de Savigny-sur-Orge.
Fonds privé CAD / BM

RÉFÉRENCES

1. Jugement d’adjudication du château de Savigny-sur-Orge au profit de Louis-Nicolas Davout du 30 thermidor an X (18 août 1802). Document imprimé de 18 pages comportant des mentions manuscrites. L’exemplaire reproduit a été acquis par la commune de Savigny-sur-Orge en 1987. Il est conservé par les archives de la ville. Le pdf du texte complet (18 pages) est accessible sous le lien suivant :  Davout Adjudication Chateau SSO 1802

La première page du jugement d’adjudication est reproduite dans  le livre : GROUPE D’ÉTUDE SUR L’HISTOIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE (Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT, Préface de Jean MARSAUDON), Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005 (Première édition),  128 p., ISBN 2-84910-340-3. Voir p. 19.

2. GROUPE D’ÉTUDE SUR L’HISTOIRE DE SAVIGNY-SUR-ORGE (Christian AUCLAIR, Henri BONNIN, Annie DEPRINCE, Simone DUSSART, Françoise JOSSEAUME, Bernard MÉRIGOT, Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT, Muriel VAILLANT, Préface de Jean MARSAUDON), Mémoire en images : Savigny-sur-Orge, Éditions Alan Sutton, 2005 (Première édition),  128 p., ISBN 2-84910-340-3. Voir p. 18.

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  • La dynastie Vigier (1760-1894) | Savigny-Avenir www.savigny-avenir.fr/1995/06/05/la-dynastie-vigier-1721-1894/ 5 juin 1995 – La famille Vigier fréquente la famille Davout, propriétaire du … Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info/ISSN 2261-1819. BNF.

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Savigny-sur-Orge. « En raison de la chaleur, les rails se dilatent… » : l’étonnante communication institutionnelle de crise de la ligne SNCF / RER C.

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°206, lundi 25 juillet 2016

« Les trains DEBA et ELBA ne desservent plus la gare de Savigny-sur-Orge car les rails se dilatent à mesure que la température de l’air augmente ». Tel est l’étonnant message que l’on pouvait lire sur les écrans des quais de la gare de Juvisy-sur-Orge, le mercredi 20 juillet 2016, à 12 h 17. Par delà ce qui pourrait constituer une surprenante découverte  (la dilatation des rails sous l’effet de la chaleur…), nous devons nous interroger sur la fonction d’un tel énoncé qui appartient au discours de communication institutionnelle de crise d’un service public de transports en commun, celui de la SNCF.

« Les rails se dilatent à mesure que la température de l’air augmente ».
Écran d’information sur le quai de la Gare SNCF / RER C / Transilien de Juvisy-sur-Orge.
Mercredi 20 juillet 2016, 12 h 17.
©  Photo CAD / BM 2016

TRANSPORTÉS ET TRANSPORTEUR :
QUELQUES QUESTIONS

  • Que penser de l’explication/justification de la suppression de la desserte de la gare de Savigny-sur-Orge faite aux usagers ? Pourquoi cette gare est pas une autre ? Pourquoi une gare est-elle touchée et pas deux, trois, quatre… ?
  • Comment interpréter la logique fataliste fondée  sur : 1.  L’été, il fait chaud, 2. Donc les rails se dilatent, 3. C’est pourquoi, les trains ne peuvent plus s’arrêter dans certaines gares.
  • Quelle crédibilité les usagers peuvent-ils accorder à de tels arguments ?
  • Un tel discours cache-t-il  quelque chose qui n’est pas dit ? Un autre discours ? Ou bien des faits cachés ?
  • Quelle est la nature des rapports anthropologiques qui se construisent entre une entreprise de transports et ses usagers ?

« LA DILATATION DES RAILS »
Expérience vécue

Le message d’information des voyageurs affiché sur l’écran est généré par des causes. Il a des effets. Le train dans lequel ceux-ci sont montés à Paris-Austerlitz ne dessert pas la totalité des gares indiquées au départ. Arrivés en gare de Juvisy-sur-Orge, le conducteur fait une annonce indiquant que le prochain arrêt est celui d’Épinay-sur-Orge, c’est-à-dire qu’il passera devant la gare de Savigny-sur-Orge sans s’arrêter. Comme dans le sketch Le train pour Pau de CHEVALIER et LASPALÈS, « il y en a qui ont voulu descendre, ils ont eu des problèmes».

Sur le quai de la Gare SNCF / RER C / Transilien de Juvisy-sur-Orge.
Photo prise sur le quai dans le sens Paris-Province,
le mercredi 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016

Les voyageurs – crédules et obéissants – à destination de Savigny-sur-Orge descendent en gare de Juvisy-sur-Orge. Sur le quai, ils peuvent lire sur les écrans un message défilant : « Les trains DEBA et ELBA ne desservent pas la gare de Savigny-sur-Orge car les rails se dilatent à mesure que la température de l’air augmente ». Le discours n’appartient pas seulement à la catégorie de l’information mais, d’une façon plus particulière, à celle de justification, en l’occurrence celle d’un service non rendu, interrompu, suspendu. Et justifié : c’est l’été ! Il fait chaud ! Le message fait référence au phénomène physique de la dilatation des métaux sous l’effet de la chaleur.

Et si cela voulait dire autre chose ?

LA DÉCOUVERTE DU
« RISQUE DE RUPTURE D’UN RAIL »
Enquête de terrain

La consultation du site de la SNCF / Ligne C nous apprend que le mardi 19 juillet 2016 : « A 9h20, un risque de rupture du rail à proximité de Savigny-sur-Orge a nécessité dans un premier temps une interruption de toutes les circulations du secteur, avant une reprise progressive du trafic.» (1)

«Un risque de rupture du rail à proximité de Savigny-sur-Orge…»
Site de la SNCF https://malignec.transilien.com
consulté le mercredi 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016

Que veut dire «risque de rupture » ? Combien d’états peut connaître cette pièce métallique essentielle au chemin de fer ? Rail cassé, rail pas cassé, rail risquant de se casser… ? De quelle voie s’agit-il ? Sur le quai de la gare, il n’a été question ni d’une voie particulière, ni d’un quelconque risque de rupture de rail.

Une enquête de terrain est nécessaire. Que découvre-t-on dans l’après-midi du mercredi 20 juillet 2016, en longeant les quatre voies SNCF à Savigny-sur-Orge, entre le quartier de la Gare de Savigny-sur-Orge et le pont de l’autoroute A6, en empruntant la rue de l’Égalité et la rue des Rossays ? Qu’il y a un sérieux problème auquel la SNCF est en train de remédier. Dans la plus grande discrétion, car cette partie de la voie, du fait du manque d’entretien des talus, se trouve cachée par une végétation dense.

SNCF / RER C. Remplacement d’un rail à Savigy-sur-Orge
le mercredi 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016
SNCF / RER C. Remplacement d’un rail à Savigy-sur-Orge
le mercredi 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016
Remplacement d’un rail « présentant un risque de rupture » par la SNCF / RER C.
Changement de l’éclisse de liaison
à Savigny-sur-Orge le mercredi 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016
Remplacement d’un rail « présentant un risque de rupture » par la SNCF / RER C
à Savigny-sur-Orge, à hauteur du pont le l’autoroute A6, le mercredi 20 juillet 2016.
La photo a été prise depuis la rue, en direction de la gare d’Épinay-sur-Orge.
©  Photo CAD / BM 2016
SNCF / RER C Accès n°13 PK 22 + 350
rue des Rossays, à Savigny-sur-Orge.
C’est par cette porte que s’est fait l’accès au chantier de remplacement du rail
« présentant un risque de rupture » le 20 juillet 2016.
©  Photo CAD / BM 2016

Le discours relate-t-il des faits ? Ou bien les cache-t-il ?
Les faits relèvent-ils de l’information ou bien de la justification ?
Que croit-on, le discours ou les faits ?
Nous retiendrons que la communication institutionnelle de crise de la SNCF :
1. justifie un désordre de son réseau par un recours à l’inéluctable (la chaleur),
2. cache tout simplement un fait (la rupture d’un rail).

RÉFÉRENCES
1. SNCF,
« Retour sur la journée du 19 juillet 2016 sur le RER C », Ma ligne C Transilen, 20 juillet 2016. Texte signé « Claire ». https://malignec.transilien.com/2016/07/20/retour-journee-19-juillet-rer-c/ – more-13278

ARTICLES

Le déraillement du train Paris-Limoges à Brétigny-sur-Orge du 12 juillet 2013 (Train Crash, Rail Derailment, Rail Accident, Rail Wreck) Posted on 14 juillet 2013 by Bernard MÉRIGOT Le vendredi 12 juillet 2013, à 17 heures 14, le train Paris Limoges (Intercité TEOZ 3657) s’approche de la gare de Brétigny-sur-Orge, commune de 23 000 habitants du département de l’Essonne. Il a quitté la gare d’Austerlitz à 16 heures 58. … Continue reading → Posted in Accident ferroviaire, SNCF / RER, Transports en commun |

