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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE
Christophe de SAVIGNY (Christofle de SAVIGNY)  1530-1587

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social et politique. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’enseignement qui fait le tour, l’«ekuklios paideia» (εγκυκλιος παιδεια).

Le contexte de globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances. Comment une anthropologie de la citoyenneté, par ses initiatives (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…), peut-elle s’opposer à cette imposition ?
Bernard MÉRIGOT contact@mieuxaborderlavenir.fr
Articles en ligne :
http://www.savigny-avenir.fr/offre/programmes-en-cours/a-la-recherche-de-la-democratie-locale/

http://www.savigny-avenir.fr/2012/12/10/developper-le-controle-citoyen-sur-les-collectivites-territoriales-pascal-cadieu/

NOS DOMAINES •  Gouvernances locales  •  Démocratie expérimentale   •  Démocratie participative   •  Expertise citoyenne  •  Intelligence territoriale  •  Éditorialisation numérique des territoires    •    Identités locales   •  Récits de politique publique locale (Local policy narrative).
NOTRE OBJET. •  Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques •  Soutenir les questionnements citoyens •  Favoriser les réponses collectives •  Contribuer à faire progresser les consensus.
NOS ACTIVITÉS. Recherche, intervention, conseil, formation, enseignement, publication… Notre groupe développe une démarche qui interroge sans relâche trois concepts : le territoire, le politique, le numérique. Pour cela, nous mobilisons  – de façon critique – différentes sciences sociales : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, ethnologie, sciences du politique, études du numérique, économie… – en les mettant au service de la democratia localis, la démocratie locale.
•  Quels sont les fondements qui établissent la légitimité de la démocratie locale ?
•  Quels sont les obstacles qui s’opposent  à la reconnaissance de la démocratie locale ?
•  Quels sont les moyens qui permettent l’accomplissement de la démocratie locale ?
NOTRE THÉMATIQUE. CINQ  QUESTIONS
•    Les pratiques des pouvoirs en place répondent-elles à l’idéal démocratique des territoires et de ses populations ?
•    Les évolutions territoriales peuvent-elles  être laissées dans les seules mains des responsables politiques ?
•   De quelles compétences expertes la société civile (entreprises, associations, citoyens…) dispose-t-elle pour repenser les modes de fonctionnement publics des territoires ?
•    Comment l’expertise collective (citoyenne, associative, participative, collaborative…) émerge-t-elle ? Comment est elle reconnue ?
•    Comment le numérique modifie t-il les relations entre les pouvoirs et les citoyens ?
NOS ACTIONSUn site Internethttp://www.savigny-avenir.info qui est un média numérique (ISSN : 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF). Sa ligne éditoriale consiste à analyser les  rapports entre les pratiques des pouvoirs en place et l’idéal démocratique des territoires. Il comprend plus de 1 000 articles et 1 000 scans de documents et de photos.    •  Une publication numérique hebdomadaire : La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir.  Le premier numéro a été publié le lundi 20 août 2012, le n° 176 le lundi 28 décembre 2015, le n° 228 est prévu pour le 26 décembre 2016.  •  Une recherche-action : Territoires et démocratie numérique locale lancée en 2009.  •  Un séminaire de recherche autour de thèmes annuels.  •  Des stages de formation.   Une association : Mieux Aborder l’Avenir (MALA) qui est à l’origine de la démarche du programme de recherche, d’expertise et  d’intervention.
« A my lecteur, fuyant la bonne volonté et affection singulière que nous avons toujours porté et portons de plus en plus au public. (…)  Nous te prions, bénévole lecteur, de prendre en gré notre labeur, et nous donner par ce moyen occasion de mieux faire pour l’advenir ».
Christophe de SAVIGNY,
Partition générale de tous les arts libéraux, 1587.
1. Voir sur le présent site l’article : http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/lencyclopedisme-cache-t-il-un-contrat-derreur-christophe-de-savigny-et-francis-bacon/
Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2015

 

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Anthropologie des inondations : les actions humaines en amont sont responsables de la gravité des inondations en aval

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°203, lundi 4 juillet 2016

La généralisation des inondations du mois de juin 2016 (Nemours, Paris, Autoroute A 10 dans la région d’Orléans, Paris, Longjumeau, Corbeil-Essonnes, Juvisy-sur-Orge, Savigny-sur-Orge…), les coulées de boue (Wasselonne et Romanswiller, le 7 juin 2016)… sont autant de preuves que la situation en amont des bassins versants  a des conséquences sur la situation en aval.

Évacuation de la Résidence du 12 rue de Morsang à Savigny-sur-Orge,
le  jeudi 2 juin 2016, à 9 h 29
Électricité coupée. Ascenseurs arrêtés. Parkings inondés
Après les bottes, les cuissardes. Après les cuissardes, la barque…
©  Photo CAD / BM 2016

LES INONDATIONS REPRODUISENT UN MODÈLE COLONIAL

Question. Quelle est votre analyse de la situation des inondations de juin 2016 ?
Bernard MÉRIGOT.
Il existe un rapport de type colonial entre l’amont des bassins versants hydrauliques, responsable des conditions des inondations, et l’aval qui les subit. En amont, le colonisateur. En aval, le colonisé. Le premier impose au second des conditions qui à la fois créent et aggravent les situations d’inondation. On constate des hauteurs de 1 à 2 mètres d’eau en des endroits qui n’ont jamais été inondés auparavant. Les eaux ne sont plus retenues : elles se répandent et, ne pouvant aller nulle part, dévalent dans les zones basses.

  • En amont du bassin versant, le colonisateur : « Je détruis mes haies, j’abas mes arbres, je supprime les zones humides, je surexploite mes champs, j’urbanise, j’imperméabilise les sols ».
  • En aval du bassin versant, le colonisé. « Je mets mes bottes, je remplis des sacs de sable, je surélève mes meubles d’un parpaing. Ça ne sert à rien parce que l’eau monte de deux, de trois, de quatre parpaings. Je téléphone à mon assureur… et je pleure tous mes souvenirs détruits et emportés par les flots. Des flots qui ne sont pas bleu, mais de la couleur marron, celle de la terre et de la boue qui a tout envahi… Prochaine étape : pompe, serpillère, raclette, désinfectant…».

LES SIX CAUSES HUMAINES
DE L’AGGRAVATION DES INONDATIONS

Question. Il y a toujours eu des inondations… Elles sont imprévisibles…
Bernard MÉRIGOT. Oui, mais celles que nous connaissons sont de plus en plus graves.

On peut identifier six actions humaines qui créent et qui aggravent les inondations :

  • 1. l’ouverture des champs avec l’abattage des haies (sous le faux prétexte du remembrement des terres agricoles, depuis les années 1960)  qui a favorisé et accéléré le ruissellement vers les rivières, (1)
  • 2. le recul de la couverture végétale : les arbres et les plantes ne jouent plus leur rôle d’absorption de l’eau,
  • 3. la surexploitation des sols par l’agriculture réduit leur capacité d’absorption de l’eau,
  • 4. la suppression des mares et des zones humides qui remplissent une fonction de bassin de rétention,
  • 5. la construction d’habitations dans des zones inondables sous la pression de la spéculation immobilière,
  • 6. l’imperméabilisation des sols par la construction de routes, de parkings, d’habitations… qui empêchent l’absorption de l’eau de pluie par les sols.

LES INONDATIONS
REPRODUISENT DES INÉGALITÉS SOCIALES

Question. Les inondations ne touchent pas tout le monde au hasard ?
Bernard MÉRIGOT. Il existe une anthropologie des catastrophes, des inondations, des accidents… Ceux qui sont dans la détresse, dans la peine, dans l’angoisse, dans le deuil… sont des victimes. Mais pas seulement d’évènements qui seraient imprévisibles, comme les médias et les responsables des pouvoirs en place le présentent, ils sont victimes d’une situation inégalitaire qui les constitue comme victimes désignées. Ils sont au mauvais endroit au mauvais moment, alors que d’autres sont au bon endroit au bon moment. Une catastrophe ne se produit jamais au hasard et sans que des responsabilités préexistent.

La catastrophe soudaine, immédiatement médiatisée par des chaînes de télévision d’information continue et par les réseaux sociaux, rompt le quotidien. Elle provoque l’entrée d’une multitude d’acteurs sur un lieu de drame. Elle sature pour un temps tous les discours et les mises en récit

L’anthropologie des inondations est attentive au quotidien, à l’ordinaire, aux pratiques, aux représentations d’un groupe territorialement défini. Même au coeur de sa manifestation paroxystique de la catastrophe, le risque qui menace d’advenir sur un territoire se manifeste toujours – et sans aucun jeu de mot ici – par ce que Gilles DELEUZE appelait une ligne de fuite.

Un regard anthropologique sur les catastrophes articule le temps court et le temps long, la mémoire et l’oubli, le local et le global, les rapports entre l’homme et la nature, les données techniques,  les constructions identitaires, les explications symboliques (2)

LES INÉGALITÉS TERRITORIALES
SONT DES INÉGALITÉS SOCIALES

Julien LANGUMIER, dans une recherche portant sur les inondations de Cuxac d’Aude, le 13 novembre 1999, conclu, qu’au-delà de l’objet spectaculaire que constitue une catastrophe, la recherche anthropologique, fondée sur une enquête ethnographique de terrain, accède à une épaisseur socio-historique d’un territoire.

« Les pratiques de témoignages qui se développent au sein des relations de voisinage participent à une mise en commun d’une expérience de la catastrophe au niveau local. L’inondation affecte par le sinistre de sa maison, ou de son appartement, la relation habitante et plus généralement la représentation du cadre de vie. »

Dans tout drame, « la quête d’explications se nourrit des tensions et des conflits constitutifs des configurations sociales ou du système d’acteurs local : l’interprétation d’une tragédie collective malgré les explications techniques, hydrauliques, et du contexte global du réchauffement climatique et qui participent à l’universalisation de la catastrophe, est toujours territorialisée. (3)

C’est ici et pas ailleurs. Le vrai scandale des inondations, c’est que les pouvoirs en place , toujours marqués par des structures mentales hiérarchiques, ont la perpétuelle tendance de dénier la prévisibilité du risque en ayant recours à une explication fataliste. Ce qui constitue une nouvelle violence symbolique pour les victimes.

«L’eau dans les caves monte»
Savigny-sur-Orge, 2 juin 2016
©  Photo CAD / BM

DOCUMENT

ET SI L’ON MAÎTRISAIT MIEUX LES EAUX ?

Intempéries. La décrue est amorcée en région parisienne, mais retrouver des niveaux normaux prendra du temps. Il faut désormais chercher des pistes pour bien mesurer et limiter les futures inondations.

Les six actions humaines qui aggravent les inondations
Infographie, Le Parisien, 6 juin 2016, p.8
Et maintenant ? Même si dans l’Essonne, on s’attend encore à une montée des eaux, le gros des crues est passé en Ile-de-France. Dimanche, la vague a traversé sans drame la Normandie qui est repassée en vigilance orange, même si l’on surveille encore la Seine et le niveau des marées.
Le bilan des intempéries sera néanmoins lourd et des questions se posent déjà sur l’ampleur, l’anticipation ou la gestion de ces inondations. Alors que la Seine reflue lentement à Paris, Ségolène Royal a annoncé « d’ici la fin du mois, un nouvel exercice de simulation d’une crue majeure, de l’ampleur de celle de 1910 ». Des pistes émergent pour lutter plus efficacement contre ces très fortes inondations.
Mieux modéliser  les prévisions. Pourquoi un tel décalage dans le temps entre les alertes et les pics de crues ? « Aujourd’hui, contrairement aux grands fleuves, on n’arrive pas à modéliser de façon très précise leurs affluents, car chacun a une physionomie propre : pente, profondeur, tracé », explique Charles Perrin, hydrologue à l’Irstea (Institut de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). A cette difficulté s’ajoute celle de l’impact incertain de la pluviométrie sur les sols : « S’ils sont secs, ils vont absorber, s’ils sont détrempés, l’eau file tout droit dans les rivières et cela vient chahuter tous les modèles », poursuit-il. La solution est de mieux évaluer l’humidité du sol grâce à des capteurs, explique l’hydrologue.
Sécuriser les sondes. Le matériel reste fragile. Jeudi à Paris, sur la station de mesure de la Seine installée au pont d’Austerlitz, « nos capteurs n’ont pas donné les bonnes mesures », admet Bruno Janet, de Vigicrues. Au lieu des 5,90 m prévus, la Seine a atteint 6,09 m. « Les capteurs sont protégés dans des puits ou des tubes positionnés dans les rivières, mais quand le courant est rapide et que le fleuve charrie des troncs d’arbres, ils peuvent être soumis à rude épreuve », explique-t-il. D’autres systèmes, plus coûteux mais plus résistants, sont testés, comme « des caméras ou des radars qui, dans un cours d’eau rapide, ne seront pas arrachés », précise Bruno Janet.
Construire  de nouveaux ouvrages. En amont de Paris, quatre lacs-réservoirs régulent les crues de la Seine. « Un cinquième à la Bassée, où l’Yonne se jette dans la Seine, est indispensable, estime le conseiller de Paris (UDI), Yves Pozzo di Borgo. Il aurait pu contenir un peu la montée des eaux dans la capitale. » « Faux. Contre une crue majeure à Paris (plus de 7 m), il n’existe aucune solution technique », rétorque l’hydrologue Charles Perrin, mais il reconnaît que la Bassée pourrait être utile : « Les réservoirs actuels font gagner jusqu’à 70 cm de hauteur d’eau ; un cinquième permettrait de grappiller quelques précieux centimètres pour des réseaux stratégiques comme l’eau, l’électricité, les transports. »
Le végétal pour se protéger. « On a bétonné des milliers d’hectares d’espaces naturels. Du coup, les sols ne peuvent plus jouer leur rôle d’éponge », déplore l’agronome Jacques Caplat d’Agir pour l’environnement. Lutter contre l’appauvrissement des sols agricoles est pour lui l’autre grande priorité : « Beaucoup de terres, exploitées intensivement, sont devenues de vraies toiles cirées, relève-t-il. Or un sol très dégradé ne retient que 1 à 2 mm d’eau par heure, alors qu’un sol vivant, riche en matières organiques, c’est-à-dire en petites racines, en humus, en vers de terre, absorbe jusqu’à 100 à 300 mm par heure. » On peut aussi reverdir les villes : « Multiplier les toitures et les terrasses végétalisées, propose Denis Voisin, de la Fondation Nicolas Hulot. Elles stockent très efficacement l’eau sur les toits et donc retardent son écoulement. »
Des matériaux drainants. Lafarge Holcim commercialise déjà Hydromedia, un béton drainant. Utilisée pour les trottoirs, les parkings, les pistes cyclables, sa structure laisse l’eau s’infiltrer jusqu’aux nappes phréatiques. « Multiplier les sols perméables, serait très pertinent », assure Denis Voisin. Il existe aussi Topmix, un béton hyper-absorbant, lancé par Tarmac, un fabricant britannique, capable d’avaler plus de 4 000 litres d’eau en moins d’une minute !
Gestion de l’eau :  Paris ne brille pas
Alors que Paris a subi l’une de ses plus grandes inondations, une étude réalisée par la société d’ingénierie Arcadis, en partenariat avec le cabinet anglais CEBR (Centre for Economics and Business Research), donne un classement indicatif de la gestion de l’eau dans les 50 plus grandes villes au monde en explorant trois critères : la capacité à affronter les intempéries, l’efficacité de son réseau, et la qualité de son eau. Huit villes européennes trustent le haut du classement, Rotterdam en tête, mais Paris ne décroche qu’une douzième place, du fait notamment d’une capacité largement insuffisante à faire face aux aléas de la météo
COHEN Chloé et GÉRARD Aline, « Intempéries : et si l’on maîtrisait mieux les eaux ? », Le Parisien, 6 juin 2016, p. 8.

