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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE
Christophe de SAVIGNY (Christofle de SAVIGNY)  1530-1587

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social et politique. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’ εγκυκλο παίδεια  (« ekuklios paideia ») l’éducation circulaire, qui embrasse un cercle entier. http://www.savigny-avenir.fr/2012/10/13/l-ekuklios-paideia-leducation-qui-fait-le-tour/

Le contexte de globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances. Comment une anthropologie de la citoyenneté, par ses initiatives (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…), peut-elle s’opposer à cette imposition ?
http://www.savigny-avenir.fr/offre/programmes-en-cours/a-la-recherche-de-la-democratie-locale/

http://www.savigny-avenir.fr/2012/12/10/developper-le-controle-citoyen-sur-les-collectivites-territoriales-pascal-cadieu/

Bernard MÉRIGOT contact@mieuxaborderlavenir.fr
NOS DOMAINES •  Gouvernances locales  •  Démocratie expérimentale   •  Démocratie participative   •  Expertise citoyenne  •  Intelligence territoriale  •  Éditorialisation numérique des territoires    •    Identités locales   •  Récits de politique publique locale (Local policy narrative).
NOTRE OBJET. •  Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques •  Soutenir les questionnements citoyens •  Favoriser les réponses collectives •  Contribuer à faire progresser les consensus.
NOS ACTIVITÉS. Recherche, intervention, conseil, formation, enseignement, publication… Notre groupe développe une démarche qui interroge sans relâche trois concepts : le territoire, le politique, le numérique. Pour cela, nous mobilisons  – de façon critique – différentes sciences sociales : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, ethnologie, sciences du politique, études du numérique, économie… – en les mettant au service de la democratia localis, la démocratie locale.
•  Quels sont les fondements qui établissent la légitimité de la démocratie locale ?
•  Quels sont les obstacles qui s’opposent  à la reconnaissance de la démocratie locale ?
•  Quels sont les moyens qui permettent l’accomplissement de la démocratie locale ?
NOTRE THÉMATIQUE. CINQ  QUESTIONS
•    Les pratiques des pouvoirs en place répondent-elles à l’idéal démocratique des territoires et de ses populations ?
•    Les évolutions territoriales peuvent-elles  être laissées dans les seules mains des responsables politiques ?
•   De quelles compétences expertes la société civile (entreprises, associations, citoyens…) dispose-t-elle pour repenser les modes de fonctionnement publics des territoires ?
•    Comment l’expertise collective (citoyenne, associative, participative, collaborative…) émerge-t-elle ? Comment est elle reconnue ?
•    Comment le numérique modifie t-il les relations entre les pouvoirs et les citoyens ?
NOS ACTIONSUn site Internethttp://www.savigny-avenir.info qui est un média numérique (ISSN : 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF). Sa ligne éditoriale consiste à analyser les  rapports entre les pratiques des pouvoirs en place et l’idéal démocratique des territoires. Il comprend plus de 1 000 articles et 1 000 scans de documents et de photos.    •  Une publication numérique hebdomadaire : La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir.  Le premier numéro a été publié le lundi 20 août 2012, le n° 176 le lundi 28 décembre 2015, le n° 228 est prévu pour le 26 décembre 2016.  •  Une recherche-action : Territoires et démocratie numérique locale lancée en 2009.  •  Un séminaire de recherche autour de thèmes annuels.  •  Des stages de formation.   Une association : Mieux Aborder l’Avenir (MALA) qui est à l’origine de la démarche du programme de recherche, d’expertise et  d’intervention.
« A my lecteur, fuyant la bonne volonté et affection singulière que nous avons toujours porté et portons de plus en plus au public. (…)  Nous te prions, bénévole lecteur, de prendre en gré notre labeur, et nous donner par ce moyen occasion de mieux faire pour l’advenir ».
Christophe de SAVIGNY,
Partition générale de tous les arts libéraux, 1587.
1. Voir sur le présent site l’article : http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/lencyclopedisme-cache-t-il-un-contrat-derreur-christophe-de-savigny-et-francis-bacon/
Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2015

 

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Savigny-sur-Orge. Enquête publique sur l’aménagement pour les voyageurs de la gare routière train / bus passage Séverine

Quelle est la méthode à suivre pour construire un avis pour le registre d’enquête ?

TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE

Les enquêtes publiques concernent des aménagements publics qui modifient la vie des habitants, des riverains, des usagers, des travailleurs…, que ce soit d’une commune ou d’un quartier. Durant la durée de l’enquête le dossier est consultable, toute question peut être posée et toute observation peut être faite dans un registre et par courrier, le commissaire enquêteur effectue une permanence en Mairie. Il répond aux questions posées et, dans un délai d’un mois après la clôture, il remet un rapport public qui comporte son avis (favorable, favorable avec réserves, défavorable).
Ce sont des moments particulièrement importants de la démocratie locale car ce sont les seuls ou les citoyens ont connaissance de projets avant que ceux-ci soient réalisés, tout du moins en principe.
Chaque citoyen, après avoir vérifié la conformité de la procédure suivie (objet, délais, publicité…) et l’intelligibilité des documents présentés, est en mesure d’examiner en connaissance de cause, à partir de l’état existant, les avantages et les inconvénients du projet présenté.

Réaménagement de la gare routière RER C / Bus de Savigny-sur-Orge
14 juillet 2016
©  Photo CAD / BM 2016

L’intitulé de la présente enquête est le suivant : « Enquête publique relative au projet de classement dans le domaine public communal du passage Séverine) (1). Elle a fait l’objet d’une délibération du conseil municipal en date du 17 novembre 2016 (2). Ensuite le maire à désigné par arrêté un commissaire-enquêteur.

  • Le présent aménagement est important puisque son montant s’élève à 1 000 000 € (1 million d’euros). Il est conduit par l’établissement public territorial (EPT) dont la commune est membre.
  • Les photos figurant au dossier sont des photos provenant de Google. Il est surprenant que l’EPT n’ait pas été en mesure d’effectuer des prises de vues originales et ait recours à Google.
  • Les photos réalisées par Google ne présentent pas un état au jour de l’ouverture de l’enquête publique (c’est-à-dire en novembre/décembre 2016, date de constitution du dossier), mais un état antérieur (mai 2016).
  • Entre mai 2016 et novembre/décembre 2016,  les travaux ont été effectués et réalisés, c’est-à-dire avant l’ouverture de l’enquête publique, ce qui rend le site méconnaissable.
  • Les plans comportent pour une partie du talus sur lequel se trouvent les quatre vois SNCF / RECR C des pointillés avec la mention « mur de soutènement » qui empiète sur le terrain de la Gare routière. Est-il propriété de la SNCF ou de la commune ?
  • Il est écrit que la nouvelle Gare routière permet un accès direct aux quais des train SNCF / RERC C. C’est inexact : il n’y en a pas d’accès direct, puisque les voyageurs utilisant les bus pour aller ou revenir de la gare SNCF / RER C sont obligés de traverser la rue Joliot-Curie qui est ouverte à la circulation. Il ne s’agit en aucun cas d’un accès direct sécurisé. Aux heures de pointe, le matin et le soir, la rue Joliot-Curie est empruntée par de très nombreux véhicules, ce qui constitue un facteur de danger.
  • Il y a un décalage entre l’objet de l’enquête (« Classement dans le domaine privé de la commune ») et le contenu du dossier qui modifie les règles de circulation rue de la Martinière et rue du Mail. Une question de forme revient à faire avaliser le fond du dossier, à savoir les aménagements de voirie et la réglementation de la circulation. Or ceux-ci n’ont pas fait l’objet de concertation au préalable.
  • Le stop de la rue de la Martinière a été déplacé (en septembre 2016) et les plans mentionnent la pose de trois feux tricolores (1 Passage Séverine et 2 Rue du Mail). En fonction de quel plan de circulation ces modifications sont-elles proposées ? Comment la sécurité des voyageurs passant du bus au train, et du train au bus, est t-elle assurée ? Quelles mesures sont prises pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ?
  • Le quartier de la place Davout, avec la Gare SNCF RER C, son parking automobile souterrain, ses quatre lignes de bus, son Lycée Jean-Baptiste Corot, son marché (mardi, vendredi, dimanche), est très fréquenté aux heures de pointe, le matin et le soir. L’aménagement de la Gare routière pour les terminus de deux lignes de bus vient modifier les conditions de circulation. Afin d’éviter les encombrements de la circulation automobile, il est indispensable de disposer préalablement d’un comptage actuel de la circulation.

RÉFÉRENCES

1. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, « Organisation d’une enquête publique du 2 au 16 janvier 2017. Classement du passage Séverine dans le domaine public communal », http://www.savigny.org/spip.php?article2340

2. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Délibération du Conseil municipal n°15/364. « Urbanisme. Classement dans le domaine public du Passage Séverine. Mise à l’enquête publique », Séance du 17 novembre 2016.

3. COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, Arrêté portant désignation d’un commissaire enquêteur, 9 décembre 2016.

