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TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE
Christophe de SAVIGNY (Christofle de SAVIGNY)  1530-1587

« Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing ». (1) Cette devise – qui est en fait une épigraphe – est inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587 par  Christophe de SAVIGNY (1530-1587), humaniste de la Renaissance française. Elle introduit trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général moderne (le «besoing»). Elle constitue une injonction fondatrice d’un programme à la fois moral, social et politique. Elle est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’ εγκυκλο παίδεια  (« enkuklios paideia ») l’éducation circulaire, qui embrasse un cercle entier. http://www.savigny-avenir.fr/2012/10/13/l-ekuklios-paideia-leducation-qui-fait-le-tour/

Le contexte de globalisation /mondialisation impose aux territoires et à ceux qui y vivent, risques et interdépendances. Comment une anthropologie de la citoyenneté, par ses initiatives (Open data, Accès aux documents publics locaux, Observatoire des assemblées délibérantes locales, Recherche-action, Formation citoyenne…), peut-elle s’opposer à cette imposition ?
http://www.savigny-avenir.fr/offre/programmes-en-cours/a-la-recherche-de-la-democratie-locale/

http://www.savigny-avenir.fr/2012/12/10/developper-le-controle-citoyen-sur-les-collectivites-territoriales-pascal-cadieu/

Bernard MÉRIGOT contact@mieuxaborderlavenir.fr
NOS DOMAINES •  Gouvernances locales  •  Démocratie expérimentale   •  Démocratie participative   •  Expertise citoyenne  •  Intelligence territoriale  •  Éditorialisation numérique des territoires    •    Identités locales   •  Récits de politique publique locale (Local policy narrative).
NOTRE OBJET. •  Ouvrir l’espace public à toutes les informations publiques •  Soutenir les questionnements citoyens •  Favoriser les réponses collectives •  Contribuer à faire progresser les consensus.
NOS ACTIVITÉS. Recherche, intervention, conseil, formation, enseignement, publication… Notre groupe développe une démarche qui interroge sans relâche trois concepts : le territoire, le politique, le numérique. Pour cela, nous mobilisons  – de façon critique – différentes sciences sociales : philosophie, sociologie, histoire, anthropologie, ethnologie, sciences du politique, études du numérique, économie… – en les mettant au service de la democratia localis, la démocratie locale.
•  Quels sont les fondements qui établissent la légitimité de la démocratie locale ?
•  Quels sont les obstacles qui s’opposent  à la reconnaissance de la démocratie locale ?
•  Quels sont les moyens qui permettent l’accomplissement de la démocratie locale ?
NOTRE THÉMATIQUE. CINQ  QUESTIONS
•    Les pratiques des pouvoirs en place répondent-elles à l’idéal démocratique des territoires et de ses populations ?
•    Les évolutions territoriales peuvent-elles  être laissées dans les seules mains des responsables politiques ?
•   De quelles compétences expertes la société civile (entreprises, associations, citoyens…) dispose-t-elle pour repenser les modes de fonctionnement publics des territoires ?
•    Comment l’expertise collective (citoyenne, associative, participative, collaborative…) émerge-t-elle ? Comment est elle reconnue ?
•    Comment le numérique modifie t-il les relations entre les pouvoirs et les citoyens ?
NOS ACTIONSUn site Internethttp://www.savigny-avenir.info qui est un média numérique (ISSN : 2261-1819. Dépôt légal du numérique, BNF). Sa ligne éditoriale consiste à analyser les  rapports entre les pratiques des pouvoirs en place et l’idéal démocratique des territoires. Il comprend plus de 1 000 articles et 1 000 scans de documents et de photos.    •  Une publication numérique hebdomadaire : La Lettre de Mieux Aborder L’Avenir.  Le premier numéro a été publié le lundi 20 août 2012, le n° 176 le lundi 28 décembre 2015, le n° 228 est prévu pour le 26 décembre 2016.  •  Une recherche-action : Territoires et démocratie numérique locale lancée en 2009.  •  Un séminaire de recherche autour de thèmes annuels.  •  Des stages de formation.   Une association : Mieux Aborder l’Avenir (MALA) qui est à l’origine de la démarche du programme de recherche, d’expertise et  d’intervention.
« A my lecteur, fuyant la bonne volonté et affection singulière que nous avons toujours porté et portons de plus en plus au public. (…)  Nous te prions, bénévole lecteur, de prendre en gré notre labeur, et nous donner par ce moyen occasion de mieux faire pour l’advenir ».
Christophe de SAVIGNY,
Partition générale de tous les arts libéraux, 1587.
1. Voir sur le présent site l’article : http://www.savigny-avenir.fr/2013/11/25/lencyclopedisme-cache-t-il-un-contrat-derreur-christophe-de-savigny-et-francis-bacon/
Mention du présent article : http://www.savigny-avenir.info. ISSN 2261-1819 Dépôt légal du numérique, BNF 2015

 

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Craquelures globalisées du religieux. Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°244, lundi 17 avril 2017

La cristallisation des opinions portant sur l’islam et sur ceux qui s’en recommandent, les nouvelles formes de religiosité manifestées dans l’espace public, comme l’actualité du «burkini» durant l’été 2016… tels sont les sujets qui ont inspiré directement une publication de recherche en anthropologie portant sur les « craquelures globalisées du religieux ». (1) Ces questions étaient à l’ordre du jour d’un récent séminaire qui s’est tenu le 21 mars 2017 à Paris. (2)

Monique SÉLIM, Nicole KHOURI, Annie BENVENISTE, « Craquelures globalisées du religieux », Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regards sur les terrains, mardi 21 mars 2017, FMSH , 6 rue Suger, Paris 6e. © Photographie CAD / BM 2017.

Une science sociale comme l’anthropologie n’existe pas hors du monde. Elle est incarnée par des hommes et des femmes qui vivent hic et nunc, ici et maintenant, dans une société donnée. En tant que discipline scientifique, elle n’a pas besoin de se justifier lorsqu’elle porte attention à des faits qui s’imposent médiatiquement à tous. N’importe quelle étude qu’elle entreprend est légitime à une condition : que le chercheur réfléchisse et analyse le rapport qu’il entretient avec l’objet que l’actualité lui impose.

LES TERRITOIRES SÉGRÉGUÉS

L’engagement religieux s’est longtemps développé dans des communautés locales, majoritairement dans le cadre de cultures transmises par les familles et les lignées. Des conversions spirituelles subites ont toujours existé. Ce qui est nouveau, c’est l’apparition de phénomènes comme celui des trajectoires individuelles qui se trouvent bouleversées par des formes de prosélytisme inattendu, ou bien par des voyages initiatiques en Irak ou en Syrie. Ceux-ci doivent être situés dans le cadre d’un monde mondialisé, touchant aussi bien l’évolution des techniques de la spiritualité, ou la « moralisation religieuse » des conduites et des pratiques, comme les règles vestimentaires ou alimentaires, qu’elles soient hallal, cacher, ou encore parfois  « bio ».

Les nouvelles pratiques sont ancrées dans des territoires qui sont autant de réponses à des offres de constitutions identitaires. Celles-ci se construisent au sein d’un réseau d’espaces ségrégués dont on ne sort jamais : on passe de l’un pour entrer dans un autre. Les territoires ségrégués se déclinent comme des enclaves ethniques et religieuses, faites d’emboîtements locaux, régionaux, internationaux, mondialisés…

Fresque peinte. © Photographie CAD / BM 2016.

LA JOUISSANCE IDENTITAIRE

La désocialisation des individus, qui en quelque sorte s’extrémisent par leurs actes, ne se produit pas spontanément. Elle se fonde à partir d’une propédeutique, c’est-à-dire sur un enseignement préalable qui facilite l’acquisition de savoirs et de connaissances à venir. Il existe une propédeutique de l’extrémisme. Les lieux d’apprentissage ne sont plus institutionnels (comme peut l’être une mosquée, ou un espace culturel visible…), mais un banc dans un square, une chambre, un groupe d’amis et de frères branchés sur les réseaux sociaux, passant des heures devant l’écran d’un ordinateur ou d’un téléphone portable. On se rend compte que les entreprises de « déradicalisation » quelles que que soient leurs intentions, comme celles qui sont recommandées par l’État, méconnaissent la jouissance identitaire des individus tel que le révèle la psychanalyse.

LE « MAINSTREAM » OU LA RECHERCHE ?

Les pratiques et les comportements religieux extrêmes se situent dans la partie visible d’un iceberg. Il existe des angoissés de la démocratie. Certains le sont de bonne foi. D’autres le sont par calcul. En temps normal, ils ne prêtent guère attention aux sciences sociales et aux conclusions de ses recherches. Il faut des périodes de crise pour qu’ils s’interrogent. Pourquoi les choses qui adviennent se produisent-elles ?