RÉFÉRENCES

1. Le remembrement des terres agricoles a été pratiqué en France pendant plus de vingt ans de façon intensive (des années 1960 à 1980). Il se poursuit encore. Il a engendré des dommages collatéraux importants : inondations, eutrophisation, lavage des sols…
Dès l’origine, dans les années 1960, des agronomes, des naturalistes, des géographes… se sont  inquiétés des conséquences des arasages de talus, des comblements de mares, de l’arrachage des arbres, de la destruction des haies… à l’occasion des remembrements.
Paul Matagrin, directeur de l’École nationale supérieure d’agronomie de Rennes dénonçait dès les années 1960 les conséquences climatiques, les problèmes d’eau et d’érosion des sols provoquées par le remembrement. « Notre équilibre écologique ancestral s’est brisé et nous ne savons pas encore quelle sera la limite de ces destructions irréversibles. »

2. ASSOCIATION POUR LA RECHERCHE SUR LES CATASTROPHES ET LES RISQUES EN ANTROPOLOGIE (ARCA), Présentation.

3. LANGUMIER Julien, « Appropriations locales de la tragédie collective. Approche ethnologique des inondations de novembre 1999 à Cuxac d’Aude », Développement durable et territoires, URL : http://developpementdurable.revues.org/6892 ; DOI : 10.4000/developpementdurable.6892

Sur la rivière Orge :
CARRÉ Catherine, DEROUBAIX Frédéric, DEUTSCH Claude, HAGE Jean-Paul, GOUVELLO Bernard de, BALAÏDI Nadia, CHARRIER Aude,
Une monographie de l’Orge. Vers l’âge de la maîtrise écologique ?, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne (LADYSS) / Université de Paris-Est / (LEESU) / PRODIG / CSTB, 74 p.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°203, lundi 4 juillet 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Essonne. Les inondations de le rivière Orge de juin 2016

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°202, lundi 27 juin 2016

Quelles analyses et quels enseignements tirer de l’inondation  survenue du 30 mai au 6 juin 2016 du bassin versant des rivières Orge et Yvette et de leurs affluents ? La question était à l’ordre du jour du Comité syndical du Syndicat de l’Orge réuni le jeudi 23 juin 2016 dans la Salle Maison Neuve à Brétigny-sur-Orge, sous la présidence de François CHOLLEY, président du syndicat intercommunal de l’Orge. Une vidéo comprenant des images prises par un drone lors des inondations a été présentée.

Savigny-sur-Orge. Crue de l’Orge (30 mai-6 juin 2016)
Prise de vue drone
Extrait de la vidéo présentée lors du Comité syndical du 23 juin 2014

LE DESTIN DES ZONES INONDABLES

On doit prendre en considération une évidence : le destin d’une zone inondable est d’être inondée. Un jour ou l’autre, et sans que l’on puisse prévoir quand. Et il en est de même – par un effet induit – pour des zones qui ne sont pas à priori inondables… On s’aperçoit que toute inondation se situe dans une temporalité.

  • L’eau monte : première manifestation de la crue, et parades pour contenir le flux, pour sauvegarder des biens. Émotion, énergie et abattement.
  • L’eau demeure : évacuation, attente.
  • L’eau se retire : constat des dégâts. Nettoyages, tri et élimination, déclarations, démarches…

LES INONDATIONS ONT DES EFFETS INÉGALITAIRES

Les inondations sont des phénomènes hydro-sociaux complexes qui impliquent, des coûts, des avantages et des inconvénients différentiels pour la société et pour ses individus. Rien n’est plus inégalitaire qu’une inondation. On observe dans un cercle de proximité, que certains subissent des atteintes graves alors que d’autres sont épargnés. Certains se manifestent par des actes de solidarité, d’autres demeurent étrangers et indifférents aux évènements.

Syndicat de l’Orge. Comité syndical du 23 juin 2016
Salle Maison Neuve, Brétigny-sur-Orge
©  Photo CAD / BM 2016

DANS L’ATTENTE DE LA RÉSILIENCE

La résilience désigne la capacité pour un corps, pour un organisme, pour une organisation ou pour un système quelconque à retrouver ses propriétés initiales après une altération. Quelle est la résilience pour un territoire, pour ses habitants, pour leurs activités économiques, pour les équipements publics qui y sont implantés lorsqu’ils subissent une inondation ?

La résilience psychologique désigne le processus par lequel on sort d’un état de stress post-traumatique. En gestion des entreprises, la résilience organisationnelle désigne la capacité pour une organisation à s’adapter après un incident qui survient. Quant-à la résilience communautaire, elle s’intéresse, par-delà aux individus isolés, aux groupes collectifs.


Crue de la rivière Orge de juin 2016. Débitmétrie
Document présenté lors de la réunion du Comité syndical du Syndicat de l’Orge
le 23 juin 2016
©  Photo CAD / BM 2016

LA CULTURE DU RISQUE

Quelles traces d’une inondation demeurent, et pour combien de temps, dans la mémoire locale ? Comment une prise de conscience des risques d’inondation apparaît-elle dans un bassin versant ? Comment une culture du risque émerge-t-elle ? Quelle est la sensibilité durable des administrations et des élus locaux ? En un mot, comment se constitue une culture du risque socio-hydrologique ?

Syndicat de l’Orge. Comité syndical du 23 juin 2016
Salle Maison Neuve, Brétigny-sur-Orge
©  Photo CAD / BM 2016

DOCUMENT

CRUE DE L’ORGE ET DE LA SALLEMOUILLE
DU 30 MAI AU 6 JUIN 2016
Premiers éléments de synthèse et d’analyse

1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir,
2. Le développement de la crue en deux temps,
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau,
4. Le cas particulier de la Morte Rivière,
5. Les inondations par l’assainissement et le refoulement des eaux usées en Seine,
6. Vigi’Orge, le site Web, Facebook, Tweeter,
7. La coordination des acteurs,
8. Les principaux enseignements.
1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir
Le mois de mai a été très arrosé avec plus de 130 mm de pluie (avant l’évènement du lundi 30 mai) sur le bassin de l’Orge-Yvette en 1 mois contre une normale de 50 mm. Les sols étaient ainsi saturés et les cours d’eau et fossés présentaient déjà des niveaux hauts.
C’est dans ce contexte que les pluies du lundi 30 mai ont été déterminantes dans l’apparition des crues. Elles n’étaient pas violentes mais soutenues et continues toute la journée du 30 mai. 50 à 60 mm d’eau supplémentaire sont tombés sur le bassin aval de l’Orge et 80 à 90 mm dans le secteur amont du bassin (Yvelines).
Pour comparaison, les seuils de vigilance du Syndicat se situent à partir de 30 mm de pluie en une demi-journée qui génèrent généralement une montée plein bord de l’Orge et la mobilisation des équipes d’astreinte.
2. Le développement de la crue en 2 temps
Le lundi 30 mai en fin d’après-midi, les débits de l’Orge à Morsang/Orge ont dépassé les 20m3/s, débits qui constituent le seuil de vigilance du Syndicat, sachant que jusqu’à 30 m3/s, les débordements restent peu nombreux.
Considérant les pluies qui devaient se poursuivre, la vitesse d’augmentation des débits, le Syndicat a déclenché sa 1ère alerte Vigi’Orge ce soir-là auprès des riverains et des communes. Au cours de la nuit du lundi 30 au mardi 31 mai, le Syndicat a commencé à remplir ses bassins de retenue, les débits se sont stabilisés autour de 35 m3/s et ont commencé à redescendre en milieu de journée. La situation était celle d’une crue d’occurrence 10 à 20 ans qui avait pu être maitrisée.
Or, alors qu’il ne pleuvait plus depuis 12h, des arrivées massives d’eau ont été enregistrées au niveau de l’Yvette au cours de la nuit du mardi 31 au mercredi 1er juin 2016, et ce jusqu’au 2 juin matin. Les niveaux de la Rémarde, qui apporte les principaux débits en amont de l’Orge (amont Arpajon), continuaient également à croître. Concernant les bassins de retenue, ceux-ci ont été saturés le 1 juin, hormis le bassin de Trévoix à Bruyères le Châtel qui présentait encore une grande capacité. Il a continué à se remplir et a permis de réduire les débits vers l’aval d’Arpajon.
Les débits de l’Orge sont passés de 30 m3/s le 1 juin à 45 m3/s le 2 juin matin. Les bassins ont été saturés, l’Orge est alors complètement sortie de son lit. L’Orge est ensuite redescendue très progressivement à partir du jeudi 2 juin milieu de journée pour atteindre dans la nuit du 3 au 4 juin 35m3/s (débit encore très fort).
Parallèlement, la Seine a vu croître ses niveaux pour atteindre un maximum (+ 4m80) en fin de journée du samedi 3 juin. Il semble que la Seine n’ait pas provoqué de frein hydraulique majeur. L’Orge a pu ainsi s’écouler en Seine de manière satisfaisante.
Parmi les affluents de l’Orge aval (hors Yvette et Rémarde), seule la Sallemouille qui présente un bassin versant étendu vers l’ouest, a été en limite de débordements. Les autres affluents, qui sont plutôt sensibles aux pluies violentes, ont pu écouler aisément les pluies continues du lundi 30 mai.
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau
Au regard des évènements, et de nos bassins versants voisins, les dégâts ont été faibles.
A noter :
-       Les pavillons et résidences qui sont en bord de rivière et dans le lit majeur ont subi des inondations de sous-sols et de parking (secteurs Kennedy et Rossay à Savigny, les impasses de Morsang – Egalité, Fraternité, Morlet, Prairie – voie des Prés à Epinay, Vieux Perray et Route de Longpont à Ste Geneviève, le bas de Leuville), ainsi que le secteur de la Morte Rivière amont à Viry-Châtillon,
-       Les 2 campings ont été évacués mais non inondés (Villiers et Ollainville),
-       Des quartiers de Viry-Châtillon ont été évacués à partir du 2 juin au matin, soit à cause de présence d’eau dans les rues et sous-sols, soit à titre préventif,
-       Concernant les biens du Syndicat, une station de mesure de la qualité a été noyée à Viry-Châtillon et une armoire électrique a été brulée par vandalisme à Leuville après la crue (le 7 juin). Il n’y a pas eu de dégradation de vannages ou des armoires de commande correspondantes.
4. Le cas particulier de la Morte Rivière
Le canal de la Morte Rivière est un canal béton datant d’avant les années 1940 qui traverse Viry-Châtillon pour évacuer la quasi-totalité des débits de l’Orge vers la Seine. Un autre bras de l’Orge s’oriente vers Juvisy et Athis Mons mais la pente de ce bras ne permet d’évacuer qu’un débit marginal (quelques m3/s).
Le canal de la Morte Rivière a été classé en digue de catégorie B par arrêté préfectoral. A ce titre une surveillance accrue est imposée en période de mise en charge, et des surveillances et entretiens périodiques sont obligatoires. Ce canal présente un parapet vertical d’environ 1 m situé au-dessus du niveau du terrain et des habitations de Viry-Châtillon. Si l’eau le dépasse ou s’il y a rupture, une grande partie de Viry-Châtillon peut être sous l’eau.
Au cours de la crue, ce canal a pu évacuer les 45 m3/s avec un niveau d’eau qui affleurait le parapet dans le secteur amont. Des inondations ont eu lieu dans des rues à proximité par débordements de l’Orge en amont et en aval immédiat du répartiteur – lieu où débute le canal de la Morte Rivière – et non de la Morte Rivière elle-même. La préfecture et la commune ont choisi de faire évacuer le quartier, soit environ 1000 personnes.
Les équipes du syndicat ont parcouru en permanence jour et nuit le linéaire de la digue par équipe de 2 jusqu’au dimanche 5 juin afin de détecter toute anomalie.
Le parapet présentait une zone de fragilité d’environ 50 m linéaire révélée par le diagnostic préalable de la digue dans le cadre de son classement. Ainsi, le Syndicat a renforcé d’urgence ce linéaire le jeudi 2 juin par la pose d’environ 100 sacs de 1 m3 de sable (Big bag) à l’arrière du parapet. Celui-ci n’a pas présenté de mouvement au cours de la crue.
5. Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de la N7 et de la Seine à Viry-Châtillon
Le système d’assainissement dans le secteur situé autour de la N7 et de la Seine à Viry-Châtillon / Juvisy / Athis-Mons a été la source des principaux problèmes de cet évènement qui sont apparus avec la montée des niveaux de la Seine.
Dans ce secteur, plusieurs antennes syndicales (antennes dites de Ris, de Grigny, du 18 avril, Etienne d’Orves, CII, CID), traversent et sont connectées avec les réseaux des villes (ici gérés par l’Établissement public territorial 12 /EPT12) pour rejoindre un émissaire unique vers la Seine à Athis Mons, le CID, franchir la Seine par un siphon, rejoindre un poste de relèvement majeur à Crosne géré par le Siaap et alimenter la station d’épuration de Valenton.
Plusieurs postes de relèvement sont également présents à Athis et Viry gérés par le Syndicat dans ce secteur qui ne présente pas de pente (plaine alluviale de la Seine).
Lors de pluies importantes ou de niveaux de Seine élevés, le Siaap arrête son poste de Crosne pour délester toutes les eaux usées en provenance du bassin de l’Orge et de l’Yvette en Seine à Athis-Mons (1,5 à 2,5 m3/s d’eaux usées), ce qui a été fait le mercredi 1 juin à 8h30.
Le Syndicat possède en cas d’élévation de la Seine une station « anti-crue » à Athis Mons, le complexe dit « P7/Valenton/Achères », afin de forcer l’évacuation des eaux usées en Seine et éviter l’envahissement par les eaux de Seine et les eaux usées des réseaux publics d’Athis/Juvisy/Viry.
Le Syndicat a fait démarrer son poste anti crue le jeudi 2 juin en lien avec l’élévation des niveaux de la Seine. Ce poste a fonctionné de manière continue jusqu’au mardi 7 juin en présentant un débit d’évacuation satisfaisant (> à 2m3/s) malgré des pompes alternativement bouchées et des faiblesses électriques. Ces dernières étaient constitutives de l’échauffement des armoires électriques, les pompes tournant en continu, et forçant par la présence de déchets… Le Syndicat a ainsi mis en place une équipe permanente jour et nuit afin de réenclencher les disjoncteurs lorsque ceux-ci tombaient.
Or, les eaux de Seine, sans doute mélangées à des eaux de nappes et des eaux de pluie ont saturé l’ensemble du système d’assainissement d’Athis/Juvisy/Viry provoquant de nombreux débordements dans les rues et les caves.
Cette situation de saturation et d’élévation des niveaux dans les réseaux s’est amplifiée en fin de semaine en décalage avec la crue de l’Orge et en lien avec la crue de Seine. Des débordements étaient encore enregistrés le mercredi 8 juin en lien avec l’ensemble du réseau d’eaux usées qui était toujours en charge. Cette situation rendait la gestion des postes de relèvement du Syndicat très délicate et paradoxale. A titre d’illustration, le syndicat a été confronté plusieurs fois à la situation suivante pour les stations Camélinat et Haute Borne : des riverains étaient inondés en amont d’un poste. A la demande de la mairie, le Syndicat renforçait alors la capacité de pompage de la station en démarrant une pompe supplémentaire. Des riverains situés à l’aval étaient alors inondés. Le Syndicat devait stopper le pompage supplémentaire enclenché.
Autant pour les inondations par les cours d’eau, les riverains acceptent dans une certaine mesure la situation comprise comme naturelle, autant lors d’inondation par les eaux usées, l’acceptation par les riverains est difficile.
6. Vigi’Orge, le site web, Facebook et Tweeter
Le système d’alerte téléphonique automatisé « Vigi’Orge » a parfaitement fonctionné tout au long de l’évènement. Il a été déclenché le lundi 30 mai au soir, stoppé le lundi 6 juin, et activé tous les jours une à deux fois.
Ce système alerte environ 600 foyers, soit environ 1500 personnes sur 7 communes par 2 canaux, l’appel téléphonique et le SMS. Si l’appel n’aboutit pas, un message sur répondeur est enregistré. Pendant l’évènement, des communes et des riverains ont demandé leur inscription. Il est regrettable que ce système ne soit pas plus largement utilisé alors que le Syndicat en fait la promotion depuis 2009 dans tous ses supports et à chaque réunion.
Le site web du Syndicat a été alimenté de nombreuses fois au cours de la crue avec des photos et des messages similaires aux messages d’alerte Vigi’Orge. De même, les réseaux Facebook et Tweeter ont été alimentés tous les jours, et, en journée, le Syndicat répondait en direct aux messages. A noter que les messages sur les réseaux sociaux ont été beaucoup plus consultés que le site lui-même.
7. La coordination des acteurs
Le Syndicat a été en relation permanente avec la cellule de crise de la préfecture et de la DDT (appel toutes les 6 heures, et plus si nécessaire) et avec les cellules de crise de Savigny et de Viry. Pour les autres communes, les relations étaient moins systématiques et déclenchées au besoin.
Concernant les syndicats amont, les contacts téléphoniques ont eu lieu avec le SIAHVY le mardi 30 et mercredi 1er juin lors de la montée des eaux de l’Yvette. En dehors de ces dates, le Syndicat n’a pas eu de contact organisé et n’a pas eu de vision continue des débits et des remplissages des bassins, le système de télégestion du SIAHVY n’étant plus connecté au SIVOA depuis leur changement de siège. Sur le secteur de l’Orge amont, les contacts n’ont pas non plus été réguliers et organisés mais le Sivoa dispose de mesures des débits de la DRIEE situées en
amont qu’il récupère en continu par sa connexion aux systèmes de mesure de la DRIEE. Ainsi, le SIBSO téléphonait régulièrement au SIVOA afin de connaître les débits en amont du bassin versant.
Dans le secteur aval, concernant les débordements d’eaux usées, la coordination a été compliquée au vu du nombre d’acteurs (les communes, l’EPT 12 – ex CALPE – qui gère l’assainissement, le SIAAP et le SIVOA), du nombre d’interlocuteurs différents (personnes des services techniques, cabinets, maires, …) et d’une certaine incompréhension de l’origine de la mise en charge généralisée des réseaux.
8. Les principaux enseignements
De nombreux axes d’amélioration sont en cours d’identification grâce à une relecture fine de l’évènement. Dans l’immédiat, sans exhaustivité, peuvent être notés les points suivants :
-       Accentuer la communication car les riverains en zone inondable acceptent la situation d’inondation mais souhaitent être informés en temps réel de toute évolution (hausse, baisse, stabilisation). Il en est de même pour les communes. Le Syndicat pourrait mettre en place une cellule de veille permanente et nocturne pour la mise à jour du site web, de Facebook et de Tweeter toutes les 2 à 3h.
-       Développer les inscriptions au dispositif Vigi’Orge pour toucher les 20 communes bordant les cours d’eau alors que seules 7 ont actuellement adopté Vigi’Orge. Cela permettrait de contacter les 6000 foyers potentiellement inondables au lieu des 600 inscrits actuellement.
-       En parallèle, réfléchir au développement d’une application pour smartphone permettant de prévenir d’une crue sans avoir à s’inscrire sur un fichier de type Vigi’Orge et donc, en s’affranchissant de la problématique de mise à jour.
-       Renforcer la coordination avec les acteurs de l’assainissement du secteur EPT12 et étudier le comportement des réseaux lors des crues de Seine.
-       Disposer d’un système de télégestion/télésurveillance connecté avec l’ensemble des acteurs dont le SIAHVY, le SIBSO et le SIAAP.
Techniquement, le Syndicat devra :
- améliorer le fonctionnement des armoires électriques du complexe P7/Valenton/Achères, opération qui était déjà prévu en 2017 (PPI 2017),
- renforcer la digue de la Morte-Rivière au niveau du secteur de fragilité, opération déjà prévue en 2017 dans le cadre du PAPI Seine,
- engager une réflexion sur la possibilité de mailler entre elles les antennes eaux usées dans le secteur Viry/Juvisy/Athis (Ris et Grigny notamment) et de mettre en place des postes de relevage supplémentaires pour forcer les écoulements d’eaux usées vers l’aval. L’origine des eaux excédentaires dans ce secteur doit également être identifiée avec l’EPT12 pour expliquer et éviter les apports d’eau de Seine, d’eau de nappe et d’eau de pluie dans les réseaux d’eaux usées de l’EPT12. Ces réseaux sont restés saturés bien après la crue de l’Orge, mais en lien avec la crue de Seine, soit jusqu’au 12 juin,
- réadapter certains sites de mesures de hauteur/débit (armoires inondées, sondes inadaptées à de telles hauteurs…),
- mener une réflexion plus approfondie sur le complexe P7/Achères/Valenton afin qu’il puisse rester hors d’eau. Il n’a pas été inondé lors de cet évènement mais n’aurait sans doute pas résisté à des niveaux de Seine supérieurs.
Avec les autres acteurs et notamment les syndicats amont, il sera opportun de :
- lancer une étude sur les cinétiques de déplacement des ondes de crues de l’amont vers l’aval afin de mieux connaître les temps de déplacement coté Orge (Yvelines vers Orge aval) et coté Yvette (Yvelines vers Yvette aval) et de mieux appréhender les effets cumulatifs synchrones et asynchrones des débits en provenance des divers territoires amont, compte tenu de la nature des sols,
- réfléchir aux actions préventives pour limiter les apports d’eaux usées en période de crise (les stations de lavage de voiture ont continué à fonctionner),
- réfléchir avec les autres syndicats à des bassins supplémentaires de retenue, notamment sur la Rémarde,
-  enfin, étudier afin de se préparer à des scénarios encore pire afin d’être le mieux préparé possible (coupures électriques, crue de longue durée…).
RÉFÉRENCES DU DOCUMENT
SYNDICAT DE L’ORGE, «Crue de l’Orge et de la Sallemouille du 30 mai au 6 juin 2016. Premiers éléments de synthèse et d’analyse», 5 p. Document adressé par mail aux délégués le 20 juin 2016 pour la réunion du Comité syndical du 23 juin 2016.
François CHOLLEY, président du Syndicat de l’Orge
Extrait de la vidéo présentée lors du Comité syndical du 23 juin 2016
©  Photo CAD / BM 2016