DOCUMENT n°1

Organisation d’une enquête publique du 2 au 16 janvier 2017.
Classement du passage
Séverine dans le domaine public communal
« Afin de procéder à l’inscription de parcelles à usage public du domaine privé au domaine public de la Ville de Savigny-sur-Orge et de permettre, par l’Établissement public Grand Orly Seine Bièvre, la réalisation d’un local à destination des chauffeurs des lignes de bus appelées à servir la future gare routière, une enquête publique se déroulera du 2 janvier 2017 au 16 janvier 2017 inclus. Monsieur Jean-Marie CHIMCHIRIAN, Géomètre-Expert, expert auprès de la Cour d’appel de Paris, a été désigné Commissaire enquêteur par Monsieur le Maire pour veiller au bon déroulement de cette procédure.
L’enquête se déroulera dans les locaux des services techniques municipaux, au 3 avenue du Garigliano à Savigny-sur-Orge. Durant les 15 jours d’enquête, le dossier pourra être consulté par le public aux horaires suivants : lundi 8h30-12h et 13h30-18h ; mardi 13h30-18h ; mercredi 8h30-11h45 ; jeudi 8h30-12h ; vendredi 8h30-12h et 13h30-18h ; samedi 8h30-11h45 (sauf vacances scolaires).
Les participants intéressés auront la possibilité de rencontrer Monsieur Chimchirian, à cette même adresse le mardi 10 janvier de 13H30 à 17h45. Enfin, des observations pourront également être adressées au Commissaire enquêteur par correspondance, tout au long de l’enquête, via l’adresse : Mairie de Savigny-sur- Orge – 48 avenue Charles de Gaulle 91600 Savigny-sur-Orge »
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE, « Organisation d’une enquête publique du 2 au 16 janvier 2017. Classement du passage Séverine dans le domaine public communal », http://www.savigny.org/spip.php?article2340

DOCUMENT n°2

ASSOCIATION CAD
OBSERVATIONS SUR L’ENQUÊTE PUBLIQUE
CONCERNANT L’AMÉNAGEMENT DE LA GARE ROUTIÈRE TRAIN / BUS PASSAGE SÉVERINE
A SAVIGNY-SUR-ORGE

Du lundi 2 janvier au lundi 16 janvier 2017
1. LE VÉRITABLE OBJET DE L’ENQUÊTE N’EST PAS CELUI QUI EST AVANCÉ. Il y a un décalage entre l’objet de l’enquête (« Classement dans le domaine privé de la commune ») et le contenu du dossier qui modifie les conditions d’accès des usagers de la SNCF / RER C, les règles de circulation des piétons et des véhicules automobiles rue de la Martinière et rue du Mail.
Ce qui est présenté comme une question de forme mineure revient à faire avaliser le fond du dossier, à savoir les aménagements de voirie et la réglementation de la circulation, de sécurité des usagers. Or ces questions n’ont fait l’objet d’aucune concertation au préalable.
La preuve de cette incertitude sur l’objet de l’enquête (1. Transfert de propriété des parcelles AC 76 et AC 358 + 2. Profond réaménagement urbain) est apportée par le panneau qui a été posé Place Davout. Il est clairement annoncé que l’EPT Grand-Orly Val-de-Bièvre Seine-Amont « Réaménage la gare routière ».
2. LES PHOTOS DU DOSSIER PROVIENNENT DE GOOGLE. Les photos figurant au dossier sont des photos provenant de Google. Il est surprenant que l’Établissement Public Territorial (EPT 12) n’ait pas été en mesure d’effectuer des prises de vues originales et ait recours à Google.
3. LES PHOTOS DU DOSSIER DATENT DE PLUS DE TROIS ANS. Les photos publiées par Google ont été réalisées en juin 2013. Elles ne présentent pas un état au jour de l’ouverture de l’enquête publique (c’est-à-dire en novembre/décembre 2016, date de constitution du dossier).
Entre mai 2016 et novembre/décembre 2016, avant toute enquête, les travaux ont été effectués et réalisés.
4. INCERTITUDE SUR LA PROPRIÉTÉ FONCIÈRE DU TALUS DES VOIES SNCF. Les plans portent sur une partie du talus sur lequel se trouvent les quatre voies SNCF / RER C des pointillés avec la mention « mur de soutènement » qui empiète sur le terrain de la Gare routière. Est-il propriété de la SNCF ou de la commune ? Le dossier est imprécis et ne permet pas de répondre à cette question.
5. IL N’Y A PAS D’ACCÈS « DIRECT » À LA GARE. Il est écrit dans le dossier que la nouvelle Gare routière permet un accès direct aux quais des train SNCF / RERC C. C’est inexact : il n’y a pas d’accès direct, puisque les voyageurs utilisant les bus pour aller ou revenir de la gare SNCF / RER C sont obligés de traverser la rue Joliot-Curie qui est ouverte à la circulation. Il ne s’agit en aucun cas d’un accès direct sécurisé. Aux heures de pointe, le matin et le soir, la rue Joliot-Curie est empruntée par de très nombreux véhicules, ce qui constitue un facteur de danger.
6. LA SIGNALISATION ROUTIÈRE EST PROFONDÉMENT MODIFIÉE. Le stop de la rue de la Martinière a été déplacé (en septembre 2016) et les plans mentionnent la pose de trois feux tricolores (1 feu Passage Séverine et 2 feux Rue du Mail). En fonction de quel plan de circulation ces modifications sont-elles proposées ?
  • Comment la sécurité des voyageurs passant du bus au train, et du train au bus, est elle assurée ? Par quelle décision le plan de ce quartier de la ville a t-il été modifié ?
  • Quelles mesures sont prises pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite ?
7. AUCUN PLAN DE CIRCULATION N’A ÉTÉ EFFECTUÉ. Le quartier de la place Davout, avec la Gare SNCF RER C, son parking automobile souterrain, ses quatre lignes de bus, son Lycée Jean-Baptiste Corot, son marché (mardi, vendredi, dimanche), est très fréquenté aux heures de pointe, le matin et le soir. L’aménagement de la Gare routière pour les terminus de deux lignes de bus vient modifier les conditions de circulation. Afin d’éviter les encombrements de la circulation automobile, il est indispensable de disposer d’un comptage actuel de la circulation et d’une projection de la circulation prévue.
8. AVIS
Pour ces raisons, au vu du dossier présenté, nous formulons un avis défavorable sur la présente enquête, sur le classement proposé, et sur les aménagements qui en découlent.
Culture Arts Découverte (CAD)
Association loi de 1901
18, rue de la Tourelle, 91600 SAVIGNY SUR ORGE
Articles en ligne sur le site http://www.savigny-avenir.info
01 69 05 20 54
contact@mieuxaborderlavenir.fr
Fait à Savigny-sur-Orge, le 16 janvier 2016
Le Président,
Bernard MÉRIGOT
Article consultable en ligne :
Savigny-sur-Orge. Enquête publique sur l’aménagement pour les voyageurs de la gare routière train / bus passage Séverine
Posted on 10 janvier 2017 by Bernard MÉRIGOT Quelle est la méthode à suivre pour construire un avis pour le registre d’enquête ? TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE Les enquêtes publiques concernent des aménagements publics qui modifient la vie des habitants, des riverains, des usagers, des travailleurs… Continue reading → Posted in Accessibilité des personnes à mobilité réduite, Enquête publique, Gare routière Train / Bus, Sécurité des piétons, Transports en commun |
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Aménagement de la gare train / Bus Passage Séverine à Savigny-sur-Orge (Essonne)
Extrait du Registre d’enquête publique,  journée du lundi 16 janvier 2017
©  Photo CAD / BM 2017

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ISSN 2261-1819
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Où va l’Histoire ? Les perturbateurs de vérité

Qu’est ce qui doit dominer notre regard sur l’histoire ? Les continuités ou les ruptures ? Avant de trancher, il faut prendre en compte :

  • 1. les limites des continuités comme de celles des ruptures (rien ne s’arrête complétement, rien ne continue exactement « comme avant »),
  • 2. l’état provisoire des continuités et des ruptures constatées (une rupture aujourd’hui apparaîtra comme l’inflexion d’une continuité demain…),
  • 3. l’entremêlement des continuités et des ruptures : des choses s’arrêtent pendant que d’autres continuent.

CONTRÔLER LE PASSÉ
CONTRÔLER LE PRÉSENT
CONTRÔLER LE FUTUR

Toute histoire, simultanément et de façon mêlée, présente deux aspects : la pensée d’un moment particulier, unique, et le produit d’une manipulation. Il faut bien convenir de la nature éminemment manipulable de l’histoire et des manipulations constantes dont elle est l’objet. Rémi BRAGUE rappelle la réflexion de Georges Orwell dans 1984 : « Celui qui contrôle le passé, contrôle l’avenir. Celui qui contrôle le présent contrôle le passé. » C’est celui qui est le plus fort dans le présent, qui peut imposer ce qu’a été le passé et faire ainsi advenir un futur contraint. Une histoire imposée est une mémoire obligatoire, qui détruit un passé en effaçant les traditions précédentes. Jusqu’au jour où d’autres, plus forts, succèdent à ceux qui sont en place, et détruisent les manipulations des prédécesseurs.

Street  art
13 Avenue de la Soeur Rosalie, Paris 13e
21 décembre 2016
©  Photo CAD / BM 2016

Avec l’histoire – et cela est valable pour toute histoire – nous sommes en présence d’une série de couches sédimentaires sans cesse remaniées dont on ne voit que la couche supérieure. Le sens de l’histoire se perd continuellement. Il se retrouve parfois, mais pas toujours. Les hommes qui vivent dans le présent sont des êtres tournoyants sans cesse sur eux-mêmes, comme les décrit Alexis de TOCQUEVILLE.

LES PERTURBATEURS DE VÉRITÉ

Enfin, il faut s’interroger sur l’histoire des idées. Étudier la naissance des idées, leur évolution et leur influence comporte une lacune, celle de ne pas se poser la vraie question : « Cette idée est-elle bonne et juste ? ». Parce que l’on ne peut pas mettre sur le même plan les idées justes et les idées fausses. Comme il existe des perturbateurs endocriniens, il existe des perturbateurs de vérité.

Street  art
13 Avenue de la Soeur Rosalie, Paris 13e
21 décembre 2016
©  Photo CAD / BM 2016

RÉFÉRENCES
BRAGUE Rémi Brague,
Où va l’histoire ? Entretiens avec Giulio Brotti, Éditions Salvator, mai 2016, 182 p.  (ISBN 978-2-7067-1363-7)
NOÉ Jean-Baptiste, « Où va l’histoire ? de Rémi Brague », Contrepoints, 6 janvier 2017.