DOCUMENT

RETOUR SUR LA JOURNÉE DU 19 JUILLET 2016 SUR LE RER C

La journée du 19 juillet 2016 a été particulièrement difficile pour vous, à la suite d’une accumulation de nombreux incidents (détaillés ci-dessous) sur notre Ligne.
L’ensemble de ces événements a entraîné des interruptions de circulation et de nombreux retards.
• A 9h20, un risque de rupture du rail à proximité de Savigny-sur-Orge a nécessité dans un premier temps une interruption de toutes les circulations du secteur, avant une reprise progressive du trafic. La vitesse des trains a néanmoins dû être réduite par mesure de précaution, jusqu’à 7h ce matin.
• Vers 14h, une caténaire s’est affaissée au nord de la gare de Brétigny-sur-Orge. La vitesse des trains a été limitée à 30km/h sur une distance d’un kilomètre, ralentissant les trains en direction des gares de Dourdan et de Saint Martin d’Étampes.
• A 15h30, un train de marchandises est tombé en panne sur les voies du RER C au sud de Juvisy-sur-Orge et n’a pu être dégagé avant 21h30, impactant fortement la pointe de soirée. Pendant ces six heures, le plan de transport a été adapté afin de dévier les trains prévus sur cette voie occupée (RER C mais aussi TER, Intercités et trains de marchandises). L’occupation de cette voie ainsi que la limitation de vitesse imposée dans le secteur de Savigny-sur-Orge nous ont contraints à supprimer certains trains.
• A 17h25, une caténaire, dilatée sous l’effet de la chaleur, a touché la toiture d’un train vide de voyageur puis a été arrachée sur une distance de 200 mètres à proximité de la gare de Bibliothèque François-Mitterrand. Suite à cet incident, toutes les circulations ont été interrompues dans ce secteur et dans les deux sens de circulation. Une fois l’alimentation électrique remise en service, le trafic a pu reprendre sur deux voies aux alentours de 18h. Les équipes de maintenance de SNCF Réseau ont travaillé toute la nuit pour réparer la caténaire et permettre une reprise du trafic sur la voie concernée à 6h50 ce matin. Par mesure de précaution, la vitesse reste cependant limitée à 30km/h aujourd’hui.
• Vers 18h, un aiguillage à Montigny Beauchamp et deux autres à St Quentin en Yvelines ont subi des dysfonctionnements. Dans l’attente d’une certitude du bon positionnement de leurs aiguilles, aucun train n’a circulé sur ces trois aiguillages par mesure de sécurité.
• Enfin, l’explosion d’un transformateur en Gare du Nord vers 18h30, par suite d’un acte de malveillance, a eu des impacts sur tout le secteur du nord de la ligne C. La perte d’alimentation électrique a provoqué l’arrêt des trains sur la branche nord.
Ces incidents auront encore aujourd’hui des conséquences sur le trafic
Les incidents d’hier ne nous ont pas permis de disposer de la totalité des rames dans le sud de la Ligne. Afin de mettre en service le plus de trains possibles, certaines rames en unité double ont été passées en unité simple.
Par mesure de sécurité et pour préserver la caténaire affaissée, la vitesse des trains est toujours ralentie dans les secteurs de Brétigny-sur-Orge et de Bibliothèque François Mitterrand.
Nous sommes conscients des difficultés rencontrées par nos voyageurs hier et encore aujourd’hui, et vous prions de nous excuser pour ces conditions de transport dégradées. »
20 juillet 2016
RÉFÉRENCES
SNCF, « Retour sur la journée du 19 juillet 2016 sur le RER C », Ma ligne C Transilen, 20 juillet 2016. Texte signé « Claire ». https://malignec.transilien.com/2016/07/20/retour-journee-19-juillet-rer-c/ – more-13278

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°206, lundi 25 juillet 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016


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Anthropologie des inondations : les actions humaines en amont sont responsables de la gravité des inondations en aval

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°203, lundi 4 juillet 2016

La généralisation des inondations du mois de juin 2016 (Nemours, Paris, Autoroute A 10 dans la région d’Orléans, Paris, Longjumeau, Corbeil-Essonnes, Juvisy-sur-Orge, Savigny-sur-Orge…), les coulées de boue (Wasselonne et Romanswiller, le 7 juin 2016)… sont autant de preuves que la situation en amont des bassins versants  a des conséquences sur la situation en aval.

Évacuation de la Résidence du 12 rue de Morsang à Savigny-sur-Orge,
le  jeudi 2 juin 2016, à 9 h 29
Électricité coupée. Ascenseurs arrêtés. Parkings inondés
Après les bottes, les cuissardes. Après les cuissardes, la barque…
©  Photo CAD / BM 2016

LES INONDATIONS REPRODUISENT UN MODÈLE COLONIAL

Question. Quelle est votre analyse de la situation des inondations de juin 2016 ?
Bernard MÉRIGOT.
Il existe un rapport de type colonial entre l’amont des bassins versants hydrauliques, responsable des conditions des inondations, et l’aval qui les subit. En amont, le colonisateur. En aval, le colonisé. Le premier impose au second des conditions qui à la fois créent et aggravent les situations d’inondation. On constate des hauteurs de 1 à 2 mètres d’eau en des endroits qui n’ont jamais été inondés auparavant. Les eaux ne sont plus retenues : elles se répandent et, ne pouvant aller nulle part, dévalent dans les zones basses.

  • En amont du bassin versant, le colonisateur : « Je détruis mes haies, j’abas mes arbres, je supprime les zones humides, je surexploite mes champs, j’urbanise, j’imperméabilise les sols ».
  • En aval du bassin versant, le colonisé. « Je mets mes bottes, je remplis des sacs de sable, je surélève mes meubles d’un parpaing. Ça ne sert à rien parce que l’eau monte de deux, de trois, de quatre parpaings. Je téléphone à mon assureur… et je pleure tous mes souvenirs détruits et emportés par les flots. Des flots qui ne sont pas bleu, mais de la couleur marron, celle de la terre et de la boue qui a tout envahi… Prochaine étape : pompe, serpillère, raclette, désinfectant…».

LES SIX CAUSES HUMAINES
DE L’AGGRAVATION DES INONDATIONS

Question. Il y a toujours eu des inondations… Elles sont imprévisibles…
Bernard MÉRIGOT. Oui, mais celles que nous connaissons sont de plus en plus graves.

On peut identifier six actions humaines qui créent et qui aggravent les inondations :

  • 1. l’ouverture des champs avec l’abattage des haies (sous le faux prétexte du remembrement des terres agricoles, depuis les années 1960)  qui a favorisé et accéléré le ruissellement vers les rivières, (1)
  • 2. le recul de la couverture végétale : les arbres et les plantes ne jouent plus leur rôle d’absorption de l’eau,
  • 3. la surexploitation des sols par l’agriculture réduit leur capacité d’absorption de l’eau,
  • 4. la suppression des mares et des zones humides qui remplissent une fonction de bassin de rétention,
  • 5. la construction d’habitations dans des zones inondables sous la pression de la spéculation immobilière,
  • 6. l’imperméabilisation des sols par la construction de routes, de parkings, d’habitations… qui empêchent l’absorption de l’eau de pluie par les sols.

LES INONDATIONS
REPRODUISENT DES INÉGALITÉS SOCIALES

Question. Les inondations ne touchent pas tout le monde au hasard ?
Bernard MÉRIGOT. Il existe une anthropologie des catastrophes, des inondations, des accidents… Ceux qui sont dans la détresse, dans la peine, dans l’angoisse, dans le deuil… sont des victimes. Mais pas seulement d’évènements qui seraient imprévisibles, comme les médias et les responsables des pouvoirs en place le présentent, ils sont victimes d’une situation inégalitaire qui les constitue comme victimes désignées. Ils sont au mauvais endroit au mauvais moment, alors que d’autres sont au bon endroit au bon moment. Une catastrophe ne se produit jamais au hasard et sans que des responsabilités préexistent.

La catastrophe soudaine, immédiatement médiatisée par des chaînes de télévision d’information continue et par les réseaux sociaux, rompt le quotidien. Elle provoque l’entrée d’une multitude d’acteurs sur un lieu de drame. Elle sature pour un temps tous les discours et les mises en récit

L’anthropologie des inondations est attentive au quotidien, à l’ordinaire, aux pratiques, aux représentations d’un groupe territorialement défini. Même au coeur de sa manifestation paroxystique de la catastrophe, le risque qui menace d’advenir sur un territoire se manifeste toujours – et sans aucun jeu de mot ici – par ce que Gilles DELEUZE appelait une ligne de fuite.

Un regard anthropologique sur les catastrophes articule le temps court et le temps long, la mémoire et l’oubli, le local et le global, les rapports entre l’homme et la nature, les données techniques,  les constructions identitaires, les explications symboliques (2)

LES INÉGALITÉS TERRITORIALES
SONT DES INÉGALITÉS SOCIALES

Julien LANGUMIER, dans une recherche portant sur les inondations de Cuxac d’Aude, le 13 novembre 1999, conclu, qu’au-delà de l’objet spectaculaire que constitue une catastrophe, la recherche anthropologique, fondée sur une enquête ethnographique de terrain, accède à une épaisseur socio-historique d’un territoire.

« Les pratiques de témoignages qui se développent au sein des relations de voisinage participent à une mise en commun d’une expérience de la catastrophe au niveau local. L’inondation affecte par le sinistre de sa maison, ou de son appartement, la relation habitante et plus généralement la représentation du cadre de vie. »

Dans tout drame, « la quête d’explications se nourrit des tensions et des conflits constitutifs des configurations sociales ou du système d’acteurs local : l’interprétation d’une tragédie collective malgré les explications techniques, hydrauliques, et du contexte global du réchauffement climatique et qui participent à l’universalisation de la catastrophe, est toujours territorialisée. (3)

C’est ici et pas ailleurs. Le vrai scandale des inondations, c’est que les pouvoirs en place , toujours marqués par des structures mentales hiérarchiques, ont la perpétuelle tendance de dénier la prévisibilité du risque en ayant recours à une explication fataliste. Ce qui constitue une nouvelle violence symbolique pour les victimes.

«L’eau dans les caves monte»
Savigny-sur-Orge, 2 juin 2016
©  Photo CAD / BM

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ET SI L’ON MAÎTRISAIT MIEUX LES EAUX ?

Intempéries. La décrue est amorcée en région parisienne, mais retrouver des niveaux normaux prendra du temps. Il faut désormais chercher des pistes pour bien mesurer et limiter les futures inondations.