RÉFÉRENCES DE L’ARTICLE

SYNDICAT DE L’ORGE, Comité syndical du 23 juin 2016, Brétigny-sur-Orge, Salle Maison Neuve, 17 h 30.

SYNDICAT DE L’ORGE, «Crue de l’Orge et de la Sallemouille du 30 mai au 6 juin 2016. Premiers éléments de synthèse et d’analyse», 5 p.

Document adressé par mail aux délégués le 20 juin 2016 pour la réunion du Comité syndical du 23 juin 2016.

1. Contexte pluviométrique, un mois de mai très pluvieux et un lundi noir,
2. Le développement de la crue en deux temps,
3. Les dégradations de biens par les inondations de cours d’eau,
4. Le cas particulier de la Morte Rivière,
5. Les inondations par l’assainissement et le refoulement des eaux usées en Seine,
6. Vigi’Orge, le site Web, Facebook, Tweeter,
7. La coordination des acteurs,
8. Les principaux enseignements.

 ARTICLES EN LIGNE SUR http://savigny-avenir.info

Inondations

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°2002, lundi 27 juin 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Brétigny-sur-Orge : l’opération d’aménagement de «La Base 217» répond-elle aux exigences de l’intelligence citoyenne ?

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°201, lundi 20 juin 2016

Visite des 300 hectares urbanisables de la base aérienne 217 à Brétigny-sur-Orge
par Olivier LÉONHARDT, président de la communauté Cœur d’Essonne,
Josiane CHEVALIER, préfête de l’Essonne,
François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne, le 15 juin 2016.
©   Photo PEE / JMC 2016.

Le Premier ministre Manuel VALLS (PS) a donné ses lettres de noblesse à la formule étonnante de « maire bâtisseur » au Congrès des maires en 2014. Celle-ci a été reprise par nombre d’élus, comme Valérie PÉCRESSE (LR), présidente du conseil régional d’Ile-de-France. Elle n’est pas récente puisque des géographes et des politistes l’utilisent depuis un certain temps déjà. (1) Un débat aujourd’hui dépassé puisque ce ne sont plus les maires mais les présidents de communauté, les présidents d’établissement public, les président de métropole… qui ont ravi aux maires la capacité d’être des bâtisseurs.

«LES MAIRES BATISSEURS»
DISPARAISSENT AU PROFIT DE
«PRÉSIDENTS D’INTERCOMMUNALITÉ BATISSEURS»

On peut légitimement s’interroger sur ce qui rend recevable le concept de « maire bâtisseur » dans son ambition  de classer les élus locaux. L’expression personnalise à outrance le mérite de réalisations publiques en attribuant à une seule personne le mérite de les avoir conduites, oubliant le rôle collectif de la communauté municipale, tant au sein des conseils municipaux, qu’au sein de l’ensemble des populations concernées. Un équipement public n’est jamais un désir solitaire, mais un désir partagé par des citoyens.

La Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

La Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge. 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

La fonction bâtisseuse constituerait-elle un critère permettant de discriminer les « bons élus » des « mauvais élus » ? Sa reconnaissance constitue-t-elle un label ou bien un certificat anticipé pour un bilan de mandat avant de prochaines élections ? Le qualificatif est de toute façon chargé de significations implicites et de questionnements non formulés : que vaut-il mieux, en fin de compte, densifier l’espace urbain ou bien préserver les espaces libres ? A ceci près, que pour accéder au statut reconnu de « bâtisseur », il existe un préalable, pour qu’un espace public puisse entreprendre une urbanisation publique qui est de disposer à la fois :
•  d’un foncier libre,
•  des capacités financières pour procéder aux aménagements nécessaires.

Deux conditions qui se trouvent, semble-t-il, réunies par le projet d’aménagement de 300 hectares situés principalement sur les communes de Brétigny-sur-Orge et Le-Plessis-Pâté. L’opération est conduite par Olivier LEONHARDT (DG), président de la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne (21 communes, 260 000 habitants). Il concerne un espace non construit, occupé anciennement par la Base aérienne 217 (BA 217), propriété du ministère de la Défense, cédé pour 1 € à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne.

300 HECTARES CÉDÉS POUR 1 EURO

Actuellement, le ministère de la Défense a rétrocédé les parties nord et sud de l’emprise coupée en deux par la piste est-ouest qui relie deux blocs de bâtiments édifiés de part et d’autres. Cette rétrocession en deux parties non communicantes totalise 300 hectares. Elle a été confiée pour un euro symbolique à la communauté d’agglomération Cœur d’Essonne associée à la communauté de communes Val d’Essonne.

Fort de cette opportunité foncière, ces communautés envisagent des aménagements ambitieux des terrains actuellement cultivés. Car, comme le reste des terres autour de Paris, celles-ci sont fertiles voire même les plus fertiles de la région.

La chute du bloc de l’Est et la suspension de la conscription ont profondément modifié les missions et les moyens de la Défense nationale française. Dans un contexte où l’État est de plus en plus endetté, le ministère de la Défense a dû se séparer d’emprises dont il avait moins besoin, et dont l’entretien générait des charges importantes afin de réduire les dépenses et de dégager de nouvelles marges financières.

Le site de Brétigny-sur-Orge en fait partie. Base aérienne encerclée progressivement par l’urbanisation croissante de l’Ile-de-France, elle a cessé  ses activités les plus bruyantes depuis de nombreuses années déjà. À plus ou moins long terme, il était prévu la cessation complète de toute activité militaire sur le site. Le plan a récemment évolué. En effet, par exemple, la BA 217 sert actuellement de point d’accueil pour les soldats venus en renfort au titre de l’opération sentinelle.

LA VISITE DE LA BASE

Le mercredi 15 juin 2016, Olivier LÉONHARDT et Patrick IMBERT ont accueilli Josiane CHEVALIER, préfète de l’Essonne, et François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne, pour une visite des lieux et faire le point de la situation.

La visite s’est ponctuée en plusieurs lieux où doivent figurer les premiers projets d’aménagements. Ces aménagements concernent pour l’essentiel des activités du secteur tertiaire, aucune activité dans le secteur secondaire, et un reliquat de moins de 75 hectares alloués au primaire à travers des cultures biologiques dont du maraîchage.

Visite de la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge le mercredi 15 juin 2016.
Josiane CHEVALIER, préfète de l’Essonne, François DUROVRAY, président du conseil départemental de l’Essonne,
Nicolas MÉARY, maire de Brétigny-sur-Orge.
©  Photo PEE / JMC 2016.

En termes de potentiel d’emplois, la cible fixée est de 10 000 postes. Comme projet principal défini, il nous a été notifié l’installation à venir d’un pôle logistique d’e-commerce totalisant 3 000 emplois sur une surface 32 hectares et 240 000 m² de bâtiments. Les paris sont ouverts : Amazon, Cdiscount, FNAC, Carrefour, Vente-privée ou encore un outsider ?

Les emprises Ouest et du Carré Nord offrent des capacités d’installations considérables, mais qu’en est-il des potentielles entreprises clientes ?

En effet, et bien que cela soit prestigieux, l’implantation des principaux acteurs du secteur des drones, ne saurait suffire à combler toutes les offres foncières de l’emprise.

50 hectares de l’emprise seront consacrés aux événementiels rassemblant des foules immenses pour des événements ponctuels. Dans un langage familier, cela pourrait se résumer en des « Woodstocks » où rien ne serait improvisé.

LE PROBLÈME DES TRANSPORTS EN COMMUN

La question des transports doit être incidemment posée, que ce soit au fil de l’année ou lors des événements festifs ponctuels. Dans les deux cas, ceux-ci semblent à notre avis largement sous-évalués. La gare du RER-C de Brétigny-sur-Orge se trouve à plus de 2 km de l’entrée ouest de la BA 217. La voie routière qui longe l’emprise, la RD 19, est déjà bien chargée. L’implantation du gigantesque réseau de feux tricolores à l’intersection des RD 19 et 312 au nord n’a pas arrangé les choses, n’en déplaise aux promoteurs de ce genre de dispositif !

À propos du transport par câbles aériens appelés communément télécabines, les renseignements pris sur Internet font état d’une vitesse de 5 à 6 m/s (environ 18 km/h) et d’une capacité de 1 500 personnes par heure. (2) C’est bien en retrait des autres transports urbains y compris le bus en site propre qui a une capacité 2 fois supérieure.

UNE QUESTION NON ÉVOQUÉE :
CELLE DE LA DÉPOLLUTION DES SOLS

Immanquablement, un terrain militaire crée, provoque et subit diverses pollutions par ses activités passées et présentes. Il est peu probablement que l’emprise de la BA 217 y ait échappé. Toute cession ou modification d’activité d’un site nécessite certaines actions afin de déceler les atteintes à l’environnement. « La dépollution constitue alors un préalable à la reconversion fonctionnelle des sites militaires » qu’il s’agisse de dépollution pyrotechnique, qui concerne les activités de défense militaire (champs de tirs, entreposage de munitions, camps militaires…), ou de dépollution industrielle, qui concerne les activités en temps de paix (stockage de carburant, entretien de matériel, déchets polluants…). (3) Lors de la cession de l’État à une collectivité territoriale ou un EPCI, le ministère de la Défense doit remettre à l’acquéreur un audit environnemental, une étude historique de pollution pyrotechnique répertoriant et analysant les activités du site, un diagnostic évaluant le degré de pollution des différentes zones du bien cédé.