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Justice et politique : Peut-on « préparer l’esprit des juges ». Vérité ou mensonge ? Le débat entre Apollodore de Pergame et Théodore de Gadara

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°229, lundi 2 janvier 2017

Lorsqu’une affaire politique vient devant la justice, est-ce que chacune des parties développe une argumentation – et une éloquence – de nature judiciaire ou bien de nature politique ? Aucune affaire n’apparaît dans l’espace public sans raison. Que les motifs avancés soient vrais ou faux, qu’ils soient dits ou cachés.
La justice qui s’occupe de politique, relève t-elle de la justice ou bien de la politique ? La question ne peut être éludée parce qu’elle mêle chaque fois l’institution judiciaire et ses acteurs dans une relation non explicitée au politique, c’est à dire aux collectivités publiques, aux administrations, aux élus. Le débat est ancien, puisque déjà au Ier siècle avant Jésus-Christ, deux professeurs de rhétorique Apollodore de Pergame et Théodore de Gadara se sont opposés sur le sujet. Un débat ancien, vieux de vingt siècles, qui se poursuit en ce début de XXIe siècle. (1)

Apollodore de Pergame et Théodore de Gadara

Apollodore de Pergame nait vers 104 avant J.-C., et meurt vers 22 avant J.-C.). Théodore de Gadara est son contemporain. Il serait né en 99 avant J.-C. et on ne connaît pas exactement la date de sa mort. Ils ont tous deux des professeurs de rhétorique éminents du Ier siècle av. J.-C. Ce ne sont pas seulement des théoriciens de la rhétorique et de l’éloquence, mais des formateurs. Ils ont enseigné chacun à un futur empereur. Apollodore a eu comme élève Octave (63 av. J.-C. – 14 ap. J.-C) qui deviendra l’empereur Auguste (27 av. J.-C. – 14 ap. J.-C). Et Théodore a eu comme élève Tibère (42 av. J.-C. – 37 ap. J.-C.), futur empereur qui succédera à Auguste (14 ap. J.-C. – 37 ap. J.-C.). Apollodore et Théodore ne sont pas des amateurs, mais des professionnels de la chose publique, de la « chose judiciaire ».

LA RHÉTORIQUE JUDICIAIRE :
PRÉPARER L’ESPRIT DU JUGE

Apollodore de Pergame s’occupait principalement de l’éloquence judiciaire, alors que Théodore de Gadara se concentrait sur l’éloquence politique. Les préceptes posés par Apollodore étaient concrets et pratiques : il disait que le propre d’un discours judiciaire était d’abord et avant tout, de persuader le juge afin de conduire le verdict là où il le voulait. Pour « préparer l’esprit du juge », Apollodore prescrivait de faire une « narration » (en latin « narratio »), c’est-à-dire un exposé des faits – réels ou supposés – en ne négligeant aucun détail, et en remontant aussi loin qu’il le fallait. (2)

Des narrations qui remontent aussi loin qu’il le faut… Parce qu’aucun discours n’est isolable des autres discours, aucune raison ne peut être séparée des autres raisons qui l’enserrent. Il faut laisser à la narratio le temps de faire le tour du dossier, de s’arrêter à ses différentes étapes, de repérer ses tenants et suivre ses aboutissants. En un mot : décrire les effets et révéler les causes.

On cite une anecdote. Dans une plaidoirie concernant une affaire d’adultère, Bruttédius Niger, disciple d’Apollodore, reprochait à Vallius Syriacus de n’avoir pas raconté les faits. Vallius Syriacus répondit en disant :

« D’abord, nous n’avons pas étudié chez le même maitre : toi, tu as suivi Apollodore, qui veut toujours des narrations. Et moi, j’ai suivi Théodore, qui n’en veut pas. Et puisque tu me demandes, Niger, pourquoi je n’ai pas raconté les faits, c’est tout simplement pour te laisser ce soin » (3)

La question de la « préparation de l’esprit des juges » est une question qui est toujours d’actualité. (4) De qui est-ce la charge ? Des avocats de l’accusation ? Des avocats de la défense ? De l’instruction ? De la police ? De l’opinion ? Est-ce une affaire privée ou une affaire publique ?

JURIDIQUE OU POLITIQUE ?
RUPTURE ET DISRUPTION

Les affaires politiques doivent-elles être plaidées politiquement ou juridiquement ? On pense à la conception de l’argumentation judiciaire développée par l’avocat Jacques VERGÈS (1924-2013) qui consistait en une « défense de rupture » (appelée aussi « stratégie de rupture »), s’opposant à la « défense de connivence » classiquement plaidée. (5)

  • 1. l’accusé se fait accusateur,
  • 2. la compétence judiciaire du juge, ainsi que la légitimité du tribunal – qui sont de nature politique – sont contestées,
  • 3. l’opinion est prise à témoin.

La défense de rupture se manifeste par une « présence offensive ». On a critiqué son « efficacité judiciaire » dans certaines affaires. On oublie que c’est en cherchant à créer un courant de sympathie dans l’opinion qu’elle fait contre-poids aux idées reçues, qu’elle vient combler le vide des automatismes de la pensée, cet espace qui est occupé par tout ce le monde répète, par tout ce que disent les autres, et par tous ceux qui commentent leurs commentaires.

Le politique dit qu’ « il faut laisser passer la justice». Le problème est que la justice ne « passe »pas, parce que la justice est politique, comme l’a écrit Prosper WEIL  éminent professeur de droit. La justice ne peut exister qu’en tant qu’être politique. Ce qui fait que l’on est obligé de constater que la défense de rupture oblige les pouvoirs politiques et judiciaires en place à justifier la légitimité de leurs actes. Ainsi que celle de leurs silences et leur non-actions.

Aujourd’hui, la rupture est partout, la disruption mondialisée et mondialisante est omniprésente. Bernard STIEGLER définit la disruption comme un phénomène qui impose aux sociétés « des modèles qui détruisent les structures sociales et rendent la puissance publique impuissante ». (6) Que deviennent la vérité et le mensonge à l’heure des réseaux sociaux ? Des forces opposées, soumises à toutes les  manipulations.

RÉFÉRENCES
1.
D’innombrables affaires en sont chaque jour l’exemple.
2. WORTHER Frédéric,
Apollodore de Pergame Théodore de Gadara. Fragments et témoignages, Paris, Les Belles Lettres, 2013. Collection des Universités de France / Guillaume Budé.
YOTOV Yoto,
« Apollodore de Pergame », 13 avril 2014. http://www.notesdumontroyal.com/note/496 « Théodore de Gadara »,
3. BORNECQUE Henri,
Les déclamateurs et les déclamateurs d’après Sénèque, Lille, Éditions de ‘Université de Lille. Collection Travaux et mémoires.
4. PERNOT, Laurent,
La Rhétorique dans l’Antiquité, Paris, Librairie Générale Française, 2000 (ISBN 2-253-90553-4)
5. VERGÈS Jacques,
De la stratégie judiciaire, Éditions de Minuit, 1968.
6. STIEGLER Bernard
, Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ?, Les Liens qui libèrent Éditeur, 2016

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°229, lundi 2 janvier 2017

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Voeux 2017 de Bernard Mérigot pour la nouvelle année

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Le lion et les chardons
« Qui s’y frotte, s’y pique » (Ne toquès mi, je poins)
. Devise des ducs de Lorraine. Emblème de l’Écosse. « Fleur de soleil » pour les Basques. Symbole de la douleur du Christ et de la Vierge. « Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ?», Mathieu, 7, 15-20.
Photographie prise le 14 juillet 2016 © Photo CAD / BM 2016
TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE (TDNL)

L’an passé, pour le 1er janvier 2016, nous écrivions : « Peut-on ne pas évoquer les attentats terroristes qui se sont produits à Paris au cours de l’année 2015 ? Le 7 janvier 2015, à Charlie Hebdo (12 morts, 11 blessés), et le 13 novembre 2015, au Bataclan et dans les rues de Paris (129 morts, 352 blessés). »
Cette année, pour ce 1er janvier 2017, nous ne pouvons pas ne pas penser ni à l’attentat terroriste de Nice du 14 juillet 2016 (86 morts, 434 blessés) ni à celui du 19 décembre 2016 à Berlin (12 morts, 50 blessés). Ni à tous les autres attentats.
Même foule innocente, même modes opératoires, mêmes revendications.

Ce que nous sommes, nous le sommes,
Des coeurs héroïques et d’une même trempe
, affaiblis par le temps et le destin,
Mais forts par la volonté
de chercher, lutter, trouver, et ne rien céder.
Alfred TENNYSON, Ulysses, 1833

Je vous adresse mes voeux sincères de santé, de prospérité et de citoyenneté à tous.

Bernard MÉRIGOT
Rédacteur en chef de Territoires et démocratie numérique locale (TDNL)

Tho’ much is taken, much abides; and tho’
We are not now that strength which in old days
Moved heaven and earth; that which we are, we are;
One equal temper of heroic hearts,
Made weak by time and fate, but strong in will
To strive, to seek, to find, and not to yield.
Alfred TENNYSON, Ulysses, 1833
Vœux de nouvel an (de 2010 à 2016)

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2017

 

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Pour une économie contributive généralisée (Bernard Stiegler)

L’économie de la contribution implique que des pans entiers de nos sociétés soient réinventés. Elle concerne tous les domaines. Rappelons que pour les grecs, l’économie οἰκονομία (oikonomia) possède un sens très large. Platon dans La République (IV et VII) et dans Les Lois (IV et VIII) s’intéresse à l’ oikonomia pour construire philosophiquement une figure de l’administration des biens dans la cité idéale.

L’économie platonicienne est la science de la gestion des biens et des personnes dans un état dirigé par un sage doué de tempérance (sôphrosunê) et de justice (dikaiosunê). Marie-José MONDZAIN note : « L’accès aux vertus politiques cardinales passe par l’éducation et nécessite l’exercice de la dialectique conçue comme art du dialogue qui conduit au savoir, la faculté légiférante n’étant autre que le logos, c’est-à-dire la rationalité discursive. » (1)

CINQ DOMAINES D’APPLICATION
POUR L’ÉCONOMIE CONTRIBUTIVE

Bernard STIEGLER a énuméré les besoins essentiels auxquels l’économie contributive peut apporter son concours « une politique éducative en relation avec le numérique, un nouveau droit du travail, un système politique déprofessionnalisé, un monde de la recherche où professionnels et amateurs sont associés ». (2)

Cinq domaines d’application pour les pratiques contributives se trouvent ainsi définis :

  • l’éducation numérique,
  • le droit du travail,
  • la déprofessionnalisation du système politique
  • la pratique de la recherche,
  • l’initiative citoyenne.