Les réponses que l’anthropologie peut apporter aux inquiets de la démocratie, davantage que de nouveaux concepts et de nouvelles théories, ne peuvent qu’être de nouvelles interrogations sur les pratiques des pouvoirs en place et sur les conséquences de leurs actes. Parce que tous appartiennent, volontairement ou à leur insu, à une mondialisation marquée par les deux dimensions opposées auxquelles toute vie individuelle et toute vie collective est inéluctablement confrontée :

  • ce que l’on dit et ce et que l’on dit pas,
  • ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas,
  • ce qui relève du mainstream (c’est-à-dire du courant de pensée majoritaire, de celui de la  croyance dominante, celui de tous les bavardages médiatiques, de toutes les propagandes, de toutes les publicités…), et
  • ce qui relève d’une approche critique de la recherche.

L’INTÉGRISME DE LA JOUISSANCE

Pour Charles MELMAN, la question principale d’aujourd’hui se résume peut-être à une seule. Comment être un homme ? Comment être une femme ? Quels sont ses signes de reconnaissance ? Comment les acquiert-on ? Jusqu’aux dernières années du XXe siècle, la question ne se posait pas. Il suffisait de se laisser prendre par la tradition pour se retrouver identiques à ceux et à celles de la lignée précédente.

« Mais la page est tournée depuis que la mondialisation est passée par là. Le trait qui s’est généralisé, au mépris de traditions, par définitions clivantes et répressives, est celui de la participation à une société de consommation dont la seule limite est celle des revenus. » Un intégrisme s’est installé dans les mœurs : il appelle à une jouissance accomplie. Le numérique favorise un manichéisme susceptible de conduire à un pouvoir totalitaire, ennemi de tout ce qui peut lui résister. (3)

On lira avec attention la contribution d’Olivier DOUVILLE « Candidats au Djihad. Une halte chez un psychanalyste. Entretien avec Monique SELIM », Journal des Anthropologues, 2016/3, pp. 146-147.

Je suis installé comme psychanalyste depuis une la fin des années 1990. Mes liens de travail avec le courant anthropologique me rend sensible aux montages entre subjectivité et rapports sociaux, loin de tout culturalisme.
Je considère que certaines formes de retour au religieux et à la tradition, loin de n’être que des surgeons d’une authenticité retrouvée sont des signes d’un malaise dans les montages identitaires dans nos mondes contemporains.
J’accueille quelques adolescents qui se présentent comme des radicalisés tentés par le djihad. C’est peu dire que j’ai en face de moi, non des psychopathes ou des tueurs, mais des jeunes désarrimés, souvent dans un désarroi identitaire profond, qu’ils soient garçons ou filles.
RADICALISATION
La notion de radicalisation, ou retour à la racine,  fonctionne dans un idéal de pureté, de retour à une origine pleine et inentamée, ce terme est quasiment une paraphrase du salafisme dans la mesure ou l’expression « salaf » désigne le rapport au Coran qu’entretenait le premier cercle du prophète.
Pour un psychanalyste, ce terme de radicalisation reste intéressant à la condition de le subvertir. Nous ne pouvons pas plaider pour l’existence d’une origine pleine vers quoi il serait possible de faire retour au point de s’y confondre, d’autant que  nous ne pouvons réfléchir aux engagements guerriers de nombre de nos jeunes dans des formes d’extrémismes au nom du religieux en identifiant la conversion à Daesch et le salafisme.
CONVERSION
Ce qui pose le plus problème n’est pas la radicalisation, mais la conversion à un idéal de vengeance guerrière de certains jeunes gens qui n’ont pas  été nécessairement élevés dans les valeurs de l’Islam. Nous voyons dans ce mythe du retour à l’origine inentamée, surtout lorsque ce mythe mobilise le passage à l’acte,  un puissant facteur attractif pour ces sujets désarrimés que sont des jeunes en errance dans leur adolescence.
Je ne crois en rien que les leaders de Al-Quaida et de Daesh fonctionnent avec de tels schémas. Il y a une part large de pragmatisme géostratégique qui n’est pas mince dans leur politique et qu’ils envoient à la mort des jeunes gens, garçons ou filles ne semblent pas les émouvoir outre mesure.
Je parle ici de la séduction idéologique qui fait du Djihad une des rares utopies qui s’épand dans notre monde moderne, où l’incertitude ontologique et la police de l’identité mènent une ronde toxique. On voit tout de suite que cette utopie ne promeut ni ne promet un monde nouveau dans lequel s’inventeraient d’autres façons d’échanger, de produire et d’aimer.
LE CULTE DE LA MORT
C’est une utopie marquée par le culte de la mort, de la surpuissance sexuelle et inféodée à des idéaux de néant. La radicale violence de cette utopie provoque un séisme dans le monde. Et toujours faudra-t-il redire que loin de n’être qu’une guerre contre l’occident elle est aussi une guerre de tout ce qui dans les différentes cultures musulmanes seraient suspecte de travestir ou atténuer la rigueur des supposés règles de vie pures et atemporelles originaires de l’islam in statu nascendi.
Les travaux des historiens montrent qu’une telle pureté supposée est une chimère. La rhétorique guerrière de cette utopie est celle d’une nouvelle querelle des universaux. A l’universel des droits de l’homme, tant galvaudés dans la réalité des mondialisations contemporaines et eur cynisme, s’opposerait un vœu farouche d’universalisation de la coutume et de l’origine intacte mais valant pour une nouvelle humanité réconciliée avec un passé mythique. En ce sens l’appropriation de l’origine repose sur une doctrine folle qui ferait de l’histoire le grand malheur qui corrode le monde idéal corrompu et à régénérer. De pauvres esprits parleraient ici d’humiliation, cette bouteille à l’encre, la question est plus vaste et elle est autre. Elle est celle de l’incapacité d’une frange large de la jeunesse, qu’il serait faux et dangereux de réduire aux dits « enfants de l’immigration » à lire  de façon critique les enjeux de la modernité. Ce sentir en rade des moyens de déconstruire ce qu’ont de violents et de porteurs d’exclusion  les processus de globalisation économique et technoscientifiques mène non à la révolte mais autrement à une tentation de faire taire le non-sens par une utopie dévastatrice. Je pense que le Djihad, ce n’est pas la tradition qui fait retour, mais la modernité qui entre en convulsion, le grand marché de l’identité qui s’enraye dans une exaltation auto-destructrice.
Une telle dynamique morbide doit provoquer la psychanalyse à penser le politique contemporain et les signifiants maîtres (ou les mots-clefs) qu’il produit et veut rendre aimable. Revenons à ce vœu toujours mortifère de retour à l’origine que la vilainie des « occidentalisés » aurait empêché.  Que serait une telle origine à réinstaurer une bonne fois pour toute ? Nous savons que dès Freud, l’origine est toujours marquée d’un manque ce qui fait que l’on parle par exemple plus volontiers des montages toujours incertains et mobiles des identifications bien plus que de l’identité en tant que telle. Dans sa fable anthropologique qui aujourd’hui a l’air bien désuète, celle de Totem et Tabou, Freud n’en soulève pas moins une idée importante qui est que l’origine de la culture c’est la mort en tant que donnée, le meurtre. En ce sens, vouloir retrouver le noyau intact de la culture c’est se mettre au service de la mort et du meurtre.
DÉRADICALISATION
Quant à ce terme de déradicalisation, je ne pense pas que les psy et les sociologies, qui avec énergie et sincérité se sont penchés sur la question, aient encore assez déconstruit les termes dont ils font usage. Dès que l’on adhère à ce terme de « déradicalisation » alors il est malaisé de ne pas rabattre une réflexion portant sur une chance à donner pour une nouvelle subjectivation du « radicalisé » sur une psychologie mécanique du comportement. IL s’agirait d’aider à la « déradicalisation » en provoquant le sujet « radicalisé » de fraîche date à changer d’habitus et de conduite.
Parler de « déradicalisation » suppose que la radicalisation soit un conditionnement. Tant que la déradicalisation, tout comme la radicalisation, resteront conçues sur le modèle du conditionnement et du déconditionnement la réflexion clinique restera dans l’impasse, pour ne rien dire de l’analyse anthropologique.
Il vaut mieux soigneusement étudier le discours de ces jeunes, leurs motivations, envisager ce qui les attire et même les « fixe » en Syrie et ce qui, pour nombre d’entre eux les en détourne une fois qu’ils ont atteint cette terre. Ce couple de notions ne peut qu’être inopérant pour déchiffrer de tels tournants à valeur d’absolu que des jeunes donnent à leur existence.
Ceux des candidats au départ que j’ai entendus et qui, conduits par leurs camarades, font une halte plus ou moins longue chez moi, et du coup ne sont pas partis pour la Syrie, peuvent exprimer une soif de pouvoir. Mais ce n’est pas tout, certains sont persuadés que ce voyage a quelque chose d’initiatique, qu’une volonté souveraine les reconnaîtra et les sauvera de leurs conditions qu’ils ressentent avec angoisse et colère comme une condition de désarrimé, voire de rebut.
DOUVILLE Olivier « Candidats au Djihad. Une halte chez un psychanalyste. Entretien avec Monique SELIM », Journal des Anthropologues, 2016/3, pp. 146-147.
Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), Maison Suger, 16 rue Suger, Paris 6e. © Photographie CAD / BM 2016.