Avant cession, un site militaire étant assimilé à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), le ministère de la Défense prend en charge le démantèlement de l’installation classée, à savoir la dépollution industrielle, la remise en état et la mise en sécurité des lieux lors de l’arrêt de ses activités.

Pour la dépollution pyrotechnique, dans le cadre des dispositions de l’article 67 de la loi n° 2008-1425 sur la cession à l’euro symbolique (avec obligatoirement complément de prix différé), « le cessionnaire est substitué à l’État pour les droits et les obligations liés aux biens qu’il reçoit en l’état ». Cette dépollution est donc à la charge de l’acquéreur. Si une revente du bien (en entier ou en partie) est effectuée dans les quinze années qui suivent la cession initiale, le coût des travaux de dépollution est alors déduit du complément de prix différé. (4)

De quelle nature sont les pollutions sur l’emprise de la BA 217 ? Que mentionne l’audit environnemental, l’étude historique pyrotechnique, le diagnostic ? Quel sera le chantier de dépollution ? A quels coûts ? Lors de la visite, les autorités ont été bien silencieuses sur le sujet.

ANALYSE SWOT  (MOFF) DU PROJET

Forces/Faiblesses

  • Force. Surface. Dynamisme apporté par une communauté d’agglomération (EPCI) de 21 communes et de 260 000 habitants.
  • Faiblesse. Transfert des décisions en matière d’aménagement, d’urbanisme, d’équipements… depuis l’échelon communal vers l’échelon communautaire. Quelles seront les justes répartitions des avantages et des coûts ?
  • Force. Gouvernance centralisée.
  • Faiblesse. Gouvernance démocratique et participative à inventer. Autant le citoyen municipal possède une existence certaine, autant le citoyen communautaire a une existence problématique.
  • Force. Opportunité d’urbaniser un foncier à l’état naturel.
  • Faiblesse. Disparition de zones libres. Imperméabilisation inévitable des sols.
  • Force. Créations d’emplois.
  • Faiblesses. Accessibilité du site. Transports en commun inexistants. Accès routiers saturés aux heures de pointe : bouchons automobiles quotidiens sur la route nationale 104 (dite Francilienne), entre Évry et Linas, sur la route départementale 19, entre Arpajon et Fleury-Mérogis/Grigny, « queues » de véhicules pour accéder ou sortir de la zone d’activité de la Croix-Blanche…

Opportunités/Menaces

  • Opportunité. Reprise de 300 hectares de terrain militaire.
  • Menaces. Difficultés liées à la reprise de terrains militaires pouvant receler diverses pollutions (hydrocarbures, pyrotechnie d’armement…).
  • Opportunité. L’EPCI Cœur de l’Essonne disposera de 300 hectares pour 1 € symbolique.
  • Menaces. Incertitude sur l’évolution à terme de la structure de l’intercommunalité qui est susceptible de transférer des charges de fonctionnement sur les communes, et donc sur les budgets communaux et sur les contribuables.
  • Opportunité. Le transfert par le ministère de la Défense de terrains dont il était propriétaire à une collectivité territoriale publique ne pose pas en soi de problème.
  • Menace. En revanche, d’éventuelles ventes par l’EPCI à des propriétaires privés de biens fonciers provenant du Domaine national peut soulever des interrogations sur sa justification (sur l’opération de privatisation, sur son fondement, et sur la détermination de la valeur des biens transférés…).

NB. Cette grille est établie à partir des informations dont nous disposons au moment où cet article est rédigé. Elle sera corrigée, complétée en fonction des éléments nouveaux dont nous aurons connaissance.

CONCLUSION. On peut s’interroger sur l’intérêt véritable de l’État et sur les contre-parties qu’il attend de la part des collectivités locales. Un bilan prospectif coûts/bénéfices doit être établi, rendu public, débattu et corrigé chaque année.

Entrée de la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge visitée le mercredi 15 juin 2016.
©  Photo PEE / JMC 2016.

RÉFÉRENCES
1. PRÉVOT Maryvonne
, « Pierre Mauroy, maire bâtisseur : un héritier de l’avenir », Revue du Nord, 2011, n°389, p. 181-192.
2. Sur les remontées mécaniques, lire le site Internet : http://www.remontees-mecaniques.net.
3. GINET Pierre, « Le lien défense-territoires. Quelles perspectives pour le géographe sur le plan scienti fique et dans sa pratique de l’aménagement ? », Cours magistral de Master Défense, risque, sécurité et aménagement, Metz (Université de Lorraine), France. 2014, 17 p. : https://cel.archives-ouvertes.fr/cel-00966048.
4. DAFI, CERTU, « Modalités de cession des immeubles du ministère de la Défense », fiche 6, septembre 2013, 12 p. (pdf) : DAFI CERTU 2013.

NOTE
L’invitation du conseil départemental de l’Essonne à la visite de la BA 217 le 15 juin 2016 est parvenue par mail à Bernard MÉRIGOT, rédacteur en chef de Territoires et démocratie numérique locale et président de Mieux Aborder L’Avenir, le 10 juin. Empêché par d’autres obligations professionnelles, il a demandé à Jean-Marie CORBIN, président de Portes de l’Essonne Environnement et directeur de publication de www.portes-essonne-environnement.fr, de bien vouloir le remplacer auprès des officiels durant cette visite. Le présent article a été rédigé en collaboration par les deux rédacteurs et Sylvie MONNIOTTE-MÉRIGOT. Il est publié sur les deux sites Internet avec des illustrations, des références et un titre différents.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°201, lundi 20 juin 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016.

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La pratique de la politique locale nous apprend-elle quelque chose ? (Gilles Deleuze et Anne Querrien)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°200, lundi 13 juin 2016

« Apprendre, c’est se mettre en jeu et en risque » nous rappelle Anne QUERRIEN dans son intervention sur « la politique en-deçà et au-delà de la représentation » consacrée à une lecture sur « Gilles DELEUZE politique » (1).

Anne QUERRIEN (à gauche) en conversation avec Jean-Claude POLACK (au centre),
directeur de la publication de Chimères
(Revue de schizoanalyse fondée par Gilles DELEUZE et Félix GUATTARI,
à l’issue du Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regard sur les terrains (2)
dirigé par Monique SELIM, Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris, mardi 12 avril 2016.
©  Photo CAD / BM 2016

EST-IL POSSIBLE D’APPRENDRE
DE LA POLITIQUE LOCALE ?

Le malheur des représentants, « c’est de parler pour les autres », écrit Gilles DELEUZE dans Différence et répétition (p.74). En politique, le problème est que les leaders, au fil de l’exercice du pouvoir, « décrochent » des sensibilités qu’ils ont réunies lors de leur candidature. Élaborées pour vanter le vivre ensemble, elles se trouvent vidées  de leurs signifiants et de leurs contenus. Anne QUERRIEN, commentant la pensée de Gilles DELEUZE, analyse leurs manifestations : vides grandissants, ratissages de plus en plus large, et enfin, besoin d’outils de répression pour maintenir ensemble des sensibilités divergentes.

Quel rapport y a-t-il entre l’objet vu et le voyant ? La représentation est porteuse d’un ordre conservateur. Sa rencontre avec un itinéraire populiste est inévitable puisqu’elle se poursuit dans une dépendance d’ennemis désignés. La représentation de la scène politique de l’affrontement se construit toujours par opposition à autrui : c’est une pensée dominante.

Arrêtons-nous sur « Tout le monde sait, personne ne peut nier » (Différence et répétition, p.170). C’est l’énoncé dominant par excellence des politiques qui en appellent au « bon sens » et au « sens commun », slogans par lesquels les leaders affirment que leur nature est droite et qu’ils sont « pleins de bonne volonté ». Ce moment de l’énonciation politique, que l’on peu qualifier d’unanimiste (tout le monde pense la même chose), n’est jamais improvisé. Elle a été préparée à dessein pour qu’un sens commun adéquat s’impose à tous les membres réunis en groupe, en collectif, en collectivité… Une telle construction abaisse tous les énoncés vers leurs contenus les moins élaborés, adoptés immédiatement par les éléments les plus radicaux, voir les plus violents. L’opposition entre « Eux : à abattre » et « Nous : à préserver » constitue l’antichambre des totalitarismes.

LE RÉCIT POLITIQUE :
ROMAN POLICIER OU SCIENCE FICTION ?

Dans son avant-propos à Différence et répétition, Gilles DELEUZE écrit qu’ « un livre de philosophie doit-être pour une part une espèce très particulière de roman policier, pour une autre part une sorte de science-fiction. »

  • « Par roman policier, nous voulons dire que les concepts doivent intervenir, avec une zone de présence, pour résoudre une situation locale. Ils changent eux-mêmes avec les problèmes. Ils ont des sphères d’influence, où ils s’exercent, nous le verrons, en rapport avec des « drames » et par les voies d’une certaine « cruauté ». Ils doivent avoir une cohérence entre eux, mais cette cohérence ne doit pas venir d’eux. Ils doivent recevoir leur cohérence d’ailleurs ».
  • Science fiction, encore en un autre sens, où les faiblesses s’accusent. Comment faire pour écrire autrement que sur ce qu’on ne sait pas, ou ce qu’on sait mal ? C’est là-dessus nécessairement qu’on imagine avoir quelque chose à dire. On n’écrit qu’à la pointe de son savoir, à cette pointe extrême qui sépare notre savoir de notre ignorance, et qui fait passer l’un dans l’autre. C’est seulement de cette façon qu’on est déterminé à écrire. Combler l’ignorance, c’est remettre l’écriture à demain, ou plutôt la rendre impossible. Peut-être y a-t-il là un rapport de l’écriture encore plus menaçant que celui qu’elle est dite entretenir avec la mort, avec le silence.»  (3)

La condition pour apprendre de la politique est de considérer ses récits comme des livres de philosophie : partagés entre deux genres.


« On refuse l’alternative générale de la représentation infinie : ou bien l’indéterminé, l’indifférent, l’indifférencié, ou bien une différence déjà déterminée comme négation, impliquant et enveloppant le négatif.» (p.74)

« Ce n’est pas la différence qui suppose l’opposition, mais l’opposition qui suppose la différence (…) ». (p.74)

RÉFÉRENCES
1. QUERRIEN Anne, «Deleuze politique avant sa rencontre avec Guattari. La politique en-deçà et au-delà de la représentation», intervention au colloque « Deleuze : virtuel, machines et lignes de fuite, dirigé par Anne QUERRIEN, Anne SAUVAGNARGUES, et Arnaud VILLANI, 1er août-11 août 2015, Centre culturel international de Cerisy, 6 p.
QUERRIEN Anne,
«Deleuze politique avant sa rencontre avec Guattari. La politique en-deçà et au-delà de la représentation», Workshop proposé par Marco CANDORE, Anne QUERRIEN et Mayette VILTARD, « Choerrances/Cohérences et chaosmose », École lacanienne de psychanalyse, Paris, samedi 18 juin 2016.
2. Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regard sur les terrains,
organisé par Monique SELIM, anthropologue; Olivier DOUVILLE, psychanalyste; Delphine LACOMBE, sociologue;  Julie PEGHINI, anthropologue. Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris.
3. DELEUZE Gilles,
Différence et répétition, PUF, 1968, p. 3

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°200, lundi 13 juin 2016

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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Savigny-sur-Orge. La vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval n’a pas été prise en compte

Les élus locaux et les administrations territoriales ont la charge de prévenir les risques d’inondation. Pratiquent-ils une veille documentaire à l’égard des recherches universitaires qui sont effectuées sur la vulnérabilité de leur territoire et de leurs populations ? Il est permis de s’interroger à ce sujet lorsque l’on constate qu’il faut attendre qu’une catastrophe se produise en 2016 pour découvrir que des conclusions avaient été publiées en 2005 – soit onze ans avant - sur la vulnérabilité aux inondations.

C’est ainsi qu’une étude portant sur  le groupe scolaire Kennedy de Savigny-sur-Orge (18 classes,  500 élèves) a fixé en 2005 que son taux de vulnérabilité, pour les cinq critères retenus, se situait entre 60 % et 93 %. Onze ans après, le 1er juin 2016, ce groupe scolaire était évacué dans l’urgence et la confusion des enseignants, des élèves et des parents. Pourquoi cette étude n’a t-elle pas été prise en compte ? Pourquoi n’y a-t-il à ce jour aucun programme de sécurisation ? Pourquoi la sécurité n’est-elle même pas assurée par un rehaussement des accès ?

Savigny-sur-Orge. L’Orge a quitté son lit
L’école et le gymnase Kennedy inondés
2 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016

Trois universitaires ont effectué une recherche intitulée « Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du Bassin de l’Orge aval ». Il s’agit de Bruno BARROCA (Laboratoire Génie urbain, environnement, habitat, Université de Marne-la-Vallée), Nathalie POTTIER (Laboratoire de géographie des milieux anthropisés (1) CNRS, Université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines), Émilie LEFORT (Centre d’enseignement et de recherche Eau Ville Environnement, École nationale des Ponts et chaussées, Marne-la-Vallée). Leur travail a été publié en 2005.

« L’INDIGENCE DES TRAVAUX SUR LA VULNÉRABILITÉ »

Ils écrivent en introduction de leur étude : « Les collectivités locales sont particulièrement vulnérables face aux risques naturels. Ces évènements occasionnent des coûts (matériels et humains) et des conséquences sur l’opinion publique qui entraînent une préoccupation grandissante pour les autorités locales et nationales. Ils exposent les faiblesses du système de prévention ainsi que la fragilité des moyens de prévention. »

« Le contraste est souvent saisissant entre les moyens mis en œuvre pour la connaissance de l’aléa et l’indigence des travaux sur la vulnérabilité, définies comme « la mesure des conséquences dommageables de l’inondation sur les enjeux » soit « la fragilité d’un système socio-économique dans son ensemble face au risque ». (2)

Savigny-sur-Orge. Fermeture de l’École Kennedy
jeudi 2 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016

DES DÉFIS URGENTS EN MATIÈRE D’INONDATION

Pour les auteurs, « la vallée de l’Orge, affluent de la Seine située en amont de Paris, présente de forts enjeux socio-économiques (habitat dense, industrie de haute technologie, zone commerçante…) potentiellement sensibles aux inondations liées aux crues hivernales et estivales de l’Orge et de la Seine ».

Le bassin versant possède des équipements de régulation (bassins de stockage, prairies inondables) dont les capacités sont limitées.

Le syndicat intercommunal « SIVOA », devenu « Syndicat de l’Orge », est en charge de la gestion des eaux pluviales et de la rivière par délégation des compétences communales. Il est confronté à des défis urgents en matière de gestion des risques :

  • inondations locales et brutales lors des étés 1999 et 2001,
  • passage du Plan d’exposition aux risques (PER) de 1983, comportant une référence vicennale (événement se produisant en moyenne une fois tous les vingt ans), au Plan de protection aux risques (PPR), comportant une référence centenale (événement se produisant en moyenne tous les cent ans),
  • maintien de la pression foncière (plus de 70 % du territoire est urbanisé).

Ils notent le besoin urgent du syndicat de mieux connaître son territoire par une analyse de l’évolution des vulnérabilités des communes et de leurs équipements particuliers.

Savigny-sur-Orge. Le niveau de l’Orge monte
Évacuation de l’École maternelle Kennedy
Mercredi 1er juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016

SAVIGNY-SUR-ORGE PARMI LES TROIS SITES TESTS

Trois sites tests ont été choisis dans la partie aval du bassin afin d’identifier les points sensibles :

  • le groupe scolaire Kennedy à Savigny-sur-Orge,
  • le camping de Villiers-sur-Orge,
  • le centre-ville piétonnier de Juvisy-sur-Orge.