Bernard STIEGLER plaide pour la défense de la figure de l’amateur, « qui aime ce qu’il fait et s’y investit complètement. » En ce qui concerne la question de l’argent la valeur produite par les contributeurs n’est pas toujours monétarisable, mais produit un impact sur l’activité économique. « La puissance publique doit être en charge d’assurer la solvabilité des contributeurs. Quelqu’un qui a un projet intéressant doit pouvoir recevoir de l’argent. Cela s’inscrit dans le sillage de thèses classiques comme le revenu minimum d’existence ». Ces budgets qui doivent être pensés comme des investissements. 

RÉFÉRENCES

1. MONDZAIN Marie-José, « Article  : oikonomia [οἰκονομία] » http://robert.bvdep.com/public/vep/Pages_HTML/OIKONOMIA.HTM

Voir le dialogue entre Socrate et Kritoboulos (Critobule).

Socrate. Dis-moi, Kritoboulos, est-ce que l’économie est bien le nom d’un certain genre de science comme la médecine, l’art de forger ou celui du charpentier […]. Donc pourrions-nous dire ce qu’est l’affaire de l’économie.
Kritoboulos. Il me semble que c’est le fait d’un bon économe de bien administrer sa maison.
Socrate. Et la maison d’un autre, si on la lui confiait, ne pourrait-il pas l’administrer comme la sienne propre ? En effet, le charpentier compétent pourrait travailler pour un autre comme pour lui-même. Ainsi celui qui s’y connaît en économie aura la même capacité. […] Donc celui qui connaît cet art, même dépourvu de biens propres, peut toucher un salaire en administrant la maison d’un autre comme il ferait en la bâtissant.

XÉNOPHON, Économique, I, 1-4.

2. STIEGLER Bernard, « Vers une économie de la contribution », Entretien de Quentin NOIRFALISSE avec Bernard Stiegler, 30 novembre 2011, http://owni.fr/2011/11/30/vers-une-economie-de-la-contribution/

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Les démocraties locales sont-elles ouvertes ou fermées ? Le Sommet mondial de Paris du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) des 7, 8 et 9 décembre 2016

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°228, lundi 26 décembre 2016

Bernard MÉRIGOT a reçu les remerciements du Secrétariat général du Somment mondial de Paris du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) qui s’est tenu les 7, 8 et 9 décembre 2016 pour sa participation. Il répond à nos questions.

Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO)
Sommet mondial, Paris, 7, 8 et 9 décembre 2016

Question. Qu’est-ce que le « gouvernement ouvert » ?
Bernard MÉRIGOT.
Le gouvernement ouvert (on parle aussi de démocratie ouverte, en anglais : « open government ») est une doctrine d’exercice du pouvoir politique qui vise à améliorer l’efficacité et la responsabilité des modes de gouvernance publique. Elle se fonde sur le principe que tous les citoyens ont le droit d’accéder aux documents et aux procédures de leurs gouvernements et des différentes administrations et services publics. Pour cela elle favorise une transparence et une responsabilisation accrue de toutes les décisions publiques afin de donner aux citoyens les moyens nécessaires pour contrôler, superviser et prendre part aussi bien aux décisions gouvernementales qu’aux décisions locales.

LES TROIS OBJECTIFS
DU « GOUVERNEMENT OUVERT »

Question. Quels en sont ces objectifs ?
Bernard MÉRIGOT.
Les objectifs de cette ouverture de la démocratie sont la transparence, la participation citoyenne, la collaboration.

  • la transparence est le garant de la confiance que les citoyens portent à l’égard de l’exercice des pouvoirs politiques. Par exemple par la publication des données publiques dans le cadre d’une stratégie de données ouvertes, ou par l’utilisation de logiciels libres par l’administration.
  • la participation citoyenne incite le gouvernement à consulter et à écouter les citoyens avant la prise des décisions en mettant en place des dispositifs de concertation et de co-décision avec eux.
  • la collaboration avec les composantes de la société civile réalise pour une meilleure efficacité des modes de gouvernance.

LA THÉORIE DE LA FRAGILITÉ DE LA DÉMOCRATIE
DE FRANÇOIS HOLLANDE

Question. Quels messages peut-on retenir du Sommet mondial de Paris de 2016 ?
Bernard MÉRIGOT.
D’abord une remise en cause de l’évidence du régime démocratique. Le président de la République, en prenant la parole lors de ce sommet mondial, a constaté que nous nous trouvions dans une période où la démocratie apparaissait selon deux aspects : « elle est fragile et on a le sentiment qu’elle est précieuse ». Les deux sentiments manifestent deux inquiétudes différentes. Exemple : je conduis un véhicule automobile sur la route. Première inquiétude : pourvu que l’embrayage ne lâche pas. Seconde inquiétude : comment je vais faire si ma voiture tombe en panne ?

Le président de la République argumente son propos à partir d’une observation : « Ce qui se produit dans le monde à travers des contestations multiples, des extrémismes de toutes formes et parfois même des expressions venant des responsables publics, montre qu’elle n’a rien d’acquise, qu’elle n’est pas installée définitivement. » Il s’agit d’une remise en cause du caractère « naturel » que la démocratie a acquit aujourd’hui en France. La démocratie n’est pas installée définitivement. Il souligne que « La démocratie, c’est un combat, c’est un mouvement qui doit s’entretenir. C’est quand la démocratie croit qu’elle est une évidence qu’elle ne suscite que de l’indifférence. »

LA DÉMOCRATIE DE L’INDIFFÉRENCE

Nous vivons sans nous en rendre compte, dans une forme particulière de la démocratie : la démocratie de l’indifférence. Celle des secrets, de la confiscation du pouvoir, de la méfiance des élus et des administrations à l’égard des citoyens. Et retour, les citoyens se méfient des élus et des administrations. François HOLLANDE déclare :

« Il y a des signes qui nous alertent depuis longtemps : l’abstention aux élections, le retrait civique d’une partie de la jeunesse, la montée des populismes, et le sentiment que la démocratie ne serait pas forcément le système le plus efficace pour préparer l’avenir. Il y a une forme de lassitude dans les démocraties qui sont installées depuis longtemps, depuis deux ou trois siècles, et puis il y a aussi, dans les pays plus émergents, l’idée que la démocratie ne serait pas forcément le point ultime d’aboutissement de leur développement. Et il y a ce qui altère la démocratie : la corruption mais également les manquements aux libertés essentielles, au pluralisme. »

Reprenons la liste des symptômes :

  • abstention aux élections,
  • retrait civique d’une partie de la jeunesse,
  • montée des populismes,
  • sentiment que la démocratie n’est pas forcément le système le plus efficace pour préparer l’avenir,
  • lassitude dans les démocraties installées depuis deux ou trois siècles,
  • idée que la démocratie ne serait pas forcément le point ultime d’aboutissement le développement dans les pays plus émergents,
  • corruption
  • manquements aux libertés essentielles et au pluralisme.
Une démocratie déchirée ? « Il y a une forme de lassitude dans les démocraties qui sont installées depuis longtemps, depuis deux ou trois siècles, et puis il y a aussi, dans les pays plus émergents, l’idée que la démocratie ne serait pas forcément le point ultime d’aboutissement de leur développement. Et il y a ce qui altère la démocratie : la corruption mais également les manquements aux libertés essentielles, au pluralisme. ». François HOLLANDE, président de la République.
©  Photo CAD / BM 2016

LES « INTERVENTIONS CIVIQUES »,
SONT UN MESSAGE D’ESPOIR

Question. Quels peuvent-être les remèdes à la démocratie de l’indifférence ?
Bernard MÉRIGOT.
Ce qui importe, davantage que la nature des remèdes, c’est de savoir qui est susceptible de les administrer au malade. François HOLLANDE ne croit pas que cela puisse être, ni les élus, ni les administrations : il ne les cite pas. En revanche, il mentionne les « interventions civiques » et les « mobilisations citoyennes ». Pour lui, il s’agit de « messages d’espoir ». Ensuite il évoque les « développeurs bénévoles qui mettent à la disposition de leur administration des outils de transparence pour lutter contre la corruption ».

Comment permettre à tous les citoyens de comprendre précisément ce que représente la dépense publique et où elle va ? Le numérique a produit un changement profond dans la relation entre l’État et les citoyens, des outils nouveaux, pour qu’une nouvelle démocratie puisse émerger.

Le président de la République appelle de ses vœux « une démocratie où l’État, les administrations, les collectivités publiques s’ouvrent à toutes les initiatives, associent tous les talents qui souhaitent apporter leur concours, où l’innovation soit partout présente pour améliorer la performance publique mais également la compréhension de l’action de ceux qui ont reçu mandat des peuples pour prendre des décisions. »

« Une démocratie qui garantit que les gouvernements, les élus, les responsables sont bien au seul service de l’intérêt général ; qu’ils sont intègres, responsables, qu’ils rendent des comptes, que l’on puisse évaluer leur action et qu’ils puissent ensuite avoir la fierté de pouvoir dire la trace qu’ils ont pu laisser et les engagements qu’ils ont pu tenir. Une démocratie, qui suscite la confiance et qui écarte donc l’indifférence et la défiance. »

« Cet engagement pour une démocratie plus transparente, plus ouverte, plus participative fait partie de ce que doit être un engagement pour la politique, pour lui donner toutes ses ambitions, pour lui donner aussi toute sa fierté, pour la réhabiliter aux yeux de nos concitoyens, pour montrer qu’elle est un engagement et qu’elle n’est pas simplement une promotion.»