Les six actions humaines qui aggravent les inondations
Infographie, Le Parisien, 6 juin 2016, p.8
Et maintenant ? Même si dans l’Essonne, on s’attend encore à une montée des eaux, le gros des crues est passé en Ile-de-France. Dimanche, la vague a traversé sans drame la Normandie qui est repassée en vigilance orange, même si l’on surveille encore la Seine et le niveau des marées.
Le bilan des intempéries sera néanmoins lourd et des questions se posent déjà sur l’ampleur, l’anticipation ou la gestion de ces inondations. Alors que la Seine reflue lentement à Paris, Ségolène Royal a annoncé « d’ici la fin du mois, un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure, de l’ampleur de celle de 1910 ». Des pistes émergent pour lutter plus efficacement contre ces très fortes inondations.
Mieux modéliser  les prévisions. Pourquoi un tel décalage dans le temps entre les alertes et les pics de crues ? « Aujourd’hui, contrairement aux grands fleuves, on n’arrive pas à modéliser de façon très précise leurs affluents, car chacun a une physionomie propre : pente, profondeur, tracé », explique Charles Perrin, hydrologue à l’Irstea (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). A cette difficulté s’ajoute celle de l’impact incertain de la pluviométrie sur les sols : « S’ils sont secs, ils vont absorber, s’ils sont détrempés, l’eau file tout droit dans les rivières et cela vient chahuter tous les modèles », poursuit-il. La solution est de mieux évaluer l’humidité du sol grâce à des capteurs, explique l’hydrologue.
Sécuriser les sondes. Le matériel reste fragile. Jeudi à Paris, sur la station de mesure de la Seine installée au pont d’Austerlitz, « nos capteurs n’ont pas donné les bonnes mesures », admet Bruno Janet, de Vigicrues. Au lieu des 5,90 m prévus, la Seine a atteint 6,09 m. « Les capteurs sont protégés dans des puits ou des tubes positionnés dans les rivières, mais quand le courant est rapide et que le fleuve charrie des troncs d’arbres, ils peuvent être soumis à rude épreuve », explique-t-il. D’autres systèmes, plus coûteux mais plus résistants, sont testés, comme « des caméras ou des radars qui, dans un cours d’eau rapide, ne seront pas arrachés », précise Bruno Janet.
Construire  de nouveaux ouvrages. En amont de Paris, quatre lacs-réservoirs régulent les crues de la Seine. « Un cinquième à la Bassée, où l’Yonne se jette dans la Seine, est indispensable, estime le conseiller de Paris (UDI), Yves Pozzo di Borgo. Il aurait pu contenir un peu la montée des eaux dans la capitale. » « Faux. Contre une crue majeure à Paris (plus de 7 m), il n’existe aucune solution technique », rétorque l’hydrologue Charles Perrin, mais il reconnaît que la Bassée pourrait être utile : « Les réservoirs actuels font gagner jusqu’à 70 cm de hauteur d’eau ; un cinquième permettrait de grappiller quelques précieux centimètres pour des réseaux stratégiques comme l’eau, l’électricité, les transports. »
Le végétal pour se protéger. « On a bétonné des milliers d’hectares d’espaces naturels. Du coup, les sols ne peuvent plus jouer leur rôle d’éponge », déplore l’agronome Jacques Caplat d’Agir pour l’environnement. Lutter contre l’appauvrissement des sols agricoles est pour lui l’autre grande priorité : « Beaucoup de terres, exploitées intensivement, sont devenues de vraies toiles cirées, relève-t-il. Or un sol très dégradé ne retient que 1 à 2 mm d’eau par heure, alors qu’un sol vivant, riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en humus, en vers de terre, absorbe jusqu’à 100 à 300 mm par heure. » On peut aussi reverdir les villes : « Multiplier les toitures et les terrasses végétalisées, propose Denis Voisin, de la Fondation Nicolas Hulot. Elles stockent très efficacement l’eau sur les toits et donc retardent son écoulement. »
Des matériaux drainants. Lafarge Holcim commercialise déjà Hydromedia, un béton drainant. Utilisée pour les trottoirs, les parkings, les pistes cyclables, sa structure laisse l’eau s’infiltrer jusqu’aux nappes phréatiques. « Multiplier les sols perméables, serait très pertinent », assure Denis Voisin. Il existe aussi Topmix, un béton hyper-absorbant, lancé par Tarmac, un fabricant britannique, capable d’avaler plus de 4 000 litres d’eau en moins d’une minute !
Gestion de l’eau :  Paris ne brille pas
Alors que Paris a subi l’une de ses plus grandes inondations, une étude réalisée par la société d’ingénierie Arcadis, en partenariat avec le cabinet anglais CEBR (Centre for Economics and Business Research), donne un classement indicatif de la gestion de l’eau dans les 50 plus grandes villes au monde en explorant trois critères : la capacité à affronter les intempéries, l’efficacité de son réseau, et la qualité de son eau. Huit villes européennes trustent le haut du classement, Rotterdam en tête, mais Paris ne décroche qu’une douzième place, du fait notamment d’une capacité largement insuffisante à faire face aux aléas de la météo
COHEN Chloé et GÉRARD Aline, « Intempéries : et si l’on maîtrisait mieux les eaux ? », Le Parisien, 6 juin 2016, p. 8.

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LA RÉSILIENCE URBAINE
NOUVEAU CONCEPT OPÉRATIONNEL DE LA DURABILITÉ URBAINE

 « L’année 2011 atteint déjà des records en matière de coûts liés aux catastrophes naturelles (Catnat.net, 2011). Chaque année, les rapports des réassureurs alertent quant à l’augmentation des montants indemnisés et les médias passent d’une catastrophe à une autre, présentant des images chocs, des témoignages bouleversants, sans jamais se pencher plus précisément sur les causes profondes, les conséquences à long terme, la reconstruction et les conditions de retour à la vie normale pour les populations touchées.
Or si les dommages augmentent, c’est notamment parce que les enjeux (logements, activités, infrastructures, équipements) sont de plus en plus nombreux dans les zones d’aléas, comme l’atteste entre autres  la forte urbanisation des zones inondables (Faytre, 2010; Scarwell et Laganier, 2004; Thouret et Leone, 2003).
L’intensification des évènements climatiques extrêmes semble également à l’œuvre, avec une responsabilité probable du changement climatique, même si celle-ci reste difficilement quantifiable. Toujours est-il que les populations, et en particulier les populations urbaines, vivent mal les crises lorsqu’elles surviennent.
Si les niveaux de risque augmentent, le degré d’acceptabilité sociale du risque reste faible au point que la directive européenne inondation demande aux États membres de considérer désormais une crue centennale non comme un évènement extrême mais plutôt comme un événement de niveau moyen. Les niveaux de protection à assurer sont donc de plus en plus coûteux et impactent profondément le fonctionnement de la ville.
Ne voit-on pas dès lors apparaître une certaine contradiction entre des politiques de gestion des risques qu’il conviendrait d’adapter et un développement urbain qui prend rarement en compte les potentielles défaillances en cas de crise ?
Deux concepts ont émergé successivement pour caractériser la ville et interroger ses contradictions, l’un prenant en compte la gestion des perturbations : la ville résiliente, l’autre prônant un développement économique, social et environnemental équilibré : la ville durable. »
TOUBIN Marie, LHOMME Serge, DIAB Youssef, SERRE Damien et  LAGANIER Richard, « La Résilience urbaine : un nouveau concept opérationnel vecteur de durabilité urbaine ? », Développement durable et territoires, Vol. 3, n°1, Mai 2012. http://developpementdurable.revues.org/9208 ; DOI : 10.4000/developpementdurable.9208

RÉFÉRENCES

1. Le remembrement des terres agricoles a été pratiqué en France pendant plus de vingt ans de façon intensive (des années 1960 à 1980). Il se poursuit encore. Il a engendré des dommages collatéraux importants : inondations, eutrophisation, lavage des sols…
Dès l’origine, dans les années 1960, des agronomes, des naturalistes, des géographes… se sont  inquiétés des conséquences des arasages de talus, des comblements de mares, de l’arrachage des arbres, de la destruction des haies… à l’occasion des remembrements.
Paul Matagrin, directeur de l’École nationale supérieure d’agronomie de Rennes dénonçait dès les années 1960 les conséquences climatiques, les problèmes d’eau et d’érosion des sols provoquées par le remembrement. « Notre équilibre écologique ancestral s’est brisé et nous ne savons pas encore quelle sera la limite de ces destructions irréversibles. »

2. ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE SUR LES CATASTROPHES ET LES RISQUES EN ANTROPOLOGIE (ARCA), Présentation.

3. LANGUMIER Julien, « Appropriations locales de la tragédie collective. Approche ethnologique des inondations de novembre 1999 à Cuxac d’Aude », Développement durable et territoires, URL : http://developpementdurable.revues.org/6892 ; DOI : 10.4000/developpementdurable.6892

Sur la rivière Orge :
CARRÉ Catherine, DEROUBAIX Frédéric, DEUTSCH Claude, HAGE Jean-Paul, GOUVELLO Bernard de, BALAÏDI Nadia, CHARRIER Aude,
Une monographie de l’Orge. Vers l’âge de la maîtrise écologique ?, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (LADYSS) / Université de Paris-Est / (LEESU) / PRODIG / CSTB, 74 p.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°203, lundi 4 juillet 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

Posted in Abattage des haies, Bassin versant, Imperméabilisation des sols, Inégalités territoriales, Inondations, L'amont inonde l'aval, Prévention des inondations, Recul de le couverture végétale, Suppression des zones humides, Surexploitation des sols par l'agriculture, Urbanisation en zone inondable | Commentaires fermés

Essonne. Les inondations de le rivière Orge de juin 2016

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°202, lundi 27 juin 2016

Quelles analyses et quels enseignements tirer de l’inondation  survenue du 30 mai au 6 juin 2016 du bassin versant des rivières Orge et Yvette et de leurs affluents ? La question était à l’ordre du jour du Comité syndical du Syndicat de l’Orge réuni le jeudi 23 juin 2016 dans la Salle Maison Neuve à Brétigny-sur-Orge, sous la présidence de François CHOLLEY, président du syndicat intercommunal de l’Orge. Une vidéo comprenant des images prises par un drone lors des inondations a été présentée.