RÉFÉRENCES

1. BENVENISTE Annie, KHOURI Nicole, SÉLIM Monique, « Craquelures globalisées du religieux», Journal des Anthropologues,n°146-147, 2016.

SÉLIM Monique « ‪Tirs groupés contre des femmes-symptômes‪ », Journal des anthropologues, 3/2016 (n° 146-147), p. 7-12. URL : http://www.cairn.info/revue-journal-des-anthropologues-2016-3-page-7.htm

2. Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation. Fondation Maison des sciences de l’Homme (FMSH). Séminaire Coordonné par Olivier Douville, psychanalyste, Laboratoire CRPMS Université Paris 7, Delphine Lacombe, sociologue, chargée de recherche CNRS, CESPRA, Julie Peghini, anthropologue, MCF Université Paris 8, Monique Selim, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD.

Le séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique : regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation propose de repenser les dialogues et les mises à l’épreuve réciproques entre anthropologie et psychanalyse. Il s’efforce d’articuler trois lignes de questionnement :
● Clinique du terrain et terrains cliniques : des anthropologues s’interrogent sur la nature des relations interpersonnelles développées durant leurs enquêtes, le sens et les modalités de leur écoute, et, corollairement, les mobiles intimes de la parole des acteurs.
● Folie et État : une réflexion croisée, d’un côté sur les élaborations identitaires des nouvelles représentations du bien-être psychique, de l’autre, sur les instances de légitimation sur ce que serait une bonne santé psychique en termes de prévention, de diagnostic, de traitement et de leur évaluation.
● Ouvrir le débat entre anthropologie et psychanalyse de l’ordre épistémique et épistémologique.
FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME (MSH) et ASSOCIATION FRANÇAISE DES ANTHROPOLOGUES (AFA), Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation (Année 2016-2017),  Maison Suger, 16 rue Suger, Paris 6e. Le séminaire est coordonné par Olivier Douville, psychanalyste, Laboratoire CRPMS Université Paris 7, Delphine Lacombe, sociologue, chargée de recherche CNRS, CESPRA, Julie Peghini, anthropologue, MCF Université Paris 8, Monique Selim, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD.
http://www.afa.msh-paris.fr/?page_id=66
La Maison Suger est un centre international de recherche, d’accueil et de coopération pour chercheurs étrangers de haut niveau. Située dans le Quartier Latin, centre historique de Paris, la Maison Suger a été créée en 1990 par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme afin d’offrir aux chercheurs étrangers en sciences humaines et sociales devant séjourner à Paris et pendant des durées prolongées, dans le cadre de collaborations avec des équipes et des chercheurs français et étrangers, un environnement de travail et de vie adapté à leurs besoins. Elle a également pour mission de favoriser les échanges entre chercheurs de toutes disciplines et nationalités, afin de susciter et révéler de nouvelles perspectives et de nouveaux projets ou programmes de coopération scientifique.

3. MELMAN Charles, « Tu sera un homme », Questions sur la radicalisation. Poussées, analyse et commentaires, Journée d’études organisée par l’École pratique des Hautes études en psychopathologies (EPHEP), 11 juin 2016, Centre Sèvres, Paris 6e.
Charles MELMAN est psychiatre et psychanalyste. Doyen de l’école pratique des Hautes études en psychopathologies (EPHEP).

4. DOUVILLE Olivier,  « Candidats au Djihad. Une halte chez chez un psychanalyste. Entretien avec Monique SELIM », Journal des Anthropologues, 2016/3, p. 146-147.

ARTICLES EN LIGNE

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La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°244 lundi 17 avril 2017

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2017

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L’actualité nous étonne : la «poéthique» de Philippe Tancelin

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°241, lundi 27 mars 2017

L’information moderne, celle des médias, des chaînes de télévision continues, des réseaux sociaux… va plus vite que la réalité des faits. Elle supprime, ipso facto, le temps de la réflexion. L’ère numérique impose comme naturelles et spontanées « de nouvelles techniques d’écriture des évènements » comme l’a rappelé Philippe TANCELIN en présentant son livre Poéthique de l’ombre. (1)

Lecture-signature de Poéthique de l’ombre de Philippe TANCELIN le mercredi 22 mars 2017, à Paris. Accompagnement de Dominique VITAL au piano. © Photographie CAD/BM 2017.

CONTRE LA LAMINATION DES RELIEFS DU RÉEL

Médias et réseaux sociaux apportent de façon permanente ce qu’ils imposent comme l’actualité de « ce qui advient au monde », un monde qu’ils cherchent sans cesse à nous convaincre que c’est celui dans lequel nous vivons.
N’oublions jamais que ce monde est construit et fabriqué par les pouvoirs du langage. Le discours circulant – quels que soient les tours surprenants qu’il puisse prendre – n’est en rien porteur de nouveauté : il est la manifestation d’un vaste récit antérieur, implicite, caché, et refoulé, produit par des machines dont la fonction est de « laminer les reliefs du réel ». Tous les jours nous vivons la présentation de demain.
Alors, sans relâche, nous devons ressentir, exprimer et répéter que « l’actualité nous étonne » : ce ne sont pas les faits qui nous étonnent, mais par le discours tenu, vaste champ de la fausse évidence, de l’impensé, du manipulé, du scénarisé. Peut-on accepter que la prétendue actualité se résume à un reality show permanent ?

POÉSIE ET POLITIQUE

La poésie a partie liée avec la philosophie. A quoi servent les poètes ? On n’en finit pas de commenter le sort que PLATON réservait aux poètes. Lui, si proche de cet évènement majeur qui s’est produit à Athènes en 399 av. J.-C., à savoir l’accusation, l’arrestation, la condamnation et l’exécution à mort de SOCRATE.
Émile FAGUET rappelle que PLATON, dans son dialogue intitulé Ion, considère que le poète est un être passif, inspiré par les dieux, sans rien avoir de spontané et de personnel. « C’est un être aimanté par les dieux, qui aimante à son tour le rapsode, lequel aimante la foule ». En somme, une espèce de fou assez divertissant, à qui il ne faut attribuer aucune importance dans la cité. « Il faut le prendre pour un enfant aimable, gracieux et insignifiant ».
Après avoir souligné qu’il fallait se méfier de l’ironie, du paradoxe, et « des jeux d’une imagination qui s’amuse », Émile FAGUET livre ce qui peut constituer une conclusion : « Platon, le plus grand des poètes grecs après Homère, a détesté les poètes grecs de son époque ». (2)

Philippe TANCELIN. Lecture-signature de Poéthique de l’ombre le mercredi 22 mars 2017, à Paris. © Photographie CAD/BM 2017.

La poésie a partie liée avec un mode d’intervention sociale. Il faut prendre en compte que la notion de poésie n’est pas la même dans le monde grec antique que dans la culture occidentale contemporaine. La poésie (du verbe grec « poiesis » qui signifie « faire, produire, transformer de la matière en avenir ») se confond chez les Grecs avec le pouvoir divin et les origines du monde. Elle se situe dans une tradition inspirée par les muses. Elle est interprétée par des aèdes qui sont à la fois des conteurs et des prêtres, chantant la gloire des dieux et celle des héros. A l’époque classique, ils remplissent un rôle de chanteurs et de conteurs ambulants en s’accompagnant à la cithare et au phorminx, instrument à cordes ancêtre de la lyre.

La poésie a partie liée avec la citoyenneté, que ce soit comme pratique individuelle ou comme pratique collective. L’écriture poétique, qui est une pratique solitaire dans sa manifestation physique, lorsque le stylet, le stylo ou le clavier trace et enregistre ses lettres, ses mots, et ses phrases, est déjà une pratique dont le destin est d’être collective. La lecture-signature organisée ce mercredi 22 mars 2017 par et autour de Philippe TANCELIN, philosophe poète et acteur,  dans une cave de la rue des Écoles, en plein quartier latin, entre la bibliothèque Sainte-Geneviève, le Collège de France et la Sorbonne, en est un exemple. 