La méthode employée repose sur une pratique d’enquête : « il s’agit d’auditer les acteurs locaux impliqués dans le travail de réduction des vulnérabilités aux inondations. Ils sont de ce fait susceptibles de connaître parfaitement la réalité du terrain». Il ne faut pas perdre de vue que l’outil est construit par les acteurs locaux afin de répondre à leurs besoins.

Pour l’étude, cinq indicateurs ont été fixés :

  • aléa
  • population
  • bâti
  • activité
  • gestion

UN TAUX DE VULNÉRABILITÉ INTOLÉRABLE

Le « graphique synthétique de vulnérabilité » suivant a été élaboré. Il utilise une échelle de 0 à 3 (0 : pas vulnérable, 1 : faiblement vulnérable, 2, moyennement vulnérable, 3 : fortement vulnérable).

  • Aléa : 1,8
  • Population : 2,8
  • Bâti : 2,4
  • Activité : 1,7
  • Gestion : 2,3
Savigny-sur-Orge. Vulnérabilité du groupe scolaire Kennedy
« Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du Bassin de l’Orge aval »
(BARROCA, POTTIER, LEFORT, 2005), p. 8

L’indice moyen de vulnérabilité moyen est de 2,2 sur 3.

Si on traduit cette échelle de vulnérabilité en pourcentage, on a les chiffres suivants : Aléa : 60 %, Population : 93 %, Bâti : 80 %, Activité : 56 %, Gestion : 76 %. Le pourcentage moyen est 73 %, ce qui est considérable et qui se situe au-dessus de la limite tolérable.

Les trois auteurs concluent : « Pour le site du groupe scolaire de Savigny-sur-Orge, le graphique synthétique de vulnérabilité montre qu’il faut agir sur la population (conscience et information), le bâti (mal adapté) et la gestion du risque (mesures préventives et mesures d’urgence). »

Le Bassin versant de l’Orge.
La quatre communes de Savigny-sur-Orge, avec Viry-Châtillon, Juvisy-sur-Orge, et Athis-Mons
sont situées les plus en aval, avant la confluence de l’Orge et de la Seine (à Athis-Mons).
Ce sont les communes les plus exposées aux risques d’inondation provenant de l’amont

Les causes qui empêchent la prévention effective des inondations de zones habitées sont connues. En 2003, un rapport de l’Inspection générale de l’environnement (Ministère de l’environnement) est publié. Il porte sur six départements français et note que « la méconnaissance ainsi que la prise en compte partielle des vulnérabilités territoriales engendrent les mauvais choix d’aménagement.» (3) Nous sommes en 2016, treize ans après le rapport. Dans un premier temps, il est urgent qu’une sécurisation des accès, par un rehaussement permanent des cheminements (fixés à une côte déterminée pour un secteur donné), soit réalisée dans les zones inondables. Les installations provisoires nécessitent des délais de mise en oeuvre,  des véhicules et des moyens humains importants pour être stockés, acheminés, montés, et ensuite démontés… si le flux de l’inondation ne les a pas emportés avant… Ces installations engendrent elles-mêmes des dangers.

Savigny-sur-Orge. Accès à l’immeuble du 25 rue des Rossays
Jeudi 2 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016
Savigny-sur-Orge. Accès à l’immeuble du 4 rue de Morsang
Jeudi 2 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016

LA VULNÉRABILITÉ SOCIALE
ET LES TEMPORALITÉS PARALLÈLES DU RISQUE

On le voit, la connaissance des différents aspects qui constituent les vulnérabilités d’un territoire soumis à un aléa représente l’apport déterminant pour diminuer les conséquences d’une inondation à la condition de ne pas s’enfermer dans une stricte logique coût/avantage.

Les travaux publiés par les sciences humaines (anthropologie sociale, ethnologie, sociologie, géographie, histoire…) qui examinent la vulnérabilité sociale, constatent la difficulté de croiser trois capacités :
•  la capacité à anticiper l’aléa,
•  la  capacité à faire face à l’urgence,
•  la capacité de reconstruction.

La vulnérabilité sociale doit prendre en compte plusieurs incertitudes (de l’aléa, de l’exposition au risque, des moyens…) en les intégrant dans les temporalités parallèles du risque (évaluant les dommages sur la santé et les pertes de biens irremplaçables).

RÉFÉRENCES

1. ANTHROPISÉ / ANTHROPISATION. En géographie et en écologie, l’anthropisation est la transformation d’espaces, de paysages, d’écosystèmes ou de milieux semi-naturels sous l’action de l’homme. Un milieu est dit anthropisé quand il s’est éloigné de la naturalité originelle.

2. BARROCA Bruno, POTTIER Nathalie, LEFORT Émilie, « Analyse et évaluation de la vulnérabilité aux inondations du bassin de l’Orge aval », Septièmes Rencontres Théo Quant, janvier 2005, 12 p. L’article comporte une importante bibliographie (2 pages).

Les auteurs, dans la publication de leur recherche, adressent leurs remerciements à ceux qui leur ont apporté une aide pour mener à bien leur travail sur le terrain, notamment «le Syndicat Mixte de la Vallée de l’Orge Aval (SIVOA), interlocuteur privilégié pour les problématiques locales». Il est regrettable que le SIVOA n’ait pas, à l’époque, transmis cette étude à tous les délégués concernés. Nous ne la découvrons que maintenant, suite aux inondations de juin 2016 !

3. HUET P et coll., Retour d’expériences des crues de septembre 2002 dans les départements du Gard et de l’Hérault, du Vaucluse, des Bouches du Rhône, de l’Ardèche et de la Drôme, Rapport de l’Inspection générale de l’Environnement (IGE), Ministère de l’environnement, 2003, 133 p. + annexes.

ARTICLES EN LIGNE SUR LA PRÉVENTION DES INONDATIONS

Savigny-sur-Orge. Évacuation en barque d’habitants du 12, rue de Morsang
Jeudi 2 juin 2016
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Savigny-sur-Orge. Mémoires d’inondations : l’Orge. Archives actualisées

INONDATIONS. FIL D’ACTUALITÉ
« Point crue »
Extraits du site officiel de la Mairie de Savigny-sur-Orge

La mémoire humaine des inondations est fugace. Il est important de conserver une chronologie des faits tels qu’ils ont été noté par ses témoins. On lira ci-dessous les faits enregistrés et mis en ligne sur le site officiel de la mairie de Savigny-sur-Orge (http://www.savigny.org). Les derniers datent du 5 juin 2016, les premiers du 31 mai 2016.

Savigny-sur-Orge. «Alerte crue. École et gymnase Kennedy fermés jusqu’à nouvel ordre »
Affiche apposée  rue de Morsang le samedi 4 juin 2016
©   Photo CAD / BM 2016
Dimanche 5 juin 2016. 20 h 00
Opération de pompage au 10-12 rue des Prés Saint Martin terminée.
La mise hors d’eau totale des 21 et 21 bis rue de Morsang devrait intervenir dans la nuit entre 00h00 et 01h00. L’électricité devrait être rétablie d’ici lundi matin. 4 rue de Morsang. le courant est rétabli dans une cage d’escaliers sur deux.
De l’eau encore présente dans un local technique empêche de rétablir la totalité du service.
Dimanche 5 juin 2016
Le rétablissement de l’électricité du 4 rue de morsang connaît quelques difficultés  et au 21 et 21b rue des Rossays.
ERDF pourrait intervenir ce soir rue des Rossays.
Une opération de pompage assurée par le SDIS 91 est en cours au 10-12 rue des Prés Saint Martin suite à une montée d’eau, progressive, survenue hier. La situation est sous contrôle.
L’accès au groupe scolaire Kennedy est maintenant hors d’eau. Les écoles Kennedy restent fermées jusqu’à nouvel ordre. Toutes les autres seront ouvertes lundi.
Les services techniques restent en alerte compte tenu des prévisions d’orages.
Samedi 4 juin 2016. 14 h 00
La Ville a déployé des bacs supplémentaires au pied des collectifs dégagés : 4 et 12 rue de Morsang et Résidence de l’Orge.
Nous invitons les saviniens restés dans les logements privés d’électricité, ou ayant pris la décision de réintégrer les logements hors d’eau, de jeter prioritairement les denrées alimentaires dans ces bacs.
L’EPT 12 assurera une collecte supplémentaire.
La Ville est actuellement à la recherche de solutions pour permettre l’évacuation des encombrants.
Vendredi 3 juin 2016. 12 h 00
En raison de la crue de l’Orge, les écoles et le gymnase Kennedy sont fermés jusqu’à nouvel ordre.
Les enfants empruntant régulièrement les transports scolaires seront conduits au service d’accueil organisé au Gymnase Champagne. Les enfants venant habituellement par tout autre moyen de transport seront accueillis par des agents municipaux devant les écoles de 7 h 30 à 8 h 30.
Ils seront conduits au gymnase Champagne par un système de navettes.
Le service de restauration scolaire sera assuré sur site. Les parents auront la possibilité de récupérer leur(s) enfant(s) au gymnase jusqu’à 18h.
Au-delà, les enfants seront reconduits, en car devant les écoles Kennedy pour 18 h 30.
A ce jour, nous ne connaissons pas les délais de remise en état des écoles Kennedy étant donné que la décrue n’est pas terminée. Nous tiendrons les familles régulièrement informées de l’évolution de la situation via le site internet et le Facebook de la ville.
La crèche Les moussaillons sera réouverte dès lundi matin.
S’agissant des immeubles qui ont été évacués, la décrue est en cours. ERDF nous informe que les foyers actuellement privés d’électricité verront le service rétabli d’ici dimanche sauf nouvelle anomalie. Toutefois pour les 21 et 21 bis rue des Rossays, ce délai pourrait être allongé.
Vendredi 3 juin 2016
La rue des Près Saint Martin est ouverte à la circulation (côté Savigny).
Le Pont de la RD 25 est praticable pour des véhicules légers.
La rue de Morsang est praticable pour la route mais pas pour l’accès école.
La crèche des Moussaillons reste fermée par précaution
Le Centre de loisirs Charles Perrault est en cours de nettoyage.
Les délais de rétablissement de l’électricité des Bâtiments suivants n’est pas connu : 4 et 12 rue Morsang, 21 bis rue desRossays, 29 rue des Rossays, Chemin des Franchises Kennedy
Les services municipaux restent en alerte, notamment concernant l’évolution du niveau de la Seine. Le périmètre d’intervention reste le même qu’au 1er juin.
Pour l’heure le niveau de l’Yvette baisse, celui de l’orge dans de faibles proportions.
Vendredi 3 juin 2016. 00 h 00
Baisse générale du niveau de l’eau (Grand-Vaux et Prés Saint Martin : réouverture de la rue). Le secteur Kennedy reste placé sous surveillance. Tour des Rossays, 29 rue des Rossays, 12 et 4 rue de Morsang, seuls les Saviniens refusant une évacuation sont restés chez eux. Les Services techniques restent en alerte.
Une permanence téléphonique est à votre disposition, toute la nuit : 01.69.54.40.00
Jeudi 2 juin 2016. 21 h 30
Ci-dessous, iste des écoles fermées le 03 juin 2016 (Source Préfecture de l’Essonne) validée par le DSDEN à 20h30 (P5 : Commune de Savigny-sur-Orge : écoles Kennedy)
http://www.essonne.gouv.fr/content/download/18796/160464/file/dsden91_ETABFERMES.pdf
Le dispositif concernant les écoles du 31 mai est reconduit. Seules les écoles (et le gymnase Kennedy) restent fermées demain. La ville assure le service périscolaire aux horaires habituels. Pour autant nous ne pouvons préjuger de l’étendue du service proposé par l’Éducation Nationale en raison d’un imbroglio entre la Préfecture et l’Inspection Académique. La ville ayant reçu des communications différentes de la part de ces deux administrations.
En raison de cette incertitude, nous invitons les parents ayant pris leurs dispositions à ne pas changer leur organisation. Cordialement.
Jeudi 2 juin 2016. 12 h 40
Fermeture de la rue des Prés Saint Martin , côté Savigny-sur-Orge.
Jeudi 2 juin 2016. 11 h 45
Toutes les manifestations culturelles, associatives et sportives du weekend organisées dans les structures municipales sont annulées. Les fêtes de quartiers également.
Les logements de l’immeuble du 12 rue de Morsang sont en cours d’évacuation. L’immeuble du 4 rue de Morsang est moins touché mais des départs volontaires s’y organisent.
La crèche Les Moussaillons est évacuée par mesure de précaution.
Les enfants ne pouvant pas être récupérés par les parents sont conduits dans les locaux administratifs provisoires du Relais d’Assistantes Maternelles (ancienne Crèche familiale). Renseignements : 01 69 96 15 53
Foyer-Logement Lucien Midol, rue de Morsang. Les 11 résidents les plus fragiles sont conduits à titre préventif au Foyer César Franck. L’évacuation du site n’est pas pour l’heure envisagée.
Le secteur des Prés Saint Martin : quelques gènes à prévoir au niveau de la voirie, difficultés isolées en sous sol.
Le secteur de Grand Vaux, moins touché, reste placé sous vigilance
Le SDIS 91 recense 15 alertes en provenance de particuliers
Jeudi 2 juin 2016. 8 h 00
La rue des serres est inondée,
La crèche Les Moussaillons n’est pas atteinte,
L’école Kennedy est inondée.
Le gymnase Douillet n’est pas atteint.
L’eau monte à la Maison de quartier de Grand Vaux et au Centre de loisirs Charles Perrault. Aucune activité programme. Le mobilier est rehaussé
La passerelle du parc de Morsang-Savigny est condamnée
Pont de la RD 25. Les eaux sont au-dessus du pont
Tour de la rue des Rossays : caves et rez-de-chaussée inondés, une vingtaine de Saviniens ont été accueillis cette nuit gymnase COUBERTIN, d’autres ont préféré rester chez eux ou prendre leurs dispositions auprès de proches.
Les agents municipaux continuent d’aller à la rencontre des Saviniens et de sécuriser les sites publics.
Mercredi 1er juin 2016. 22 h 00
Les inondations restent concentrées sur le secteur Kennedy. À la tour de la rue des Rossays, l’évacuation se poursuit. Des habitants font le choix de rester. Ils continueront à être visités demain matin par les services municipaux.
Suez annonce que certains ouvrages ne seront plus en mesurer d’assurer l’assainissement : Chemin des Franchises Rue des Rossays, Allée Christofaro, Rue Marc Sangnier, Rue de l’Égalité, Rue Maxime.
Les phénomènes météo étant concentrés sur le quartier Kennedy, la mairie tiendra néanmoins, jusqu’à minuit, une cellule téléphonique pour connaître des difficultés supplémentaires pouvant survenir. Téléphone : 01 69 54 40 00. Passé minuit, le 18 prend le relais.
Mercredi 1er juin 2016. 20 h 00
Quartier Kennedy.
Le niveau de l’eau a atteint le Rez-de-chaussé de l’école. Il est à craindre que la montée ne soit pas terminée. Le mobilier a été surélevé.
Tour du 25 rue des Rossays.
Le niveau d’eau est en constante augmentation. Montée de 60 cm en 3 heures. Le pont roulant est noyé. Les eaux descendent sur le site et créent un courant dangereux pour les piétons. Les ascenseurs sont actuellement condamnés par les services de la ville. L’évacuation de l’ensemble des habitants de la tour va être demandé afin d’empêcher que les habitants ne puissent sortir de chez eux avant demain midi. La barque est fonctionnelle et sert actuellement pour évacuer les habitants qui le souhaitent (certains habitants ont déjà quitté les lieux). Ils sont accueillis au COSOM par les services de la ville et la Croix Rouge.
Chemin de Charaintru.
Fermeture complète du chemin. Le blocage sera prolongé au-moins jusqu’à demain midi.
La Seine va probablement monter jusque vendredi après-midi et cela aura forcément une incidence sur le niveau des eaux à Savigny.
Les agents municipaux restent mobilisés.
Mercredi 1er juin 2016. 19 h 00
15 agents municipaux ont été déployés tout au long de la journée pour répondre aux problématiques techniques de sécurité liée à la crue de l’Orge et aux inondations touchant le bas de Savigny dans le secteur Kennedy.
La Ville de Savigny-sur-Orge a assuré le montage et la mise en service d’une passerelle pour permettre l’accès à la tour de la Résidence du 25 rue des Rossays.
Si le SIVOA prévoit une hausse modérée du niveau des eaux, notamment de l’Yvette (+ 15cm jusqu’à jeudi midi), les services municipaux organiseront une veille des secteurs inondés jusqu’à 4 heure matin.
Prochain relevé d’informations en fonction de l’évolution notable de la situation.
Mercredi 1er juin 2016
Fermeture des écoles et du gymnase Kennedy . En raison de la crue de l’Orge, les écoles et le gymnase Kennedy sont fermés jusqu’au vendredi 3 juin inclus. Cette décision a été prise en concertation avec l’Éducation Nationale. La Ville organise un service minimum d’accueil pendant cette période de fermeture.
Ce mercredi 1er juin
, les enfants du centre de loisirs seront conduits à 13h45 au gymnase Coubertin, les parents ont la possibilité de chercher leur(s) enfant(s) à cet endroit jusqu’à 18h00. Au-delà les enfants seront reconduits, en car, devant les écoles Kennedy pour 18h30.
Le jeudi 2 juin et le vendredi 3 juin,
les enfants empruntant régulièrement les transports scolaires seront conduits au service d’accueil organisé au Gymnase Champagne. Les enfants venant habituellement par tout autre moyen de transport seront accueillis par des agents municipaux devant les écoles de 7h30 à 8h45.
Ils seront conduits au gymnase Champagne par un système de navettes.
Le service de restauration scolaire sera assuré sur site. Les parents auront la possibilité de récupérer leur(s) enfant(s) au gymnase jusqu’à 18h.
Au-delà,  les enfants seront reconduits, en car, devant les écoles Kennedy pour 18h30
Une cellule d’information est à disposition des parents ce mercredi après-midi via le 01 69 54 40 00
Veuillez trouver un formulaire permettant de déclarer à nos services, les dégâts dont vous pourriez être victime afin de constituer votre demande de reconnaissance de catastrophe naturelle auprès de la Préfecture.
Mardi 31 mai 2016. 17 h
L’état de nos cours d’eaux s’améliore ce soir. La baisse constatée à 15 h 00 est confirmée à 17h10 pour l’Yvette et l’Orge.
Les sécurisations apportées ce jour par les services techniques sur les sites à risque seront conservées en l’état jusqu’à demain inclus. Le Conseil départemental propose une carte des axes départementaux fermés ou inondés : http://www.essonne.fr/fileadmin/act…
Mardi 31 mai 2016. 15 h
Haut de Savigny. Rien à signaler
Secteur du « bas de Savigny-sur-Orge ». Condamnation de la passerelle du Parc du séminaire par deux  barrières sur le chemin des franchises.
Grand Vaux. Condamnation de la passerelle piéton d’accès au gymnase Douillet.
Le parking du gymnase Kennedy reste actuellement fermé au public.
Constat d’une baisse générale de 5 cm des eaux de l’Orge et pour l’Yvette. La hauteur à 14h30 était de 18 cm et maintenant celle-ci est passée à 17 cm. Amélioration sensible de la situation générale.
Mardi 31 mai. 11 h 15
Le parking de la Résidence du 21 rue des Rossays est inondé, l’eau déborde des tampons. Hauteur d’eau d’environ 50 cm, plusieurs véhicules ont leur moteur noyé.
L’entrée de l’école Kennedy inondée, non par la montée de l’Orge mais uniquement à cause des eaux de pluie.
L’Orge qui se situe sur le Boulevard de l’Orge angle rue Labourbe : promenade inondée et montée de 2 cm des eaux en une heure (constat à 11h15).
Présence des pompiers et du SIVOA et des services de la ville qui travaillent de conservent (sic) sur place.
Constats sur l’Yvette à Grand Vaux. Pont entre le Skate-parc de Charles Perrault et la crèche Les Moussaillons : montée de l’Yvette de 4 cm.
Le pont est fermé actuellement à la circulation.
Promenade située le long de la clôture de Charles Perrault complètement inondée et inaccessible.
Mardi 31 mai 2016. 10 h
Les services de la Ville sont mobilisés depuis l’annonce par la Préfecture du placement en Vigilance orange pour les inondations du département de l’Essonne.
L’Orge présente toujours des débits forts sans être exceptionnels. Les niveaux de l’Yvette débordent actuellement au niveau du centre aéré de Grand-Vaux, sans toutefois toucher les structures communales.
Pour l’Orge, coté Juvisy-sur-Orge, les abords sont recouverts. Ils ne débordent pas complétement mais sont impraticables pour le moment.
L’intégrité générale des structures communales n’est pas atteinte.
L’Alerte « Vigi’Orge » auprès des riverains afin de leur demander de rester vigilants reste néanmoins toujours d’actualité.