Savigny-sur-Orge. Crue de l’Orge (30 mai-6 juin 2016)
Prise de vue drone
Extrait de la vidéo présentée lors du Comité syndical du 23 juin 2014

LE DESTIN DES ZONES INONDABLES

On doit prendre en considération une évidence : le destin d’une zone inondable est d’être inondée. Un jour ou l’autre, et sans que l’on puisse prévoir quand. Et il en est de même – par un effet induit – pour des zones qui ne sont pas à priori inondables… On s’aperçoit que toute inondation se situe dans une temporalité.

  • L’eau monte : première manifestation de la crue, et parades pour contenir le flux, pour sauvegarder des biens. Émotion, énergie et abattement.
  • L’eau demeure : évacuation, attente.
  • L’eau se retire : constat des dégâts. Nettoyages, tri et élimination, déclarations, démarches…

LES INONDATIONS ONT DES EFFETS INÉGALITAIRES

Les inondations sont des phénomènes hydro-sociaux complexes qui impliquent, des coûts, des avantages et des inconvénients différentiels pour la société et pour ses individus. Rien n’est plus inégalitaire qu’une inondation. On observe dans un cercle de proximité, que certains subissent des atteintes graves alors que d’autres sont épargnés. Certains se manifestent par des actes de solidarité, d’autres demeurent étrangers et indifférents aux évènements.

Syndicat de l’Orge. Comité syndical du 23 juin 2016
Salle Maison Neuve, Brétigny-sur-Orge
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DANS L’ATTENTE DE LA RÉSILIENCE

La résilience désigne la capacité pour un corps, pour un organisme, pour une organisation ou pour un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. Quelle est la résilience pour un territoire, pour ses habitants, pour leurs activités économiques, pour les équipements publics qui y sont implantés lorsqu’ils subissent une inondation ?

La résilience psychologique désigne le processus par lequel on sort d’un état de stress post-traumatique. En gestion des entreprises, la résilience organisationnelle désigne la capacité pour une organisation à s’adapter après un incident qui survient. Quant-à la résilience communautaire, elle s’intéresse, par-delà aux individus isolés, aux groupes collectifs.


Crue de la rivière Orge de juin 2016. Débitmétrie
Document présenté lors de la réunion du Comité syndical du Syndicat de l’Orge
le 23 juin 2016
©  Photo CAD / BM 2016

LA CULTURE DU RISQUE

Quelles traces d’une inondation demeurent, et pour combien de temps, dans la mémoire locale ? Comment une prise de conscience des risques d’inondation apparaît-elle dans un bassin versant ? Comment une culture du risque émerge-t-elle ? Quelle est la sensibilité durable des administrations et des élus locaux ? En un mot, comment se constitue une culture du risque socio-hydrologique ?

Syndicat de l’Orge. Comité syndical du 23 juin 2016
Salle Maison Neuve, Brétigny-sur-Orge
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CRUE DE L’ORGE ET DE LA SALLEMOUILLE
DU 30 MAI AU 6 JUIN 2016
Premiers éléments de synthèse et d’analyse