Philippe TANCELIN dédicace son livre Poéthique de l’ombre à l’intention de Jean-Louis TENIER.
Paris, mercredi 22 mars 2017. © Photographie CAD/BM 2017.

LA « POÉTHIQUE » EN QUESTION

« Le poète n’a pas la prétention de sauver le monde mais de faire entrevoir des abîmes ». Contre l’opinion dominante, la poésie, est une chose plus importante qu’elle ne paraît. Pas seulement par rapport aux mots, mais par rapport au pouvoir des mots. La poésie, c’est comme dans la pièce Measure for measure (Mesure pour mesure) de William SHAKESPEARE : Discours pour discours, Mot pour mot, Sens pour sens, Pouvoir pour pouvoir. Une façon de s’opposer à l’indifférence des maîtres, à l’heure du retrait généralisé de la parole citoyenne dans l’espace public.

RÉFÉRENCES

1. TANCELIN Philippe, Poéthique de l’ombre, L’Harmattan, 2017.
2. FAGUET Émile, Pour qu’on lise Platon, 1905. Voir le chapitre IV « Les haines de Platon : les poètes ».
Émile FAGUET (1847-1916). Né à La Roche-sur-Yon. Décédé à Paris. Professeur de Lettres à la Sorbonne. Membre de l’Académie française.


3. Le terme de « poéthique » a été employé par Philippe TANCELIN en 2000 dans son livre Poétique du silence (L’Harmattan, 2000). La différence entre les deux mots poétique et poéthique ne s’entend pas, elle ne peut que se lire. Poéthique dit quelque chose de plus que poétique. Différentes reprises du mot circulent depuis. On trouvera quelques jalons ci-dessous.
  • 2001
    VERDIER Lionel,
    « Dérision, régression et altération : « Poéthique » du sujet lyrique dans la « Chanson du petit hyperthrophique » de Jules Laforgue », L’information grammaticale, 2001, n°1, p. 44-46.
  • 2011
    GAUTHIER Marie Hélène,
    La Poéthique. Paul Gardenne, Henri Thomas, Éditions du Saule, 2011.
  • 2013
    Jean-Claude PINSON dans son livre Poéthique, une autothéorie (2013), définit l’éthique à partir des derniers travaux de Michel FOUCAULT (L’Herméneutique du sujet, Courage de la vérité), à partir de son étymologie (êthos) qui désigne en grec, la « manière d’être ». La poésie est pensée comme une manière d’habiter le monde. Elle a une vertu « étho-poiétique », c’est-à-dire « une capacité à former l’ethos, le séjour d’un sujet » . La poéthique n’est donc pas seulement une tentative de penser une éthique de l’écriture, mais aussi celle de relever la pratique singulière de la poésie, celle de l’élaboration de soi-même.
    PINSON Jean-Claude,
    Poéthique, une autothéorie, Champ Vallon, 2013.
    COST Thibaud,
    « La poésie comme pratique de soi », Nonfiction, 24 mars 2013. http://www.nonfiction.fr/article-6800-la_poesie_comme_pratique_de_soi.htm
  • 2014
    « Poéthique de l’analyste », L’en-je lacanien, Eres éditeur, n°21, 2014. « Lacan s’est dit être un poème, et pas un poète. Mais alors, ce poème qu’on est, de qui est-il ? D’où vient-il ? »

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La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°, 241 lundi 27 mars 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

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La matérialisation picturale provoque un glissement des significations politiques

Et si la politique, n’était qu’une relation particulière que les individus entretiennent – ou n’entretiennent pas – avec l’objet public, objet singulier s’il en est, à la fois à moi et aux autres, possédé et impossédé, réductible et irréductible. On objet, « objet » d’une quête désespérée, et jamais aboutie – c’est-à-dire, apaisée – qui se résume à maîtriser une surface pour mieux la crisper ? C’est-à-dire, la contracter, la rider, la convulser.

  • une crispation qui est un jeu, une diminution de la surface visible d’un objet public, toujours dissimulé.
  • une surface qui prend de l’épaisseur, des plis chargés, pris dans la profondeur.

Les «plis pris» : une crispation de la surface signifiante qui est au coeur de l’expérience du mouvement de la peinture hyperréaliste, apparu dans les années 1970. Décryptons un exemple de matérialisation picturale qui fait glisser les significations politiques. 

Petter PETTERSSON, Dessin D, 1970
Fusain, 197 x 197
Septième Biennale de Paris, 1971

Regardons le Dessin D du suédois Petter PETTERSSON réalisé en 1971 : un homme est assis sur un petit lit de fer. On ne voit pas ses jambes. Peut-être est-il assis en tailleur, à moins que ses jambes ne soient repliées sous lui. Mais a-t-il des jambes? ? Il se penche un peu en avant, légèrement du côté droit, les bras croisés à hauteur du ventre. Sa main droite serre l’un des barreau du lit. Il regarde devant lui, la bouche entr’ouverte, le visage distordu par une grimace.

LE REGARD FLOU

Ce regard flou et pourtant si précis est lourd d’une insistance silencieuse qui vient d’un autre lieu que celui de la réalité habituelle. L’effet qu’il produit, appuyé par le travail au fusain, est encore accentué par l’esquisse simple et transparente entourant la partie centrale du dessin qui l’isole. Ce que l’on voit en regardant de Dessin D, c’est qu’il regarde l’expression de la douleur, de la folie au sens où il met en jeu quelque chose que la psychanalyse repère comme étant précisément le réel. Son regard est insistant et de côté. Il nous regarde le regarder, animé par un mouvement d’appel, nécessaire et inutile dès lors même qu’il est engagé. Une douleur à la fois intériorisée et extériorisée, expression à la fois la douleur qui nous regarde et que l’on regarde.

Il faut se reporter à la distinction freudienne entre Wirklichkeit et Realität relevée par Jacques LACAN et la définition qu’il donne du réel. A leur suite, Serge LECLAIRE dit du réel que « c’est quelque chose qui résiste, insiste, existe irréductiblement, et se donne en se dérobant comme jouissance, angoisse, mort ou castration ». Dans une série d’entretiens à l’Hôpital Psychiatrique de Ville Evrard, Serge LECLAIRE fait la remarque clinique suivante : « quand vous voyez un psychotique être pris de terreur, quasiment catatonique, c’est que quelque chose de la dimension du réel qui est vertigineuse et insupportable, lui apparaît d’une façon particulièrement vive ». Il y a quelque chose de ça dans le Dessin D de Petter PETTERSSON.

Les notes et références figurent dans l’article en ligne « La représentation hyperréaliste remet en question  l’objet et le réel » mentionné ci-dessous à la rubrique Article en ligne.

RÉFÉRENCES

ASSOCIATION FRANÇAISE D’ACTION ARTISTIQUE (Centre National d’Art Contemporain), Catalogue de la Septième Biennale de Paris, Manifestation Biennale et Internationale des Jeunes Artistes, 24 septembre – 1er novembre 1971, Parc Floral de Paris, Bois de Vincennes, Paris 12e, p.99.
Petter PETTERSSON. Né en 1942 à Skanör (Suède). Œuvres présentées : Dessin A, 1970 (fusain, 197 x 147), Dessin B, 1970 (fusain, 197 x 147), Dessin C, 1970, (fusain, 197 x 147), Dessin D, 1970, (fusain, 197 x 147), Dessin E, 1970, (fusain, 197 x 147), Dessin F, 1970 (fusain, 197 x 147), 10 portraits, 1970 (lithographies, 70 x 50).

Article en ligne

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Poétique et politique. La « poéthique » de Philippe Tancelin

Qu’est-ce que la poésie ? Aucun poète n’a manqué de s’interroger sur l’ordonnancement singulier qu’elle faisait du langage, sur son usage particulier et sur ses effets produits.  Tous se sont trouvés confrontés à ce qui constitue l’essence de l’acte poétique, « cette autre histoire possible » comme l’écrit Philippe TANCELIN dans Poétique de l’ombre (1). Je vous propose, avec son aimable autorisation – et par anticipation – une « variation » qui présente son dernier ouvrage.

Bernard MÉRIGOT

Philippe TANCELIN lors de l’hommage rendu à Geneviève CLANCY (1937-2005) le 10 avril 2015 à l’Université de la Sorbonne, Amphithéâtre Gaston Bachelard. (2)  © Photo CAD/BM 2015

POÉTHIQUE, POÉTIQUE, POLITIQUE

De la guerre en Syrie, au suicidé sur la voie ferrée Valence-Paris, en passant par « Nuit debout », le harcèlement des Gazaouis, la mise à genoux de la Grèce, et le racisme aggravé en France, ce livre est autant poétique que politique.