DOCUMENT

UNE RÉSIDENCE ENCORE VICTIME
DES INONDATIONS A SAVIGNY-SUR-ORGE

Une de boue et d’eau croupie planait encore hier matin sur la résidence de l’Orge, à Savigny. Pour les quelque 500 habitants de cette copropriété installée en bordure de la rivière, l’heure était au nettoyage. La veille, la résidence entière avait été subitement envahie par les eaux boueuses de la rivière en crue. Après avoir noyé le parking, les flots avaient coupé du monde une tour de la résidence, obligeant ses habitants à se déplacer en barque toute la journée de samedi. Finalement, le niveau a baissé petit à petit en fin de journée, libérant l’accès au hall de l’immeuble. Seules les caves restaient inaccessibles hier, l’escalier d’accès ressemblant à une véritable fosse de plongée remplie d’eau saumâtre. La marée a laissé derrière elle une mince couche de limon et beaucoup de dépit. « Je ne comprends pas ce qui se passe, lance un habitant, en train de nettoyer son box sur le parking. Quand on s’est installé ici, personne ne nous a parlé de risque d’inondation. En deux ans, c’est la quatrième fois qu’on écope ! » Dans le box voisin, une dame surenchérit : « Cette-fois ci, on en a ras le bol. »
Quatre sinistres en deux ans
L’année dernière déjà, les habitants de la résidence avaient été obligés de recourir aux barques. « Chaque année, cela s’aggrave, constate un habitant. La fois d’avant, j’avais perdu mon scooter. Je me suis acheté une moto et, samedi, elle a été noyée ! » Les habitants critiquent surtout le manque d’information : « Personne ne nous a prévenus de la crue, s’emporte une riveraine. J’ai tout découvert en me réveillant le matin, à 8 heures. » Dans la nuit de vendredi à samedi, certains habitants plus vigilants étaient parvenus à sortir de l’eau une vingtaine de véhicules. Mais, hier, plusieurs dizaines de voitures gisaient sur le parking, moteur noyé. Derrière le dépit, des soupçons alimentaient les conversations : « Le niveau est monté d’un coup comme si l’eau avait été subitement lâchée, assure un habitant. J’ai entendu dire que la vanne de l’Orge est restée fermée, pour empêcher le débit d’aller gonfler la Seine ! » Dimanche, Jean-Loup Englander, président du syndicat de la vallée de l’Orge, assurait que tout le système de régulation avait fonctionné : « Les bassins de rétention et les champs d’épandage ont été utilisés à fond, mais, effectivement, les points bas de la vallée, comme Savigny, ont été touchés. »
SAVIGNY-SUR-ORGE, RESIDENCE DE L’ORGE, HIER MIDI. La résidence a été envahie par les eaux boueuses, obligeant les habitants à nettoyer leur garage.

Le Parisien Essonne-matin

RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE.
« Inondations. Fil d’actualité », Site officiel,  http://www.savigny.org,  1er juin 2016. http://www.savigny.org/spip.php?article2170

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

 

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Savigny-sur-Orge. Inondations de l’Orge : l’école Kennedy fermée

«Y a pas école jeudi. Y a pas école vendredi…», chantent des élèves de l’école Kennedy qui sortent ce mercredi 1er juin 2016 à 11 heures 30. La raison ? L’Orge déborde. Elle a quitté son lit et inonde les quartiers bas de Savigny-sur-Orge, comme l’école Kennedy, située rue de Morsang. La décision a été prise par la mairie de fermer l’école le jeudi 2 juin et le vendredi 3 juin.

Savigny-sur-Orge. L’Orge déborde : l’école Kennedy inondée
Mercredi 1er juin 2016
©  Photo CAD / BM
Savigny-sur-Orge. L’accès à l’école Kennedy et au gymnase Kennedy
inondées sont devenus impossibles.
Mercredi 1er juin 2016
Photo CAD / BM
Savigny-sur-Orge. L’Orge déborde. L’école Kennedy inondée
Livraison de parpaings. Mercredi 1er 2016
Photo CAD / BM
Savigny-sur-Orge. Les inondations de l’Orge.
L’échelle du pont de la rue de Morsang (rive gauche de l’Orge à Savigny-sur-Orge)
Mercredi 1er juin 2016, à 11 h 30 : cote 36,20 mètres NGF
©  Photo CAD / BM

Les citoyens, les habitants, les riverains… ont consté la lente montée des eaux – inexorable – au cours de la journée du mercredi 1er juin 2016, dans les caves, sur les parkings, sur les chaussées et les trottoirs, dans les bâtiments publics (école, gymnase, foyer logement…). Ils demeurent indifférents des bavardages sur le caractère exceptionnel des pluies du mois de mai 2016 ! Ce qu’ils attendent des élus, des administrations – qu’elles soient communale, intercommunale, ou départementale – ce sont des réponses à leurs préoccupations immédiates, à leurs angoisses. Quelles alertes ont été lancées ? Quand ?

A 11 heures 30, la côte atteint 36,20 m NGF :  qui fait quoi ? Et lorsque la côte atteindra 37 mètres NGF, qui fera quoi ?

Le parking de la Résidence du 25 rue des Rossays inondé.
Mercredi 1er juin 1016
©  Photo CAD / BM

UN PLAN DE PRÉVENTION DES RISQUES INONDATION (PPRI)
TOUJOURS A L’ÉTAT DE PROJET…

Une première interrogation concerne les zones inondées de Savigny-sur-Orge. Elles figurent en « zone ciel » au Plan de prévention des risques inondations (PPRI) des vallées de l’Orge et de la Sallemouille, établi par la préfecture de l’Essonne en janvier 2015. Un an et demi après, ce plan demeure malheureusement à l’état de projet. Il est en ligne sur le site de la préfecture de l’Essonne  et on se demande pourquoi il n’a pas encore été rendu exécutoire.

Savigny-sur-Orge. Le Plan de prévention des risques d’inondations (2015)
http://www.essonne.gouv.fr/content/download/15279/118555/file/Carto-regl-planche-15.pdf

La deuxième interrogation concerne le Plan local d’urbanisme (PLU) de la commune de Savigny-sur-Orge dont l’enquête publique vient d’avoir lieu d’une façon bien tardive, en janvier et février 2016. Lui  non plus n’est pas encore été approuvé par l’Établissement public territorial (EPT 12) qui en est responsable depuis le 1er janvier 2016. Le dossier soumis à l’enquête publique, élaboré par la commune de Savigny-sur-Orge et par un prestataire de services privé, le Cabinet CODRA, est étonnamment silencieux sur les mesures de préventions des inondations à prendre.

Savigny-sur-Orge. Parking inondé de la Résidence du 25 rue des Rossays.
Mercredi 1er juin 2016
Photo CAD / BM

DOCUMENT

INONDATIONS. FIL D’ACTUALITÉ
« Point crue »
Extraits du site officiel de la Mairie de Savigny-sur-Orge