1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir,
2. Le développement de la crue en deux temps,
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau,
4. Le cas particulier de la Morte Rivière,
5. Les inondations par l’assainissement et le refoulement des eaux usées en Seine,
6. Vigi’Orge, le site Web, Facebook, Tweeter,
7. La coordination des acteurs,
8. Les principaux enseignements.
1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir
Le mois de mai a été très arrosé avec plus de 130 mm de pluie (avant l’évènement du lundi 30 mai) sur le bassin de l’Orge-Yvette en 1 mois contre une normale de 50 mm. Les sols étaient ainsi saturés et les cours d’eau et fossés présentaient déjà des niveaux hauts.
C’est dans ce contexte que les pluies du lundi 30 mai ont été déterminantes dans l’apparition des crues. Elles n’étaient pas violentes mais soutenues et continues toute la journée du 30 mai. 50 à 60 mm d’eau supplémentaire sont tombés sur le bassin aval de l’Orge et 80 à 90 mm dans le secteur amont du bassin (Yvelines).
Pour comparaison, les seuils de vigilance du Syndicat se situent à partir de 30 mm de pluie en une demi-journée qui génèrent généralement une montée plein bord de l’Orge et la mobilisation des équipes d’astreinte.
2. Le développement de la crue en 2 temps
Le lundi 30 mai en fin d’après-midi, les débits de l’Orge à Morsang/Orge ont dépassé les 20m3/s, débits qui constituent le seuil de vigilance du Syndicat, sachant que jusqu’à 30 m3/s, les débordements restent peu nombreux.
Considérant les pluies qui devaient se poursuivre, la vitesse d’augmentation des débits, le Syndicat a déclenché sa 1ère alerte Vigi’Orge ce soir-là auprès des riverains et des communes. Au cours de la nuit du lundi 30 au mardi 31 mai, le Syndicat a commencé à remplir ses bassins de retenue, les débits se sont stabilisés autour de 35 m3/s et ont commencé à redescendre en milieu de journée. La situation était celle d’une crue d’occurrence 10 à 20 ans qui avait pu être maitrisée.
Or, alors qu’il ne pleuvait plus depuis 12h, des arrivées massives d’eau ont été enregistrées au niveau de l’Yvette au cours de la nuit du mardi 31 au mercredi 1er juin 2016, et ce jusqu’au 2 juin matin. Les niveaux de la Rémarde, qui apporte les principaux débits en amont de l’Orge (amont Arpajon), continuaient également à croître. Concernant les bassins de retenue, ceux-ci ont été saturés le 1 juin, hormis le bassin de Trévoix à Bruyères le Châtel qui présentait encore une grande capacité. Il a continué à se remplir et a permis de réduire les débits vers l’aval d’Arpajon.
Les débits de l’Orge sont passés de 30 m3/s le 1 juin à 45 m3/s le 2 juin matin. Les bassins ont été saturés, l’Orge est alors complètement sortie de son lit. L’Orge est ensuite redescendue très progressivement à partir du jeudi 2 juin milieu de journée pour atteindre dans la nuit du 3 au 4 juin 35m3/s (débit encore très fort).
Parallèlement, la Seine a vu croître ses niveaux pour atteindre un maximum (+ 4m80) en fin de journée du samedi 3 juin. Il semble que la Seine n’ait pas provoqué de frein hydraulique majeur. L’Orge a pu ainsi s’écouler en Seine de manière satisfaisante.
Parmi les affluents de l’Orge aval (hors Yvette et Rémarde), seule la Sallemouille qui présente un bassin versant étendu vers l’ouest, a été en limite de débordements. Les autres affluents, qui sont plutôt sensibles aux pluies violentes, ont pu écouler aisément les pluies continues du lundi 30 mai.
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau
Au regard des évènements, et de nos bassins versants voisins, les dégâts ont été faibles.
A noter :
-       Les pavillons et résidences qui sont en bord de rivière et dans le lit majeur ont subi des inondations de sous-sols et de parking (secteurs Kennedy et Rossay à Savigny, les impasses de Morsang – Egalité, Fraternité, Morlet, Prairie – voie des Prés à Epinay, Vieux Perray et Route de Longpont à Ste Geneviève, le bas de Leuville), ainsi que le secteur de la Morte Rivière amont à Viry-Châtillon,
-       Les 2 campings ont été évacués mais non inondés (Villiers et Ollainville),
-       Des quartiers de Viry-Châtillon ont été évacués à partir du 2 juin au matin, soit à cause de présence d’eau dans les rues et sous-sols, soit à titre préventif,
-       Concernant les biens du Syndicat, une station de mesure de la qualité a été noyée à Viry-Châtillon et une armoire électrique a été brulée par vandalisme à Leuville après la crue (le 7 juin). Il n’y a pas eu de dégradation de vannages ou des armoires de commande correspondantes.
4. Le cas particulier de la Morte Rivière
Le canal de la Morte Rivière est un canal béton datant d’avant les années 1940 qui traverse Viry-Châtillon pour évacuer la quasi-totalité des débits de l’Orge vers la Seine. Un autre bras de l’Orge s’oriente vers Juvisy et Athis Mons mais la pente de ce bras ne permet d’évacuer qu’un débit marginal (quelques m3/s).
Le canal de la Morte Rivière a été classé en digue de catégorie B par arrêté préfectoral. A ce titre une surveillance accrue est imposée en période de mise en charge, et des surveillances et entretiens périodiques sont obligatoires. Ce canal présente un parapet vertical d’environ 1 m situé au-dessus du niveau du terrain et des habitations de Viry-Châtillon. Si l’eau le dépasse ou s’il y a rupture, une grande partie de Viry-Châtillon peut être sous l’eau.
Au cours de la crue, ce canal a pu évacuer les 45 m3/s avec un niveau d’eau qui affleurait le parapet dans le secteur amont. Des inondations ont eu lieu dans des rues à proximité par débordements de l’Orge en amont et en aval immédiat du répartiteur – lieu où débute le canal de la Morte Rivière – et non de la Morte Rivière elle-même. La préfecture et la commune ont choisi de faire évacuer le quartier, soit environ 1000 personnes.
Les équipes du syndicat ont parcouru en permanence jour et nuit le linéaire de la digue par équipe de 2 jusqu’au dimanche 5 juin afin de détecter toute anomalie.
Le parapet présentait une zone de fragilité d’environ 50 m linéaire révélée par le diagnostic préalable de la digue dans le cadre de son classement. Ainsi, le Syndicat a renforcé d’urgence ce linéaire le jeudi 2 juin par la pose d’environ 100 sacs de 1 m3 de sable (Big bag) à l’arrière du parapet. Celui-ci n’a pas présenté de mouvement au cours de la crue.
5. Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de la N7 et de la Seine à Viry-Châtillon
Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de la N7 et de la Seine à Viry-Châtillon / Juvisy / Athis-Mons a été la source des principaux problèmes de cet évènement qui sont apparus avec la montée des niveaux de la Seine.
Dans ce secteur, plusieurs antennes syndicales (antennes dites de Ris, de Grigny, du 18 avril, Etienne d’Orves, CII, CID), traversent et sont connectées avec les réseaux des villes (ici gérés par l’Établissement public territorial 12 /EPT12) pour rejoindre un émissaire unique vers la Seine à Athis Mons, le CID, franchir la Seine par un siphon, rejoindre un poste de relèvement majeur à Crosne géré par le Siaap et alimenter la station d’épuration de Valenton.
Plusieurs postes de relèvement sont également présents à Athis et Viry gérés par le Syndicat dans ce secteur qui ne présente pas de pente (plaine alluviale de la Seine).
Lors de pluies importantes ou de niveaux de Seine élevés, le Siaap arrête son poste de Crosne pour délester toutes les eaux usées en provenance du bassin de l’Orge et de l’Yvette en Seine à Athis-Mons (1,5 à 2,5 m3/s d’eaux usées), ce qui a été fait le mercredi 1 juin à 8h30.
Le Syndicat possède en cas d’élévation de la Seine une station « anti-crue » à Athis Mons, le complexe dit « P7/Valenton/Achères », afin de forcer l’évacuation des eaux usées en Seine et éviter l’envahissement par les eaux de Seine et les eaux usées des réseaux publics d’Athis/Juvisy/Viry.
Le Syndicat a fait démarrer son poste anti crue le jeudi 2 juin en lien avec l’élévation des niveaux de la Seine. Ce poste a fonctionné de manière continue jusqu’au mardi 7 juin en présentant un débit d’évacuation satisfaisant (> à 2m3/s) malgré des pompes alternativement bouchées et des faiblesses électriques. Ces dernières étaient constitutives de l’échauffement des armoires électriques, les pompes tournant en continu, et forçant par la présence de déchets… Le Syndicat a ainsi mis en place une équipe permanente jour et nuit afin de réenclencher les disjoncteurs lorsque ceux-ci tombaient.
Or, les eaux de Seine, sans doute mélangées à des eaux de nappes et des eaux de pluie ont saturé l’ensemble du système d’assainissement d’Athis/Juvisy/Viry provoquant de nombreux débordements dans les rues et les caves.
Cette situation de saturation et d’élévation des niveaux dans les réseaux s’est amplifiée en fin de semaine en décalage avec la crue de l’Orge et en lien avec la crue de Seine. Des débordements étaient encore enregistrés le mercredi 8 juin en lien avec l’ensemble du réseau d’eaux usées qui était toujours en charge. Cette situation rendait la gestion des postes de relèvement du Syndicat très délicate et paradoxale. A titre d’illustration, le syndicat a été confronté plusieurs fois à la situation suivante pour les stations Camélinat et Haute Borne : des riverains étaient inondés en amont d’un poste. A la demande de la mairie, le Syndicat renforçait alors la capacité de pompage de la station en démarrant une pompe supplémentaire. Des riverains situés à l’aval étaient alors inondés. Le Syndicat devait stopper le pompage supplémentaire enclenché.
Autant pour les inondations par les cours d’eau, les riverains acceptent dans une certaine mesure la situation comprise comme naturelle, autant lors d’inondation par les eaux usées, l’acceptation par les riverains est difficile.
6. Vigi’Orge, le site web, Facebook et Tweeter
Le système d’alerte téléphonique automatisé « Vigi’Orge » a parfaitement fonctionné tout au long de l’évènement. Il a été déclenché le lundi 30 mai au soir, stoppé le lundi 6 juin, et activé tous les jours une à deux fois.
Ce système alerte environ 600 foyers, soit environ 1500 personnes sur 7 communes par 2 canaux, l’appel téléphonique et le SMS. Si l’appel n’aboutit pas, un message sur répondeur est enregistré. Pendant l’évènement, des communes et des riverains ont demandé leur inscription. Il est regrettable que ce système ne soit pas plus largement utilisé alors que le Syndicat en fait la promotion depuis 2009 dans tous ses supports et à chaque réunion.
Le site web du Syndicat a été alimenté de nombreuses fois au cours de la crue avec des photos et des messages similaires aux messages d’alerte Vigi’Orge. De même, les réseaux Facebook et Tweeter ont été alimentés tous les jours, et, en journée, le Syndicat répondait en direct aux messages. A noter que les messages sur les réseaux sociaux ont été beaucoup plus consultés que le site lui-même.
7. La coordination des acteurs
Le Syndicat a été en relation permanente avec la cellule de crise de la préfecture et de la DDT (appel toutes les 6 heures, et plus si nécessaire) et avec les cellules de crise de Savigny et de Viry. Pour les autres communes, les relations étaient moins systématiques et déclenchées au besoin.
Concernant les syndicats amont, les contacts téléphoniques ont eu lieu avec le SIAHVY le mardi 30 et mercredi 1er juin lors de la montée des eaux de l’Yvette. En dehors de ces dates, le Syndicat n’a pas eu de contact organisé et n’a pas eu de vision continue des débits et des remplissages des bassins, le système de télégestion du SIAHVY n’étant plus connecté au SIVOA depuis leur changement de siège. Sur le secteur de l’Orge amont, les contacts n’ont pas non plus été réguliers et organisés mais le Sivoa dispose de mesures des débits de la DRIEE situées en
amont qu’il récupère en continu par sa connexion aux systèmes de mesure de la DRIEE. Ainsi, le SIBSO téléphonait régulièrement au SIVOA afin de connaître les débits en amont du bassin versant.
Dans le secteur aval, concernant les débordements d’eaux usées, la coordination a été compliquée au vu du nombre d’acteurs (les communes, l’EPT 12 – ex CALPE – qui gère l’assainissement, le SIAAP et le SIVOA), du nombre d’interlocuteurs différents (personnes des services techniques, cabinets, maires, …) et d’une certaine incompréhension de l’origine de la mise en charge généralisée des réseaux.
8. Les principaux enseignements
De nombreux axes d’amélioration sont en cours d’identification grâce à une relecture fine de l’évènement. Dans l’immédiat, sans exhaustivité, peuvent être notés les points suivants :
-       Accentuer la communication car les riverains en zone inondable acceptent la situation d’inondation mais souhaitent être informés en temps réel de toute évolution (hausse, baisse, stabilisation). Il en est de même pour les communes. Le Syndicat pourrait mettre en place une cellule de veille permanente et nocturne pour la mise à jour du site web, de Facebook et de Tweeter toutes les 2 à 3h.
-       Développer les inscriptions au dispositif Vigi’Orge pour toucher les 20 communes bordant les cours d’eau alors que seules 7 ont actuellement adopté Vigi’Orge. Cela permettrait de contacter les 6000 foyers potentiellement inondables au lieu des 600 inscrits actuellement.
-       En parallèle, réfléchir au développement d’une application pour smartphone permettant de prévenir d’une crue sans avoir à s’inscrire sur un fichier de type Vigi’Orge et donc, en s’affranchissant de la problématique de mise à jour.
-       Renforcer la coordination avec les acteurs de l’assainissement du secteur EPT12 et étudier le comportement des réseaux lors des crues de Seine.
-       Disposer d’un système de télégestion/télésurveillance connecté avec l’ensemble des acteurs dont le SIAHVY, le SIBSO et le SIAAP.
Techniquement, le Syndicat devra :
- améliorer le fonctionnement des armoires électriques du complexe P7/Valenton/Achères, opération qui était déjà prévu en 2017 (PPI 2017),
- renforcer la digue de la Morte-Rivière au niveau du secteur de fragilité, opération déjà prévue en 2017 dans le cadre du PAPI Seine,
- engager une réflexion sur la possibilité de mailler entre elles les antennes eaux usées dans le secteur Viry/Juvisy/Athis (Ris et Grigny notamment) et de mettre en place des postes de relevage supplémentaires pour forcer les écoulements d’eaux usées vers l’aval. L’origine des eaux excédentaires dans ce secteur doit également être identifiée avec l’EPT12 pour expliquer et éviter les apports d’eau de Seine, d’eau de nappe et d’eau de pluie dans les réseaux d’eaux usées de l’EPT12. Ces réseaux sont restés saturés bien après la crue de l’Orge, mais en lien avec la crue de Seine, soit jusqu’au 12 juin,
- réadapter certains sites de mesures de hauteur/débit (armoires inondées, sondes inadaptées à de telles hauteurs…),
- mener une réflexion plus approfondie sur le complexe P7/Achères/Valenton afin qu’il puisse rester hors d’eau. Il n’a pas été inondé lors de cet évènement mais n’aurait sans doute pas résisté à des niveaux de Seine supérieurs.
Avec les autres acteurs et notamment les syndicats amont, il sera opportun de :
- lancer une étude sur les cinétiques de déplacement des ondes de crues de l’amont vers l’aval afin de mieux connaître les temps de déplacement coté Orge (Yvelines vers Orge aval) et coté Yvette (Yvelines vers Yvette aval) et de mieux appréhender les effets cumulatifs synchrones et asynchrones des débits en provenance des divers territoires amont, compte tenu de la nature des sols,
- réfléchir aux actions préventives pour limiter les apports d’eaux usées en période de crise (les stations de lavage de voiture ont continué à fonctionner),
- réfléchir avec les autres syndicats à des bassins supplémentaires de retenue, notamment sur la Rémarde,
-  enfin, étudier afin de se préparer à des scénarios encore pire afin d’être le mieux préparé possible (coupures électriques, crue de longue durée…).
RÉFÉRENCES DU DOCUMENT
SYNDICAT DE L’ORGE, «Crue de l’Orge et de la Sallemouille du 30 mai au 6 juin 2016. Premiers éléments de synthèse et d’analyse», 5 p. Document adressé par mail aux délégués le 20 juin 2016 pour la réunion du Comité syndical du 23 juin 2016.
François CHOLLEY, président du Syndicat de l’Orge
Extrait de la vidéo présentée lors du Comité syndical du 23 juin 2016
©  Photo CAD / BM 2016

RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE

SYNDICAT DE L’ORGE, Comité syndical du 23 juin 2016, Brétigny-sur-Orge, Salle Maison Neuve, 17 h 30.

SYNDICAT DE L’ORGE, «Crue de l’Orge et de la Sallemouille du 30 mai au 6 juin 2016. Premiers éléments de synthèse et d’analyse», 5 p.

Document adressé par mail aux délégués le 20 juin 2016 pour la réunion du Comité syndical du 23 juin 2016.