UNE AUTRE HISTOIRE POSSIBLE

Faisant suite à un précédent recueil écrit en collaboration avec Geneviève Clancy, en 2000, le présent ouvrage relève d’une autre histoire possible qui se nourrit du rêve de chacun et de chacune.

UN TEMPS VISIONNAIRE

Une histoire qui creuse un temps visionnaire dans lequel, entre les faits vécus et leurs témoins, s’ouvre ce réel de création par lequel, chaque acteur de vivre, devient artiste de sa vie en commun avec les autres.

L’UTOPIE CRITIQUE RADICALE
La réalité convenue et affaiblie de la réalité

Ainsi est interrogée et mise en accusation, grâce à l’utopie critique radicale, la réalité convenue et affaiblie de l’actualité du poème, à sa dé-pliure, s’offre à qui est silencé, méprisé, jeté, un univers de haute exigence de vivre, au-delà du ressenti.

Philippe TANCELIN, Poéthique de l’ombre, L’Harmattan, 2017.

Philippe TANCELIN Poéthique de l’ombre, L’Harmattan, 2017
https://thebooksmovie.com/philippe-tancelin/

 

RÉFÉRENCES

1. TANCELIN Philippe, « Poétique de l’ombre », Soirée Lecture-Signature, mercredi 22 mars 2017, Espace L’Harmattan, 21 rue des Écoles, Paris 5e, 19 heures 30. Programme : Accueil, Présentation d’ouvrage, Incise vidéographique, Lecture de fragments, Signature. https://thebooksmovie.com/philippe-tancelin/

2. CENTRE INTERNATIONAL DE CRÉATIONS D’ESPACES POÉTIQUES (CICEP), Passion-Geneviève Clancy « La durée n’est pas le temps, est trouble son absence », Hommage rendu à Geneviève Clancy (1937-2005), 10 avril 2015, Sorbonne, Amphithéâtre Gaston Bachelard, 14 rue Cujas, Paris 5e. Avec la participation de Moa Abaid (Comédien-musicien), Nasser-Edine Boucheqif (Poète-peintre, éditeur) Sophie Clancy (Psychologue), Francis Clancy (Cinéaste), Jean-Pierre Faye (Poète-philosophe), Mounsi Mohand, (Poète, chanteur), Iro Siafliaki (Cinéaste), Philippe Tancelin (Poète, philosophe), Béla Velten (Poète ), Stéphanette Vendeville (Metteure en scène).

Résultat de recherche d'images pour "clancy geneviève"Geneviève CLANCY (1937-2005)
Oreste CALZONE
lors de sa participation à l’ hommage rendu à Geneviève Clancy (1937-2005)
Passion-Geneviève Clancy

« La durée n’est pas le temps, est trouble son absence »

organisé par le Centre international de créations d’espaces poétiques (CICEP)
10 avril 2015, Sorbonne, Amphithéâtre Gaston Bachelard, 14 rue Cujas, Paris 5e.

https://www.youtube.com/watch?v=Mkhifu63LBg&feature=youtu.be

COMMENTAIRE du 25 février 2017
Je viens de regarder avec attention. Merci de votre annonce si magnifiquement présentée et avec grande pertinence.
Amicalement.
Philippe TANCELIN

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Les élections présidentielles de 2017 et le numérique (France Numérique 2017)

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°236, lundi 20 février 2017

Comment sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle de 2017 aux enjeux économiques et sociaux que représentent le numérique pour des secteurs créateurs d’emploi relatifs à l’immatériel et aux services numériques. Quelles sont les questions qui se posent ? Comment obtenir des réponses ? Telle est l’action entreprise par le collectif France Numérique 2017. (1)
Le média numérique
Territoire et démocratie numérique locale participe à cette réflexion et à cette action.

La présidentielle du numérique. L’évènement qui place le numérique au coeur du débat présidentiel, Journée d’études, 9 mars 2017.

L’action du collectif, composé de neuf entreprises : ACSEL, Cap Digital, FEVAD, France Digitale, Renaissance numérique, SNJV, Syntec, Systematic, TECH’IN), repose en deux temps :

  • le recensement de la vision et des propositions portées par le candidat sur le numérique, grâce à un questionnaire,
  • l’organisation dans l’entre-deux tours d’un débat sur la politique numérique, avec les candidats en place.

Le questionnaire adressé aux candidats (2) comporte cinq chapitres :

  • 1. Financement de l’innovation et croissance numérique.
  • 2. Régulation et réglementation juridique.
  • 3. Économie de plateforme et modèles collaboratifs.
  • 4. Numérique et volet social.
  • 5. Éducation et formation.

FINANCEMENT DE L’INNOVATION
ET CROISSANCE NUMÉRIQUE

Les technologies numériques sont aujourd’hui les moteurs de la croissance en France. Pris au sens large, le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) représentait en 2014, 5,5 % du PIB et 700 000 emplois (3). Cette tendance est appelée à se poursuivre et les pouvoirs publics doivent aujourd’hui prendre la mesure de ces évolutions.

À l’heure de la mondialisation, l’innovation est un enjeu majeur de croissance et s’avère incontournable dans le paysage économique international.

RÉGULATION
ET RÉGLEMENTATION JURIDIQUE

Le cadre réglementaire est un enjeu économique essentiel : un environnement législatif adapté au développement économique peut être un outil d’attractivité pour la France, ou au contraire, un handicap concurrentiel – au même titre que la fiscalité.

Quelles seront les positions des candidats sur l’harmonisation du cadre européen et l’adaptation du cadre réglementaire au contexte numérique ?

ÉCONOMIE DE PLATEFORME
ET MODÈLES COLLABORATIFS

L’économie collaborative se caractérise par un phénomène de désintermédiation permis par les plateformes numériques. Ce nouveau modèle économique est un mouvement de fond qui touche tous les secteurs économiques et impacte tous les aspects de notre quotidien (voyages, transports, artisanats, financement, etc.)

Face à ces nouveaux usages, la puissance publique doit trouver les solutions réglementaires adaptées. Fiscalité des revenus et concurrence : quelles lignes directrices dans les programmes des candidats pour aborder ce sujet ?

ÉDUCATION ET FORMATION

Accélérer la transition numérique du pays, c’est aussi miser sur l’éducation et la formation au digital, avec d’abord des enjeux sociaux tels que l’acculturation au numérique, les nouveaux modèles de formation, l’égalité des chances, les opportunités de reconversion, et, également des enjeux économiques et industriels tels que le développement d’une filière économique basée sur les EdTech, les besoins en compétences des entreprises et la pénurie de profils, l’impact de l’industrie du futur sur les besoins en formation et sur l’emploi (automatisation des processus des entreprises, robotisation des outils de production).

Parce que les candidats ne peuvent pas faire l’impasse sur des mesures qui permettront de faire de la France et de ses générations futures des champions de l’économie numérique, il est important d’aborder ce sujet avec eux.

NUMÉRIQUE ET VOLET SOCIAL

Avec la révolution numérique, on observe un changement de paradigme dans le monde du travail. L’automatisation, la désintermédiation et les nouveaux schémas organisationnels propulsés par le numérique engendrent de nouvelles formes d’activités qui appellent à repenser l’organisation du travail.

Prendre la pleine mesure de ces changements et les accompagner permettront de faire de ces évolutions, de véritables leviers de développement économique, de proposer une meilleure qualité de vie au travail et de sécuriser les parcours professionnels des individus.

RÉFÉRENCES

1. FRANCE NUMÉRIQUE 2017 (ACSEL, Cap Digital, FEVAD, France Digitale, Renaissance numérique, SNJV, Syntec, Systematic, TECH’IN), La Présidentielle du numérique, 9 mars 2017, Maison de la Mutualité, Paris 5e. http://www.francenumerique2017.fr/notre-vision
France Numérique 2017
est une action collective qui rassemble les organisations françaises représentatives des acteurs de l’économie et de la société civile numérique et dont l’objectif est de sensibiliser les candidats à l’élection présidentielle de 2017 aux enjeux économiques et sociaux que représentent le numérique, des secteurs créateurs d’emploi, relatifs à l’immatériel et aux services numériques, pour la France, notamment en terme d’emploi. L’action du collectif repose en deux temps : 1. le recensement de la vision et des propositions portées par le candidat sur le numérique, grâce à un questionnaire, 2. l’organisation dans l’entre-deux tours d’un débat sur la politique numérique, avec les candidats en place.

2. FRANCE NUMÉRIQUE 2017, Le Questionnaire adressé aux candidats à l’élection présidentielle, 15 p.
Le questionnaire comporte cinq chapitres : 1. Financement de l’innovation et croissance numérique, 2. Régulation et réglementation juridique, 3. Économie de plateforme et modèles collaboratifs, 4. Numérique et volet social, 5. Éducation et formation .https://static1.squarespace.com/static/5833088df5e231196214efd1/t/5852a4a320099ec51fb8d814/1481811109591/Questionnaire+FRNUM+-+15122016.pdf

3. « Accélérer la mutation numérique des entreprises : un gisement de croissance et de compétitivité pour la France », McKinsey, septembre 2014.