Il y a une phrase sur laquelle il faut s’arrêter « une démocratie qui n’est pas simplement une promotion ». Il est vrai que le citoyen, victime de l’indifférence de nombre d’élus et de fonctionnaires, est un sentiment que l’exercice des fonctions exécutives au sein des machines du pouvoir, placent ses acteurs non pas au niveau des contribuables, des usagers, des habitants mais au-dessus d’eux. Les pratiques qui relèvent de la violence symbolique volontaire ne sont plus tolérables.

SCÉNARIO CATASTROPHE POUR LA DÉMOCRATIE

« Si la démocratie n’est pas renouvelée, si elle n’est pas revisitée, si elle n’est pas appropriée par les citoyens eux-mêmes, son dépérissement est possible et sa contestation ne finira pas de monter. »

« Les populistes s’empareront de tout ce qui fait frustration, colère ou insatisfaction. Ils joueront même avec les réseaux sociaux et le numérique pour diffuser de la fausse information, pour essayer de rendre équivalentes les opinions, pour contester celles et ceux qui sont issus du suffrage universel, pour considérer qu’il y a en réalité un autre système que celui qui donne au peuple les moyens de se faire entendre.»

LE RENVERSEMENT HOLLANDAIS

Il existe un renversement hollandais de la gouvernance. « Ce que nous devons faire, ce n’est pas défendre la démocratie comme si elle était attaquée et nous barricader derrière nos institutions, c’est tout le contraire : nous devons nous ouvrir, nous devons être transparents, nous devons montrer que nous sommes accueillants à toutes les initiatives, que les administrations, les États n’ont rien à craindre des citoyens et les citoyens ont tout à espérer des États dès lors qu’ils les respectent. »

Question. A la veille de l’ouverture du Sommet mondial, plusieurs associations dans un texte commun intitulé « Le gouvernement ouvert à la française, un leurre ? Bilan du gouvernement ouvert à la française ». (3) Il est co-signé par les associations et collectifs : April, BLOOM, DemocracyOS France, Fais ta loi, Framasoft, La Quadrature du Net, Ligue des Droits de l’Homme, Regards Citoyens, République citoyenne, SavoirsCom1. Elles dénoncent les contradictions du gouvernement à l’égard du « gouvernement ouvert ». Certaines n’y ont pas assisté. Qu’en pensez-vous ?
Bernard MÉRIGOT.
Il est évident que la démarche du Partenariat pour un gouvernement ouvert se situe sur une ligne de tension entre les pouvoirs en place et les attentes citoyennes, qu’elles soient individuelles ou collectives. Il y a plusieurs marches qui séparent les déclarations politiques et les pratiques auxquelles les citoyens sont confrontés. Il est normal que des contributions, des observations, des réserves et des critiques s’expriment. Si les pratiques doivent être analysées, il en est de même pour les discours du pouvoir. On ne peut pas réserver un sort différent aux unes (les pratiques) et pas aux autres (les discours).

Question. Si on vous objecte que les propos tenus par François HOLLANDE, qui est socialiste, n’engagent que lui, que répondez-vous ?
Bernard MÉRIGOT.
Cette question est fondée sur une erreur d’appréciation. Lorsqu’un chef d’État prend la parole dans un sommet mondial, il n’intervient pas en tant que personne politique partisane, mais en tant que Président de la République. Il engage l’État tout entier. Son propos s’impose à tous. Et d’autres candidats aux prochaines élections présidentielles françaises ne sauraient dire le contraire de ce que François HOLLANDE a énoncé :  la démocratie ne se porte très bien.

Ce qu’il faut retenir, c’est que le 7 décembre 2016, lors du Sommet mondial de Paris du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), le président de la République française a livré un diagnostic sur la situation de la démocratie, sur ses maladies, sur leurs causes, sur les moyens pour remédier à ce qui altère sa bonne santé. Il a pris des engagements, devant le monde entier. Cela ne saurait être ni passé sous silence, ni caricaturé.

François HOLLANDE a été élu en 2012 pour un mandat de cinq ans (2012- 2017). Le décembre 2016 il a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2017. Il se trouve dans la situation d’un président élu, exerçant le pouvoir pour six mois et dont le mandat prendra fin, de façon certaine, en juin 2017. Il jouit d’une liberté de parole inédite. En fait-il usage ? Pour ma part je remarque qu’il a entrouvert quelques portes. A d’autres de les ouvrir complétement.

Open Government Partnership, Paris, 2016
«Déclaration de Paris», 4e Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert.

DOCUMENT n°1

Mail adressé par le Secrétariat général du Somment mondial de Paris du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO) le 23 décembre 2016 à Bernard MÉRIGOT, Président de Mieux Aborder L’Avenir (MALA).

Au nom de l’ensemble du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État et de la mission Etalab, nous tenons à vous remercier pour votre participation au Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO), qui s’est tenu du 7 au 9 décembre 2016 à Paris.
Cette rencontre inédite des acteurs de l’innovation démocratique du monde entier a été un succès : près de 4000 participants, 140 nationalités représentées, plus de 300 événements. Cette énergie n’aurait pas été possible sans votre engagement dans la préparation de cet événement et votre présence pendant ces trois jours.
Ce Sommet a permis d’enregistrer des réalisations concrètes :
  • 10 nouveaux pays ont rejoint ou exprimé l’intention de rejoindre le Partenariat pour un gouvernement ouvert. En tant que co-présidente du PGO, la France s’attachera à accompagner l’adhésion de plusieurs membres, notamment les pays francophones ;
  • Au sein de la Déclaration de Paris, la France a annoncé sa contribution à 14 actions collectives, englobant des enjeux allant de la transparence de la commande publique au partage de ressources numériques. Ces actions se déclineront sans doute au sein du plan d’action national 2017-2019, dont l’élaboration et la mise en œuvre associeront une communauté élargie d’administrations et de représentants de la société civile ;
  • Une plateforme numérique d’outils et services du gouvernement ouvert a été mise en ligne et enrichie par une communauté mondiale de développeurs et d’innovateurs. Cette plateforme permet de relier directement des engagements d’ouverture avec des outils de mise en œuvre.
Nous vous adressons nos meilleurs vœux pour les fêtes de fin d’année et vous donnons rendez-vous en 2017 pour prolonger nos actions.
Laure de la Bretèche
Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP)
Henri Verdier

Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC)
Laure Lucchesi

Etalab

DOCUMENT n°2

Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert
Discours de François HOLLANDE
Président de la République
Mercredi 7 décembre 2016