1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir,
2. Le développement de la crue en deux temps,
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau,
4. Le cas particulier de la Morte Rivière,
5. Les inondations par l’assainissement et le refoulement des eaux usées en Seine,
6. Vigi’Orge, le site Web, Facebook, Tweeter,
7. La coordination des acteurs,
8. Les principaux enseignements.

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Inondations

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°2002, lundi 27 juin 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Brétigny-sur-Orge : l’opération d’aménagement de «La Base 217» répond-elle aux exigences de l’intelligence citoyenne ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°201, lundi 20 juin 2016

Visite des 300 hectares urbanisables de la base aérienne 217 à Brétigny-sur-Orge
par Olivier LÉONHARDT, président de la communauté Cœur d’Essonne,
Josiane CHEVALIER, préfête de l’Essonne,
François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne, le 15 juin 2016.
©   Photo PEE / JMC 2016.

Le Premier ministre Manuel VALLS (PS) a donné ses lettres de noblesse à la formule étonnante de « maire bâtisseur » au Congrès des maires en 2014. Celle-ci a été reprise par nombre d’élus, comme Valérie PÉCRESSE (LR), présidente du conseil régional d’Ile-de-France. Elle n’est pas récente puisque des géographes et des politistes l’utilisent depuis un certain temps déjà. (1) Un débat aujourd’hui dépassé puisque ce ne sont plus les maires mais les présidents de communauté, les présidents d’établissement public, les président de métropole… qui ont ravi aux maires la capacité d’être des bâtisseurs.

«LES MAIRES BATISSEURS»
DISPARAISSENT AU PROFIT DE
«PRÉSIDENTS D’INTERCOMMUNALITÉ BATISSEURS»

On peut légitimement s’interroger sur ce qui rend recevable le concept de « maire bâtisseur » dans son ambition  de classer les élus locaux. L’expression personnalise à outrance le mérite de réalisations publiques en attribuant à une seule personne le mérite de les avoir conduites, oubliant le rôle collectif de la communauté municipale, tant au sein des conseils municipaux, qu’au sein de l’ensemble des populations concernées. Un équipement public n’est jamais un désir solitaire, mais un désir partagé par des citoyens.

La Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

La Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

La fonction bâtisseuse constituerait-elle un critère permettant de discriminer les « bons élus » des « mauvais élus » ? Sa reconnaissance constitue-t-elle un label ou bien un certificat anticipé pour un bilan de mandat avant de prochaines élections ? Le qualificatif est de toute façon chargé de significations implicites et de questionnements non formulés : que vaut-il mieux, en fin de compte, densifier l’espace urbain ou bien préserver les espaces libres ? A ceci près, que pour accéder au statut reconnu de « bâtisseur », il existe un préalable, pour qu’un espace public puisse entreprendre une urbanisation publique qui est de disposer à la fois :
•  d’un foncier libre,
•  des capacités financières pour procéder aux aménagements nécessaires.

Deux conditions qui se trouvent, semble-t-il, réunies par le projet d’aménagement de 300 hectares situés principalement sur les communes de Brétigny-sur-Orge et Le-Plessis-Pâté. L’opération est conduite par Olivier LEONHARDT (DG), président de la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne (21 communes, 260 000 habitants). Il concerne un espace non construit, occupé anciennement par la Base aérienne 217 (BA 217), propriété du ministère de la Défense, cédé pour 1 € à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne.

300 HECTARES CÉDÉS POUR 1 EURO

Actuellement, le ministère de la Défense a rétrocédé les parties nord et sud de l’emprise coupée en deux par la piste est-ouest qui relie deux blocs de bâtiments édifiés de part et d’autres. Cette rétrocession en deux parties non communicantes totalise 300 hectares. Elle a été confiée pour un euro symbolique à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne associée à la communauté de communes Val d’Essonne.

Fort de cette opportunité foncière, ces communautés envisagent des aménagements ambitieux des terrains actuellement cultivés. Car, comme le reste des terres autour de Paris, celles-ci sont fertiles voire même les plus fertiles de la région.

La chute du bloc de l’Est et la suspension de la conscription ont profondément modifié les missions et les moyens de la Défense nationale française. Dans un contexte où l’État est de plus en plus endetté, le ministère de la Défense a dû se séparer d’emprises dont il avait moins besoin, et dont l’entretien générait des charges importantes afin de réduire les dépenses et de dégager de nouvelles marges financières.

Le site de Brétigny-sur-Orge en fait partie. Base aérienne encerclée progressivement par l’urbanisation croissante de l’Ile-de-France, elle a cessé  ses activités les plus bruyantes depuis de nombreuses années déjà. À plus ou moins long terme, il était prévu la cessation complète de toute activité militaire sur le site. Le plan a récemment évolué. En effet, par exemple, la BA 217 sert actuellement de point d’accueil pour les soldats venus en renfort au titre de l’opération sentinelle.

LA VISITE DE LA BASE

Le mercredi 15 juin 2016, Olivier LÉONHARDT et Patrick IMBERT ont accueilli Josiane CHEVALIER, préfète de l’Essonne, et François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne, pour une visite des lieux et faire le point de la situation.

La visite s’est ponctuée en plusieurs lieux où doivent figurer les premiers projets d’aménagements. Ces aménagements concernent pour l’essentiel des activités du secteur tertiaire, aucune activité dans le secteur secondaire, et un reliquat de moins de 75 hectares alloués au primaire à travers des cultures biologiques dont du maraîchage.

Visite de la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge le mercredi 15 juin 2016.
Josiane CHEVALIER, préfète de l’Essonne, François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne,
Nicolas MÉARY, maire de Brétigny-sur-Orge.
©  Photo PEE / JMC 2016.

En termes de potentiel d’emplois, la cible fixée est de 10 000 postes. Comme projet principal défini, il nous a été notifié l’installation à venir d’un pôle logistique d’e-commerce totalisant 3 000 emplois sur une surface 32 hectares et 240 000 m² de bâtiments. Les paris sont ouverts : Amazon, Cdiscount, FNAC, Carrefour, Vente-privée ou encore un outsider ?

Les emprises Ouest et du Carré Nord offrent des capacités d’installations considérables, mais qu’en est-il des potentielles entreprises clientes ?

En effet, et bien que cela soit prestigieux, l’implantation des principaux acteurs du secteur des drones, ne saurait suffire à combler toutes les offres foncières de l’emprise.

50 hectares de l’emprise seront consacrés aux événementiels rassemblant des foules immenses pour des événements ponctuels. Dans un langage familier, cela pourrait se résumer en des « Woodstocks » où rien ne serait improvisé.

LE PROBLÈME DES TRANSPORTS EN COMMUN

La question des transports doit être incidemment posée, que ce soit au fil de l’année ou lors des événements festifs ponctuels. Dans les deux cas, ceux-ci semblent à notre avis largement sous-évalués. La gare du RER-C de Brétigny-sur-Orge se trouve à plus de 2 km de l’entrée ouest de la BA 217. La voie routière qui longe l’emprise, la RD 19, est déjà bien chargée. L’implantation du gigantesque réseau de feux tricolores à l’intersection des RD 19 et 312 au nord n’a pas arrangé les choses, n’en déplaise aux promoteurs de ce genre de dispositif !

À propos du transport par câbles aériens appelés communément télécabines, les renseignements pris sur Internet font état d’une vitesse de 5 à 6 m/s (environ 18 km/h) et d’une capacité de 1 500 personnes par heure. (2) C’est bien en retrait des autres transports urbains y compris le bus en site propre qui a une capacité 2 fois supérieure.

UNE QUESTION NON ÉVOQUÉE :
CELLE DE LA DÉPOLLUTION DES SOLS

Immanquablement, un terrain militaire crée, provoque et subit diverses pollutions par ses activités passées et présentes. Il est peu probablement que l’emprise de la BA 217 y ait échappé. Toute cession ou modification d’activité d’un site nécessite certaines actions afin de déceler les atteintes à l’environnement. « La dépollution constitue alors un préalable à la reconversion fonctionnelle des sites militaires » qu’il s’agisse de dépollution pyrotechnique, qui concerne les activités de défense militaire (champs de tirs, entreposage de munitions, camps militaires…), ou de dépollution industrielle, qui concerne les activités en temps de paix (stockage de carburant, entretien de matériel, déchets polluants…). (3) Lors de la cession de l’État à une collectivité territoriale ou un EPCI, le ministère de la Défense doit remettre à l’acquéreur un audit environnemental, une étude historique de pollution pyrotechnique répertoriant et analysant les activités du site, un diagnostic évaluant le degré de pollution des différentes zones du bien cédé.

Avant cession, un site militaire étant assimilé à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), le ministère de la Défense prend en charge le démantèlement de l’installation classée, à savoir la dépollution industrielle, la remise en état et la mise en sécurité des lieux lors de l’arrêt de ses activités.

Pour la dépollution pyrotechnique, dans le cadre des dispositions de l’article 67 de la loi n° 2008-1425 sur la cession à l’euro symbolique (avec obligatoirement complément de prix différé), « le cessionnaire est substitué à l’État pour les droits et les obligations liés aux biens qu’il reçoit en l’état ». Cette dépollution est donc à la charge de l’acquéreur. Si une revente du bien (en entier ou en partie) est effectuée dans les quinze années qui suivent la cession initiale, le coût des travaux de dépollution est alors déduit du complément de prix différé. (4)

De quelle nature sont les pollutions sur l’emprise de la BA 217 ? Que mentionne l’audit environnemental, l’étude historique pyrotechnique, le diagnostic ? Quel sera le chantier de dépollution ? A quels coûts ? Lors de la visite, les autorités ont été bien silencieuses sur le sujet.