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°236, 20 février 2017

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BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

 

 

 

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Le site http://www.savigny-avenir.info vient d’enregistrer son deux millionnième lecteur ce 14 février 2017

TERRITOIRES ET DÉMOCRATIE NUMÉRIQUE LOCALE

Le 14 février 2017, la 2 000 000 e (deux millionième) visite du site http://www.savigny-avenir.info vient d’être atteinte ! On se souvient que le 19 avril 2015 – il y a moins de deux ans – le cap du 1 000 000 e lecteur avait été franchi.

UN MÉDIA NUMÉRIQUE RECONNU

Le site http://savigny-avenir.info comprend à ce jour près de 2 000 articles et autant de photos et de documents (jpeg et pdf). C’est un média numérique reconnu qui s’est vu attribuer un ISSN (International Standard Serial Number) comme de nombreux organes de presse dans le monde. Il fait l’objet d’un dépôt légal du numérique à la Bibliothèque nationale de France (BNF).

Sourire d’enfant
Art Street, rue Françoise Dolto, Paris 13e
Mercredi 25 janvier 2017
© Photo CAD / BM 2017

UNE LIGNE ÉDITORIALE CLAIRE

•  Informations publiques,
•  Questionnements citoyens,
•  Réponses collectives,
•  Consensus territoriaux.

Sa ligne éditoriale n’a pas changé depuis sa création en 2010 : « ouvrir le débat public à toutes les informations publiques, soutenir les questionnements citoyens, favoriser les réponses collectives, faire progresser les consensus territoriaux ».

Elle est placée sous l’égide de l’érudit de la Renaissance Christophe de SAVIGNY (1530-1597) dont elle a repris la devise :  « Tost ou tard, près ou loing, a le fort du faible besoing » inscrite en tête des  Tableaux accomplis de tous les arts libéraux, publiés en 1587. Nous en retenons trois notions essentielles : les rapports de force (fort/faible), la temporalité («tost»/tard), la préfiguration de l’intérêt général (le «besoing»).

Elle constitue une injonction introduisant un programme à la fois moral, social et politique, qui est une manifestation de l’esprit encyclopédique, c’est-à-dire de l’enseignement qui fait le tour («ekuklios paideia»). Elle éclaire aujourd’hui l’anthropologie de la globalisation/mondialisation qui impose aux territoires risques et interdépendances.

Au nom de notre conseil d’orientation, je remercie nos lecteurs du monde entier qui consultent notre site. Merci à tous ceux qui nous communiquent questions, réactions et contributions. Merci de l’intérêt qu’ils portent à nos travaux et à la publication hebdomadaire de « La Lettre du lundi de Savigny-Avenir ».

Merci aux associations et à tous ceux qui nous soutiennent.

Bernard MÉRIGOT
Rédacteur en chef de « Territoires et démocratie numérique locale »
Président de Mieux Aborder L’Avenir

Le programme «A la recherche de la démocratie locale (democratia localis)» participe à la démarche des carnets de recherche («blogging scientifique») soutenue par la plateforme http.hypotheses.org du Centre pour l’édition électronique ouverte (CLEO) / Open édition, conduite en partenariat  par le CNRS, l’EHESS, la Bibliothèque scientifique numérique, l’université d’Aix-Marseille, l’université d’Avignon.

Sur le site, voir la page
http://www.savigny-avenir.fr/essai/site-internet-www-savigny-avenir-info/

Sourire d’enfant
Art Street, rue Françoise Dolto, Paris 13e
Mercredi 25 janvier 2017
© Photo CAD / BM 2017

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2017

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Le dispositif de surveillance « Voisins vigilants »

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°235, lundi 13 février 2017

Le dispositif français « voisins vigilants » appartient à ce que l’on désigne sous le nom de « Surveillance de voisinage » (en anglais Neighbourhood watch). Il désigne une organisation qui rassemble un ensemble de personnes d’un quartier, d’une rue… qui s’associent dans le but de prévenir la délinquance, les cambriolages ainsi que les actes d’incivilité.

Ce mode de surveillance s’est surtout développé dans les pays anglo-saxons (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Australie…). Il se fonde sur une attention portée par les habitants à des faits inhabituels. Lorsqu’ils en ont connaissance, les membres de l’organisation de surveillance ont la possibilité d’alerter les services publics compétents (mairie, services de police, de gendarmerie…).

Le dispositif de participation citoyenne français a été créé par une circulaire du Ministère de l’intérieur du 22 juin 2011. Il a été complété par différents textes.

PRÉVENIR, EST-CE DÉNONCER ?

Le principe de la vigilance active a été critiqué par des juristes qui ont observé que la participation bénévole revêt un caractère qui s’apparenterait à un appel à la délation, et appartiendrait à ce titre à une culture de la dénonciation, plutôt qu’à celle du témoignage. Le fait de signaler des comportements « suspects », ou des faits « anormaux », se fonde sur l’existence d’un écart à la norme, à ce qui est ordinaire. C’est ce qui justifie – et légitime – toutes sortes d’interventions de prévention.

Le fait de signaler la présence d’individus se déplaçant avec des cisailles coupe-boulons à proximité d’un parking de motos, ou de pieds de biche dans une cage d’escalier, relève-t-il de la vigilance à l’égard d’actes délictueux, ou bien d’une forme de délation portant atteinte à la liberté individuelle ? Le bon sens les considère comme des comportements suspects.

ANONYMAT OU CONVIVIALITÉ ?

La question de fonds est de savoir si les personnes habitent et vivent anonymement les uns près des autres, ou bien en s’ils participent à des cercles d’interconnaissances.

« Vous pourrez, grâce à la plateforme de communication sécurisée des Voisins Vigilants, partager vos dates de départ en vacances, publier des annonces, faire connaissance avec vos voisins,… Vous allez créer un cadre de vie agréable où le partage, l’entraide et la solidarité sont les valeurs essentielles qui rassemblent le voisinage ». (1)

RÉFÉRENCES

1. https://www.voisinsvigilants.org/voisin

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°235, 13 février 2017

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Les mutations sorcières dans le bassin du Congo (Patrice Yengo)

Il faut rappeler qu’étudier et poursuivre des recherches sur les sociétés africaines contemporaines présente un double intérêt. D’abord, celui d’essayer d’entrer dans la connaissance d’autres sociétés (langue, culture, vie quotidienne, pratiques politiques…), en appréhendant leurs mots et leurs  formes d’organisation sociale, en analysant ce qu’elles font et ce qu’elles disent, en dépassant tout ce qui est implicite, et en interrogeant ce qu’elles taisent. Ensuite chacun « plein d’usage et de raison », à la suite de ses expériences et de ses connaissances africaines acquises, il sera mieux à-même de regarder et d’étudier, avec une compréhension « enrichie », sa propre propre société, dans laquelle il vit, étudie, enseigne, cherche, et publie.

Monique SELIM, Patrice YENGO, Julie PEGHINI, Olivier DOUVILLE. Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique. Regard sur les terrains. Subjectivisation et globalisation. Séance du 7 février 2017, Fondation Maison des sciences de l’homme et Association Française des Anthropologues, 16 rue Suger, Paris VIe. © Photo CAD/BM 2017

Monique SELIM, Julie PEGHINI et Olivier DOUVILLE ont reçu le 7 février 2017 Patrice YENGO pour présenter et débattre de son livre Les mutations sorcières dans le bassin du Congo. Du ventre et de sa politique (1) dans le cadre du Séminaire Anthropologie, Psychanalyse et politique. Regard sur les terrains. Subjectivation et globalisation, qui s’est tenu à la Fondation Maison des sciences de l’homme, 16 rue Suger, à Paris (VIe ). (2)

Monique SELIM et Patrice YENGO. Séance du séminaire Anthropologie, Psychanalyse et politique. Regard sur les terrains. Subjectivisation et globalisation. Séance du 7 février 2017. « Les mutations sorcières dans le bassin du Congo. Du Ventre et de sa politique». © Photo CAD/BM 2017

RÉFÉRENCES

1. YENGO Patrice, Les mutations sorcières dans le bassin du Congo. Du ventre et de sa politique, Paris Éditions Karthala, 2016.

Patrice YENGO est un anthropologue francophone né en 1949. Après une formation en pharmacologie à la faculté de médecine de Brazzaville, il s’est orienté vers l’anthropologie médicale et l’anthropologie politique. Il a soutenu une thèse en anthropologie politique et est titulaire d’une habilitation à diriger des recherches. Il est l’auteur de nombreuses publications.

