Agenda Décembre 2016

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Jeudi 15 décembre 2016
Un monde fragmenté. Les forces centrifuges de la globalisation. VIIe assises nationales de la recherche stratégique organisées par le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRC), l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), et l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), 15 décembre 2016, Paris, École militaire.
Les VIIe  Assises Nationale de la Recherche Stratégique, saison 2016 ont pour thème le Monde fragmenté.
La mondialisation, l’intégration par les échanges, la circulation des personnes, des services et des biens, les tendances à l’uniformisation culturelle ont pu faire croire à une convergence vers l’unité du monde et à la construction d’une « communauté internationale ». Certains avaient prophétisé la fin de l’histoire, d’autres encore entrevoyaient que la planète deviendrait plate grâce à l’abolition des barrières physiques et mentales que devait permettre la diffusion universelle des technologies d’information et de communication. La société internationale devait ainsi se structurer non pas autour des états, des puissances et des rapports de force, mais trouver son unité dans l’instantanéité et l’universalité des échanges interpersonnels.
L’Europe, construite sur le droit et sur la culture du compromis, apparaissait comme la pointe avancée de ce mouvement. Elle avait aboli la violence comme instrument de règlement des différends entre états et au sein des états, montrant ainsi l’exemple au reste du monde. Mais l’expérience des guerres balkaniques, la situation en Ukraine, ont démontré que cette force stabilisatrice peine à peser sur sa propre périphérie. Et l’Union Européenne se trouve désormais confrontée à la remise en cause de sa propre cohésion interne, sous l’effet de la crise économique, de la fatigue des opinions vis-à-vis des ambitions intégratrices, et des menaces, dans la suite des crises migratoires, sur ce qui est l’une des manifestations les plus fortes d’unité, Schengen et la libre circulation des personnes. Le vote du peuple britannique a en outre affaibli le postulat d’irréversibilité de la construction européenne et ouvert une période d’incertitude  sur la relation du Royaume-Uni avec l’Europe, mais aussi une interrogation sur l’effet en retour du choix britannique sur les équilibres internes de l’Union. Les Assises se pencheront donc tout d’abord, et tout naturellement, sur les fragmentations de l’Europe, l’espace immédiat de notre avenir.
Plus globalement, le jeu des puissances se ranime avec autant, voire davantage de vigueur qu’au temps de la Guerre Froide où les acteurs avaient pu paradoxalement trouver les moyens de préserver une relative stabilité. Le pivot central restait figé mais les tensions avaient  leur exutoire dans les conflits périphériques. La question se pose désormais de savoir si des  puissances verront dans les crises actuelles des opportunités à exploiter pour restaurer un statu quo antérieur, ou pour en créer un nouveau. Nos sociétés pacifiques sont en outre confrontées non seulement à ce retour des jeux de puissance mais aussi à la diffusion du terrorisme en leur cœur. Cela sera-t-il un facteur d’influence des mouvements géopolitiques d’ensemble ou cela restera –t-il une menace, certes gravissime, pour les citoyens mais qui n’altèrera pas les équilibres –ou les déséquilibres- fondamentaux du système international ? Les Assises s’interrogeront ainsi sur les fragmentations géopolitiques globales, où se joue cette tectonique des puissances.
Au Moyen-Orient, les dynamiques de fragmentation internes à la région et aux pays semblent s’emballer et entrer en résonance avec le jeu des puissances. Les ambitions de prises de distance et de réalignement des intérêts des États-Unis dans la région se sont heurtées à sa centralité persistante. Et si l’on ne distingue plus très bien ce qui alimente la dynamique d’évolution des crises de la région, du jeu des acteurs extérieurs ou les facteurs propres à ces pays et sociétés, l’on voit bien que son évolution reste un élément central de celle des équilibres globaux. Les Assises se pencheront ainsi  sur les fractures du Moyen-Orient.
Le moment est venu de repenser le monde en retrouvant ses racines et comprenant ses dynamiques. Pour éviter que la fragmentation devienne explosion.
Alain BAUER
Professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers, Shanghai, New York et Beijing
Président du Conseil Supérieur de la Formation et de la Recherche Stratégiques
Olivier CARON

Directeur Général du CSFRS
RÉFÉRENCE
BAUER Alain et CARON Olivier,
« La revanche de l’histoire et de la géographie », Un monde fragmenté. Les forces centrifuges de la globalisation. VIIe assises nationales de la recherche stratégique organisées par le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique (CSFRC), l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), et l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN), 15 décembre 2016, Paris, École militaire.

https://www.csfrs.fr/missions/assises/VII2016

Vendredi 2 décembre 2016
6e Rencontres du pouvoir d’agir :
« Muscler nos capacités d’organisation et d’action » (Démocratie(s), Empowerment numérique, Croisement des savoirs, Comunity organizing, Interventions sociales…), Salon, ateliers, World café, Saint-Denis, Bourse du Travail.
Le Collectif Pouvoir d’Agir s’attache depuis 2011 à soutenir les actions et les mobilisations visant à développer et à affirmer le pouvoir d’action et de décision d’individus, de groupes, d’associations, de communautés d’intérêts ou de territoires sur le terrain et les espaces de concertation et de dialogue avec les pouvoirs publics.
Ses axes de réflexion et d’action concernent le développement du pouvoir d’agir de tous ceux qui rencontrent des difficultés à l’exercer, que ce soit du fait de leur origine, de leur situation sociale ou géographiques, ou de tout autre facteur d’exclusion et de relégation.
Il vise à développer le pouvoir :
•   de ceux qui n’en ont pas,
•   de ce ceux qui en ont peu,
•   de ceux à qui on refuse d’en avoir et de l’exercer.
Durant les cinq années 2011-2016, le collectif Pouvoir d’Agir a engagé un travail de recherche (Grenoble, Lille, Poitiers, Faux la Montagne, Poissy, Saint-Denis), soutenu par la Fondation de France et le Commissariat général à l’égalité des Territoires (CGET), afin d’effectuer un croisement d’expériences, de mutualisations et d’échanges sur le développement du pouvoir d’agir. Il propose de partager ses enseignements, ses outils, ses savoirs-faire au sein d’ « ateliers de musculation citoyenne ».

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