ANALYSE SWOT  (MOFF) DU PROJET

Forces/Faiblesses

  • Force. Surface. Dynamisme apporté par une communauté d’agglomération (EPCI) de 21 communes et de 260 000 habitants.
  • Faiblesse. Transfert des décisions en matière d’aménagement, d’urbanisme, d’équipements… depuis l’échelon communal vers l’échelon communautaire. Quelles seront les justes répartitions des avantages et des coûts ?
  • Force. Gouvernance centralisée.
  • Faiblesse. Gouvernance démocratique et participative à inventer. Autant le citoyen municipal possède une existence certaine, autant le citoyen communautaire a une existence problématique.
  • Force. Opportunité d’urbaniser un foncier à l’état naturel.
  • Faiblesse. Disparition de zones libres. Imperméabilisation inévitable des sols.
  • Force. Créations d’emplois.
  • Faiblesses. Accessibilité du site. Transports en commun inexistants. Accès routiers saturés aux heures de pointe : bouchons automobiles quotidiens sur la route nationale 104 (dite Francilienne), entre Évry et Linas, sur la route départementale 19, entre Arpajon et Fleury-Mérogis/Grigny, « queues » de véhicules pour accéder ou sortir de la zone d’activité de la Croix-Blanche…

Opportunités/Menaces

  • Opportunité. Reprise de 300 hectares de terrain militaire.
  • Menaces. Difficultés liées à la reprise de terrains militaires pouvant receler diverses pollutions (hydrocarbures, pyrotechnie d’armement…).
  • Opportunité. L’EPCI Cœur de l’Essonne disposera de 300 hectares pour 1 € symbolique.
  • Menaces. Incertitude sur l’évolution à terme de la structure de l’intercommunalité qui est susceptible de transférer des charges de fonctionnement sur les communes, et donc sur les budgets communaux et sur les contribuables.
  • Opportunité. Le transfert par le ministère de la Défense de terrains dont il était propriétaire à une collectivité territoriale publique ne pose pas en soi de problème.
  • Menace. En revanche, d’éventuelles ventes par l’EPCI à des propriétaires privés de biens fonciers provenant du Domaine national peut soulever des interrogations sur sa justification (sur l’opération de privatisation, sur son fondement, et sur la détermination de la valeur des biens transférés…).

NB. Cette grille est établie à partir des informations dont nous disposons au moment où cet article est rédigé. Elle sera corrigée, complétée en fonction des éléments nouveaux dont nous aurons connaissance.

CONCLUSION. On peut s’interroger sur l’intérêt véritable de l’État et sur les contre-parties qu’il attend de la part des collectivités locales. Un bilan prospectif coûts/bénéfices doit être établi, rendu public, débattu et corrigé chaque année.

Entrée de la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge visitée le mercredi 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

RÉFÉRENCES
1. PRÉVOT Maryvonne
, « Pierre Mauroy, maire bâtisseur : un héritier de l’avenir », Revue du Nord, 2011, n°389, p. 181-192.
2. Sur les remontées mécaniques, lire le site Internet : http://www.remontees-mecaniques.net.
3. GINET Pierre, « Le lien défense-territoires. Quelles perspectives pour le géographe sur le plan scienti fique et dans sa pratique de l’aménagement ? », Cours magistral de Master Défense, risque, sécurité et aménagement, Metz (Université de Lorraine), France. 2014, 17 p. : https://cel.archives-ouvertes.fr/cel-00966048.
4. DAFI, CERTU, « Modalités de cession des immeubles du ministère de la Défense », fiche 6, septembre 2013, 12 p. (pdf) : DAFI CERTU 2013.

NOTE
L’invitation du conseil départemental de l’Essonne à la visite de la BA 217 le 15 juin 2016 est parvenue par mail à Bernard MÉRIGOT, rédacteur en chef de Territoires et démocratie numérique locale et président de Mieux Aborder L’Avenir, le 10 juin. Empêché par d’autres obligations professionnelles, il a demandé à Jean-Marie CORBIN, président de Portes de l’Essonne Environnement et directeur de publication de www.portes-essonne-environnement.fr, de bien vouloir le remplacer auprès des officiels durant cette visite. Le présent article a été rédigé en collaboration par les deux rédacteurs et Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT. Il est publié sur les deux sites Internet avec des illustrations, des références et un titre différents.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°201, lundi 20 juin 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
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La pratique de la politique locale nous apprend-elle quelque chose ? (Gilles Deleuze et Anne Querrien)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°200, lundi 13 juin 2016

« Apprendre, c’est se mettre en jeu et en risque » nous rappelle Anne QUERRIEN dans son intervention sur « la politique en-deçà et au-delà de la représentation » consacrée à une lecture sur « Gilles DELEUZE politique » (1).

Anne QUERRIEN (à gauche) en conversation avec Jean-Claude POLACK (au centre),
directeur de la publication de Chimères
(Revue de schizoanalyse fondée par Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI,
à l’issue du Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regard sur les terrains (2)
dirigé par Monique SELIM, Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris, mardi 12 avril 2016.
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EST-IL POSSIBLE D’APPRENDRE
DE LA POLITIQUE LOCALE ?

Le malheur des représentants, « c’est de parler pour les autres », écrit Gilles DELEUZE dans Différence et répétition (p.74). En politique, le problème est que les leaders, au fil de l’exercice du pouvoir, « décrochent » des sensibilités qu’ils ont réunies lors de leur candidature. Élaborées pour vanter le vivre ensemble, elles se trouvent vidées  de leurs signifiants et de leurs contenus. Anne QUERRIEN, commentant la pensée de Gilles DELEUZE, analyse leurs manifestations : vides grandissants, ratissages de plus en plus large, et enfin, besoin d’outils de répression pour maintenir ensemble des sensibilités divergentes.

Quel rapport y a-t-il entre l’objet vu et le voyant ? La représentation est porteuse d’un ordre conservateur. Sa rencontre avec un itinéraire populiste est inévitable puisqu’elle se poursuit dans une dépendance d’ennemis désignés. La représentation de la scène politique de l’affrontement se construit toujours par opposition à autrui : c’est une pensée dominante.

Arrêtons-nous sur « Tout le monde sait, personne ne peut nier » (Différence et répétition, p.170). C’est l’énoncé dominant par excellence des politiques qui en appellent au « bon sens » et au « sens commun », slogans par lesquels les leaders affirment que leur nature est droite et qu’ils sont « pleins de bonne volonté ». Ce moment de l’énonciation politique, que l’on peu qualifier d’unanimiste (tout le monde pense la même chose), n’est jamais improvisé. Elle a été préparée à dessein pour qu’un sens commun adéquat s’impose à tous les membres réunis en groupe, en collectif, en collectivité… Une telle construction abaisse tous les énoncés vers leurs contenus les moins élaborés, adoptés immédiatement par les éléments les plus radicaux, voir les plus violents. L’opposition entre « Eux : à abattre » et « Nous : à préserver » constitue l’antichambre des totalitarismes.

LE RÉCIT POLITIQUE :
ROMAN POLICIER OU SCIENCE FICTION ?

Dans son avant-propos à Différence et répétition, Gilles DELEUZE écrit qu’ « un livre de philosophie doit-être pour une part une espèce très particulière de roman policier, pour une autre part une sorte de science-fiction. »

  • « Par roman policier, nous voulons dire que les concepts doivent intervenir, avec une zone de présence, pour résoudre une situation locale. Ils changent eux-mêmes avec les problèmes. Ils ont des sphères d’influence, où ils s’exercent, nous le verrons, en rapport avec des « drames » et par les voies d’une certaine « cruauté ». Ils doivent avoir une cohérence entre eux, mais cette cohérence ne doit pas venir d’eux. Ils doivent recevoir leur cohérence d’ailleurs ».
  • Science fiction, encore en un autre sens, où les faiblesses s’accusent. Comment faire pour écrire autrement que sur ce qu’on ne sait pas, ou ce qu’on sait mal ? C’est là-dessus nécessairement qu’on imagine avoir quelque chose à dire. On n’écrit qu’à la pointe de son savoir, à cette pointe extrême qui sépare notre savoir de notre ignorance, et qui fait passer l’un dans l’autre. C’est seulement de cette façon qu’on est déterminé à écrire. Combler l’ignorance, c’est remettre l’écriture à demain, ou plutôt la rendre impossible. Peut-être y a-t-il là un rapport de l’écriture encore plus menaçant que celui qu’elle est dite entretenir avec la mort, avec le silence.»  (3)

La condition pour apprendre de la politique est de considérer ses récits comme des livres de philosophie : partagés entre deux genres.

« On refuse l’alternative générale de la représentation infinie : ou bien l’indéterminé, l’indifférent, l’indifférencié, ou bien une différence déjà déterminée comme négation, impliquant et enveloppant le négatif.» (p.74)

« Ce n’est pas la différence qui suppose l’opposition, mais l’opposition qui suppose la différence (…) ». (p.74)

RÉFÉRENCES
1. QUERRIEN Anne, «Deleuze politique avant sa rencontre avec Guattari. La politique en-deçà et au-delà de la représentation», intervention au colloque « Deleuze : virtuel, machines et lignes de fuite, dirigé par Anne QUERRIEN, Anne SAUVAGNARGUES, et Arnaud VILLANI, 1er août-11 août 2015, Centre culturel international de Cerisy, 6 p.
QUERRIEN Anne,
«Deleuze politique avant sa rencontre avec Guattari. La politique en-deçà et au-delà de la représentation», Workshop proposé par Marco CANDORE, Anne QUERRIEN et Mayette VILTARD, « Choerrances/Cohérences et chaosmose », École lacanienne de psychanalyse, Paris, samedi 18 juin 2016.
2. Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regard sur les terrains,
organisé par Monique SELIM, anthropologue; Olivier DOUVILLE, psychanalyste; Delphine LACOMBE, sociologue;  Julie PEGHINI, anthropologue. Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris.
3. DELEUZE Gilles,
Différence et répétition, PUF, 1968, p. 3

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°200, lundi 13 juin 2016

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Savigny-sur-Orge. La vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval n’a pas été prise en compte

Les élus locaux et les administrations territoriales ont la charge de prévenir les risques d’inondation. Pratiquent-ils une veille documentaire à l’égard des recherches universitaires qui sont effectuées sur la vulnérabilité de leur territoire et de leurs populations ? Il est permis de s’interroger à ce sujet lorsque l’on constate qu’il faut attendre qu’une catastrophe se produise en 2016 pour découvrir que des conclusions avaient été publiées en 2005 – soit onze ans avant - sur la vulnérabilité aux inondations.