Mesdames, Messieurs les Chefs d’État, de gouvernement,
Mesdames, Messieurs les représentants de nombreux pays qui se sont associés à ce sommet pour le gouvernement ouvert,
Mesdames, Messieurs les Élus, les citoyens organisés – ou pas – qui se sont engagés,
Cher Manish BAPNA, qui co-organise avec nous ce sommet.
Je suis heureux de vous accueillir ici, à Paris, pour cet événement international. Je rappelle qu’il avait été lancé par Barack OBAMA – c’est pourquoi il sera émouvant et utile de l’entendre quand il s’exprimera devant vous.
Mais en même temps, ce sommet vient après d’autres qui ont pu ouvrir d’autres champs pour la participation civique et pour donner aux citoyens davantage de moyens de faire entendre leur voix ou même de changer la décision publique. Ces sommets ont également fait pression sur les gouvernements pour qu’ils soient plus ouverts sans doute, plus transparents sûrement et, en même temps, plus contestés chaque fois qu’ils pouvaient mettre en cause un certain nombre de relations entre les États et les citoyens.
Ce sommet se tient dans un contexte particulier. Je ne parle pas simplement de la situation dans le monde, des conflits, des crises, du terrorisme. Je parle de ce qui peut menacer la démocratie elle-même. Dans cette période où la démocratie nous paraît fragile et pourtant si précieuse. Ce qui se produit dans le monde à travers des contestations multiples, des extrémismes de toutes formes et parfois même des expressions venant des responsables publics, montre qu’elle n’a rien d’acquise, qu’elle n’est pas installée définitivement.
La démocratie, c’est un combat, c’est un mouvement qui doit s’entretenir. C’est quand la démocratie croit qu’elle est une évidence qu’elle ne suscite que de l’indifférence.
Il y a des signes qui nous alertent depuis longtemps : l’abstention aux élections, le retrait civique d’une partie de la jeunesse, la montée des populismes, et le sentiment que la démocratie ne serait pas forcément le système le plus efficace pour préparer l’avenir. Il y a une forme de lassitude dans les démocraties qui sont installées depuis longtemps, depuis deux ou trois siècles, et puis il y a aussi, dans les pays plus émergents, l’idée que la démocratie ne serait pas forcément le point ultime d’aboutissement de leur développement. Et il y a ce qui altère la démocratie : la corruption mais également les manquements aux libertés essentielles, au pluralisme.
A côté de ce risque d’une démocratie qui pourrait être atteinte dans ses fondements, il y a aussi des messages d’espoir, il y a aussi des interventions civiques, il y a aussi des mobilisations citoyennes et c’est ce que vous représentez ici. Au-delà des chefs d’État et de gouvernement et des ministres qui sont là – que je salue -, il y a des citoyens, des innovateurs, des organisations non gouvernementales, des élus qui se mobilisent pour approfondir et réinventer notre démocratie, et pour que les aspirations des citoyens puissent se faire entendre.
Nous avons aussi des preuves de ce que la mobilisation et la participation civique peuvent donner comme changement : des médias qui mettent à jour des documents révélant une évasion fiscale mondialisée et qui permettent ainsi aux chefs d’État et de gouvernement, dans les organisations internationales, de prendre des mesures pour lutter contre la fraude fiscale ou contre l’optimisation fiscale. Sans ces médias-là, sans ces lanceurs d’alerte, qui peut savoir s’il y aurait eu la pression nécessaire ?
Il y a également des développeurs bénévoles qui mettent à la disposition de leur administration des outils de transparence pour lutter contre la corruption. Il y a des villes, ici, à Paris, mais bien d’autres dans le monde, qui associent directement les habitants à la gestion concrète d’une partie du budget. Il y a des citoyens en Amérique latine, en Europe, en Asie, partout qui sont associés à la fabrique de la loi. Il y a des développeurs qui créent des applications pour permettre à tous les citoyens de comprendre précisément ce que représente la dépense publique et où elle va.
C’est de toutes ces expériences dont nous voulons parler. Ce que le numérique a considérablement fait changer, ce que la digitalisation de nos sociétés a permis comme expression et comme changement profond dans la relation entre l’État et les citoyens.
Vous êtes venus ici, à Paris, pour échanger, dialoguer, construire de nouvelles coalitions, proposer des outils nouveaux, pour que la relation entre les pouvoirs publics et les citoyens puisse être changée, pour qu’une nouvelle démocratie puisse émerger.
Une démocratie où l’État, les administrations, les collectivités publiques s’ouvrent à toutes les initiatives, associent tous les talents qui souhaitent apporter leur concours, où l’innovation soit partout présente pour améliorer la performance publique mais également la compréhension de l’action de ceux qui ont reçu mandat des peuples pour prendre des décisions.
Une démocratie qui garantit que les gouvernements, les élus, les responsables sont bien au seul service de l’intérêt général ; qu’ils sont intègres, responsables, qu’ils rendent des comptes, que l’on puisse évaluer leur action et qu’ils puissent ensuite avoir la fierté de pouvoir dire la trace qu’ils ont pu laisser et les engagements qu’ils ont pu tenir. Une démocratie, qui suscite la confiance et qui écarte donc l’indifférence et la défiance.
C’est pour fédérer, soutenir toutes celles et tous ceux qui partagent cette vision, pour aller encore plus loin, que le Partenariat pour un gouvernement ouvert a été créé, pour mettre en commun toutes les expériences de nos sociétés. Depuis 2011, bien du chemin a été parcouru : le Partenariat est passé en moins de cinq ans de 8 à 70 pays, il a permis à des dizaines de gouvernements de collaborer avec leur société, il y a eu 2 500 engagements qui ont pu être portés dans 135 plans d’action. Nous ne sommes pas rassemblés simplement pour évoquer ce qu’il faudrait faire, nous sommes déjà là pour évaluer ce qui a été fait.
J’ai voulu d’ailleurs, dès 2012, dès mon entrée en fonction, mettre la France dans ce mouvement pour qu’elle puisse elle aussi apporter sa contribution et montrer de l’exemplarité pour la transparence, pour la participation citoyenne, pour la probité de ses dirigeants, pour l’ouverture de l’administration, pour le partage des données. Pour que la France puisse être là encore, autant qu’il est possible, d’avant-garde.
Ainsi, l’ouverture des données publiques est devenue un principe, elle concerne tous les secteurs de l’action gouvernementale. Une Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a été créée. 14 000 élus et agents publics doivent communiquer leur déclaration de patrimoine et d’intérêt, celles des parlementaires sont publiées et des règles déontologiques ont pu être fixées et soumises au respect le plus scrupuleux.
Nous avons également adopté une loi qui protège les lanceurs d’alerte, qui encadre les groupes de pression, qui crée un répertoire public et qui institue une agence anticorruption – elle verra le jour au début de l’année prochaine.
Cet engagement pour une démocratie plus transparente, plus ouverte, plus participative fait partie de ce que doit être un engagement pour la politique, pour lui donner toutes ses ambitions, pour lui donner aussi toute sa fierté, pour la réhabiliter aux yeux de nos concitoyens, pour montrer qu’elle est un engagement et qu’elle n’est pas simplement une promotion. Mais nous devons collectivement aller plus loin. C’est le sens du sommet de Paris.
J’ai, pour ma part, trois ambitions en vous accueillant aujourd’hui.
La première, c’est d’élargir notre communauté. Depuis 2011, chaque sommet a vu de nombreux membres rejoindre le Partenariat. Nous serons là encore attentifs à toutes les initiatives qui permettront d’ajouter de nouveaux pays : je pense au Portugal, au Maroc, au Pakistan, au Burkina Faso, à la Jamaïque, au Luxembourg, à l’Allemagne. Les dirigeants de Guinée et d’Haïti ont aussi fait connaître leur intention. Nous voulons que ce processus puisse concerner tous les pays, quel que soit leur niveau de développement, tous les continents et qu’il puisse également être ouvert aux régions, aux collectivités territoriales, aux villes – et je salue celles qui sont parmi nous.
Ma deuxième priorité, c’est que nous puissions renouveler notre pacte commun. C’est le sens de la Déclaration qui sera publiée à l’issue de ce sommet. Elle reconnaît qu’au cours des cinq ans à venir, notre Partenariat devra être évalué en fonction de notre capacité à produire des réformes qui se concrétisent effectivement dans la vie de nos concitoyens. Chacun devra produire des plans d’action nationaux.
Nous aurons aussi à lancer de nouvelles alliances entre les acteurs publics et la société civile pour faire progresser dans chacun de nos pays la participation des citoyens et l’aptitude de l’administration à rendre des comptes et à être évaluée, également sa rapidité pour transposer, traduire concrètement dans la vie de tous les jours ce qui est décidé par la loi. Nous avons aussi l’ambition d’élargir l’enjeu de la transparence en la mettant au service du développement durable et de la lutte contre le changement climatique.
Il y a un an, ici, à Paris, dans un autre contexte qui était lourd à cause des attaques terroristes dont mon pays avait été la cible, nous réunissions la COP21 et nous concluions un Accord historique pour l’avenir de la planète. Les engagements qui ont été pris l’année dernière doivent également être évalués : savoir si les fonds promis seront effectivement dégagés, et évaluer les plans, les contributions nationales qui ont été proposées par chacun des pays. Il y a un lien direct entre la conférence de Paris sur le climat et ce sommet pour le gouvernement ouvert. C’est ce sommet pour le gouvernement ouvert qui va permettre là aussi de pouvoir être sûr que ce qui a été déclaré à Paris, ratifié par les pays de la communauté internationale, qui est devenu donc maintenant un engagement, un droit international, puisse être effectivement vérifié et contrôlé.
La Déclaration de Paris affirmera aussi le principe de partage des biens communs numériques afin que la technologie qui permet de faire circuler l’information soit au service de tous et ne soit la propriété exclusive d’aucun intérêt ou d’aucun monopole, qu’il soit privé ou étatique. Nous avons insisté sur l’enjeu du numérique, sur la digitalisation qui est à la fois la forme d’expression, d’intervention, de participation, d’innovation, d’invention, d’imagination mais qui peut être aussi capté par des forces, par des intérêts. Nous devons affirmer ici le partage des biens commun.
Voilà la feuille de route qui devra être fixée par notre sommet et qui nous conduira ensuite à agir concrètement avec toutes les forces vives de la démocratie.
Nous devons enfin, comme nous l’avons fait l’année dernière, envisager des alliances, des initiatives concrètes qui pourront rassembler plusieurs pays : ceux qui voudront aller plus loin en matière de transparence, d’ouverture ou de participation démocratique, qui voudront publier en format ouvert les données de la commande publique, constituer des registres des entreprises, utiliser les données pour mieux lutter contre la corruption, améliorer encore le principe de consultation des citoyens, faire qu’il puisse y avoir sur l’environnement l’utilisation de toutes les données climatiques. Là encore, nous pouvons proposer un agenda des solutions.
Mesdames et Messieurs, voilà ce qu’est notre responsabilité aujourd’hui. Il y a une centaine de pays ici représentés, des milliers d’innovateurs qui se sont mobilisés autour de vous pour que notre organisation puisse être plus forte encore et nous interpeller davantage.
Nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre parce que c’est l’enjeu de la démocratie. Si la démocratie n’est pas renouvelée, si elle n’est pas revisitée, si elle n’est pas appropriée par les citoyens eux-mêmes, son dépérissement est possible et sa contestation ne finira pas de monter. Les populistes s’empareront de tout ce qui fait frustration, colère ou insatisfaction. Ils joueront même avec les réseaux sociaux et le numérique pour diffuser de la fausse information, pour essayer de rendre équivalentes les opinions, pour contester celles et ceux qui sont issus du suffrage universel, pour considérer qu’il y a en réalité un autre système que celui qui donne au peuple les moyens de se faire entendre.
Voilà pourquoi notre réunion n’est pas simplement pour échanger des bonnes pratiques, pour susciter des expériences, pour évaluer ce que nous avons pu définir dans chacun de nos pays. Notre responsabilité est bien plus grande. Ce que nous devons faire, ce n’est pas défendre la démocratie comme si elle était attaquée et nous barricader derrière nos institutions, c’est tout le contraire : nous devons nous ouvrir, nous devons être transparents, nous devons montrer que nous sommes accueillants à toutes les initiatives, que les administrations, les États n’ont rien à craindre des citoyens et les citoyens ont tout à espérer des États dès lors qu’ils les respectent.
Ce que nous avons à faire, c’est que les citoyens aient envie de la démocratie et que la démocratie laisse toute leur place aux citoyens. Voilà l’enjeu de ce sommet. Merci.
RÉFÉRENCE
HOLLANDE François,
« Discours du Président de la République au Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, Salle Pleyel, mercredi 7 décembre 2016, Présidence de la République, Service de presse. http://www.opengovpartnership.org/blog/françois-hollande/2016/12/07/discours-du-president-de-la-republique-sommet-mondial-du

RÉFÉRENCES

1. Laure de la Bretèche (Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique, SGMAP), Henri Verdier (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État, DINSIC), Laure Lucchesi  (Etalab), «Mail en date du 23 décembre 2016 adressé à Bernard MÉRIGOT»,  Président de Mieux Aborder L’Avenir (MALA).