  • Le venin dans l’encrier, Les conflits du Congo-Brazzaville au miroir de l’écrit. Paris, Paari, 2009. ISBN 2-84220-030-6
  • La guerre civile du Congo-Brazzaville, 1993-2002 Chacun aura sa part. Paris, Editions Karthala, 2006. ISBN 978-2-84586-815-1

2. Le séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation propose de repenser les dialogues et les mises à l’épreuve réciproques entre anthropologie et psychanalyse. Il s’efforce d’articuler trois lignes de questionnement :
● Clinique du terrain et terrains cliniques : des anthropologues s’interrogent sur la nature des relations interpersonnelles développées durant leurs enquêtes, le sens et les modalités de leur écoute, et, corollairement, les mobiles intimes de la parole des acteurs.
● Folie et État : une réflexion croisée, d’un côté sur les élaborations identitaires des nouvelles représentations du bien-être psychique, de l’autre, sur les instances de légitimation sur ce que serait une bonne santé psychique en termes de prévention, de diagnostic, de traitement et de leur évaluation.
● Ouvrir le débat entre anthropologie et psychanalyse de l’ordre épistémique et épistémologique.

FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME (MSH) et ASSOCIATION FRANÇAISE DES ANTHROPOLOGUES (AFA), Séminaire Anthropologie, psychanalyse et politique regards sur les terrains. Subjectivation et globalisation (Année 2016-2017),  Maison Suger, 16 rue Suger, Paris 6e. Le séminaire est coordonné par Olivier Douville, psychanalyste, Laboratoire CRPMS Université Paris 7, Delphine Lacombe, sociologue, chargée de recherche CNRS,CESPRA, Julie Peghini, anthropologue, MCF Université Paris 8, Monique Selim, anthropologue, directrice de recherche à l’IRD.
http://www.afa.msh-paris.fr/?page_id=66

La Maison Suger est un centre international de recherche, d’accueil et de coopération pour chercheurs étrangers de haut niveau. Située dans le Quartier Latin, centre historique de Paris, la Maison Suger a été créée en 1990 par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme afin d’offrir aux chercheurs étrangers en sciences humaines et sociales devant séjourner à Paris et pendant des durées prolongées, dans le cadre de collaborations avec des équipes et des chercheurs français et étrangers, un environnement de travail et de vie adapté à leurs besoins. Elle a également pour mission de favoriser les échanges entre chercheurs de toutes disciplines et nationalités, afin de susciter et révéler de nouvelles perspectives et de nouveaux projets ou programmes de coopération scientifique.

DOCUMENT

SUR LA SORCELLERIE EN AFRIQUE

Un important colloque international s’est tenu à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) à Paris les 13, 14 et 15 juin 2016. On lira ci-dessous son argumentaire. Les intertitres, qui soulignent quelques concepts ouvrant la réflexion, sont de la rédaction.
DIABOLISATION DE L’AUTRE
ET NÉGATION DES DROITS DE LA PERSONNE HUMAINE
Soupçons, rumeurs, accusations, lynchages, meurtres…
Dans certaines régions d’Afrique, les « affaires de sorcellerie » et la chaîne de violences qui conduit du soupçon, ou de la rumeur, à l’accusation publique jusqu’au passage à l’acte (meurtre, lynchage), prennent aujourd’hui une dimension alarmante. Les accusations peuvent cependant être portées devant les institutions légales car dans les systèmes judiciaires de ces pays africains, la « pratique de sorcellerie », associée à la « magie » et au « charlatanisme », est définie et sanctionnée en tant que délit ou crime par des articles des Codes pénaux introduits par l’autorité coloniale au milieu du XXe siècle et conservés, renforcés par les systèmes judiciaires postcoloniaux.
Médiations sociales et passages à l’acte
Face aux politiques d’exorcisme d’une « justice populaire » souvent exercée par les jeunes des villages ou des quartiers, les institutions et leurs dispositifs judiciaires, policiers et sanitaires font appel aux diagnostics et aux recours des thérapies religieuses. De la criminalisation des sorciers à la victimisation des ensorcelés en souffrance, les enjeux sont toujours les mêmes qu’il s’agisse de la qualification des « faits », de l’identité des accusateurs et des accusés, ou de la réversibilité des places occupées (ensorcelé/sorcier). Le fait que les accusations visent les plus vulnérables (femmes, jeunes déscolarisés ou au chômage, malades du sida, «enfants sorciers », migrants) confirme le processus de « déparentalisation » et de « dévillagisation » des affaires de sorcellerie, ce qui explique les passages à l’acte qui font l’évènement médiatique, court-circuitant les procédures de recours et de médiation sociale.
Purification de l’espace public
La récurrence des affaires de sorcellerie va de pair avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouvelles formes de sorcellerie. Les « tradipraticiens » représentent un nouveau type de médiateurs proches des élites lettrées et des cercles du pouvoir, et ne sont pas très éloignés, malgré leur référence aux ressources de la tradition, des nouveaux pasteurs guérisseurs qui se proposent de « purifier l’espace public ». Les alternatives entre justice coutumière et justice pénale, entre conjuration familiale et politique du pardon, entre sanction juridique ou guérison divine, se sont quelque peu brouillées.
L’écran des traditions locales
Les travaux menés au sein du programme ANR « L’État et les institutions face à la sorcellerie dans l’Afrique contemporaine. Violence, justice et droits de l’Homme » (EInSA) visent à enrichir le questionnement et les analyses en ouvrant sur d’autres travaux menés dans d’autres régions du monde et d’autres périodes historiques de « procès de sorcellerie » interpelant l’État, la Justice et les acteurs religieux. Les réactions d’indignation des opinions publiques et la mobilisation de l’éthique des droits de l’Homme (ou des Droits de la personne humaine) face à des situations de lynchage ou de suicide de présumés sorciers, ou à la mort d’enfants « délivrés » du mal, aussi bien en Afrique qu’en Europe, ne permet plus de s’en tenir à une lecture « culturaliste » ou au recul des traditions locales.
De l’entre soi familial à l’anthropologie de l’imaginaire global
« Face à … » et plus seulement « pris dedans » pour mieux comprendre. Au-delà des apports d’une ethnologie des tyrannies de l’intimité et de l’emprise de l’entre soi familial ou d’une anthropologie de l’imaginaire global de l’État sorcier, l’anthropologue est invité à faire face aux réponses que les dispositifs judiciaires, thérapeutiques et ecclésiologiques apportent aux individus et aux familles en souffrance aussi bien qu’aux attentes collectives de justice.
Médicalisation, pénalisation, politisation
Les chercheurs « face à la sorcellerie » confrontés à ces affaires ont une responsabilité d’acteurs et sont interpelés comme les juges et les médecins par ces processus de pénalisation et de médicalisation, sinon de politisation de la sorcellerie. L’enjeu n’est pas tant celui de l’irrationalité d’un système de croyances ni seulement celui d’une modernité insécurisée sur le plan spirituel, mais celui de la caution morale apportée à des « procès de sorcellerie » qui passent par la diabolisation de l’autre et la négation des droits de la personne humaine.
RÉFÉRENCE
Face à la sorcellerie (Facing Witchcraft). Colloque de clôture du programme « L’État et les institutions face à la sorcellerie dans l’Afrique contemporaine. Violence, justice et droits de l’Homme » (EInSA 2012-2016), 13-14 et 15 juin 2016, École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), 96 boulevard Raspail, Paris 6e.
https://www.ehess.fr/fr/colloque/face-sorcellerie

http://calenda.org/367734

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
Dépôt légal du numérique, BNF 2017

 

 

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Le nouveau logo de Grand Orly Seine Bièvre. Au delà de l’identité visuelle d’un territoire

LA LETTRE DU LUNDI DE MIEUX ABORDER L’AVENIR, n°234, lundi 6 février 2017

L’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre, créé le 1er janvier 2016 sous le nom d’ « EPT 12 », a présenté publiquement le 2 févier 2017 son nouveau logo. Ce que l’on appelle l’identité visuelle d’une collectivité publique ne saurait se résumer à un logotype, à un choix de caractères typographiques et à des règles de mise en page des documents qu’elle produit (papier, site, signalétique…). Elle est une partie visible – et une partie seulement – des relations d’identification complexes qui inter-réagissent entre ce qui est interne et ce qui est externe à une institution, entre de ceux qui y travaillent (dirigeants et employés – en l’occurrence élus et fonctionnaires territoriaux), de ceux qui en sont les usagers (citoyens, habitants, entreprises, touristes…).
Un logo n’est pas seulement un «reflet» d’une identité collective :
il fait partie intégrante de son identité.