C’est ainsi qu’une étude portant sur  le groupe scolaire Kennedy de Savigny-sur-Orge (18 classes,  500 élèves) a fixé en 2005 que son taux de vulnérabilité, pour les cinq critères retenus, se situait entre 60 % et 93 %. Onze ans après, le 1er juin 2016, ce groupe scolaire était évacué dans l’urgence et la confusion des enseignants, des élèves et des parents. Pourquoi cette étude n’a t-elle pas été prise en compte ? Pourquoi n’y a-t-il à ce jour aucun programme de sécurisation ? Pourquoi la sécurité n’est-elle même pas assurée par un rehaussement des accès ?

Savigny-sur-Orge. L’Orge a quitté son lit
L’école et le gymnase Kennedy inondés
2 juin 2016
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Trois universitaires ont effectué une recherche intitulée « Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du Bassin de l’Orge aval ». Il s’agit de Bruno BARROCA (Laboratoire Génie urbain, environnement, habitat, Université de Marne-la-Vallée), Nathalie POTTIER (Laboratoire de géographie des milieux anthropisés (1) CNRS, Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines), Émilie LEFORT (Centre d’enseignement et de recherche Eau Ville Environnement, École nationale des Ponts et chaussées, Marne-la-Vallée). Leur travail a été publié en 2005.

« L’INDIGENCE DES TRAVAUX SUR LA VULNÉRABILITÉ »

Ils écrivent en introduction de leur étude : « Les collectivités locales sont particulièrement vulnérables face aux risques naturels. Ces évènements occasionnent des coûts (matériels et humains) et des conséquences sur l’opinion publique qui entraînent une préoccupation grandissante pour les autorités locales et nationales. Ils exposent les faiblesses du système de prévention ainsi que la fragilité des moyens de prévention. »

« Le contraste est souvent saisissant entre les moyens mis en œuvre pour la connaissance de l’aléa et l’indigence des travaux sur la vulnérabilité, définies comme « la mesure des conséquences dommageables de l’inondation sur les enjeux » soit « la fragilité d’un système socio-économique dans son ensemble face au risque ». (2)

Savigny-sur-Orge. Fermeture de l’École Kennedy
jeudi 2 juin 2016
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DES DÉFIS URGENTS EN MATIÈRE D’INONDATION

Pour les auteurs, « la vallée de l’Orge, affluent de la Seine située en amont de Paris, présente de forts enjeux socio-économiques (habitat dense, industrie de haute technologie, zone commerçante…) potentiellement sensibles aux inondations liées aux crues hivernales et estivales de l’Orge et de la Seine ».

Le bassin versant possède des équipements de régulation (bassins de stockage, prairies inondables) dont les capacités sont limitées.

Le syndicat intercommunal « SIVOA », devenu « Syndicat de l’Orge », est en charge de la gestion des eaux pluviales et de la rivière par délégation des compétences communales. Il est confronté à des défis urgents en matière de gestion des risques :

  • inondations locales et brutales lors des étés 1999 et 2001,
  • passage du Plan d’exposition aux risques (PER) de 1983, comportant une référence vicennale (événement se produisant en moyenne une fois tous les vingt ans), au Plan de protection aux risques (PPR), comportant une référence centenale (événement se produisant en moyenne tous les cent ans),
  • maintien de la pression foncière (plus de 70 % du territoire est urbanisé).

Ils notent le besoin urgent du syndicat de mieux connaître son territoire par une analyse de l’évolution des vulnérabilités des communes et de leurs équipements particuliers.

Savigny-sur-Orge. Le niveau de l’Orge monte
Évacuation de l’École maternelle Kennedy
Mercredi 1er juin 2016
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SAVIGNY-SUR-ORGE PARMI LES TROIS SITES TESTS

Trois sites tests ont été choisis dans la partie aval du bassin afin d’identifier les points sensibles :

  • le groupe scolaire Kennedy à Savigny-sur-Orge,
  • le camping de Villiers-sur-Orge,
  • le centre-ville piétonnier de Juvisy-sur-Orge.

La méthode employée repose sur une pratique d’enquête : « il s’agit d’auditer les acteurs locaux impliqués dans le travail de réduction des vulnérabilités aux inondations. Ils sont de ce fait susceptibles de connaître parfaitement la réalité du terrain». Il ne faut pas perdre de vue que l’outil est construit par les acteurs locaux afin de répondre à leurs besoins.

Pour l’étude, cinq indicateurs ont été fixés :

  • aléa
  • population
  • bâti
  • activité
  • gestion

UN TAUX DE VULNÉRABILITÉ INTOLÉRABLE

Le « graphique synthétique de vulnérabilité » suivant a été élaboré. Il utilise une échelle de 0 à 3 (0 : pas vulnérable, 1 : faiblement vulnérable, 2, moyennement vulnérable, 3 : fortement vulnérable).

  • Aléa : 1,8
  • Population : 2,8
  • Bâti : 2,4
  • Activité : 1,7
  • Gestion : 2,3
Savigny-sur-Orge. Vulnérabilité du groupe scolaire Kennedy
« Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du Bassin de l’Orge aval »
(BARROCA, POTTIER, LEFORT, 2005), p. 8

L’indice moyen de vulnérabilité moyen est de 2,2 sur 3.

Si on traduit cette échelle de vulnérabilité en pourcentage, on a les chiffres suivants : Aléa : 60 %, Population : 93 %, Bâti : 80 %, Activité : 56 %, Gestion : 76 %. Le pourcentage moyen est 73 %, ce qui est considérable et qui se situe au-dessus de la limite tolérable.

Les trois auteurs concluent : « Pour le site du groupe scolaire de Savigny-sur-Orge, le graphique synthétique de vulnérabilité montre qu’il faut agir sur la population (conscience et information), le bâti (mal adapté) et la gestion du risque (mesures préventives et mesures d’urgence). »

Le Bassin versant de l’Orge.
La quatre communes de Savigny-sur-Orge, avec Viry-Châtillon, Juvisy-sur-Orge, et Athis-Mons
sont situées les plus en aval, avant la confluence de l’Orge et de la Seine (à Athis-Mons).
Ce sont les communes les plus exposées aux risques d’inondation provenant de l’amont

Les causes qui empêchent la prévention effective des inondations de zones habitées sont connues. En 2003, un rapport de l’Inspection générale de l’environnement (Ministère de l’environnement) est publié. Il porte sur six départements français et note que « la méconnaissance ainsi que la prise en compte partielle des vulnérabilités territoriales engendrent les mauvais choix d’aménagement.» (3) Nous sommes en 2016, treize ans après le rapport. Dans un premier temps, il est urgent qu’une sécurisation des accès, par un rehaussement permanent des cheminements (fixés à une côte déterminée pour un secteur donné), soit réalisée dans les zones inondables. Les installations provisoires nécessitent des délais de mise en oeuvre,  des véhicules et des moyens humains importants pour être stockés, acheminés, montés, et ensuite démontés… si le flux de l’inondation ne les a pas emportés avant… Ces installations engendrent elles-mêmes des dangers.

Savigny-sur-Orge. Accès à l’immeuble du 25 rue des Rossays
Jeudi 2 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016
Savigny-sur-Orge. Accès à l’immeuble du 4 rue de Morsang
Jeudi 2 juin 2016
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LA VULNÉRABILITÉ SOCIALE
ET LES TEMPORALITÉS PARALLÈLES DU RISQUE

On le voit, la connaissance des différents aspects qui constituent les vulnérabilités d’un territoire soumis à un aléa représente l’apport déterminant pour diminuer les conséquences d’une inondation à la condition de ne pas s’enfermer dans une stricte logique coût/avantage.

Les travaux publiés par les sciences humaines (anthropologie sociale, ethnologie, sociologie, géographie, histoire…) qui examinent la vulnérabilité sociale, constatent la difficulté de croiser trois capacités :
•  la capacité à anticiper l’aléa,
•  la  capacité à faire face à l’urgence,
•  la capacité de reconstruction.

La vulnérabilité sociale doit prendre en compte plusieurs incertitudes (de l’aléa, de l’exposition au risque, des moyens…) en les intégrant dans les temporalités parallèles du risque (évaluant les dommages sur la santé et les pertes de biens irremplaçables).

RÉFÉRENCES

1. ANTHROPISÉ / ANTHROPISATION. En géographie et en écologie, l’anthropisation est la transformation d’espaces, de paysages, d’écosystèmes ou de milieux semi-naturels sous l’action de l’homme. Un milieu est dit anthropisé quand il s’est éloigné de la naturalité originelle.

2. BARROCA Bruno, POTTIER Nathalie, LEFORT Émilie, « Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval », Septièmes Rencontres Théo Quant, janvier 2005, 12 p. L’article comporte une importante bibliographie (2 pages).

Les auteurs, dans la publication de leur recherche, adressent leurs remerciements à ceux qui leur ont apporté une aide pour mener à bien leur travail sur le terrain, notamment «le Syndicat Mixte de la Vallée de l’Orge Aval (SIVOA), interlocuteur privilégié pour les problématiques locales». Il est regrettable que le SIVOA n’ait pas, à l’époque, transmis cette étude à tous les délégués concernés. Nous ne la découvrons que maintenant, suite aux inondations de juin 2016 !

3. HUET P et coll., Retour d’expériences des crues de septembre 2002 dans les départements du Gard et de l’Hérault, du Vaucluse, des Bouches du Rhône, de l’Ardèche et de la Drôme, Rapport de l’Inspection générale de l’Environnement (IGE), Ministère de l’environnement, 2003, 133 p. + annexes.

ARTICLES EN LIGNE SUR LA PRÉVENTION DES INONDATIONS

Savigny-sur-Orge. Évacuation en barque d’habitants du 12, rue de Morsang
Jeudi 2 juin 2016
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Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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