2. HOLLANDE François, « Discours du Président de la République au Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, Salle Pleyel, mercredi 7 décembre 2016, Présidence de la République, Service de presse. http://www.opengovpartnership.org/blog/françois-hollande/2016/12/07/discours-du-president-de-la-republique-sommet-mondial-du

3. COLLECTIF, « Le gouvernement ouvert à la française, un leurre ? », Bilan du gouvernement ouvert à la française, co-signé par les associations et collectifs  April, BLOOM, DemocracyOS France, Fais ta loi, Framasoft, La Quadrature du Net, Ligue des Droits de l’Homme, Regards Citoyens, République citoyenne, SavoirsCom1, Décembre 2016, 9 p. http://www.20161205-article-pgo.pdf

4. Open Government Partnership, «Déclaration de Paris», 4e Sommet mondial du Partenariat pour un gouvernement ouvert, 9 décembre 2016.

Ressources

  • Galerie multimédia (vidéos et photos) : https://fr.ogpsummit.org/media-gallery/
  • Déclaration de Paris et actions collectives: https://fr.ogpsummit.org/paris-declaration.
  • OGP Toolbox : https://fr.ogpsummit.org/the-open-government-toolbox/

Etalab est un service public créé en 2011. Il est chargé de conduire la politique d’ouverture et de partage des données publiques du gouvernement français, de coordonner l’action du gouvernement en vue du gouvernement ouvert et de la mise en œuvre des fonctions attribuées à l’administrateur général des données.
Etalab développe et maintient le portail des données ouvertes du gouvernement français data.gouv.fr. Depuis septembre 2015, la mission Etalab est rattachée à la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC) au sein du Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP).

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°228, 26 décembre 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016

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In Memoriam. Pierre Loyaux (1927-2016)

Nous venons d’apprendre ce jour de Noël, le décès de Pierre LOYAUX, ancien conseiller municipal de Savigny-sur-Orge. Ses obsèques auront lieu le mercredi 28 décembre 2016 à 14 h 30 l’Église Saint-Thèrèse à Savigny-sur-Orge.
C’est l’occasion de rendre hommage à son engagement tant associatif que municipal (1) dans la commune, notamment depuis les années 1980, aux cotés d’André SÉRON.

Sur le bord de la rivière Yvette qui traverse le quartier de Grand-Vaux à Savigny-sur-Orge.
De gauche à droite, :
Bernard MÉRIGOT,  maire adjoint, vice-président du Syndicat intercommunal pour l’aménagement hydraulique de l’Yvette (SIAHVY),
Jean MARSAUDON, député-maire,
Pierre LOYAUX
, conseiller municipal, délégué au SIAHVY.
Juin 1996.
Publication éditée par le SIAHVY, 1996.

DOCUMENT

L’ancien conseiller municipal Pierre LOYAUX est décédé

Pierre LOYAUX est mort. Il avait 89 ans. En ce jour de Noël où je l’apprends, je pense surtout à Annette, sa femme et à tous ses proches, pour qui l’absence de Pierre doit particulièrement se faire ressentir avec les fêtes. Je regrette aussi de ne pas avoir pu « plus me réconcilier » avec Pierre car la politique nous avait fâchés. Il m’avait cependant encouragé lors de notre dernière rencontre peu après les départementales de mars 2015.
Je me rappelle d’un jour de fin janvier 2015 où il m’avait à peu près dit (je ne suis plus certain de tous les mots), après la parution de mes vœux aux Saviniens, que j’étais « complètement con, que je divisais la droite et que j’allais la faire perdre ». Puis la campagne avait passée, la droite était repassée et il m’avait pris par l’épaule et dit « c’est bien ce que tu fais ». Ce seront les dernières paroles qu’il m’aura adressées, et la dernière fois que je le voyais, à une commémoration.
Avec Pierre, nos principaux échanges avaient lieu avant ou après ces cérémonies, quoique je le voyais aussi presque tous les dimanches à l’église sainte-Thérèse. Il était aussi un des fidèles du public des conseils municipaux, quoiqu’il m’avait avoué un jour où je reprochais à Laurence SPICHER de mettre les conseils tôt dans la journée qu’il ne viendrait pas si c’était en soirée, car c’était top tard. Et en effet, il ne venait plus quand Éric MEHLHORN les avait passés à 20 h 30. L’âge aussi…
Conseiller municipal de la majorité de Jean MARSAUDON de 1995 à 2008, délégué au SIAHVY notamment, il m’avait expliqué avoir attendu sa retraite pour rentrer au Conseil municipal car sa vie professionnelle n’avait que trop empiété sur sa vie de famille. Il me racontait que son travail l’amenait à beaucoup voyager, notamment en Allemagne, et qu’ils n’étaient pas rares les soirs où il appelait sa femme pour lui dire qu’il serait très en retard pour diner. Le regrettait-il ?
Pierre était un homme d’engagements. Membre actif d’Agir pour Savigny, au rôle sûrement sous-estimé, fidèle distributeur du journal paroissial Grain d’Orge dans son quartier, lui-même ne supportait pas les gens inactifs, et je me rappelle aussi d’échanges assez vifs au travers desquels il me disait ne pas comprendre que les élus municipaux ne soient pas aussi engagés que ce que lui avait pu l’être, et notamment pas assez présents aux différentes commémorations…
C’est encore à cette période de début 2015 que j’ai cessé de le voir, non pas sans penser à lui chaque fois que je passais rue Mistral, notamment lorsque je voyais accroché à la grille devant chez lui un tout petit sac poubelle bleu le jour du ramassage. Je garderai donc ce regret de n’avoir pas pu reprendre nos conversations, que tout se soit arrêté brutalement, et finalement que la politique nous ait éloigné sur la fin car il est un homme que j’estimais profondément.
Je vous renvoie à l’hommage rendu par Bernard MÉRIGOT sur son site internet.
RÉFÉRENCE
VAGNEUX Olivier, « L’ancien conseiller municipal Pierre LOYAUX est décédé », oliviervagneux.wordpress.com, 25 décembre 2016. https://oliviervagneux.wordpress.com/2016/12/25/lancien-conseiller-municipal-pierre-loyaux-est-decede/

RÉFÉRENCES
1. Pierre LOYAUX (1927-2016). Conseiller municipal de Savigny-sur-Orge. Mandats 1995-2001 et  2001-2008.
2. VAGNEUX Olivier,
« L’ancien conseiller municipal Pierre LOYAUX est décédé », oliviervagneux.wordpress.com, 25 décembre 2016. https://oliviervagneux.wordpress.com/2016/12/25/lancien-conseiller-municipal-pierre-loyaux-est-decede/

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

 

 

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Politique étrangère de la France : une vision stratégique inquiète (Assises nationales de la recherche stratégique, CSFRS)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°227, lundi 19 décembre 2016

DOCUMENT

LA REVANCHE DE L’HISTOIRE ET DE LA GÉOGRAPHIE

Les VIIe  Assises Nationale de la Recherche Stratégique, saison 2016 ont pour thème le Monde fragmenté.
La mondialisation, l’intégration par les échanges, la circulation des personnes, des services et des biens, les tendances à l’uniformisation culturelle ont pu faire croire à une convergence vers l’unité du monde et à la construction d’une « communauté internationale ». Certains avaient prophétisé la fin de l’histoire, d’autres encore entrevoyaient que la planète deviendrait plate grâce à l’abolition des barrières physiques et mentales que devait permettre la diffusion universelle des technologies d’information et de communication. La société internationale devait ainsi se structurer non pas autour des états, des puissances et des rapports de force, mais trouver son unité dans l’instantanéité et l’universalité des échanges interpersonnels.
L’Europe, construite sur le droit et sur la culture du compromis, apparaissait comme la pointe avancée de ce mouvement. Elle avait aboli la violence comme instrument de règlement des différends entre états et au sein des états, montrant ainsi l’exemple au reste du monde. Mais l’expérience des guerres balkaniques, la situation en Ukraine, ont démontré que cette force stabilisatrice peine à peser sur sa propre périphérie. Et l’Union Européenne se trouve désormais confrontée à la remise en cause de sa propre cohésion interne, sous l’effet de la crise économique, de la fatigue des opinions vis-à-vis des ambitions intégratrices, et des menaces, dans la suite des crises migratoires, sur ce qui est l’une des manifestations les plus fortes d’unité, Schengen et la libre circulation des personnes. Le vote du peuple britannique a en outre affaibli le postulat d’irréversibilité de la construction européenne et ouvert une période d’incertitude  sur la relation du Royaume-Uni avec l’Europe, mais aussi une interrogation sur l’effet en retour du choix britannique sur les équilibres internes de l’Union. Les Assises se pencheront donc tout d’abord, et tout naturellement, sur les fragmentations de l’Europe, l’espace immédiat de notre avenir.
Plus globalement, le jeu des puissances se ranime avec autant, voire davantage de vigueur qu’au temps de la Guerre Froide où les acteurs avaient pu paradoxalement trouver les moyens de préserver une relative stabilité. Le pivot central restait figé mais les tensions avaient  leur exutoire dans les conflits périphériques. La question se pose désormais de savoir si des  puissances verront dans les crises actuelles des opportunités à exploiter pour restaurer un statu quo antérieur, ou pour en créer un nouveau. Nos sociétés pacifiques sont en outre confrontées non seulement à ce retour des jeux de puissance mais aussi à la diffusion du terrorisme en leur cœur. Cela sera-t-il un facteur d’influence des mouvements géopolitiques d’ensemble ou cela restera –t-il une menace, certes gravissime, pour les citoyens mais qui n’altèrera pas les équilibres –ou les déséquilibres- fondamentaux du système international ? Les Assises s’interrogeront ainsi sur les fragmentations géopolitiques globales, où se joue cette tectonique des puissances.
Au Moyen-Orient, les dynamiques de fragmentation internes à la région et aux pays semblent s’emballer et entrer en résonance avec le jeu des puissances. Les ambitions de prises de distance et de réalignement des intérêts des États-Unis dans la région se sont heurtées à sa centralité persistante. Et si l’on ne distingue plus très bien ce qui alimente la dynamique d’évolution des crises de la région, du jeu des acteurs extérieurs ou les facteurs propres à ces pays et sociétés, l’on voit bien que son évolution reste un élément central de celle des équilibres globaux. Les Assises se pencheront ainsi  sur les fractures du Moyen-Orient.
Le moment est venu de repenser le monde en retrouvant ses racines et comprenant ses dynamiques. Pour éviter que la fragmentation devienne explosion.
Alain BAUER
Professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, Shanghai, New York et Beijing
Président du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques
Olivier CARON
Directeur Général du CSFRS
RÉFÉRENCES
BAUER Alain et CARON Olivier,
« La revanche de l’histoire et de la géographie », Un monde fragmenté. Les forces centrifuges de la globalisation, VIIe Assises nationales de la recherche stratégique, 15 décembre 2016, Paris École militaire. https://www.csfrs.fr/missions/assises/VII2016

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°227, lundi 19 décembre 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016

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Regard des sciences humaines sur les conditions de l’exilé (Alexis Nouss)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°225, 5 décembre 2016

Étranger, dont la voile a si longtemps longé nos côtes
(et l’on entend parfois de nuit le cri de tes poulies)
Nous diras-tu quel est ton mal, et qui te porte,
un soir de plus grande tiédeur,
à prendre pied parmi nous sur la terre coutumière?