(Dernière mise à jour : 03/06/2016)
Vendredi 3 juin 2016. 00 h 00
Baisse générale du niveau de l’eau (Grand-Vaux et Prés Saint Martin : réouverture de la rue). Le secteur Kennedy reste placé sous surveillance. Tour des Rossays, 29 rue des Rossays, 12 et 4 rue de Morsang, seuls les Saviniens refusant une évacuation sont restés chez eux. Les Services techniques restent en alerte.
Une permanence téléphonique est à votre disposition, toute la nuit : 01.69.54.40.00
Jeudi 2 juin 2016. 21 h 30
Ci-dessous, iste des écoles fermées le 03 juin 2016 (Source Préfecture de l’Essonne) validée par le DSDEN à 20h30 (P5 : Commune de Savigny-sur-Orge : écoles Kennedy)
http://www.essonne.gouv.fr/content/download/18796/160464/file/dsden91_ETABFERMES.pdf
Le dispositif concernant les écoles du 31 mai est reconduit. Seules les écoles (et le gymnase Kennedy) restent fermées demain. La ville assure le service périscolaire aux horaires habituels. Pour autant nous ne pouvons préjuger de l’étendue du service proposé par l’Éducation Nationale en raison d’un imbroglio entre la Préfecture et l’Inspection Académique. La ville ayant reçu des communications différentes de la part de ces deux administrations.
En raison de cette incertitude, nous invitons les parents ayant pris leurs dispositions à ne pas changer leur organisation. Cordialement.
Jeudi 2 juin 2016. 12 h 40
Fermeture de la rue des Prés Saint Martin , côté Savigny-sur-Orge.
Jeudi 2 juin 2016. 11 h 45
Toutes les manifestations culturelles, associatives et sportives du weekend organisées dans les structures municipales sont annulées. Les fêtes de quartiers également.
Les logements de l’immeuble du 12 rue de Morsang sont en cours d’évacuation. L’immeuble du 4 rue de Morsang est moins touché mais des départs volontaires s’y organisent.
La crèche Les Moussaillons est évacuée par mesure de précaution.
Les enfants ne pouvant pas être récupérés par les parents sont conduits dans les locaux administratifs provisoires du Relais d’Assistantes Maternelles (ancienne Crèche familiale). Renseignements : 01 69 96 15 53
Foyer-Logement Lucien Midol, rue de Morsang. Les 11 résidents les plus fragiles sont conduits à titre préventif au Foyer César Franck. L’évacuation du site n’est pas pour l’heure envisagée.
Le secteur des Prés Saint Martin : quelques gènes à prévoir au niveau de la voirie, difficultés isolées en sous sol.
Le secteur de Grand Vaux, moins touché, reste placé sous vigilance
Le SDIS 91 recense 15 alertes en provenance de particuliers
Jeudi 2 juin 2016. 8 h 00
La rue des serres est inondée,
La crèche Les Moussaillons n’est pas atteinte,
L’école Kennedy est inondée.
Le gymnase Douillet n’est pas atteint.
L’eau monte à la Maison de quartier de Grand Vaux et au Centre de loisirs Charles Perrault. Aucune activité programme. Le mobilier est rehaussé
La passerelle du parc de Morsang-Savigny est condamnée
Pont de la RD 25. Les eaux sont au-dessus du pont
Tour de la rue des Rossays : caves et rez-de-chaussée inondés, une vingtaine de Saviniens ont été accueillis cette nuit gymnase COUBERTIN, d’autres ont préféré rester chez eux ou prendre leurs dispositions auprès de proches.
Les agents municipaux continuent d’aller à la rencontre des Saviniens et de sécuriser les sites publics.
Mercredi 1er juin 2016. 22 h 00
Les inondations restent concentrées sur le secteur Kennedy. À la tour de la rue des Rossays, l’évacuation se poursuit. Des habitants font le choix de rester. Ils continueront à être visités demain matin par les services municipaux.
Suez annonce que certains ouvrages ne seront plus en mesurer d’assurer l’assainissement : Chemin des Franchises Rue des Rossays, Allée Christofaro, Rue Marc Sangnier, Rue de l’Égalité, Rue Maxime.
Les phénomènes météo étant concentrés sur le quartier Kennedy, la mairie tiendra néanmoins, jusqu’à minuit, une cellule téléphonique pour connaître des difficultés supplémentaires pouvant survenir. Téléphone : 01 69 54 40 00. Passé minuit, le 18 prend le relais.
Mercredi 1er juin 2016. 20 h 00
Quartier Kennedy.
Le niveau de l’eau a atteint le Rez-de-chaussé de l’école. Il est à craindre que la montée ne soit pas terminée. Le mobilier a été surélevé.
Tour du 25 rue des Rossays.
Le niveau d’eau est en constante augmentation. Montée de 60 cm en 3 heures. Le pont roulant est noyé. Les eaux descendent sur le site et créent un courant dangereux pour les piétons. Les ascenseurs sont actuellement condamnés par les services de la ville. L’évacuation de l’ensemble des habitants de la tour va être demandé afin d’empêcher que les habitants ne puissent sortir de chez eux avant demain midi. La barque est fonctionnelle et sert actuellement pour évacuer les habitants qui le souhaitent (certains habitants ont déjà quitté les lieux). Ils sont accueillis au COSOM par les services de la ville et la Croix Rouge.
Chemin de Charaintru.
Fermeture complète du chemin. Le blocage sera prolongé au-moins jusqu’à demain midi.
La Seine va probablement monter jusque vendredi après-midi et cela aura forcément une incidence sur le niveau des eaux à Savigny.
Les agents municipaux restent mobilisés.
Mercredi 1er juin 2016. 19 h 00
15 agents municipaux ont été déployés tout au long de la journée pour répondre aux problématiques techniques de sécurité liée à la crue de l’Orge et aux inondations touchant le bas de Savigny dans le secteur Kennedy.
La Ville de Savigny-sur-Orge a assuré le montage et la mise en service d’une passerelle pour permettre l’accès à la tour de la Résidence du 25 rue des Rossays.
Si le SIVOA prévoit une hausse modérée du niveau des eaux, notamment de l’Yvette (+ 15cm jusqu’à jeudi midi), les services municipaux organiseront une veille des secteurs inondés jusqu’à 4 heure matin.
Prochain relevé d’informations en fonction de l’évolution notable de la situation.
Mercredi 1er juin 2016
Fermeture des écoles et du gymnase Kennedy . En raison de la crue de l’Orge, les écoles et le gymnase Kennedy sont fermés jusqu’au vendredi 3 juin inclus. Cette décision a été prise en concertation avec l’Éducation Nationale. La Ville organise un service minimum d’accueil pendant cette période de fermeture.
Ce mercredi 1er juin
, les enfants du centre de loisirs seront conduits à 13h45 au gymnase Coubertin, les parents ont la possibilité de chercher leur(s) enfant(s) à cet endroit jusqu’à 18h00. Au-delà les enfants seront reconduits, en car, devant les écoles Kennedy pour 18h30.
Le jeudi 2 juin et le vendredi 3 juin,
les enfants empruntant régulièrement les transports scolaires seront conduits au service d’accueil organisé au Gymnase Champagne. Les enfants venant habituellement par tout autre moyen de transport seront accueillis par des agents municipaux devant les écoles de 7h30 à 8h45.
Ils seront conduits au gymnase Champagne par un système de navettes.
Le service de restauration scolaire sera assuré sur site. Les parents auront la possibilité de récupérer leur(s) enfant(s) au gymnase jusqu’à 18h.
Au-delà,  les enfants seront reconduits, en car, devant les écoles Kennedy pour 18h30
Une cellule d’information est à disposition des parents ce mercredi après-midi via le 01 69 54 40 00
Veuillez trouver un formulaire permettant de déclarer à nos services, les dégâts dont vous pourriez être victime afin de constituer votre demande de reconnaissance de catastrophe naturelle auprès de la Préfecture.
Mardi 31 mai 2016. 17 h
L’état de nos cours d’eaux s’améliore ce soir. La baisse constatée à 15 h 00 est confirmée à 17h10 pour l’Yvette et l’Orge.
Les sécurisations apportées ce jour par les services techniques sur les sites à risque seront conservées en l’état jusqu’à demain inclus. Le Conseil départemental propose une carte des axes départementaux fermés ou inondés : http://www.essonne.fr/fileadmin/act…
Mardi 31 mai 2016. 15 h
Haut de Savigny. Rien à signaler
Secteur du « bas de Savigny-sur-Orge ». Condamnation de la passerelle du Parc du séminaire par deux  barrières sur le chemin des franchises.
Grand Vaux. Condamnation de la passerelle piéton d’accès au gymnase Douillet.
Le parking du gymnase Kennedy reste actuellement fermé au public.
Constat d’une baisse générale de 5 cm des eaux de l’Orge et pour l’Yvette. La hauteur à 14h30 était de 18 cm et maintenant celle-ci est passée à 17 cm. Amélioration sensible de la situation générale.
Mardi 31 mai. 11 h 15
Le parking de la Résidence du 21 rue des Rossays est inondé, l’eau déborde des tampons. Hauteur d’eau d’environ 50 cm, plusieurs véhicules ont leur moteur noyé.
L’entrée de l’école Kennedy inondée, non par la montée de l’Orge mais uniquement à cause des eaux de pluie.
L’Orge qui se situe sur le Boulevard de l’Orge angle rue Labourbe : promenade inondée et montée de 2 cm des eaux en une heure (constat à 11h15).
Présence des pompiers et du SIVOA et des services de la ville qui travaillent de conservent (sic) sur place.
Constats sur l’Yvette à Grand Vaux. Pont entre le Skate-parc de Charles Perrault et la crèche Les Mousaiilons : montée de l’Yvette de 4 cm.
Le pont est fermé actuellement à la circulation.
Promenade située le long de la clôture de Charles Perrault complètement inondée et inaccessible.
Mardi 31 mai 2016. 10 h
Les services de la Ville sont mobilisés depuis l’annonce par la Préfecture du placement en Vigilance orange pour les inondations du département de l’Essonne.
L’Orge présente toujours des débits forts sans être exceptionnels. Les niveaux de l’Yvette débordent actuellement au niveau du centre aéré de Grand-Vaux, sans toutefois toucher les structures communales.
Pour l’Orge, coté Juvisy-sur-Orge, les abords sont recouverts. Ils ne débordent pas complétement mais sont impraticables pour le moment.
L’intégrité générale des structures communales n’est pas atteinte.
L’Alerte « Vigi’Orge » auprès des riverains afin de leur demander de rester vigilants reste néanmoins toujours d’actualité.
RÉFÉRENCES
COMMUNE DE SAVIGNY-SUR-ORGE.
« Inondations. Fil d’actualité », Site officiel, 1er juin 2016. http://www.savigny.orghttp://www.savigny.org/spip.php?article2170

ARTICLES EN LIGNE

COMMENTAIRE du 3 juin 2016

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ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016

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« Le Grand Verre de terre. Vidre de maravelles ». Hommage du dessinateur Miquel Barceló à Ramon llull (1232-1315) à l’occasion du 700e anniversaire de sa mort

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°198, lundi 30 mai 2016

L’artiste catalan Miquel Barceló, peintre, sculpteur et céramiste, présente une œuvre originale de 190 mètres de long sur 6 mètres de haut dans à la Bibliothèque nationale de France, à Paris (1). Intitulée « Le Grand Verre de terre. Vidre de maravelles », elle consiste en une monumentale fresque temporaire, dessinée à même les vitres de l’allée intérieure Julien Cain, préalablement couvertes d’une fine couche d’argile. C’est en la grattant que l’artiste a réalisé sa fresque, réalisant un dessin « négatif », éclairée par la lumière du jour.

Miquel Barceló, «Poisson».
Extrait de « Le Grand Terre de terre. Vidre de maravelles »

Bibliothèque nationale de France, Paris,
Exposition du 22 mars 2016 au 28 août 2016
©  Photo CAD / BM 2016

Ramon LLULL (1232-1315)

Miquel Barceló veut rendre hommage par son œuvre au 700e anniversaire de la mort du philosophe catalan Ramon Llull (Raymond Lulle, 1232-1315), né et mort à Majorque. Cet écrivain mystique, a fondé les principes de sa philosophie dans un projet de conversion des musulmans, s’adressant à toutes les intelligences, chrétiennes ou non, dans la langue de ses interlocuteurs. Il est considéré comme l’un des inventeurs de la langue catalane littéraire. Il a été le premier à utiliser une langue néo-latine pour exprimer des connaissances philosophiques, scientifiques et techniques.

Il est connu en son temps sous divers noms : « Arabicus Christianus » (« Arabe chrétien »), de « Doctor Inspiratus » (« Docteur inspiré »), ou encore « Doctor Illuminatus » (« Docteur illuminé »). Écrivain, missionnaire et théologien franciscain. c’est une personnalités importante de la théologie et de la littérature du Moyen Âge, précurseur dans de nombreux domaines, qui a laissé une œuvre immense et variée, écrite en catalan, en arabe et en latin. Béatifié, il est considéré comme un saint en Catalogne.

On doit relever que deux de ses travaux, comme l’Artificium electionis personarum (1247-1283) et De arte electionis (1299), décrivent les logiques du système de vote qui seront redécouverts sept siècles après au XVIIIe siècle.

Il s’agit des systèmes électoraux fondés sur la comparaison par paires que l’on désigne sous le nom de méthode de Condorcet ainsi que la théorie de l’intransigeance des préférences de la majorité. Alors que CONDORCET et Jean-Charles BORDA sont considérés comme les pères fondateurs de la théorie du vote, des recherches récentes ont montré que le philosophe Ramon LLULL avait établit la méthode que ceux-ci on reprise. Les manuscrits dans lesquels il a présenté sa théorie au XIIIe siècle, oubliés par l’histoire, n’ont été étudiés en 2001 (3).

Miquel Barceló, « Sol y sombra »
Exposition du 22 mars au 28 août 2016
Chroniques de la BFM,
n°76, avril-juillet 2016, p. 12 (2)

RÉFÉRENCES
1. Miquel Barceló, « Le Grand Verre de terre. Vidre de maravelles », Bibliothèque nationale de France, Paris, exposition du 22 mars au 28 août 2016.
2. «Miquel Barceló. Sol y sombra », Bibliothèque nationale de France, Paris, exposition du 22 mars au 28 août 2016. Chroniques de la BFM, n°76, avril-juillet 2016, p. 12.
3. HÄGELE G. et PUKELSHEIM F. « Llull’writings on electoral systems », Studia Lulliana, 2001, volume 3, p. 3-38.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°198, lundi 30 mai 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016

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La préparation de la « Charte de la participation 2016 » du ministère de l’Environnement

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°197, lundi 23 mai 2016

Bernard MÉRIGOT est membre de l’Institut de la concertation (IDC). Il participe aux travaux de la nouvelle « Charte de la participation du public et de la démocratisation du dialogue environnemental ». Il présente l’état de ses travaux préparatoires.

Bernard MÉRIGOT lors de l’atelier participatif de la Charte de la participation
(au fond, à droite)
qui s’est tenu au ministère de l’Environnement à Paris le 29 janvier 2016.
Extrait de la vidéo du ministère.

http://www.dailymotion.com/video/x48mxk2

Le ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, en collaboration avec l’Institut de la concertation, viennent de publier une synthèse des ateliers participatifs qui se sont tenus à Paris (29 janvier 2016), à Lyon (3 février 2016) et à Bordeaux (5 février 2016). (2)

Ministère de l’environnement. Charte de la participation 2016
Synthèse des ateliers participatifs

DOCUMENT

CHARTE DE LA PARTICIPATION
Synthèse des ateliers participatifs
Paris (29 janvier 2016)
Lyon (3 février 2016)
Bordeaux (5 février 2016)

Ce document de travail constitue une synthèse des contributions recueillies lors des ateliers participatifs de Paris (29 janvier 2016), Lyon (3 février) et Bordeaux (5 février)sur le projet de Charte de la participation du public. Deux questions étaient posées aux participants :
•   d’une part, proposer des éléments de contenu à cette charte
•   d’autre part énoncer des conditions de sa bonne mise en œuvre.
Sommaire
Éléments de contenu
Conditions de mise en oeuvre
1. ÉLÉMENTS DE CONTENU
12. Une Charte de la participation doit affirmer…

121. Un cadre
122.Un état d’esprit
13. Elle doit promouvoir une participation qui concerne…

131. Un large public
132. Un large périmètre
14. Elle doit donner un sens
141. Construire l’intérêt général
142. Contribuer à la décision publique
143. Se sentir acteur dans l’espace public
2. CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE
21. Une décision large et planifiée
22. Une nécessaire « acculturation »
23. Une charte « vivante »
24. Des interrogations
3. Sur la préparation de cette synthèse

 