Logo de l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre présenté publiquement le 2 février 2017 au cours des Premières rencontres des acteurs économiques du Territoire Grand Orly Seine Bièvre au Centre de conférences de l’aéroport d’Orly Sud.  © Photo CAD / BM 2017

Un logotype, ou plus couramment « logo », est une composition figurée servant à identifier visuellement, de façon immédiate, une entreprise, une marque, une association, une institution, un produit, un service, un événement… Il vise essentiellement deux buts :

  • se faire à la fois connaître et reconnaître des publics et des clients auquel il s’adresse,
  • se différencier des autres entités d’un même secteur.

Concernant les institutions et les administrations publiques, on connait les symboles, les emblèmes officiels qui figurent sur des écus, des sceaux ou des drapeaux. Ils sont protégés par un privilège de la puissance publique sans avoir besoin d’être déposés comme une marque ou un modèle commercial.

Le logo est un objet visuel qui parle, mais aussi un objet de discours que l’on voitVoir ne veut pas dire lu, écouter ne veut pas dire entendu. Discours souvent automatique de l’institution, discours de ses acteurs et des médias, marqué par un symbolisme auto-proclamé, auto-justifié, auto-expliqué, auto-médiatisé.
Pour Michel LEPRÊTRE, président de Grand Orly Seine Bièvre, le nouveau logo du territoire est un « logo simple, typographique, donc durable, qui illustre parfaitement notre conception de la gouvernance du territoire.»

LOGOTYPE ET TERRITOIRE
QUI FABRIQUE L’AUTRE ?

« Concevoir l’identité visuelle d’une collectivité territoriale est un exercice délicat, qui résulte de recherches approfondies et d’une expertise professionnelle, pour garantir la meilleure représentation graphique de l’entité publique ». Cette pensée considère que la réalisation du logotype d’une collectivité territoriale a pour fonction de représenter son entité, comme s’il s’agissait d’exprimer une représentation préexistante. Nous pensons au contraire qu’elle est une construction, une fabrication qui façonne le territoire, pris comme objet, le modifie pour le projeter dans un ailleurs.

Michel LEPRÊTRE, président de l’EPT Grand Orly Seine Bièvre, et Richard DELL AGNOLA,  vice-président chargé de la stratégie économique lors des Rencontres des acteurs économiques organisées au Centre de conférences de l’aéroport d’Orly le 2 février 2017. ©  Photo CAD/BM 2017

« MOI-JE »
AMBITIONS ET LIMITES
DES LOGOTYPES

Le graphiste Ruedi BAUR rappelle que c’est à la fin des années 1980 que le phénomène a commencé à apparaître : une majorité de villes est progressivement passée du système cohérent des blasons – où la concurrence entre les signes restait modeste – à des logos et à des identités visuelles influencées directement par le marché économique, prescripteur et ordonnateur de compétitions – peu visibles, mais toujours vigoureuses – entre les territoires. « Chaque ville, chaque village, chaque collectivité territoriale… s’est progressivement dotée d’un « moi je » graphique » (1).

Chaque démarche de recherche et de constitution d’identité visuelle s’est faite inconsciemment, par mimétisme, à la fois en copiant les autres et en cherchant à se distinguer d’une façon radicale les autres. Pour Ruedi BAUR, par delà « la médiocrité de la grande majorité de ces signes », ceux-ci ont pour dénominateur commun d’être faits « pour ne pas cohabiter » avec les autres, alors que toutes les collectivités publiques sont contraintes de cohabiter avec les autres, à la fois parce que celles-ci constituent leur proximité et leur voisinage, mais aussi parce toutes se juxtaposent, se superposent, s’enchevêtrent, et  s’emboîtent « comme des poupées russes » pour constituer une fusion de territoires formant les cantons, les intercommunalités, les départements, les régions, la République, l’Europe et le Monde.

Le logo d’une institution ne nait pas sans raisons. Raisons explicites et raisons implicites. Raisons dites et raisons tues. Quant-est-il dans la continuité ? Quant-est-il dans la rupture ?

L’ENSEIGNEMENT DES ALTERNATIVES URBAINES

Dans le cas présent, il faut analyser la logique dans laquelle s’inscrit la démarche de création réalisation du logo de l’établissement public territorial Orly Seine Bièvre, collectivité territoriale regroupant 24 communes et 680 000 habitants, qui en a confié la réalisation à un groupe d’étudiants de l’IUT Adolphe Chérioux de l’Université de Paris Est Créteil (UPEC) situé à Vitry-sur-Seine.

Les étudiants qui ont travaillé sur le logo de Grand Orly Seine Bièvre préparent un Diplôme supérieur d’arts appliqués (DSAA de design, mention espace) intitulé Alternatives urbaines (IUT Adolphe Chérioux, Université de Paris Est Créteil, à Vitry-sur-Seine). Cette formation aborde l’émergence de nouvelles pratiques professionnelles dans les domaines de l’architecture, de la scénographie et du paysage. Elle s’appuie sur les dynamiques pratiques et intellectuelles qui animent aujourd’hui nombre de collectifs et de chercheurs travaillant de manière prospective à la transformation des paysages urbains.

Présentation du logo de l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre par les étudiants de l’IUT Adolphe Cherioux de l’Université de Paris Est Créteil (UPEC) situé à Vitry-sur-Seine, Centre de conférences de l’aéroport dOrly Sud, 2 février 2017. © Photo CAD / BM 2017

Les étudiants sont amenés à développer concrètement dans leurs projets d’étude des dispositifs et des processus :

  • interrogeant les modes de vie urbains actuels
  • proposant des alternatives répondant aux attentes de convivialité, d’équité sociale, de sobriété énergétique, de réservation et de restauration de la biodiversité.

Le diplôme supérieur d’arts appliqués forme des professionnels capables de concevoir et de coordonner la réalisation de projets en fonction de contraintes esthétiques, techniques, sociales et écologiques. Leurs titulaires ayant vocation à intégrer des collectifs artistiques, des agences d’architecture, d’urbanisme ou de paysage aussi bien que des studios de design ou des collectivités territoriales publiques.

Il fonctionne comme un bureau d’études pluridisciplinaire autour d’un atelier de projet, organisé sous forme de séminaires, de conférences, de workshops et de périodes de stages. Ses principaux enseignements comprennent :

  • Pôle Culture : Humanités modernes, Langue vivante étrangère
  • Pôle Recherche et création en arts visuels : Culture technique, Pratiques plastiques
  • Pôle Recherche et création en design : Atelier de projet, d’expérimentation et de recherches,
  • Stage en milieu professionnel.
Logo de l’établissement public territorial Grand Orly Seine Bièvre. Variations. Présentation au Centre de conférences de l’aéroport d’Orly Sud, 2 février 2017.  © Photo CAD / BM 2017

UN ÉCLATEMENT QUI RASSEMBLE ?

Que voit-on ? Une dissociation, un éclatement.  Un logo qui privilégie « la lettre », au total 44 lettres : les 20 lettres qui forment les 4 noms «Grand Orly, Seine, Bièvre», auxquels s’ajoutent les 24 initiales des noms de chacune des communes. Un alphabet.

Un constat : des lettres éparses. Une question : des noms, des mots à composer.

Un territoire est-il un lieu matériel, ou bien un langage à créer et une parole à constituer ?

Le logo du Grand Orly Seine Bièvre est sur le sac :  il monte les marches.
Présentation publique du 2 février 2017

RÉFÉRENCES

1. BAUR Ruedi, « Quel langage visuel pour une collectivité territoriale ? », Étapes, 1er avril 2015. http://etapes.com/ruedi-baur-quel-langage-visuel-pour-une-collectivite-territoriale

La Lettre du lundi de Mieux Aborder l’Avenir
n°234, lundi 6 février 2017

Mention du présent article : http//www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
BNF. Dépôt légal du numérique, 2017

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Les projets d’aménagement territorial de Grand Orly Seine Bièvre

« Être un territoire ambitieux au service du développement », c’est par ce propos que Michel LEPRÊTRE, président de Grand Orly Seine Bièvre (EPT 12), a ouvert les Premières Rencontres des acteurs économiques qui se sont déroulées au Centre de conférences de l’aéroport d’Orly Sud. Devant l’ensemble des représentants des entreprises, qui interviennent dans l’économie de ce territoire comprenant 24 communes, il a présenté l’organisation du développement de l’établissement public territorial (EPT) qu’il préside depuis sa création dans le cadre de la Métropole du Grand Paris, soit le 1er janvier 2016.

Lire la suite : http://portes-essonne-environnement.fr/les-ambitieux-projets-de-developpement-territorial-de-grand-orly-seine-bievre/

Mention du présent article http ://www.savigny-avenir.info
ISSN 2261-1819
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