Saint-John Perse, Amers (1957), Oeuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1972, p. 321.

Littexil, 1er Salon des littératures et de la migration
organisé par le Collège d’études mondiales, la Fondation Maison des Sciences de l’homme,
et le Musée national d’histoire de l’immigration,
Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, 11 décembre 2016
Affiche

UN HABITANT DE LA PLANÈTE SUR SEPT EST UN EXILÉ

Le phénomène migratoire est aujourd’hui globalement en augmentation dans le monde. En 2016 on estime à un milliard le nombre de personnes exilées, soit un habitant de la planète sur sept.
Sans compter les exiles à l’intérieur de leur propre pays : la Syrie compte à l’intérieur de ses frontières 6 millions de déplacés sur une population totale de 23 millions d’habitants, soit un quart des habitants qui ont du quitter leur domicile et fuir loin de leur région.

Il existe des cartographies menaçantes qui représentent l’Europe cernée par des flux migratoires convergents, symbolisés par des flèches de différentes épaisseurs provenant d’Afrique ou du Moyen-Orient. Elles représentent des colonnes de populations appauvries, persécutées et misérables, prêtes à fondre sur le vieux continent.

DU « DROIT D’ASILE» AU « DROIT D’EXIL »

La figure de l’exilé est devenue un type humain universel. Nombre d’écrivains et d’artistes ont vécu cette condition. Jusqu’à présent seule la littérature ou la philosophie lui accordait – en quelque sorte – un « droit d’asile » à savoir une reconnaissance durement obtenue.

Aujourd’hui, les sciences humaines et les sciences sociales s’intéressent au sort des exilés, le plus souvent sous l’angle de l’intégration ou bien dans une perspective historique. Un domaine de recherche spécifique se développe en milieu anglophone, les « exile studies ». En France, Alexis NOUSS plaide pour que le phénomène migratoire – incontrôlable et disséminé – ne soit plus relégué dans l’invisibilité, dans l’indifférence, et dans l’instrumentalisation. Face à la réalité massive que nous connaissons il convient d’intégrer l’exil dans une définition renouvelée des droits humains. Et en lieu et place du droit d’asile qui s’avère défaillant, il propose d’établir les fondements d’un droit d’exil. (1)

Pour Alexis NOUSS, l’exiliance est « un noyau existentiel commun à toutes les expériences exiliques, du poète banni au réfugié, de l’apatride au sans-papier ». Il distingue trois types de vécu exilique.

  • sociologique, en s’aidant sur l’histoire et la géographie,
  • métaphysique, en s’aidant de la religion et toutes les formes de spiritualité,
  • existentiel enfin.

Il précise qu’il s’agit d’un sentiment complexe et exigeant : « une étrangeté au milieu environnant, un âpre étonnement devant les faits et les gestes du quotidien, la tentation du mutisme comme devant une langue inconnue. » (2)

Littexil, 1er Salon des littératures et de la migration
organisé par le Collège d’études mondiales, la Fondation Maison des Sciences de l’homme,
et le Musée national d’histoire de l’immigration,
Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, 11 décembre 2016
Dessin original de l’affiche. © Béa N.

DOCUMENT

LITTEXIL
1er Salon des littératures et de la migration
Exposition, tables rondes, vente de livres
Dimanche 11 décembre 2016

1er Salon des littératures et de la migration organisé par Collège d’études mondiales, la Fondation Maison des Sciences de l’homme, et le Musée national d’histoire de l’immigration, Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, (3)
Parce que, de l’Ulysse d’Homère à celui de Joyce, l’histoire de la littérature ne cesse de raconter l’exil.
Parce que, depuis Ovide, Dante et Victor Hugo, l’histoire de la littérature est peuplée d’auteurs exilés.
Parce que les migrants d’aujourd’hui doivent produire des récits afin d’obtenir refuge et des témoignages afin d’exister,
Il importe de dédier un espace consacré à l’expression littéraire comme dispositif autre d’appréhension et de compréhension des mouvements migratoires.
Alexis NOUSS
  • Migrations : lorsque les sciences humaines prennent les chemins de la création.
    Table ronde avec Michel Agier (anthropologue), Jérémy Beschon (metteur en scène), Laetitia Tura (cinéaste), Tassadit Yacine (anthropologue).
    Modération : Marie Poinsot, responsable du département Editions au Musée national de l’histoire de l’immigration
  • Dire l’exil au féminin: les pouvoirs de la littérature
    Table ronde avec Patrick Bard (Poussières d’exil), Doan Bui (Le silence de mon père), Ana Paula Coutinho (Passages et naufrages migrants), Luba Jurgenson (Une autre vie).
    Modération : Alexis Nouss, titulaire de la chaire « Exil et migrations » au Collège d’études mondiales.

    Expo-vente de livres liés aux thèmes de l’exil et de la migration, et séance de signatures.

RÉFÉRENCE
COLLÈGE D’ÉTUDES MONDIALES ET MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION,
Littexil, 1er Salon des littératures et de la migration, Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, 11 décembre 2016. http://www.fmsh.fr/fr/c/9328

 

Littexil, 1er Salon des littératures et de la migration
organisé par le Collège d’études mondiales, la Fondation Maison des Sciences de l’homme,
et le Musée national d’histoire de l’immigration,
Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, 11 décembre 2016
Programme

RÉFÉRENCES

1. NOUSS Alexis, Les conditions de l’exilé. Dossier de presse, Novembre 2016, Fondation Maison Sciences de l’Homme, Paris, p.

2. NOUSS Alexis (Alexis Nuselovici), « Exiliance, condition et conscience » : http://halshs.archives-ouvertes.fr/FMSH-WP/halshs-00861246.

3. COLLÈGE D’ÉTUDES MONDIALES ET MUSÉE NATIONAL D’HISTOIRE DE L’IMMIGRATION, Littexil, 1er Salon des littératures et de la migration, Péniche Antipode, 55 quai de Seine, Paris, 11 décembre 2016. http://www.fmsh.fr/fr/c/9328

La Lettre de Mieux Aborder l’Avenir,
n°225, lundi 5 décembre 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Quelles sont les interactions entre usagers et guichetiers dans les administrations ? (EHESS)

La troisième Rencontre annuelle d’Ethnographie (RAE) organisée par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) consacre un atelier aux travaux de recherche portant sur les interactions entre les usagers et les guichetiers dans les administrations. Il est intitulé « Des deux côtés du guichet. Une ethnographie politique de la rencontre administrative ».

Le terme de « guichet » est pris ici comme la métaphore d’une activité – collective et située – au cours de laquelle des groupes sociaux se rencontrent, se forment et se déforment. L’intérêt est porté particulièrement aux perceptions et aux évaluations mutuelles qui s’élaborent dans ces situations ainsi qu’ aux conséquences que ces modes d’expérience ont dans l’organisation de la rencontre administrative.

A partir de travaux de recherche en cours, l’atelier vise à réfléchir sur la démarche ethnographique autour des interactions entre usagers et guichetiers dans les administrations. Ce domaine a connu un grand dynamisme avec les travaux sur Les Métiers du public (Jeannot, Joseph, 1995), La vie au guichet (Dubois, 1999) et L’Etat au guichet (Weller, 1999). Il s’appuie sur des enquêtes mettant en pratique des postures d’observation participante afin de mettre en perspective les expériences portant sur les deux côtés du guichet.

RÉFÉRENCES
« Des deux côtés du guichet : Une ethnographie politique de la rencontre administrative ». Atelier des 3e Rencontres annuelles d’Ethnographie (RAE) organisées par l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Fondation Maison des sciences de l’Homme, 190 avenue de France, Paris, jeudi 24 octobre 2016 et vendredi 25 octobre 2016.

https://rae.hypotheses.org

L’atelier est conduit par Céline Véniat (CEMS/IMM-Tepsis), Nasiha Aboubeker (CEMS-IMM-Tepsis, EHESS/APEX) et Jean-Marc Weller (CNRS, LISIS). Intervenants :

  • Alexandra Clavé-Mercier (Université de Bordeaux, Centre Emile Durkheim): Les migrants romps au guichet: interactions entre agents et migrants au fondement d’une politique de mésentente
  • Lionel Francou (Université catholique de Louvain, CRIDIS): Etre visibles pour rassurer. Ethnographie d’une mise à disposition.
  • Pascal Martin (Université Paris 8, LabTop-Cresspa): L’individualisation de la relation entre l’agent et l’usager au guichet de l’assurance maladie
  • Marion Le Tyrant (Observatoire Hommes Milieux Littoral méditerranéen, Université Aix Marseille): « Montrez moi votre jardin, je vous dirai quel usager vous faites »: Enquêtes ethnographiques au sein du service intercommunal de démoustication de la CAVEM
École des Hautes Études en Sciences Sociales
190 avenue de France, Paris
24 novembre 2016
©  Photo CAD / BM 2016

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ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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