1. ELÉMENTS DE CONTENU
Une charte de la participation doit promouvoir :
•  un cadre (des principes, des règles) à ce qui est perçu comme un processus et non pas comme une procédure ni comme un moment ponctuel.
•  un état d’esprit, une culture commune faite d’engagement, d’écoute, de sincérité.
Elle doit concerner
•  un public large, en mettant l’accent sur l’accès des plus éloignés de la participation.
•  un périmètre large, à la fois en concernant divers domaine de la vie publique et s’inscrivant dans la temporalité des projets.
Elle doit donner un sens en se réclamant de la démocratie, de la citoyenneté, de l’efficacité des choix publics, de l’intérêt général, du lien social.
2. Conditions de mise en œuvre
Pour que cette charte soit efficace, il s’agit :
•    d’organiser une diffusion large et planifiée : communication et portage institutionnel,
•    de promouvoir les formations, la professionnalisation et de s’appuyer sur les relais, existants,
•    de l’accompagner par des dispositifs appropriés : suivi, évaluation, guides méthodologiques…,
Son caractère incitatif est privilégié mais il est rappelé qu’une Charte, à elle seule, ne constitue pas un outil suffisant pour faire évoluer significativement les pratiques participatives.
I. ELÉMENTS DE CONTENU
12. Une charte de la participation doit affirmer…
La concertation, c’est à la fois du « dur » et du « mou ». C’est un ensemble de règles (qu’il est possible de «codifier» même si cet ensemble doit rester souple pour s’adapter à la diversité des situations et à son déroulement) et un état d’esprit (qu’il est par nature difficile d’imposer mais qui peut s’acquérir).
121. Un cadre
Les contributions des participants qui relèvent de cet item sont très nombreuses. Elles montrent d’une certaine façon que «l’essentiel est aux cuisines». Dans ce registre, les participants mettent l’accent sur le caractère de processus de la concertation (c’est un parcours, un cheminement…)
Des règles et des principes auxquels elle doit répondre :
•   transparence de l’information (y compris sur les processus de décision), traçabilité des échanges, clarté des règles •   du jeu et des marges de manœuvre, explicitation des objectifs et du calendrier de la concertation, possibilité de discuter de l’opportunité des projets, exigence de retour d’information, etc.
•   égalité des participants, reconnaissance mutuelle, légitimité de tous les points de vue, accueil des divergences.
clarté du langage et accessibilité des échanges.
•   reconnaissance des savoirs des participants, respect de l’expertise d’usage d’existence de contre expertise.
Un cadre est donc nécessaire.
•   il doit être connu des participants,
•   il doit l’être dès le début (au moins en partie, non pas uniquement construit ou explicité en cheminant),
•   il gagne à être co-construit par les participants,
•   il peut être préservé par un garant ou des tiers neutres,
•   il n’y a pas de recette méthodologique. Il doit être fait (en partie?) sur mesure pour s’adapter à la diversité des contextes. Il oscille entre un impératif d’universalité et d’adaptabilité.
La question de traduction effective de la concertation dans la décision a fait l’objet de très nombreuses contributions. L’obligation de rendre des comptes (sur le processus et sur son résultat) est évoquée, mais également la nécessité de tenir compte des contributions des participants. Cette demande renvoie souvent à l’engagement nécessaire des initiateurs, qui doivent «croire en la concertation» donc en sa capacité à améliorer les projets.
122. Un état d’esprit
Les participants relèvent l’importance des attitudes et des postures de chacun: écoute, bienveillance, respect du contradicteur, sincérité, loyauté, neutralité des animateurs, etc. Ils notent également la nécessité d’un engagement des initiateurs de la concertation : s’engager à respecter les règles du jeu, à traduire la concertation dans la décision… L’acceptation des divergences, voire du conflit comme un processus constructif, est également relevée.
Tout ceci est difficile à imposer mais cela peut s’acquérir (par exemple par des formations). Cela relève d’une culture de la concertation. La charte doit affirmer ces grands principes et ces valeurs.
13. Elle doit promouvoir une participation qui concerne…
131. Un large public
En ce qui concerne les publics de la participation, le principe général est celui de l’inclusion, en particulier des plus éloignés (de la participation, de la décision publique).
•  pour certains participants aux ateliers, il faut «aller chercher», faire preuve de volontarisme.
•  pour d’autres, il faut rester pragmatique et savoir se donner des objectifs réalistes.
•  pour certains participants aux ateliers, l’élargissement permet de gagner en représentativité.
•  pour d’autres, il garantit une plus grande diversité des points de vue, elle même gage de richesse des échanges.
L’empowerment est une condition préalable nécessaire pour certains publics. Quoi qu’il en soit, l’égalité de l’accès à l’information, à la parole, à l’écoute est un principe de base. La capacité de mener une concertation doit pouvoir relever aussi du droit d’initiative des citoyens.
132. Un large périmètre
Dans les divers domaines de la vie publique, la participation ne doit pas se limiter à l’environnement et au développement durable mais toucher la diversité des projets qui ont un impact sur le cadre de la vie de la population.
En matière de temporalité, la concertation doit intervenir suffisamment en amont, exister tout au long de la durée d’un projet, jusqu’à la réalisation et même au-delà.
Elle doit concerner les projets initiés par les citoyens et non pas seulement relever de l’initiative des maitres d’ouvrage.
14. Elle doit donner un sens…
La charte doit affirmer un sens en affirmant des valeurs.
141. Construire l’intérêt général
Pour certains, il s’agit de définir collectivement l’intérêt général ou affirmer la notion de bien commun. Pour d’autres, de prendre en compte les intérêts de tous.
142. Contribuer à la décision publique
Respecter l’environnement, respecter les textes de loi, gérer les biens communs : la concertation n’est pas seulement un moyen d’affirmer symboliquement sa citoyenneté ou d’ouvrir des espaces de dialogue pour recréer du lien social: c’est aussi un outil pour peser sur les choix de société.
143. Se sentir acteur dans l’espace public
Se sentir citoyen, être responsable, avoir des droits, prendre des initiatives : ce sont quelques uns des effets attendus de la participation. Participer, ce n’est pas seulement répondre à des sollicitations des acteurs publics ou des maîtres d’ouvrage, c’est agir collectivement.
2. CONDITIONS DE MISE EN ŒUVRE
Pour être efficace, plusieurs moyens sont évoqués par les participants, dont certains se rejoignent et d’autres semblent plus difficilement compatibles.
21. Une diffusion large et planifiée
Il s’agit de faire connaître la charte à tous types de publics, mais en particulier aux maîtres d’ouvrage et aux citoyens. Plusieurs supports sont évoqués : les médias, les réunions publiques, les documents de concertation, l’école, des «ambassadeurs»…
L’idée d’engagement, de portage à différents niveaux (national, régional, local) est également mise en avant. Le portage par les citoyens est également proposé.
22. Une nécessaire «acculturation»
Un changement dans la culture de la participation doit être opéré. Il s’appuie sur :
•   La formation
•   La professionnalisation (garants, commissaires enquêteurs, etc.)
•   Des relais pour la diffusion de bonnes pratiques (réseaux associatifs, professionnels, institutionnels, de collectivités…)
23. Une charte «vivante»
La charte doit être souple, adaptable, évolutive et évaluée. Il s’agit par exemple de faire en sorte que:
•   Elle serve de socle ou de référence à des chartes par territoire ou par concertation
•   Elle soit accompagnée de guides méthodologiques
•   Elle soit évaluée en continue, suivie
•   Elle soit accompagnée d’un observatoire des pratiques.
•   Elle soit accompagnée d’une gouvernance appropriée.
24. Des interrogations
Enfin, des interrogations ont surgi dans les ateliers ou font l’objet de propositions peu compatibles, sur deux aspects principaux
•   Le premier est le caractère incitatif ou au contraire contraignant de la charte. Même si certains évoquent la possibilité de lui donner une force législative (l’adosser à la Constitution…) la plupart des participants semble pencher pour un caractère incitatif.
•   Une interrogation a également émergé : est ce bien d’une charte dont nous avons besoin pour faire évoluer la participation du public ?
•   Plusieurs participants évoquent d’autres outils ou déclinaisons : label, logo, référentiel… et fiches pratiques. Ils rappellent que l’important n’est pas la Charte en elle-même, mais les changements de pratiques qu’il est nécessaire d’impulser.
3. Sur la préparation de cette synthèse
Les contributions des participants ont été recueillies lors des trois ateliers participatifs de Paris, Lyon et Bordeaux. Lors de ces séances, de 4 heures environ, les participants ont été invités à se répartir en sous-groupes d’environ 8 à 10 personnes, à répondre individuellement aux questions en inscrivant leurs idées sur des post-it, puis à les organiser et à rédiger collectivement des posters qui ont été soumis aux votes des participants (votes par gommettes). Une synthèse « in vivo » a été produite oralement par un observateur/une observatrice au terme de chaque atelier.
Pour la rédaction de cette synthèse, nous avons mobilise :
•   les posters produits dans chaque atelier, avec des propositions hiérarchisées par les votes
•   les synthèses des observateurs
•   les post-it qui ont été collectés et classés, puis présentés sous forme d’arbres heuristiques.
Ces documents seront prochainement mis à disposition afin d’assurer la traçabilité de cette synthèse.
Ce document de travail est provisoire. Il est réservé dans cette version au Comité de pilotage élargi de la Charte de la participation.

Les auteurs remercient tous ceux qui se sont mobilisés pour rendre ces ateliers productifs : le CGDD, la CNDP, le Grand Lyon, Bordeaux Métropole, le C2D de Bordeaux Métropole, l’association Décider Ensemble, les membres bénévoles du réseau de l’Institut de la Concertation, Territoires et démocratie numérique locale.
RÉFÉRENCES
1. MÉRIGOT Bernard,
« Ministère de l’Écologie. Nouvelle charte 2016 de la participation : bonnes intentions et incertitudes », 1er février 2016, http://www.savigny-avenir.fr/2016/02/01/ministere-de-lecologie-nouvelle-charte-2016-de-la-participation-bonnes-intentions-et-incertitudes/
2. MINISTÈRE DE l’ENVIRONNEMENT DE L’ÉNERGIE ET DE LA MER et INSTITUT DE LA CONCERTATION,
Charte de la participation. Synthèse des ateliers participatifs, (Paris, Lyon, Bordeaux / 29 janvier 2016, 3 février 2016, 5 février 2016), 2016, pages.
MINISTÈRE DE l’ENVIRONNEMENT, DE L’ÉNERGIE ET DE LA MER,
Élaboration d’une charte de la participation du public, (1. Ateliers participatifs autour de deux questions. 2. Quels principes et valeurs souhaitez-vous voir affirmés dans une charte de la participation du public ?  3. Comment mettre en oeuvre cette charte ? ), Vidéo, 2016. http://www.dailymotion.com/video/x48mxk2
ARTICLES EN LIGNE SUR http://www.savigny-avenir.info
Ministère de l’Écologie. Nouvelle charte 2016 de la participation : bonnes intentions et incertitudes Posted on 1 février 2016 by Bernard MÉRIGOT LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°181, lundi 1er février 2016 Bernard MÉRIGOT, membre de l’Institut de la concertation (IDC), a participé à la journée organisée par Laurence MONNOYER-SMITH, commissaire générale du développement durable au ministère de l’Écologie, … Continue reading → Posted in Charte de la concertation, Concertation territoriale, Démocratie participative, Dialogue environnemental, Institut de la concertation, Ministère de l’Écologie du Developpement durable et de l’Energie |
http://www.savigny-avenir.fr/2016/02/01/ministere-de-lecologie-nouvelle-charte-2016-de-la-participation-bonnes-intentions-et-incertitudes/
La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°197, lundi 23 mai 2016
Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2016
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Existe-t-il une politique de l’innovation ? Le colloque « (Re) créer le monde (Fondation Maison des sciences de l’homme) »

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°196, lundi 16 mai 2016

Un important colloque international intitulé « (Re)création du monde » est organisé à Paris du 18 au 20 mai 2016, par la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), l’université Sorbonne Paris Cité (USPC) et la Philharmonie de Paris. Bernard MÉRIGOT, membre de l’association des amis de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) a participé à la séance de préparation qui vient de se tenir. Il nous présente les questions à l’origine de ce colloque.

La Philharmonie de Paris.
Travaux de finition des dessous de toit, 8 avril 2015
Photo CAD / BM 2015

Pourquoi comprend-on mieux le terrorisme en lisant Dostoïevski ou Camus qu’en examinant les rapports produits par les experts et les spécialistes de la question ? Telle est l’une des questions que posent les organisateurs du colloque international « (Re)créer le monde ». Après une introduction de Michel WIEVIORKA, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme, la conférence inaugurale sera prononcée par Edgar MORIN.

INNOVATION OU CRÉATION ?

Dans les temps de mondialisation et de pensée globale que nous vivons, un maître-mot est apparu : l’innovation, devenant l’aboutissement et la justification de toutes les dominations et les hégémonies. Peut-on pour autant considérer que « l’innovation » soit un synonyme de « création » ? Autrement dit, une pensée « innovante » est-elle une pensée « créatrice » ? Ce qui constitue l’innovation d’un instant présente-t-il un caractère durable ?

Il faut s’interroger pour savoir si en définitive, l’action des sciences sociales, des arts, voire de la politique ou des forces spirituelles… crée quelque chose ?

  • Quels sont les acteurs de la création, dans des disciplines aussi diverses que les sciences, les arts, l’économie, la culture, le droit, etc. ?
  • Quels en sont les espaces, physiques, virtuels ou imaginaires ?
  • La création est-elle locale, globale, ou bien les deux ?
  • A-t-elle des effets sur le monde ?
  • Peut-on recréer le monde ?

QUELLES LOGIQUES POUR
DES CO-PRODUCTIONS CRÉATRICES ?

De telles questions mobilisent les sciences sociales. Mais comment penser la relation entre ces disciplines et le réel, qu’il soit artistique, scientifique, juridique ou autre ? Dans le passé, praticiens, artistes, écrivains, architectes, philosophes, politistes… ont rendu compte de la vie collective en des termes qui ont apporté davantage que ce que disaient concevaient les sciences sociales. En revanche, ceux qui sont dans l’action, c’est-à-dire qui créent des objets occupant l’espace public peuvent adopter trois attitudes à l’égard des productions de l’art et de la recherche : l’indifférence, la neutralisation et les conduites de récupération, l’hostilité affichée. Deux mondes sont en rivalité.

Quelles théories ? Quelles pratiques ? Quelles théories des pratiques ? Comme les pratiques de terrain fondées sur l’enquête (ethnologie, anthropologie, sociologie, littérature de reportage, arts de la rue…) qui ont  un pied dans la théorie et un pied dans la pratique.

DES CRÉATION POLITIQUES ?

Quelles expériences contemporaines mettent en œuvre des logiques de co-production ? Dans quelles conditions une (re)création du monde peut-elle être une œuvre politique (c’est-à-dire concernant le politikos, « la cité ») élaborée conjointement par des artistes, des scientifiques, des chercheurs en sciences sociales ? Trois jours de communications scientifiques, de relations d’expériences, et de débats, tenteront d’aborder ces questions.

DOCUMENT

« (Re)création du monde »

colloque international est organisé par
la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), l’université Sorbonne Paris Cité (USPC) et la Philharmonie de Paris
18 au 20 mai 2016.
Mercredi 18 mai 2016
Philharmonie, salle de répétition
18h30. Introduction
Laurent Bayle, directeur général de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris
Michel Wieviorka, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme
Laurent Levi-Strauss, secrétaire général de l’Association des amis de la FMSH
19h00. Conférence inaugurale
Re-créer le monde.
Edgar MORIN
Jeudi 19 mai 2016
Philharmonie, salle de conférence
9h30. Création : origines, sens et mythologie
Modération : Françoise THIBAULT
Mythologie de la création et sa fécondité. François JULLIEN
L’exemplarité comme émergence. Maurizio FERRARIS
Qui a créé la création ? Pierre MOEGLIN
11h15. Espaces politiques de l’art
Modération : Ernesto OTTONE
« Re-créer le monde » : une vue du Sud global. Françoise VERGES
Une réinvention de l’Afrique ? Circulations créatrices du rap africain. Alice ATERIANUS-OWANGA
Musique, politique et conflit : le rôle critique des pratiques musicales en démocratie. Luis VELASCO-PUFLEAU
14h15. Processus de création
Introduction par Jean-Yves MERINDOL
Lecture d’extraits de « La musique inconnue » (José Corti Editions). Jean-Michel MAULPOIX
Débat. Modérateur : Stéphane ROTH avec Philippe MANOURY et Bruno MANTOVANI
15H50. Art et mémoire
Modération : Jean-Pierre DOZON
Du millénarisme à la recréation du monde dans les imaginaires congolais. Bogumil JEWSIEWICKI
Écrire l’histoire : une création oulipienne. Annette WIEVIORKA
17H10. Nouveaux lieux / Nouveaux regards
«Stage and Street». Richard SENNETT
Débat. Modération Adil JAZOULI avec Manthia DIAWARA et Jean-Paul COLLEYN
Vendredi 20 mai 2016.
Philharmonie, Salle de conférence
9H30. Redynamiser le monde
Modération : Kathy ROUSSELET
La littérature, accélérateur d’innovation. Antoine COMPAGNON
Scènes de recherches. Bruno TACKELS
« Tierra inquieta » (Grenade 2016) ou la création d’un monde. Caterina PASQUALINO-REGIS
11H15. Imitations, appropriations, mutations
Modération : Sylvain BOURMEAU
Création, imitation et logique de domination. Michael LUCKEN
Création ou découverte ? Esteban BUCH
L’ennui, source de création ? Didier LAPEYRONNIE
14H15. L’art et le numérique
Modération : Ghislaine AZEMARD
« Evolution, not revolution », San Francisco, quand un artiste chasse l’autre. Olivier ALEXANDRE
Art numérique et imaginaires virtuels. Miguel CHEVALIER
15h20. Repenser l’architecture
Architecture et visions du monde : la re-naissance de l’architecture et de notre civilisation ?
Elizabeth de PORTZAMPARC
16H25. Demain
Modération : Laurent CRETON
Le monde sera ce que nous en ferons. Adeline RISPAL
The Global Street. Saskia SASSEN
17h30. Clôture
Michel Wieviorka

 

RÉFÉRENCES
« (Re)création du monde », colloque international est organisé par la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH), l’université Sorbonne Paris Cité (USPC) et la Philharmonie de Paris, du 18 au 20 mai 2016.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°196, lundi 16 mai 2016

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2016

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